^H-tb ANNALES DES SCIENCES NATURELLES TOME V. IMPRIMÉ CHEZ PAUL RENOUxillD, nUE OARAMCIÈRE, K. 5. '■t^4^i ANNALES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT LA ZOOLOGIE, LA. BOTANIQUE, l'ANATOMIE et la PHYSIOLOGIE COMPARÉES DES DEUX RÈGNES ET l'histoire des CORPS ORGANISÉS FOSSILES; REDIGEES POUR LA ZOOLOGIE PAR MM. AUDOUIN ET MILNE-EDWARDS ^ ET POUR LA BOTANIQUE PAR MM. AD. BRONGNÎAET ET CUILLEMIN. TOME CINQUIÈME. — BOTANIQUE. PARIS. CROCHARD, LIBRAIRE-ÉDITEUR, î-DTi-JM 1836. >* V ♦ . * >> <^ ^ .»\ Jitt *v "^ ^:~ig'^ na ANNALES SCIENCES NATURELLES. PARTIE BOTANIQUE. MÉMOIRE de physiologie agricole sur la végétation des Céréales sous de hautes températures y Par M. Edwards, De l'Institut de France et de la Société royale de Londres, Et par M. Colin, Membre de plusieurs Académies et professeur à l'École royale militaire de Saiut-Cyr. Dans un mémoire que nous avons lu à l'Académie le 3 fé- vrier i834, nous avons examiné l'influence de la chaleur sur la germination. Parmi les semences appartenant à différentes fa- milles, soit des monocotylédonées, soit des dicotylédonées , que nous avons soumises à une température élevée, nous avons par- ticulièrement étudié les graines des céréales les plus communes dans nos climats. Nous avons constaté que ces graines , mises en terre, ne sup- portaient guère une température de l\S^c., quoique dans des conditions d'ailleurs favorables à la germination ; ce qui nous a conduits à rechercher s'il n'y avait pas des climats trop chauds pour que les céréales pussent y réussir. Dans cette vue nous avons consulté des agriculteurs égale- ment versés dans la pratique et dans l'histoire de Tart ; tous 6 EDWAi\DS ET COLIN. — Végétation des Céréales. étaient persuadés que le blé devait très bien réussir dans tons les climats chauds. Il n'en est pas de même des voyageurs dis- tingués par leurs connaissances en histoire naturelle et en phy- sique, tels que MM. Alexandre de Ilumboldt, Auguste Saint- Hilaire, Roullin et Boussingault, qui ont visité ces pays. Tous assurent qu'il y a des régions équatoriales qui ne produisent pas nos céréales. Nous ne les citerons actuellement que pour le fait seul, nous réservant de rapporter dans la suite les détails de leurs observa- tions en rapport avec les résultats de nos recherches. Nous nous sommes proposé de voir jusqu'à quel point nous pourrions résoudre la question sans approcher de ces régions lointaines, et par la seule voie de l'expérimentation, dans le cli- mat tempéré que nous habitons. Nous comparerons ensuite les résultats des expériences faites ici avec les observations recueillies sous un ciel si différent. Mais avant de soumettre la question à ce genre d'épreuve, voyons jusqu'à quel point les résultats des travaux sur la ger- mination, que nous avons rapportés en commençant, peuvent intéresser cet ordre de faits. Nous avons montré que, dans les régions équatoriales, la terre végétale, humide au degré suffisant, doit souvent s'élever à la limite de température où nous avons constaté que nos céréales ne germent pas. Mais cela n'arrive guère que dans la plus grande ardeur du soleil ; et cette chaleur extrême n'a lieu que dans une partie de la journée. 11 s'en faut d'ailleurs que le soleil y luise tous les jours ; admettons cependant que dans la zone torride il est des pays où, comme en Egypte, il y ait un ciel d'airain qui ne s'ob- scurcit jamais, et que la terre s'y échauffe tous les jours à 4^° ou 5o° et qu'elle conserve cette température pendant six heures de suite. Qu'arriverait-il aux graines de nos céréales qu'on y sèmerait? Il est évident que si on les semait dans la période où la chaleur est au-dessous de cette limite, ces graines germeraient si elles en avaient le temps. EDWARDS HT COLIN. ' — Végétation des Céréales, 7 Or, combien faut-il de temps pour que les graines de nos cé- réales puisseiit germer ? Nous n'avons pas rapporté dans notre premier mémoire les faits de cette nature que nous avons constatés : le blé et l'orge peuvent germer dans les limites de 20 à aS degrés dans l'espace de 1 8 heures. De 26" à 35° ils peuvent germer dans douze heures. Le seigle est le plus prompt ; nous en avons fait germer dans sept heures. Ces céréales sont donc, de toutes les graines que nous avons étudiées jusqu'ici, celles dont la germination est la plus rapide. Ainsi l'on voit que, dans le genre de climat que nous avons supposé, et les conditions que nous avons décrites, les graines de nos céréales auraient le temps de germer avant que la terre ne s'échauffât à la limite où la germination est impossible. En second lieu, dans les climats équatoriaux la température de la terre, à partir de sa surface, décroît avec une exti ême ra- pidité. En semant les graines à deux ou trois pouces au-dessous de la surface, elles seraient à l'abri de la chaleur extrême qui les empêche de germer. Ainsi, avec les précautions que nous indiquons il n'y a guère d'époque du jour qui puisse faire avor- ter la germination de ces graines par l'excès de la chaleur. Il faut donc chercher ailleurs que dans l'influence de la cha- leur sur cette phase de la végétation, la cause physique , s'il en existe, qui s'opposerait à la culture de nos céréales 'dans ces régions. Gomme la topographie des céréales que nous a donnée M. Boussingault, et que nous avons citée dans le mémoire précé- dent, présente des zones à différentes hauteurs sur les Gordil- lières , ou pourrait se demander si la raréfaction de l'air n'em- pêcherait pas la culture de nos céréales dans les régions ferti- les où elles manquent; mais il n'en est rien. Car la zone de température dans ces montagnes où nos cé- réales ne viennent pas, se trouve être la plus inférieure ; elle comprend la plaine et constitue par conséquent la région où 'air a le plus de densité; c'est aussi la région la plus chaude. 8 KbwARDS ET COLIN. — Végétation des Céréales. Ce n'est donc pas dans la raréfaction de Tair, mais dans l'élé- vation de température qu'il faut chercher l'obstacle. Et comme nous avons prouvé que la chaleur de ces climats n'empêcherait pas la germination, il reste à voir si elle n'agirait pas d'une manière défavorable sur les autres périodes de leur développement. Pour y parvenir il faudrait tâcher d'imiter le climat des ré- gions équinoxiales pendant toute la durée du temps nécessaire au parfait développement des céréales. Il est évident qu'on peut réunir ces conditions dans les serres chaudes, mais c'est un moyen d'expérimentation dont on ne peut pas toujours disposer. Il fallait donc chercher un autre procédé. Il en est un qui ne se présente peut-être pas d'abord à l'esprit , mais qui est des plus accessibles et des plus faciles. C'est de représenter les régions constamment chaudes des contrées équinoxiales par notre climat à l'époque où il leur res- semble. Dans cette vue, nous avons fait nos premières recherches sur les deux principales variétés de blé en usage parmi nous, le blé d'hiver et le blé de mars. Pourquoi sème-t-on l'un en automue et l'autre au printemps ? La différence des deux produits semble d'abord en rendre par- faitement raison. Comme le blé d'hiver est plus grand , plus fort, plus productif, il aurait besoin de plus de temps pour atteindre toute sa croissance et pour mûrir. Il est de fait qu'il y met beau- coup plus de temps que le blé de mars; car ils sont semés à des époques fort éloignées , et cependant ils mûrissent en même temps. Cette raison paraît bonne, mais est-elle suffisante? N'y entre- t-il pas pour élément la température? C'est ce qu'il faut décider par l'expérience; c^est pourquoi nous nous sommes proposé de semer au printemps ces deux variétés de blé. Il est à remarquer qu'elles diffèrent naturellement par leur volume, les graines de blé d'hiver étant beaucoup plus grandes que celles de blé de mars. Or, nous avons pen^é que nous rendrions plus sensibles les EDWARDS LT COLIN. — FégétcUioii (les Céréales. 9 différences dans la végétation, si nous faisions contraster davan- tage les différences de volume. C'est pourquoi nous avons trié dans le blé d'hiver les graines les plus grosses pour les semer comparativement avec le blé de mars que nous avons pris sans distinction de volume. D'une part , nous avons semé 53o des plus grosses graines de blé d'hiver dans un terrain du jardin bien préparé d'avance de la manière la plus uniforme. A côté, dans le même terrain, nous avons semé un égal nombre de graines de blé de mars , sans dis- tinction de volume. Au lieu de les semer en mars, nous l'avons fait à une époque plus avancée, le 23 d'avril, afin que l'influence de la chaleur fût plus prononcée. Les deux variétés levèrent comme de coutume , ne présentant rien de particulier. Elles continuèrent pendant quelque temps à croître de même; mais le blé d'hiver ne poursuivit pas son dé- veloppement normal. Il continua à présenter à-peu-près le même aspect qu'il avait d'abord, c'est-à-dire qu'il conserva sa forme du premier âge; on sait qu'alors le blé est en herbe, qu'il n'y a pour ainsi dire pas de tige , et que la plante est presque tout en feuilles. C'est ainsi qu'elle continua à croître, ne présentant que des touffes de feuilles. Les tiges étaient trop petites pour qu'elles parussent. Ce blé ressemblerait donc à l'herbe des champs et offrait en- core ce rapport avec elle , que les petites tiges , au heu d'être droites , poussaient obliquement. On remarquait en outre , que l'accroissement de la plante ne se bornait pas à l'allongement de la feuille , mais qu'il consistait aussi dans la multiplication des petites tiges, ou , pour nous ser- vir du langage des agriculteurs, que chaque plante avait beau- coup talé. Mais chaque talle était excessivement courte et ca- chée sous la touffe de feuilles. Il n'y eut pas une seule exception dans la végétation de ces 53o graines de blé d''hiver; elles ne formèrent toutes que du gazon , mais aussi ce gazon était très beau. Cependant sous les mêmes influences, les graines de blé de 10 iDWARDS ET coLir,\ — Végétation des Céréales. mars parcoururent régulièrement leurs diverses phases de vé- gétation , poussant rapidement de belles tiges droites, et formant ensuite des épis qui mûrirent à Tépoque ordinaire. De même, à cette marche de développement régulier, il n'y eut pas une seule exception. De sorte que nous vîmes d'une part que toutes les plantes qui provenaient des 53o grosses graines de blé d'hiver poussèrent et restèrent en herbe, tandis que de l'autre toutes celles que pro- duisit le même nombre de graines de blé de mars se développè- rent régulièrement et mûrirent à temps. Il est évident que le résultat de part et d'autre est tellement tranché et décisif, qu'on ne saurait concevoir le moindre doute sur l'influence de ce degré de chaleur, pour arrêter le dévelop- pement du blé d'hiver semé à cette époque; et pour qu''on ne pût prendre le change sur la cause de cette différence, nous avons eu soin d'arroser convenablement l'un et l'autre blé, car souvent la sécheresse accompagne la chaleur, et il fallait éloi- gner ce sujet de complication. Voilà donc une raison suffisante pour que l'on ne sème pas au printemps le blé d'hiver, et voilà en même temps une variété de nos céréales qui ne réussirait pas dans les régions dont la température serait égale à celle du mois de mai parmi nous. Nous n'avons tiré cette conclusion que relativement à notre blé d'hiver à grosses graines; mais les pelites graines de blé d'hiver se comporteraient-elles de même ? Nous avons eu le soin de choisir un égal nombre des plus petites graines de blé d'hiver, et les ayant pesées comparative- ment avec les autres, nous avons trouvé qu'elles pesaient moins que la moitié des grosses graines de même nature et un peu moins que le même nombre de graines de blé de mars prises sans (Jistinction. Blé d'hiver, grosses graines, 53o pesaient 7 gros Si grains. Id. petites Id. 3 SÇ> Blé de mars Id 4 4i Les 53o petites graines de blé d'hiver furent semées en même temps que les autres, le 23 avril. EDWARDS t± coLiw. — P^àgclatlon des Céréales. \ i Elles poussèrent d'abord comme les précédentes, mais ensuite il y eut une différence notable. Car un grand nombre d'entre elles montèrent en tige en même temps que le blé de mars et de la même manière; les autres restèrent en herbe comme les grosses graines de blé d'hiver. Celles qui avaient formé des tiges continuèrent à croître d'une manière régulière comme le blé de mars, et parvinrent en même temps à la maturité. Sur les 53o petites graines de blé d'hiver il y en eut 60 qui formèrent de hautes tiges et mûrirent. Les 470 autres restèrent en herbe comme toutes les grosses graines d hiver que nous avions semées comparativement. Ainsi , le volume de la graine est une condition qui modifie puissamment le développement de la plante sous l'influence d'une chaleur élevée. C'est pourquoi le blé de mars , qui est plus petit que le blé d'hiver, par cela même qu'il est plus petit, est plus propre à être semé au printemps. Mais il est évident en même temps que la condition de vo- lume n'est pas la seule qui influe en ce cas, et même qu'elle n'est pas la principale. Car les petites graines de blé d'hiver étaient en général plus petites que les graines de blé de mars, comme le démontre le rapport du poids, les densités étant à-peu-près les mêmes; et ce- pendant il n'y eut qu'un neuvième à-peu-près de ces petites graines d'hiver qui réussirent; tandis que toutes celles de mars parcoururent toutes les phases de leur parfait développement. Il faut donc qu'il y ait dans le blé de mars des différences constitutives qui permettent à toutes ses graines de se dévelop- per d'une manière normale dans ces hmites de température. Comme ce caractère doit dépendre de la composition chimi- que, ou de l'organisation de cette variété, ce serait nous détour- ner de l'objet que nous nous sommes proposé d'abord, si nous nous occupions à rechercher la cause précise de cette différence de constitution. Nous reviendrons sur ce sujet dans une autre occasion. Quant à l'objet de ce mémoire, nous avons fait un premier f 12. EDWARDS ET COLIN. — P^égétation des Céréales. pas dans l'étude des effets de la chaleur sur le développement des céréales, et ce pas peut nous conduire plus loin. Puisque nous avons constaté qu'il y a une variété de ces plan- tes, le blé d'hiver à grosses graines, telles que nous les avons choisies, qui ne saurait réussir sous la température du mois de mai à l'époque où nous avons opéré , l'analogie nous porte à croire que d'autres variétés subiraient la même influence de la chaleur si elle était assez élevée sans être cependant excessive. Nous avons pensé que le blé de mars même céderait à une pareille influence. Or, il était facile d'en faire Fessai d'après le principe qui nous a conduits d'abord. Pour le soumettre à une plus haute tempé- rature et imiter la condition principale d'une région équatoriale. il suffisait de le semer dans un mois plus chaud ; c'est pourquoi nous avons choisi le mois de juillet : c'était en l'année i854, époque où la chaleur était très vive et par conséquent plus pro- pre à remplir la condition que nous avions en vue. Nous semâmes un nombre suffisant de graines de blé de mars, le 3 juillet, et l'on voit, d'après le résultat précédent, com- bien ici le nombre importe. Nous n'avons pas besoin de dire que nous prîmes toutes les conditions nécessaires en les mettant en terre à une profondeur convenalble, et en leur donnant tous les autres soins propres à les faire réussir. La chaleur ne les empêcha pas de germer et de pousser comme de coutume ; mais nous ne tardâmes pas à nous apercevoir qu'elles poussaient des feuilles longues et touffues, et ne semblaient pas se disposera monter en tige. En effet, elles ne donnèrent pas de tiges droites et apparentes, et restèrent en herbe ne formant que du gazon ; elles persistèrent dans cet état pendant le mois de juillet et uiio L;rande partie di; mois d'août , c'est-à-dire que le blé de mars resta en herbe et ne put se déve- lopper ni monter en tige pendant la saison la plus chaude de l'année. Il y a donc une température élevée correspondante à celle qui a régné en i834 dans la période que j'ai indiquée, qui a produit sur le blé de mars le même effet que celui que nous avons ob- servé sur le blé d'hiver à grosses graines, semé vers le mois de EDWARDS ET COLIN. — J^ègétalion des Céréales. 1 3 mai. Et il est si vrai que cet effet est dû à l'action de la ciialeur, que nous pouvons prévoir ce qui doit arriver dans un cas dont nous n'avons pas encore rendu compte. D'après le principe relatif à l'action de la chaleur, il est évi- dent que si le blé de mars a subi cette influence de la tempéra- ture élevée, à plus forte raison les petites graines de blé d'hiver se ressentiront-elles de cette action principale. Aussi le blé d'hiver que nous avons semé en même temps sans distinction de volume est-il resté tout herbe sans pousser une seule tige montante. Ces graines étaient de volume différent, les unes grandes, les autres petites. Or, parmi celles de petite dimension, il y en a qui sont susceptibles de supporter une plus haute température que les plus grosses ; mais sous l'influence d'une chaleur plus élevée, aucune n'est montée en tige ainsi qu'il est arrivé au blé de mars sous la même influence. Ce qui est survenu ensuite dans le déclin de la saison et le décours de la température fait vivement ressortir la vérité de ce que nous avons exposé. A une époque avancée du mois d'août il survint des pluies fréquentes et la température commença à baisser. Quelque temps après, nous observâmes qu'il se formait parmi les touffes de blé de mars quelques tiges montantes. Ces tiges se multipliaient de façon à ce qu'il y en eut un assez grand nombre de produites, dont plusieurs même donnèrent des épis qui n'eurent pas le temps de mûrir. L'examen de ces tiges présenta des faits curieux qui confir- ment toutes les données précédentes. Nous avons dit que le blé d'hiver à grosses graines dont la chaleur avait arrêté le développement, avait poussé de petites tiges obliques et cachées sous la touffe des feuilles. Nous avons reconnu qu'il en était de même du blé de mars , sous l'influence de la même cause. Ainsi donc il y avait par l'action d'une chaleur élevée, non- seulement un arrêt de développement, mais encore une dévia- tion de la direction normale. Et cette déviation était telle que la tige ne pouvait plus se redresser. C'est pourquoi ces plantes, pour monter en tiges verti* EDWARDS ET coLiiv. — J^èiièUitioïi clcs Céréales. cales, ont dû former clés liges très coudées dont la partie nou- velle était seule ascendante. Ainsi les deux périodes de tempé- rature étaient marc|uées sur la plante dans les parties corres- pondantes de la tige. Cette tige était composée de deux portions réunies en un angle obtus. La portion inférieure était courte et oblique; la deuxième, longue et verticale. La première, correspondante à la chaleur élevée, était petite par arrêt de développement et obli- que par déviation de la direction normale. Mais aussi quand cette cause perturbatrice eut cessé par l'abaissement de la tem- pérature, faction normale commença et forma la partie verticale de tige correspondante à cette période de température. Cette série de faits et surtout ceux qui se rapportent au blé de mars, semé dans la saison la plus chaude, ne pouvait nous laisser de doute sur la tendance d'une forte chaleur naturelle à répri- mer et à faire dévier le développement de ces deux périodes de nos céréales. Nous avons cherché à déterminer si cette influence nuisible d'une forte chaleur pouvait être contrebalancée par la nature du terrain. Nous avons fait à ce sujet deux séries d'expériences, d'une part sur des terrains très fertiles, d'autre part sur des ter- rains très maigres. Nous avons beaucoup varié ces deux genres de sol d'après des procédés dont l'efficacité nous avait été dé- montrée. Mais aucune de ces nombreuses variétés de sol, quelque ri- che ou pauvre qu'elle fût, n'a pu balancer la puissante influence de la chaleur pour arrêter le développement de cette céréale. Ainsi donc l'influence^ de cette limite de chaleur est prépon- dérante; résultat important' pour l'application. Car sans avoir égaid à la nature des terrains, il suflit de savoir quelle est la température d'un pays pour en tirer des conclusions conformes à celles que nous avons déduites de nos travaux. Ce n'est pas que la nature du sol soit à cet égard sans effet; mais comme l'effet en est incomparablement moindre, il ne porte pas atteinte à la proposition générale. Les modifications qui proviennent de cette cause ont été l'objet d'expériences que nous exposerons ailleurs. Nous dirons seulement ici que son action se borne à dé- edwai.ds et colin. — Vcgétalion des Céréales. id placer un peu la limite de chaleur élevée qui produit cet arrêt de développement. Voilà donc deux variétés principales de nos céréales, qui ne sauraient réussir dans les régions où la température serait sem- blable à celle des mois où nous avons fait nos recherches^ Il était probable que d'autres espèces de céréales se compor- teraient de même. Dans cette vue nous avons soumis l'orge aux mêmes in- fluences. Nous en avons semé i5o graines sans distinction de volume, au mois de juillet de la même année (le 12), et dans le même terrain. Elles ont d'abord poussé comme de coutume et ont continué pendant quelque temps à croître de même en développant des feuilles sans monter en tige. Mais cette croissance s'est trouvée arrêtée, et toutes les orges sont restées en herbe. Voilà donc une troisième céréale qui ne saurait se dévelop- per dans les régions où la température se soutiendrait entre ces limites. Ces trois sortes de plantes appartiennent à deux genres diffé- l-ens, le froment et l'orge. Reste à examiner un troisième genre, le seigle, pour achever ce qui concerne à cet égard nos principales céréales. La variété connue parmi nous est automnale, mais c'est aussi l'espèce la plus robuste, résistant davantage et aux intempéries des saisons et aux mauvaises qualités du terrain. Nous en avons semé les ^4» ^5 et 26 du mois de juillet de la même année, dans les sols artificiels de différentes natures où les années précédentes elles s'étaient développées d'après le mode normal, ne différant que sous le rapport de la taille. Les graines furent disséminées dans différentes espèces des sols artificiels. Presque toutes poussèrent de courtes tiges et do très longues feuilles, et restèrent en herbe durant le mois de juillet et la plus grande partie d'août, et ce n'est cpie sur le déclin de la chaleur, au mois d'août, que, semblables au blé de mars, il y en eut qui montèrent en tiges et formèrent des épis. Voilà donc nos principales céréales qui ne sauraient se déve- 1 6 LDWARDS ET COLIN. — Végétation des Céréales. lopper sous une température semblable à celle qui a régné aux époques où nos expériences ont été faites. Il sera maintenant curieux de comparer la mesure fournie par l'expérimentation loin de ces contrées avec celle que l'ob- servation a donnée sur les lieux mêmes. Nous établirons d'abord la comparaison avec les observations faites par M. Eoussingault dans les Cordillières, puis avec celles de M. de Humboldt au Mexique et ailleurs. Dans toute la zone qui embrasse le pied des Andes, depuis le niveau de la mer jusqu'à 1721 mètres environ, M. Eoussingault n'a trouvé ni froment ni orge ; mais immédiatement au-dessus il a vu le blé prospérer dans une zone assez large. La première de ces zones a dans sa limite inférieure une température moyenne de 25°^ et à sa limite supérieure une chaleur moyenne de 180, 8 ; c'est donc au-dessous de cette température que les habitans cultivent ces grains. Voyons maintenant en quoi ce résultat s'ac- corde avec nos expériences. Au mois de mai 18 34 la moyenne des températures était à Paris 1 80,23. Or, le froment d'hiver à gros grains que nous avions semé vers le commencement de ce mois, n'a pas réussi. Ainsi donc voilà la limite de chaleur où nos céréales commencent à ne pouvoir prospérer. Il n'est guère possible de trouver un rap- port plus parfait entre la limite donnée par l'observation et celle fournie par l'expérience, l'une étant de i8'',8 et l'autre de 18% 23. Et quoique l'expérience nous ait démontré qu'il est des va- riétés ou des genres de nos céréales qui peuvent supporter une plus haute température, ces degrés de chaleur sont très près de la limite que nous venons d'indiquer, c'est-à-dire de i8°,23, car la température moyenne du mois de juillet de la même année , mois dont la chaleur empêchait le développement normal de tous les genres et de toutes nos variétés de céréales sur lesquel- les nous avons opéré, était de 21°, 9. Voilà donc d'une part que l'expérimentation s'accorde avec ce que l'observation pouvait fournir dans ces régions, et que d'autre part elle complète les données qui lui manquent. Comparons maintenant ces résultats avec des observations LDWARDS ET COLIN. -— Végétation des Céréales. 17 plus étendues et plus circonstanciées que M. de Humboldt a con- signées dans son Voyage en Amérique. Voici comment il s'ex- prime dans son ouvrage sur le Mexique : « La région tempérée sur tous les climats où la chaleur « moyenne de l'année n'excède pas î8 à ig** centrigades, paraît « la plus favorable à la culture des céréales en n'embrassant « sous cette dénomination que les graminées nourrissantes, sa- a voir : le froment, l'épautre, l'orge, l'avoine et le seigle. En effet « dans la partie équinoxiale du Mexique les céréales de l'Europe « ne sont cultivées nulle part dans les plateaux dont l'élévation « est au-dessous de 8 à 900 mètres, et nous avons observé plus « haut que, sur la pente des Cordillières entre Vera-Gruz et « Acapulco, on ne voit généralement commencer cette culture « qu'à la hauteur de 12 ou i3 cents mètres. Une longue expé- « rien ce a prouvé aux habitans de Xalapa que le froment semé « autour de leur ville végète vigoureusement, mais qu'il ne monte « pas en épis; on le cultive parce que son chaume et son feuil- le lage succulens servent de fourrage [zacaté] aux bestiaux. Il est « très certain cependant que dans le royaume de Guatimala, et « par conséquent plus près de l'équateur, le blé mûrit à des « hauteurs qui sont beaucoup moindres que celles de la ville de seu plicâ, brevi latioii rotundatoque prœdita foliisque L. har- matifoliœ simillima. 1 5. Lejeuniâ trematodes. N. ab. E. L. caule repente divaricato-ramoso appresso , foliis subdis- tantibus subverticaiibus obliqué obovatis cuspidulatis integerri- mis subtùs complicatis lobulo obiongo integro inflato,rete am- plo subbiserialim grosse poroso;anipliigastriis distanîibus pro- fundè bifidis laciniis subulatis divergeiitibus; fructii... Ta]>. i, fig. 3. In folio quodara exolico (Herb. Gopperti, patria latet.) Similis Ju1igermanniœ{Lejeuniœ) inchoatce Lehm. et Lind. sed dilFert foliis marginc haud dentatis necferè omnino répandis, et poris magnis rotundis(plerum- que senis) in séries duas longitudinales dispositis, quarum altéra è quatuor, al- téra, basin versiis abrupta, ex binis tantammodô constat poris, Ampbigastria singularia , ad basia radiées promentia. Jiiniorura ramulorum folia magis oblonga. Jungermannia [Lejeuniâ] pertusa Gord. ic. ined. difFcrt à noslrâ foliis ob- tusis latioribus poro une rariùsve binis perfusis. B. Aoamphigastrialae. i6. Lejeuniâ Erysibe. N. et M. L. caule pusillo ramoso repente parasitante, foliis subverti- caiibus obovato-subrotundis basi saccato-complicatis lobulo truncato_, fructu... In Jungermannia contortuplicatâ insulœ Haiti unicum spéci- men inveni. N. (Herb. Montag.) Differt à L. cucidlatâ lobulo foliorum minore sinu haud discrète et colore vi- ridi. Lineam iinam et scsquialteram longa, tcncrrima. 64 . ^' G. NEKS d'jîSENBECK ET C. MONIAGWK. VI. JUBULA Dumort. 1. Jubula obscura. Sw. Varietatem (?) perianthiis costato-striatis Bertero propè Quil- îotam in regni Chilensis raontosis ad cortices arborura legit. Yidi in Herb. cl. Hochstett. (N. ab E.) An species distincla? Sed reliqua structura partium congruit cnm Jubulâ ohscurâ. 2. Jubula quillotensis, N. et M. J. caule pinnatim decomposito diffiiso, follis imbricatispatulis cordato-orbiculatis integerrimis basi ventraliinflexâauriculigerâ, auriculâ revoluto-cncullatâ acumine brevi subulato, amphigas- triisobovato-subrotundispatulismarginesubreflexisdorsostylife- risbifidissinu laciniisque acutis; fructu in ramis terminal!, foliis involucralibus integerrimis auriculâ subulatâ canaliculatâ , am- phigastrio involucrali magno bifido laciniis subulatis infernè basique dentatis; perianthio obovato dorso convexo medioque subtùs allé carinato marginibus deflexis carinâque denticulatis. Tab. I, fig. 2. Habilus Lejeuniœ ericoidis sed liujus îoci. Co/orpallidè virîdîs. jRefis âreolas parvœ, liexagonae, areolis intercalariluis distinclis. Caljpfra oLpyriforrais stylo breviusculo coronata. Capsula globosa brunnea rugosa, pedicello brevissimo fulta, quo fit ut et matura in perianthio remaneat cariuœque hujus scissurâ nuda évadât. Elateres tubulosi, fibrâ plana simplici, gyris utriculo contiguis. Sporœ polyedrœ, fuscae, globulis minimis repletœ. Locus in systemate propè J , hiantem Lebni. et Lind. Quillota in Chili ad cortices arborum in sylvis iimbrosis. (Montag, Hochstett. n. io6i è coll. Berteroana.) 3. Juhula Gaudlchaudii N. et M. J. caule procumbente pinnatim raraoso elongato, foliis im- bricatls subhorizontalibus (junioribus deflexis) ovatis obtusis integerrimis, lobo basées répande infernè piano supernè invo- J ungermanniearum species, 65 liito in auriculam oblongam obtusam tectam à margine baseos distantem, amphigastriis folia aequantibus imbricatis cordato- orbiculatis répandis basi decurrentibus apice acutè obtusève bifidis; fructibus in ramulis propriis lateralibus secundis; foliis amphigastriisque involucralibus profundiùs divisis; perianthio ovato triquetro seu subtùs carinato mucronato; ovarium obo- vatum stylo incrassato praeditum, capsula Jungermannia Tamarisci var. /o72^(2 Schwaegr. in Gaudichaud Voyage de l'Cranie, Botanique, p. 217. Habitat ad Rio de Janeiro Brasiliae. (Herb. Montng.) DifFert ab affinibus /. cordistipulâ, divergenUy nepalensi cet. auriculâ prop- ter raarginem folii dorsalem deorsùrn in lobum oblusum rcpandumquc produc- lain ad speciern raediae ferè basi ejus inhaerente , tum vero staturâ inajoii 3-4- pollicati, foliis canli haud circumvolutis, nonnihil répandis. Amphigastria ro- tunda, laîa, repauda, in mediolongitroisiim gibba, ad i|6 acutè obtusève bifîda, laciniis obtusiusculis rectis. Rctis areolse subrotundae areolis intercalaiibus 6-8 distinctissimis cinclîB. Caulis fuscus, ligidus, anhizus. Rami vcgulariter patentes subaequales, plcrique simplices. Perianthia ad latus internum ramorum seciinda sessilia, ovala subtùs acutè carinata vel triangularia, inucronata, folia et amphi- gastria involucralia vix superantia. A Juhulâ replicatâ distinguitur auriculse forma et situ divei'sissimis. Inter omnes huic auriculse minimse sunt et facile oculos cffugientes, prœsertim iu foliis caulinis. 4. Juhula {Jungerm.)Tnucronata Lehm. et Lind. Pug. Vî, p. 54- In Peruviâ ad Parmeliam leucomelam à cl. d'Orbigny lecîa cura calycibus. CoUect. Mus. Par. n. 35] . Ad spécimen originale à cl. Kunze adMontagneum missura , vcra haec est Ja- bula ( Juvgerm.^ mucronata L. et L. Differunt autem specimina nostra : fo- liis deflexisnec erecto-divergenlibus, auriculis caulinis et ramorum majorura cy- lindricis nec vice versa ramulorum extremis; foliis involucralibus caulinis duplo majoribus ; perianthio cylindricc Nostris speciminibus diagnosis potiiis hsec respondere videtur. J. caule procumbente bi-(tri-?) pinnato rigido, foliis imbricatis orbiculato-ovatis mucronatis decurvis in sicco cauli circum- volutis, auriculis tectis cylindricis obtusis cauli parallelis, ra- mulorum superioribus lanceolato-subuktis canaliculatis recurvis, V. BoTA». — Fém'er, 5 66 C. G. NEES D ESENBECK ET C. MONTAGNE. amphigastriis subimbricatis ovalibus basi sagittatis margine reflexis bifidis laciniis obtusis; fructu in ranmiis brevibus ter- rainali, folils amphigastriisque involiicralibus amplis imbricatis bi-trifidis serratis; perianthio subcylindrico coriaceo involucro duplô longioreore sexfido, laciniis setaceo-cuspidatis in mucro- nem conniventibus. Color fuscus. Retis areolse miuut3e,oblongae. Amphigastria rigidula. /«f^o/acrz folia et amphigastria conformia, subaequalia, bi-trifida, laciaiis ovatis acumi- natis ciliato-serratis. Perianlhium 172 lin. longum, laeve , brunneum, char- taceum, rigidum, laciniae ovatae , apice connatae in styliim filiformem cylindricum truncatum, quo denique discisso singulae partes ejus residuum yeluti pilum lon- gum in apice secum auferunt. Ovariiim in fundo perianthii obovatum vertice ro- tundato nulloque stylo prasditum. Adbasinovarii ferîilis pistillum alterum aborti- vum, stylo longo, ovario brevi subinflato. An igitur stylus pistilli fertilis cum perianthio concretus idemque excedens mucronem, dequosuprà diximus, perian- thii producit? VII, SYMPHYOGYNA N. et M. Perlanthiain nullum. Inçolucrum monophyllum, squami- forme,incurabens, dentatura. Calyptra Isevis, exserta, coriacea, ore à stylis sterilibus persistentibus firabriato. Elateres dispiri , fibris planis arctè contrarièque contortis coloratis. Semina glo- bosa. Fructificatio feminea. Involucrwn , squama rigidula, varié fissa genitalia tegens, è nervo frondis orta, plana aut snbcon- voluta. Pistilla multa, basi connata in globum carnosum stylis liberis coronatum, in cujus centro ovarium pistilli fertilis im- mersum latet. Adolescente fructu, globus iste communis, in- crescit in calyptram ob eam caussam crassam et coriaceam, pedunculum cum capsula foventem verticeque à stylis residuis coloratis coronatam , quo denique disrupto capsula prodit. Ca- lyptrae Os post emissum pedunculum stylis residuis cinctum fimbriatumque. Peduncuîus longus, basi subbulbosus. Capsula oblonga. Elateres pariétales, fusiformi-filiformes, flexuosi, opaci. Fibrœ coloratse, latiusculœ, arctè sensuque adverso contorlae, sub lente fortiori quasi tessellatse. Semina globosa minute gra^ nulata. Jungermanniearum species. 67 Fructifîcatio mascuîa vel in ejusdem cum femineâ vel in di- verse frondis pagina siiperiori secundùm nervum disposita.i^o//a perigonialia imbricata, incisa, membraniacea, bullata. Antherœ brevi filamento suffulîœ, depresso-globosse , incambentes. Habitus. Frondes lineares, dichotoraaî, membranaceae, nervo medio distincto prœditce, è nervi pagina superiori fructum pro- mentes, subtùs per intervalla è nervo radicantes, aut inferiùs in stipitera radicantem et repentem abeuntes. Locus in systeinate post Echinomitrium. Ad hoc genus,rprae- ter très sequentes, etiam pertinet Jungermannia Phyllanthus Hook. et probabiliter /. rhizobola Hook. I. Symphyogyna brasiliensis N. ab E. S. fronde procnmbente repente lineari-dicbotomâ divari- catâ in ambitu snbrepandâ undulatâ, involucro lato niembra- naceo lacero, stylis circa os calyptrae reflexis. Jungermannia brasiliensis N. ab E. in Mart. Fl. Bras, 1 . p. SaS, n. 6. Mart. Icon. sélect. I, 2, t. i5. Habitat in montosis glareosis Brasilia ad Villa ricca et ad S. Juan Baptista Minarum generalium. à Martius. (-j-) Quem calycem 1. c. diximus, vera calyptra est. Calyptra prseler hune nuUa omnino adesl, sed in tenero flore maximèque imperfecto, quem olim dissecui , capsulam inveni teneiTimam,limbo, ut solet, pellucido sub microscopio composito cinctam, eâque deceptus specic, calyptram adesse censebam intrà calycem il- lum; perperam equidem. Deleantur igitur quae 1. c. circà hanc rem tradunlur. Adnot. I. In icône Martianâ 1. c. exhibitâ, figuras nonnùUae naturae haud om- nino conveniunt. Adnot. II. Jungermanniam Lyellii Lehm. Fl. cap. in Linn. IV. 3. p. 4/0 lubenter ad hocce genus rcferrem , nisi calyptrae intra calycem sic diclum in- teriorem, calyptrae Sjmphyogynœ gêner is respondentem, auctor mentionem iecisset. Probe autem notandum capsulae valvas plerumque octo tribui ab auc- tore accuratissimo, quod, si ad similes cas us, v. c in Jungermannia asplenioide obyios (N. ab E. Lebermoose II, p. 424 adnot.) respicis, formam anomalara gemellumque florem prodit, cujus altéra pars calyptram libère evolvere potuerit illgeso generis charactere. 68 C. G. NEES d'eSENBECK ET C. MONTAGNE. 2. Symphyogyna Hochstetteri N. et M. S. fronde substipitatâ, stipite repente alato ramoso, dila- tato in frondes dichotomas lato-lineares obtusas, in ambitu obtuse lobulatas, distincte nervosas, fructificationibus infrà nervi divisuras vel ex ipsâ bifurcatione nascentibus, involucro convoluto laciniato, laciniis siibulatis. In Juan Fernandez insulâ ad saxa secùs rivulos locis udis umbrosisque montinm cum Pterygophyllo quodam, arcuaio simili, sed caule repente pinnisque depressis , foliis à nervo excurrente aristatîs minute serrulatis recedente, Aprili et Majo A. i83o legit Bertero. (Herb. Hochstetteri, n. 1699.) ( Herb. Montag. n. 45, sub /. rhizobola ?) Jungermannia rhizobola Montag. Prodrom. Fl. Fernand. in Ann. des Se. nat, août i835, p. 96, nec Hook. Frondes è Rhizomate dense radiciiloso brevi lacero-alatae pollicares circitcr , Î2-2 1/2 lin. latge, decumLentes aut adscendentes utrinque glabras et nudœ laetè viridcs, tenerae, plauae, margine nonnihil undatse et irrcgularitcr loLalœ , sinubus angustis acutis lobis rotundatis , semel, bis-terve dicholoniae, laciniis acuto anguîo divergcntibiis, extremis breviter bilobis; retis areolœ in strato sini- plici subrotundo-angulatae, pellucidae, lirnitibus crassis èlineis binis intervalloquc virentibus conflatis, areolse intercalares nullse. Nervus validus dicbotoinus , con- color, parenchymate compactiori densiori cellulis angustioribus lainoribus paulô magis elonj^atis plurium ordinum. Involucra feminea in nervo antè divisurain , atque in ipso angulo nascuntur, incurabentia , convoluta, plicata, 7-9 fida, la- ciniis lanceolato-subulatis obtusiiisculis, tribus mediis longioribus; reticulalio frondis sed paulo laxior. Pistilla qiiàm plurima, in sinu involucri congesta, basi counata, inaequalia , subcyliudrica , incurva flexiiosaque, apice abruptim con- tracta acuniine truncatulo, pelhicida , lutescentia, arcolis (sub microsc. comp. ) Liseriatis subquadratis , axeos elongatis obscurioiibus. liis pistillis libère inspcrsa suut corpuscula parva, ovalia, obsolète reticulata, in ambitu byalina , in disco rufescentia ; an anllicridia à flore masculo hiic delata ? Symphyogynis (Jung.) brasiiiensl et diffbrml Fl. Bras, propinqua , à quâ posteriori differt figura regulari, fronde latiori plauiusculâ margine iobatâ; à priori autem , cui sanè magis propinqua, froiide haud divaricatâ latiori, margine lobatâ, et involucro tenuiori magis laciniato, tum stipite distinctiore. A Sym~ phyogynis Hyinenophyllo Hook, et rhizobola Hook. frondiura figura ambitu- que quihiscc aciuè dçntalus, distinguitur. Jungermanniearum species. 69 3. Symphfogyna di/formîs N. ab E. S. fronde siibstipitata, caule repente radiculoso, cUlatato in frondes palmato-effasove dichotomas laciniis linearibus obtusis crispis, nervo distincte, involucro ad dichotomias frondis con- voluto cyathiformi lacero-ciliato. Jungermannia difformis N. ab E. in Mart. Fl. Bras. 1. 1. p. 829, 11. 7. p. torta; caule primarîo f'asciculatim prolifero , laciniis valdè irregulariter dichotomis tortis. N. ab E. In Brasilia (Sello.) Var. p in sylvaticis depressis udis Districtùs Adamantum (à Martius.) In Jamaicâ (Herb. Lindenberg.) Tjï 4. Symphyogyna circinata N. et M. 5. fronde procumbente repente lineari-dichotomâ in ambitu integerrimâ undulatâ, apicibus sterilibus attenuatis plerisque circinatim incurvis, involucro piano truncato apice brevi-den- tato. Quillota in regno chilensi, ad terram locis muscosis udis secùs fossas, Angusto et Septembre cum fructu perfecto legit Bertero 1829. ( Herb. Montag. et Hochstett. n. 1066 Collect. Berter.) i'/o«û?escaespitosae, sibi irregulariter incumbeiites, 1-2 1/2 poUices longae, 1 i/a- 2 i;2 lineaslatae, lineares, irregulariter dichotomae flexuosae, subtùs per intervalla fibris simplicibus fasciculatis repentes; laciniœ extremae angustiores , attenuatae, incurvae aut circinatœ; apice radiculosae; margines nonnihil adscendentes, undu- lati, irregulari modo repandi et subdentati; color pallidc viridis; nervus médius crassus; textura tenuis ècellulis insequalibus angulatislineisdiscretis circumscrip- tisjin nervo paulo rainoribusetiiipluribusstratisdispositis.^rz^c/i^ca^ioreesyè- mineœ è nervo medio, sœpè seriatae, approximatae. /AzvoZHc/-i squama subrectan- gula, truncata: rigida, apice 3-5 denticulata. Slyll 7-9 cylindrici, basi concreti. Cû!^/?/ra adulîaclavatc-subcylindrica, 2 lin. loiiga, subcompressa, apice rumpens stylisque sterilibus rufescentibus limbriolata. Pedunculus 1 poil, longus. Cap- sula oblonga, fusca , lineam ferè longa. Pructificatio mascula in ejusdem individui aliua^ îaciniâ paulo angUâtiori 70^ C. G. NEES ©ESENEECK ET C. MONTAGNE* lorigo sœpc tractu disposita. Squamœ imbricatae, transvc-rsse, eroso-dcntatœ, con- vcxae, superficiem nervi quasi tubeicukto-exasperatam tumentemque exhibcntes. yintherœ ç.vdiSS\\xscvi\tC , depresso-globosBe^ filamcnto brevi fultae, incuinbentes, rufescentes, sub fornicibus bractearum singulis singulae, apice rumpentes. MARCHANTIEiE. I. REBOUILLIA Radcli. t. Rebouillia chlorocarpa. N. et M. R. fronde subcoriaceâ oblongâ bifîdâ suprà viridi , margine paginâque inferiori squarnis undique obtectâ purpiireis;recep- taculis terminalibus subgeminatis coiivexis bi-quadrilobis cen- Iro pedunculoque crasso basi barbatis, capsula viridi. In Chili fHerb. Montagne). Capsula laetè virente , squamis frondis pagiuam infcriorem tegentibus magnis ad marginem protcnsis, lotoque habitu fructûs distinctâ. Goior frondis suprà vi- ridis. Accedit ad B.. madeirensem Raddi. ADDENDA. Ad Montagnei descriptiones Fungorum ex Insulâ Juan Fer- nandez à Bertero adlatorum. ï. Polyporus senex. N. et M. P. (Apus Biennis) grandis^ pileo utrinque planinscuîo sube- roso castaneo-fusco glabrescente margine acuto concentricè ru- goso, rugis tuberculato-rugosis, poris ferrugineis angustissiniis substantiâ pilei multo longioribus. ^garicus, n. ù^it^^Y^QviQio in Herb. Hochstett. In truncis putridis annosisque sylvarum densissimarum mon- tiuni Iqsulœ Juan Fernandez Bertero legit, (Herb. Hochstetteri.) Polyporo gibboso FI. Jav. accedit habitu, sed caret stipite et pileus planiis est multo tenuior. Obovato-flabellatus fuisse videtur, sessilis^ pedem latus, la poH^langus, adbaainj ubisubtùs convexus, jt pollioe» crassus^, hinc mar- Jungermannîearum specîes, ^i gincm versus teniiior. Margo subundatus,acutiis, lenitcr decurvus. Supràplauus, rugis multis profonde discretis retrorsùm sutimbricatis insequaliter tuLerculato- rugosis zonatns, testaruni concharum, quas ce antiquatas » dicunt, haud absimili modo, impressionibns allquot radiantibus latiusculis notatus. Jam glaber est, at adsunt vesligia hirsiitiei ; coloris est fusci, basi nigricans et grosse verrucosus. Massa receptaciili, molcm si spcctas fimgi, pertenuis, vix lineâ crassior, floc- coso-contexta. Tubi longi, angusti, intùs fusci, raro, nec nisiad basin pilel, e pluribas stratis compositi. Pori exigui, rotundi, margine acuto, in piano dis- positi. Efflorescunt bine indè in superficie pilei juvéniles parvi lincam unara et alte- ram lati, subrotundi, resupinati, verruciformes, vel disciformesi a. Poljporus limbatus. Fries in Lianœâ. p actinophorus. N. et M. P. (Apus annuus) suberosus, pileo coriaceo subtilissimè ve- lutino concentricè sulcato radiatim dissitè striato rufescente, margine acuto subtùs sterili porisque parvis paliescentibus. In insulâ Juan Fernandez ad truncos legit Bertero. (Herb. Hochstetteri.) 5 3;4 poli. Iatu5, 2 1/2 alîus, semicircularis , depressus , basi utrinque emar- ginatus , suprà incrementis concentricis tumidulis saturatiùs dilutiùsque ochraceo- rufis zonatus, subtilissimè velutinus; radiispaucis distantibus subtilibus impressis pallidis à basi ad ambiîum decurrentibus notatus. Superficies inferior convexaj minute ruguloso-undata, pallidè ocbracea. Margo acutus, subundalus, integer, pallens, subtùs angusto spatio aporus. Massa densa, luteo-pallida ; receptacu- lum poris duplô altius. Pori subsequales, parvi, rotundi, subangulati, margine obtuso. Obseru. Lineis radiantibus superfîciei à forma communi distinctus, neque tamen cum P. radiaio conferendus. 3. Trentepohlia polycarpa. N. et M. T. filis densissimè csespitosis subfasciculato-ramosis, ramis erectis fastigiatis asperis , articulis obsoletis diametro pariim duplove loîigioribus; fructibus lateralibus crebris sessilibus truncalis subcylindricis punctato-asperis. (Color griseus.) In ramis putridis Insulœ Juan Fernandez. Quodad habitum accedit Trentepohliœ aureœ, sed differt : filis longioribus diverse modo ramificatis muricato-asperis , articulis valdè irregularibus et oblite- 72 C. G. NEES d'eSENEECK ET C. MONTAGNE. latis lineâ tamraodô tenuissimâ pellucidâ indicalis, niaximèquc fructibus ad latcra ramorura crcbris sessilibus subcylindricis aut ovalibus tiîbcrculalo-asperis irun- calis, disco vel dcpicsso margine cieaulato, vcl convexo et subconico. TABULAllUM EXPLICATIO. TABULA I. Fig. I. Lophocolea œqmfolia. Plantula naturâ duplô major; b. caulis pars cum foliis , aiicta ; c. eadem à latere inferiore visa, iibi amphigastriorum forma et confluentia cum mar- gine proximi folii, facile cernuntur;c^. folium involucrale, auctiim; e. amphigastrium iuvolu- crale,auclum;/. perianthium valdè auctura, cum foliis involucralibiis; ^. idem laceratum ia cujus fondo calyptra perspicitur sed riipta; h. capsula adhuc immatura è calyptrâ g, arte ex- trada ; i. folium 'myo\ncT&\Q Lophocoleœ CJungerm.Jheterophjllœ.aiUcXwm, cum eodem bu- jusce Eostrae conferendum. Fig. 2. Juhula quillotensîs. a. Planta naturali magnitudine; b. caulis pars suprema cum foliis à dorso visa , aucta ; c. ramus ferlilis cum perianthio à latere superiore visus et auclus ; d. idem à ventre visus, auctus; e. folium rameale aut caulinum supremum à latere inferiore visum, auctum;/. folium caulinum auctum cujus auricula amphigastriumque admodùm va- ria! forma pro vario plantie loco ubi perspicitur; g. folium involucrale, auctum; h. idem vi compianatum ut dentés appendicis s. laciniœ faciliùs conspiciantur; /. amphigastrium involu- crale, auctum; k. calyptra obpyriformis styloque suc coronatacapsulam ferè maturam continens, aucta; /. capsula globosa , rugosa , aucta; w. dater valdè auctus cum sporâ huic adhserente ; n. sporœ polyedraj sub microscopio composilo globules minimos ad speciem continentes. Fig. 3. Zc/cHn/a //•cffzafofl'ei. Caulis pars média cum foliis et amphigastrio à latere inferiore visa ad augmentum mediocrcm, que character specificus à lacunis foliorum orbicularibus et duplici série disposilis faciliùs intelligatur. TABULA II. Fig. r. Plagiochila Montagnei. a. Planta naturali magnitudine; ^.folium caulinum à dorso visum, auctum; c. idem à latere inferiore visum, eodem augmento: d. perianthium cum cap- sula apertâ et foliis involucralibus, auctum. Fig. 2. \Jubula Gaudichaudu. a. Planta naturali magnitudine; b. caulis pars cum foliis, aucta; c. eadem cum amphigastriis à latere inferiore visa, aucta; d. folia cauiina magis anipli- ficata lobuloque suo, amphigasîris evulsis, instructa;e. amphigastrium sinu scissurœ obtuso gaudens, auctum; y? aliud sinu acuto praeditum ; g. ramuli pars capsulam et folia involucra- lia gestans à latere superiore visa, aucta; h. eadem à latere inferiore s. ventre visa , eodem aug- mento; /. pars valdè aucta folii, undè areolarum relis forma dispositioque pateant; k. areolai ejusdem magis auctse. Fig. 3. Lejeunia Neesii. a, Plantula naturali magnitudine in folium peregriuum quoddam pa- rasitans;*. summitas caulis à latere inferiore visa, aucta et in c. surculum juniorem ^estans; d. perianthium cum folio involucrali, auctum ; e. idem cum foliis et amphigastris involucrali- bus , eodem augmento ; /. folium caulinum magis auctum cellularum retis formam oculis sub- jiciens fiVo/a. areolœ paulô majores quàm natura delineataî sunt.); g. amphigastrium cauli- num, auctum; /t. Calyptra rupta styloque coronata et capsula quadridentata pedicello suo cel- lulose suffultâ ab illà erumpens, auctse; i et k. foliorum invtlucralium form» , auclœ. D. DON. — Caract, des groupés de Personées. 73 Sur les cara.ctères de certains groupes de la classe des Personées , ParD. Don. (Edinb. New philosopliical Journal, by Jameson, apiil-july 1835, p. 108.) Il s'est écoulé un temps considérable depuis que j'ai com- mencé l'étude des différens ordres composant cette classe im- portante de plantes, et mon attention ayant été récemment di- rigée sur ce sujet, j'ai pensé que mes observations seraient bien reçues des botanistes. Les rapports intimes qui existent entre plusieurs familles et groupes de cette classe rendent leur circonscription extrê- mement difficile _, et comme on trouve, dans la classe dont il est ici question, une série d'affinités naturelles presque non interrompue, c'est à peine si l'on peut espérer de donner une définition absolue de quelques-uns d'entre eux. Néanmoins, la division d'une classe considérable en petits groupes peut faci- liter beaucoup leur étude; elle est avantageuse pour signaler les particularités de leur structure et le degré de développement des divers organes. Afin de rendre cette communication plus utile sous le point de vue pratique, je traiterai de quelques familles séparément, et je terminerai par l'exposition des caractères techniques de cha- cune d'elles. SCROPHULARINÉES. J'ai eu occasion ailleurs ( i ) de faire remarquer que les Rubia- cées paraissent constituer im grand point central d'union entre plusieurs familles de la classe des Monopétales. Cette observa- tion peut être appliquée avec autant de justesse à la famille qui 74 ^' DON. -^ Caract, des groupes de Penonées, fait le sujet de cette note, à raison de la grande diversité de formes qu'on y observe, et de ce qu'elle participe au port et à la structure de quelques familles avec lesquelles elle est plus immédiatement alliée. Le groupe des 5'cro/?Aw/«nee^, par exemple est étroitement rapproché des Verbascinées et des Solanées ; les GîMliolées se lient avec les Lentibulariées ; les Antirrhinées et les Gérardiées avec les Chélonées et les Bignoniacées ; les Cal- céolariées avec les Gesnériacées; les Euphrasiées avec les Rhi- nanthacées; et les affinités de celles-ci avec les Ferhénacèes sont clairement établies au moyen des Buddléiées. Les Verbascinées se rapprochent tellement du premier groupe qu'on ne peut les distinguer que par leurs fleurs symétriques. Les Solanées normales se distinguent par l'estivation plissée de leur corolle, les Cestrinées par leurs fleurs plus régulières , leur embryon courbé, et par l'estivation valvaire et la régularité de leurs fleurs. Comme aucun des groupes ci-dessus mentionnés ne donne une idée précise de la grande famille, je pense que le nom à^Fersonées A6\l être préféré à celui de Scrophularinées , surtout parce que le Scrophularïa est regardé comme un genre qui s'éloigne de la symétrie générale de la famille. Rhinanthacées. Cette famille, composée des genres Rhirianthus , Pedicularis^ Melampyrum et Cymbaria , est intimement alliée avec l'ordre précédent, mais limitée comme je le propose ici, elle se distingue d'une manière satisfaisante par son embryon renversé avec sa radicule dirigée vers l'extrémité opposée de la graine. Les Eu- phrasiées ont été comprises dans cette famille par plusieurs bo- tanistes , mais si on les y conserve , la séparation entre elles et l'ordre précédent devient impossible. Le Cymbaria diffère du reste de la famille par le degré très considérable de développe- ment de son embryon. Orobanchées. Famille très naturelle , bien distincte de la précédente par la corolle persistante , l'ovaire uniloculaire, l'embryon centrifuge , D. DON. — Caract. des 'groupes de Personées. 7 5 et une économie particulière , puisque ce sont pour la plupart des herbes parasites , dépourvues de feuilles proprement dites et de la couleur verte des autres plantes. Les graines sont atta- chées à des placentas étroits et déprimés , formés par l'union des bords des valves. L'embryon est placé sur le côté ventral de la graine et à l'extrémité opposée au hile , sous forme d'une petite masse homogène presque globulaire , et autant que j'ai pu l'ob- server, parfaitement indivis et conséquemment dépourvu de vrais cotylédons. VOholaria et le Tozzia semblent s'y rappor- ter sous tous les points de vue, mais ils en diffèrent en ce qu'ils ont des feuilles proprement dites , et que ce sont des plantes croissant immédiatement sur le sol. Chélonées. Ce groupe mérite , à mon avis , d'être séparé des Scrophula- rinées , à raison du plus grand degré de développement de son embryon , de ses graines comprimées ailées , et de la présence d'une étamine rudimentaire, caractères qui le placent près des Pêaalinées et des Bignoniacées , dont il se distingue par ses grai- nes munies d'albumen. AsAGOACléES. Le seul genre qui constitue ce groupe est , sous le point de vue de sa structure , un des plus remarquables de toute la classe. Ses fleurs régulières symétriques , l'estivation tordue de sa corolle, et la structure de ses graines, le placent près des Polémoniacées , notamment près du genre Diapensia, avec le- quel il a plusieurs points communs , tant par son port que par la structure , de sorte que sa véritable place dans le système na- turelest évidemment entre cette famille et les Scrophularinées, SiBTHORPIACÉES. Dans mes observations sur le genre Codon. publiées dans un des premiers numéros du journal d'Edimbourg, j'ai proposé de former un groupe dii^ti^ct , composé du Sibthorpia çt du Di- -76 D, DON. •— Caract. des groupes de Personées. sandra , et qui serait intermédiaire aux Scrophularinêes et aux Primulacées. A ces genres j'ajoute maintenant le Piomanzopia , le Capraria et le Scoparia. Ils se distinguent des Scrophulari- nêes , principalement par leurs fleurs régulières et symétriques. SCROPHULARINE^ Brown. (PkESONjLTARUM GENERA, li.— ScROPHULARIARUM; ET PEDICtTLAlHUM PARS, JUSS. Calyx 4-5 divisus, persistens. CoROLLA mouopetala,hypogyna , decidua, irreguïaris, sestivatioue irabricatâ. Stamina plerumque 4 , didynama , quandoque 3 , nunc rudiraento quinti. PisTiLLUM I. OvoriM/w biloculare. «Sii^/raa bilobum V. indivisum. Capsula ( Rarô bacca ) bilocularis , 2-4 valvis , polysperma. Semina parva , albumine copioso prœdita. Embryo teres crectus , inclusus , rectus ; radicula ad urubilicum f pcctans infera. Herbae v. frutices polyraorpha, ssepius oppositifolia; inflorescentia varia. Tribu I. ScrophulariEjE. Calyx prof un de 5 partitus : segmentis plerumque dilalatis, margine scariosis , aestivatione imbricatis. CoroUa tubulosa v. carapa- nulata, ventricosa: limbo 5-lobo., bilabiato. Stamina 4, didynama. Antherarum loculi apice confluentes , connectivo carnoso inserti. Stigma capitatum v. leviter bilobum. Capsula crustacea. Dissepimentum duplicatum e valvularura margi- nibus introflexis constitutum , utrinque placentiferum. Semina testa crassâ , spongiosâ, corrngatâ. Albumen carnosum. Embryo ferc albuminis longitudine. Hcrbœ v. frutices ( plerumque Europaea ) , foliis oppositis alternisve , floribus terminalibus racemosis flavis v. purpureis. Obs. Ad Solaneas, sed imprimis ad Verbascineas, tam habitu quàm charactere propè accedunt. 1. Digitalisj L. — 2. Scrophularia, L. • — 3. Alonsoa, Ruiz et Pavon. Trib. II. ANTiRRHiNEiE. Culyx profundè 5-partitus, aestivatione imbricatâ. 6o7'oZ/apersonata , ventricosa : lijnbo 5-lobo, biiabiato. 67a77zi72a 4, didynama, inclusa, quandoque quinti rudimento. Antherarum loculi apice distincti, Stig- ma leviter bilobum. Capsula crustacea. DissepimeîitumïaàWisum. Placentce spongiosse adnatse. Semina Ic&Û. crassâ, spongiosâ, corrugatâ v. cellislosâ, Albumm carnosum, Embryo fcrè seminis longîtudine. D. DON. — Caract. des groupes de Personées. 77 Herljse v. sufTrutices ( orbis temperatis propria ), foliis oppositis alternisve, floribus terminalibus spicato-racemosis v. axillaribus solitariis. Obs. Semina Nemesiœ omninô ut in Lophospermo. I. Antirrhcnum , Tourn. Juss. — 2. Linaria, Tourn. Juss. — 3. Anarrld- num, Desf. — 4. Maurandia, Cav. — 5. Lophospermum, Don. — 6. Neme- sia. Vent. — 7. Galpezia, Domb. Juss. Trib. III. Gratiole^. Calyx saepius tubulosus , 5-fidus. Corolla tubulosa, venlricosa , quandoque personata : limho 5-lobo , bilabiato. Stamina 4 , didy- nama , inclusa , nunc 2 tantùni fertilia. ^ntherarum loculi divergentes , apice distincti. Stigma plerumque bilamellatum.Ca/7SM/a sœpè membranacea rarô subu- nilocularis. D Issepimentum membranaceum e valvularuni marginibus introflexis constitatum. P/ace«to spongiosse, demiim liberae. Semina testa subcrustaceâ. Albumen carnosum. Embryo feré seminis longitudine. Herbae v. raro suffrutices ( orbis temperatis v. locis paludosis intra tropicos in- colae), foliis oppositis verticillatisve, floribus axillaribus terminalibusve sœpius lu p.urpureis. 1. Gratiola^h. — 2. Herpès tis jGxrtn. — 3. LinderniajL.—^^i. Concheuj Aubl. — 5. Limnophila, Br.-r-6 . Hydrotriche j Zucc. — 7. Cyhlanihera, Ham. — ^.M.azuSj Lour. — 9. Morgania,^v. — 10. Mimulus, L. — ii. Leucocar- pus, Don. — 12. Torenia, L. — \3. Artanema, Don. — i4. Collinsia Nuit. — i5. Hemianthus j Nuit. — 16. Limosella^ L. — \j. Angelonia, Bonpl. — 18. Slemodia , L. — 19. Dodartia , L. Obs. CollinsicB et presertim Hemiantho affînis est Limosella, et subinde tri- bus ad Lentibiilarias accedit, Trib. IV. GERARDiEyE. Calyx tubulosus , 5-dentatus. Corolla campanulata , veiitricosa : limho 5~lobo, bilabiato. Stamina 4 didynaraa , saepè exscrta. An- fAerœblloculares, saepè barbatœ : loculis divergentibus , apice distinctis, basi plerumrjue calcaratis. Stigma clavatum indivisum. Capsula bipartibilis. Disse^ pimentam c laminis 3 coniiatis compositum. Placentœ angustae , spongiosse. Semina angulata , testa crassâ favosâ cellulosâ. Albumen carnosum. Embryo suLfoliaceus, seminis ferè longitudine. Radicala brevissima , obtusa. Hejbae V. sufTfulices (plerumque Americana), foliis oppositis scabris , floribus axiliaribus solitariis v. terminalibus spicato-racemosis flavis aut purpuieis. i. Gerardla^L. — 1. Conradia,lSi\n. — 5. Seymeria,Finsh. — ^.Sopuh/a, Ham. — 5. Cenlranthera, Br. — 6. Gaslromeria, Dod.— 7. Firgularia, Ruiz 78 D. DON. *— Carnet, des groupe^ de Personées, Trib. V. Veronice^. Calyx 4-5-partitus, œstivatione imbricatà. Corolla ro- tata 4-loba, v. tubulosa subbilabiata. Stamina 2 v. 4 exserta, distantia. An- therce incumbentes ; loculis parallelis , distinctis. Stigma capitatum. Capsula membranacea. Dissepimentum angustum , e laminis 2 separabilibus composi- tum. Placentœ brevissimaî, septi medio insertae. Semina compressa , testa mem- branacea. Albumen cartilagineum. Emhryo minutus, leres , in basi albuminis locatus. Herbas v. suffruticcs ( utriusquc hcmispherii zoûis temperatis communia ), fo- liis plerumque oppositis, floribus axillaribiis terminalibusve solitariis s. racemosis tseriileis aut albis. \. Feronica^ L.— 2. Leptandra , IS ixtt.— Pedœrotâ j L.—i. Wulfenia^ Jacq. — 5. Picrorhizuj Roylc — 6. Gymnandra . Pâli. — 7. Antonia ^ Br. Tribu. VI. BucHNjERE^. Calyx tubulosus, striatus, 5-fidus. Corolla hypocra- teriformis, L'mbo sequali. Stamina^, didynama, inclusa. Antherœ e loculis continuis plerumque unilobae, connectivo crasso elevato, Stigma indivisum. Capsula septo simplici. Placenta angusta , columnaris , longitudinaliter adnata, V. demum libéra. â'e/Tzma minuta, lœvia v. scrobiculata , testa membranacea. Albumen carnosum. Embryo semiue multo brevior. Herbae v. sufFrutices (plerumque capensia) foliis, oppositls alternisve, floribus terminalibus spicato-racemosis albis v. rubris. I. Buchnera,lj,—2. Manulea , L; — S.Nycterïnia, Don. — i.Erinusj L. — 5. Escobedia , Ruiz et Pavon. Obs» Manulea tomentosa transitum ad tribum sequentem plane reddit. Trib. VII. BuDDLEJE^. Calyx campanulàtus , 5-dentalus. Corolla tubulosa : limbo 4-5-fido , sequali , patulo. Stamina 4-5 subœqualia , inclusa. Antherœ e loculis 2 parallelis distinctis compositae. Stigma clavatum , bilobum. Capsula crustacea. Dissepimentum e raarginibus yalvularum introflexis constitutum , placentae crassœ spougiosae insertum. Semina angulata , scob'.formia , textâ laxâ membranacea- Albumen carnosum. Emhryo ferè seminis lo.ngitudine ; colyle- dones oblongœ , compressas : radicula bi-evissima. Frutices, rarais quadrangulis, fobis oppositis reticulato-veinosis , floribus ter- minalibus capitalis spicatis ant paniculatis plerumque auranti acis. 1 . Baddleia, L. Ocs. Tribus Vcrbeiiaceis plurimis anologo habitu sat ûm\\ confîrmata. D. DON. — ' Caract. des groupes de Personées, 79 Tribus VÏII. Calceolarie^. Calyx 4-partItus , œstivatione valvatâ. Corolla irregularis, bilabiata. Sfamina 2. V. 4- fauci inserîa ; Antherarum loculis basi diver^^entibus , apice confluentibus. Sligma indivisum , capitatum. Capsula membranacea. Dissepimentum e valvularum marginibus inlroflexis constitutuin. Placentce 2 , stipitatœ y. septoadnatae. Semina minuta, umbilico mucroniformi : testa membranacea Albumen carnosura. Emhryo teres , albuminis dimidii longitudine. Herbse v. suffrutices (Amer, austr. v. Capens.) saepius glanduloso-pubescentes, foliis oppositis saepius indivisis, floribus îerrainalibus plerumque corymboso-pa- niculatis v. racemosis fîavis. Oes. Tribus naturalis omnino osculans videtur inter Scrophularineas et Ges- neriaceas ; his calycis œstivatione valvalâ , capsulas valvuUs revolutis placenti- feris, seminibus minutissimis funiculo umbilicali longiori praeditis, habita inflo- rescentiâ foliisque oppositis plerumque rugosis crenatis ; illis, antheris bilobis apice confluentibus, seminibus albuminosis coavenit. Calceolariapeliolaris aliae- que in hortis proferunt quandoque corollas tubulosas subregulares. Ourisia ba- bitu simillima, forte tamen ad Gesneriaceas meliiis depellcnda. 1. CalceolariaL. — 2. Jovella Ruiz et Pavon. — 3. Bœa Commers . — \ 4. Hemimeris L, Trib. IX. EuPHRAsiACE^. Calyx tubulosus , 5-denlatus. Corolla bilabiata....'! -(^«^/lÊ/aniTre loculis parallelis, saepius basi calcaratis Stigina testa membra- nacea. ^//èi^/we/icarnosum. Emhryo teres ^ axilis, rectus, albuminis ferè longi- tudine. Herbse foliis oppositis, floribus terminalibus subspicatis bracteatis. 1. Euphrasiaj L.—ii. Bartsia, L. — 3. Lamourouxia, K unth. Casfis/e/a Mut. RHINANTHACE^. De Cand. — Melampyiiace.îî Ricb. — Pedicularitjm PARS JUSS. Calyx tubulosus , 4-5-fidus persistens. CoRoixA tubulosa , hypogyna, decidua, irregularis, œstivatione imbricalâj labio supcriore plerumque galeato. Stamina -4, didynaraa, feriilia. Anllierœ basi calcaratae. PisTiLLUM 1. Ovarium biloculare. Stigma indivisum. Capsula bilocular-is, 2-4-valvis, poîysperma. Semina testa membranacea. Albumen copiosum, dense carnosum. EiSBRXo inversusj teres» B^dicula ab umbilico remota , centiifuga. 8o D, DON. — Caract. des groupes de Personées. Plantœ (Europœ Asiae et Amer. Bor.) humillimae , herbaceae, v. raro suffruti- cosee. Folia ssspiùs opposita , pinnatifîda. Flores terminales , spicali , bracteaîi. * Embryo minuius in apice alhuminis. 1. H/iinanthus L. — Pedicularis L. — Melampyrum L. ** Embryo albumines ferè longitudirte suhfoliaceus ( Gymbarie^ ). j. Oy?nbaria Linn. OROBANGHE^ Rich. Juss. Caj.yx divisus, persislens. C0ROL1.A tubulosa , hypogyna, irregularis, persistens! sestivatione imbricalâ. Stamina 4 didynama, fcrtilia. Anlherœ basi ssepius calcaratœ. PisTiLxiUM 1. Oyarium i-loculare. Stigma bilobum v. indivisum. Capsula i-loculans,2-valvis, polysperma. Semina placentis angustis parietalibuse valvularum marginibus cooflactis in- scrta , minutissiraa : teslâ tenuissimè mcmbranaceâ, areolissubquadratis leticulalâ. Albumen copiosum cartilagineiim. Embryo in apice albuminis inversus, excentricus , minutus, subglobosus, plerumque indivisus! Radicula supera, ab urabilico remota. Herbaî plerumque parasiticse , aphyllae, subcarnosse, rufescentes, squamatae. Flores terminales, solitarii aut spicati , bracteati. Obs. Ordo omninô uaturalis facilèque defîniendus corollâ persistenti, scminum structura, atque habitu diversissimo. In Lathrœâ et Orobanchi embryo, ut vidctur, indivisus eîacotyledoneus; anitaque iu caeteris gencribus? Parasiticœ aphyllœ. 1. Orobanche L.— 2. PhelipeaDesî.—^. Epiphagus Nutl.— 4. Lathrœa L. — 5. Hyobancheh.—^. JlectraliXwxnh .—^ . yE^inetia B.oxh. 8. Anbla- ium Tourn. ■** Terestres j foUatœ (OBOLAEiEiE). 9. Obolarlah. — 10. Tozzia L. CHELOiSEiE. Calyx 5-"pai-titus , persistens. D. DON. — Caract. des groupes de Personées. 8i CoROLLA tubulosa j hypogyna, irregularis, decidua, limbo 5-lobo. Stamina 4, diJynama, fertilia; quintiira stérile. AntJierœhiXocxAdxc!) muticœ • loculis apicc confluentibas. Stigma indivisura. Capsula bilocularis, polyspcrma. Semina erecta , compressa, margiae tnembranacca. Albumen carnosum. Embryo eicctus, foliaceus. Herbae v. sulï'iuliccs ( Amer. Sept.). Folia opposita. Inflorescentia paniculata V. spicata. Obs. Tribus Bignonîaceis et Pedalineisproxiinèafïinis^ calyce tamen subpoly- phyllo, stigmate indivise, seminibus erectis albamiuosis facile diguoscitur. 1. Chelone L. — ■ 2. Penstemon Mich. ARAGOACE^. Calyx 4-5-phylhis, persistons, basi bracteatus. CoROLLA hypocrateriformis , regularis, decidua : limbo 4-partito, patenti, œquali , sestivatione coTivolutâ. Stamina 4, aequalia, sinubus corollse inserla. Fllamenta basi baibata. yïii- iherœ bilobae : loculis anice omniuo coufliientibus. PisTiLLiUM 1. Ovarium biloculare. Stylusî'^iiQxmxî,. Sdgina capitatam , in- divisura. Capsula 2-locuîarîs, 4-valvis : loculis 4-spermis. Dissepimenium utriuqne placentiferum, dcmùra liberum. Sf.mina erecta, imbricata , compressa, marginc inembranaceoalata : testa membranaceâ, reticulatâ. Albumen copiosuai, carnosum. Embryo rectus, axilis , inclusus. Cotyledones oblongne, complessa:. Radicula teres , obtusa, cotylcdonibus triplù longior, infera. Frulices ( Nov. Granat. ), facie cupressinâ ramosissimi, ramis oppositis, Folia quadrifariam imbricata, coriacea , intcgerrima. Flores axiliarcs, solitarii, sub- sessiles, albi. Obs. Tribus oscuLims Personatis , Polemoniaceis et Bignoniaceis pariteraffinis; ab Lis, stigmate omniDo indivise et calyce poîypbyllo , ab illis , corollâ regulari, œslivatione convolutâ, distinguitur. Polemoniaceis, ïxn^nmis Diapensiœ, convc- nitcorollà regulari, œstivationc convolutâ, staminum insertione, ijeminibus alatis, attaraen discrepat stigmate. I. Aragoa Kuutli. V. EoTAK. ~ Février. G 8a KOCH. — Orohanches de la Flore â/ Allemagne, sibthorpiacej:. Calyx 4-8-paititus , persistens. CoROLLA rotata , 4-8-fîda , legularis, decidua , aestivatione imtricatâ. Stamina 4-8 aequalia, corollae lobis alterna. Antherœ Liloculares ; loculis paiallclis. PisTiLLUM 1. OfartM/re biloculare. «S/i^Trea capitatum, indivisum. Capsula bilocularis, Liyalvis, polysperma. Placenta magna, spongiosa, gloLosa. Semina erecta , testa membranaceâ. Albumen copiosum dense carcosum. Embryo îeres, crectus, inclusus. Piadicula longa, cylindracea, obtusa, um- bilico obversacentripeta. Herbae, foîiis alternis indivisis; floribus axillaribus, solitariis, pedunculatis. Obs. Familia admodum parva inter Scrophularineas et Primulaceas locum te- nens. A prioribus flore regulari symmetrico et placenta globosâ, a posterioribus staminibus corollae lobis alternis et capsula biloculari facile dignoscitur. I. Sibthorpia L. — 2. Disandra L. — 3. ? Romanzowia Cham. — 4 ? Ca- praria L. ( C. bijîora ). — 5 ? Scoparia L. Description des Orohanches de la Flore d'Allemagne; Par M. KocH. ( Suite. Voyez Tom. v. page 36. ) 10. 0. RUBENs Wallroth. 0. sepalis multincrviis late-ovatis, subulato-acuminatis, postice et antice dente instructis vel inaequaliter bifidis , dimidio tubo corollae circiter longis, antice continuis velcoalitis ; coroUa e basicurvata tubuloso-catupanulata, dorso recta', apice cassidiforrai abrupta ; labiis inaequaliter dcntatis , superiorc bilobo , lobis dilatatis, inferioris laciniis ovatis , subaequalibus , lateralibus palulis ; staminibus flexurae corollae insertis, a basiad médium dense pilosis ; stiginatis disco tenuis- sime velutino , margine non prominulo. Descript. : WaUroth, Schultz. Icon. : Reichenb. le. f. 901, 902. 3cliult?. ( analyse de la fleur comme O. elatior. ) KOCH. — Orohanches de la Flore d'Allemagne. 83 Collect. : Reichb. FI. Germ. exs. n" SZ. Synon. : O. rubens Wallr. ! p. 46. O. elatior Koch et Zlz, Cat. palat. p. la. Reichb. FI. exe. p. 354. O. Medicaginis Schultz, Anal. d. Regenb. bol. Ge- sellsch. 5. p. 5o5. Cette espèce se reconnaît à sa corolle tubuleuse , longue de neuf à dix lignes, dont le tube immédiatement au-dessus de la base est sensiblement courbé; mais à partir de là le tube ne va pas seulement en ligne droite, mais il se présente même un peu déprimé ; dans la lèvre supérieure le dos de la corolle se courbe conidérableme nt en avant et se réfléchit un peu vers le haut à l'exlrémité. La plante croît isolée; rarement on rencontre deux tiges par- tant du même point. Elle est une des espèces les plus hautes et atteint souvent plus d'un pied. La tige est ordmairement grêle , cependant on en voit des exemplaires à tige assez épaisse; la base est médiocrement renflée et couverte d'écaillés ovales, appli- quées; plus haut elles sont étroites, lancéolées, plus ou moins étalées. Quelquefois la base s'enfle en une nodosité grande et oblongue , au bas de laquelle on rencontre souvent encore un tronc de plus d'un pouce de longueur , couvert d'écaillés petites et denses; la tige est rousse , portant des poils diaphanes sur- montés d'une glande jaunâtre ; à la base de la tige ces poils sont peu nombreux , mais vers le haut on les voit en grand nombre, de même qu'aux bradées , aux sépales et à la surface extérieure de la corolle, liépi est ordinairement bien fourni , de 25 à 3o fleurs serrées , quelquefois lâches. Les sépales sont multinerves , ovales-larges , de consistance dure , indivis, rétrécis subitement en une lanière subulée qui ordinairement n'atteint que la moi- tié de la longueur de la corolle , ou qui est aussi un peu plus longue et qui porte souvent encore des deux côtés une dent ; ou bien ils sont inégalement bifides. Sur le devant ils sont con- tigus , rarement soudés ensemble , de couleur de paille , de même que les bractées , les sépales et la base de la corolle. La corolle est brunâtre vers le haut , ou d'un jaune rougeâtre sale , souvent un peu teinte de violet. "Lqs bractées sont à-peu-près de a longu eur du tube de la corolle , ou un peu plus longues , lan- céolées et partant d'une base ovale. La corolle est longue de 6, 84 KOCH. — Orobanches de la Flore d'Allemagne. neuf à dix lignes , tubuleuse , assez rétrécie à la base , peu élar- gie vers le haut, étranglée sur le devant à deux lignes au-des- sus de la base détachée par quatre fossettes planes : elle y est presque géniculée. Son dos est un peu caréné, ou en ligne droite, ou même un peu déprimé jusqu'au milieu de la lèvre supé- rieure , qui descend subitement et se relève à l'extrémité. La lèvre supérieure est profondément émarginée , ses lobes sont larges , arrondis , à crénelures petites et inégales , enfin , étalés , mais non réfléchis sur le côté. La lèi^re inférieure est presque de la longueur de la supérieure , profondément trifide , dirigée obliquement vers le bas, les lanières rongées-denticulées et un peu crépues , ordinairement munies à leur milieu d'une dent plus longue ; les lanières latérales sont étalées vers le dehors et ne sont qu'un peu plus petites que la médiane. Les bosses et les plis sont très prononcés. Les étamines sont blanchâtres ou lilas à l'extrémité , insérées dans la courbure du tube , à environ deux lignes au-dessus de la base détachées de la corolle , nues extérieurement, de couleur orangée à leur naissance; intérieu- rement depuis la base jusqu'au miheu, elles sont couvertes de nombreux poils secs. L'extérieur du tube est également poilu en descendant depuis les étamines. Mais le style rougeâtre et l'extrémité des étamines ne portent que quelques poils glandu- leux. 'Les filets plus longs ne se courbent que légèrement et ne prennent point à leur sommet une direction arquée. Les an- thères sont brunes : leurs loges se transforment peu-à-peu en mucrones. Vovaire est blanchâtre, à base jaune-brunâtre. Le style porte sur son dos une linéole lilas descendant jusqu'au fond des deux lobes du stigmate qui forment un angle aigu. Les lobes sont arrondis, fortement enflés , d'un beau jaune de cire et un peu veloutés. Wallroth réunit l'O. elatior Sutton à VO. amethyslea Thuill. ; sans doute la figure dans les Actes de la Soc. Lin. de Londres et dans l'Engl. Bot. convient mieux à cette dernière espèce ; mais cette figure ne présente ne'anmoins pas tout-à-fait XO. amethfs- tea, et la question ne pourra être décidée que par l'inspection d'exemplaires d'Angleterre. Cette espèce porterait avec raison le nom à'O. Medicaginis , si ce nom n'était déjà donné par KOCH. — Orohanches de la Flore d'Allemagne, 85 Duby à une autre espèce, à VO.de la Luzerne cultwée Vauch. ; je ue connais pas encore cette dernière, mais à en juger par la description de son auteur , elle est voisine de VO. minor , si ce n'est que ses étamines sont nues. On rencontre VO. rubens çhns l'Allemagne méridionale et occidentale , et dans la Thuringe sur les Medicago fulcata et satiua. Elle est nnpîantée sur les extré- mités des racines souvent fort grosses. Elle fleurit depuis le mois de mai jusqu'à la mi-juin, p II. 0. LOHicATA Reichenbach. O. sepalis 3-5-nerviis, corollaitulio sequalibus; corolli luLuloso-campanuîata, dorso recta, apice antice recurvata ; labiis obtuse denticulatis, superiore bilobo, lobis patulis ; slaminibus iafra médium tubi insertis, nudis, basi parce pilosis. De$cript. : Vaucher. Icon. : Reichb. 7. f. 917. Vauch. t. i3 (méconnaissable). Collect. : O. elatior Sclileicher ! du moins d'après les échantillons que j'ai examinés. Synon.: O.Zoricato Reichb. Fl.germ.exe. p. 355 ( à l'exclusion de VO. flaira Mart. et de son parasitisme sur le Tussilago petasites et sur le Berberis à Munich). O. de f Armoise des champs Vauch. p. 62. Cette espèce , que je ne puis décrire que sur des échantillons desséchés , se distingue par ses sépales étroits , à trois ou cinq nervures , profondément fendus en deux lanières longues , su- bulées ; ils atteignent l'extrémité du tube de la corolle ou le dé- passent même ; par la corolle tubuleuse , longue de sept à huit lignes , dont le tube a deux lignes de largeur , presque droite jusqu'à la lèvre inférieure , et seulement un peu courbée sur le dos de la lèvre supérieure: cette dernière est bilobée et étalée ; par les étamines légèrement poilues , insérées au com- mencement à-peu-près du deuxième tiers de îa hauteur du tube. Elle a un pied et plus. I.a tige est plus grosse à la base , mais elle ne présente point de renflement bulbi forme. Elle y porte des écailles peu rapprochées et grandes ; celles qui suivent sont es- pacées , lancéolées, oblongues , assez grandes. Au-dessous de l'épi la tige est ordinairement nue. La tige , les écailles surtout vers le haut, les bractées et l'extrémité des sépales portent des 86 KOCH. — Orohanches de la Flore d'Allemagne. poils assez longs, blanchâtres sur la plante desséchée. Uépi est bien fourni, lâche lorsqu'il est entièrement développé. Les brac- tées sont aussi longues ou à peine plus longues que la fleur. Les sépales sont traversés par cinq nervures , dont trois sont moins fortement dessinées , fendus profondément et souvent jusqu'à la base en deux lanières lancéolées-subuîées , termi- nées en une longue pointe et ordinairement un peu divergen- tes ; la lanière plus grande atteint la lèvre supérieure et la dé- passe quelquefois. La corolle est longue de sept à huit lignes , couverte de poils blancs étalés, terminés par une petite glande incolore. Le tube , quand on le comprime médiocrement , a deux lignes de largeur et est droit depuis sa base arrondie jusqu'aux lèvres; la lèvre supérieure cependant se courbe un peu en avant et fait prendre à la corolle l'aspect un peu courbé. Les lèvres sont munies de dents inégales, obtuses, non frangées : la supérieure est bilobée, à lobes arrondis, !a lanière médiane de la lèvre inférieure est un peu plus grande que les latérales. hes étamines sont assez grosses à leur base, mais s'amincissant successivement; elles deviennent grêles à l'extrémité; au der- nier tiers inférieur, elles portent quelques poils: leur base dé currente en porte un plus grand nombre: le reste est nu; elles sont insérées à-peu-prèsà i 1/2 ligne au-dessus de la base de la corolle détachée : à l'extérieur, aucun étranglement ne corres- pond à leur point d'insertion. Uoi^aire est court, ovoïde, he style est garni de poils glanduleux. D'après Vaucher, la tige est rousseâtre, les écailles et les brac- tées sont brunâtres, les fleurs d'un blanc jaunâtre, veinées de ronge; les anthères sont noirâtres , l'ovaire et le style jaunâtre; le stigmate rouge-pâle. Cette espèce ressemble au premier abord, aux O. flava et la- corum; elle s'éloigne cependant de la première par les caractères suivans. La tige porte moins d'écaillés et est plus amincie vers le haut. Les bractées sont légèrement acuminées, plus poilues et ne dépassent point la fleur. Les sépales sont fendus profondé- ment, quelquefois jusqu'à la base; leur lanière supérieure atteint et dépasse même la lèvre supérieure. Le tube de la corolle , à l'exception de la base légèrement arrondie, est droit; la lèvre su- K.OCH. — • Orohanches de la Flore d* Allemagne, 87 périeiiie seule penche un peu en avant; ses deux lobes, du moins dans les échantillons desséchés, sont étalés mais non réfléchis. Les étamines ne portent quelques poils rares qu'à leur extrémité inférieure; à leur point d'insertion, la corolle ne présente extérieu- rement aucune dépression. Les filets plus longs sont un peu courbés en dedans à leur extrémité, mais ne forment point vers le bas un arc aussi considérable; le stigmate est placé plus haut que cette inflexion des filets et a une teinte rouge. Voici les caractères par lesquels on la distingue de l'O. luco- rwn. Les sépales ont trois et cinq nervures; le tube de la corolle, à l'exception de la base arrondie, est droit sur le dos, le bord des lèvres est plus considérablement dentelé , mais non cilié. Les étamines insérées plus haut et légèrement poilues , ne mar- quent point de dépression à l'extérieur de la corolle. Dans \0, lucorum, les sépales n'ont que deux nervures, la corolle est courbée sur le dos, son bord est légèrement cilié; les étamines, insérées plus bas, portent des poils nombreux; à l'extérieur de la corolle se trouve une dépression très forte correspondant à leur insertion. Le stigmate est jaune. De grands échantillons de VO. loricata ressemblent à l'O. ru- hens ^ mais celle-ci a des corolles considérablement plus grandes, à base fortement étranglée, extrêmement courbées et présentant à l'extrémité de la lèvre supérieure une courbure cassidiforme ; les sépales sont courts, larges, subitement terminés en une pointe subulée, souvent soudés sur le devant, n'atteignant que la moitié du tube de la corolle ; les étamines sont fortement poi- lues jusqu'à leur milieu, et plus robustes; le stigmate est jaune. VO. loricata se rapproche de l'O. Epithymum par la lèvre su- périeure bilobée, par les étamines peu poilues et les sépales pro- fondément fendus; cette dernière cependant s'en éloigne par une corolle de largeur double, plus campanulée, à bord dessiné de veines colorées rétiformes, denticulé-frangé et glanduleux-ciliéj par des étamines plus robustes et insérées plus bas, portant à leur extrémité supérieure de nombreux poils glanduleux; parles grandes étamines formant à leur extrémité un arc considérable ; et par les poils colorés, courts et glanduleux. L'O. loricata croît sur XArtemisia c«w/?ejim dans les monta- 88 KOCH. — Orobanches de la Flore d'Allemagne. gnes dites Wesserberge près Aschersleben et à Frankenhausen, (Honumg!), 12. 0. PicRiDis W. Schuliz. 0. scpalis i-2-nerviis indivisis vel anticc dente iinica instructis, corollje tubo longioribus ; corolla tubuloso-campanulata , dorso recta, apiceantice incurvata labiis obtuse denticulatis, superiore indiviso , lateralibus subpatulis ; staniinibus in tubo feremeàio insertis, a basi usque suprà médium dense pilosis , superne verrucis parvis aspcris ; stigmatis disco glabro , granulis rainimis obtusissiraisque dense obtecto. Synon.: O. Picrîdls Scliulîz Annal. derGcw. d. Regensb. bot. Gcsellsch. vol. 5. p. 5o4. Orohanche de la Picride èperçière Vaucher. p. 6o (le stigmate y est dit cramoisi, teinte qui naît facilement du violet ). Cette espèce est très voisine de YO. loricata, mais elle porte des poils beaucoup plus nombreux sur la tige, surtout entre les fleurs et sur les bractées. Les sépales sont uninerves et ne sont munis que d'une petite dent; lorsque cette dent prend plus de développement, elle naît plus haut que celle de VO. loricata; par cette raison, le sépale n est pas alors aussi profondément fendu, mais il devient binerve. La corolle est un peu plus courbée en avant à sa partie supérieure. La lèvre supérieure est entière, non bilobée, d'ailleurs garnie de dentelures obtuses, non ciliée. Les étamines sont considérablement poilues jusqu'au-delà de leur milieu: à leur origine, la corolle présente extérieurement une forte dépression. De petites verrues rendent les filets rudes au toucher vers le haut. La lèvre supérieure porte, outre ses dente- lures, ordinairement encore trois à quatre échancrures très peu prononcées , mais elle n'est pas bilobée. Voici les caractères qui distinguent l'O. Picridis de XO.flava. Elle est plus poilue vers le haut; les sépales sont plus longs que le tube de la corolle. Celle-ci est bien moins courbée sur le dos; sa lèvre supérieure est entière , et ses bords ne sont point réfléchis comme dans les Anthirrinum. Les filets longs sont arqués à leur partie supérieure , mais moins que ceux de XO.Jïava^ et le stigmate est plus haut placé que cet arc. Le stig- mate est violacé sale , plus large et à lobes plus arrondis ; les KOCH. — Orobanches de la Flore d^ Allemagne. 89 pelotes sont légèrement grenues, non cicatriculées. Le style porte des poils glanduleux. De VO. lucorum, elle se distingue par la corolle droite , cour- bée seulement un peu à la base et sur le devant : son limbe est bordé de crenelures obtuses et non de cils; par la lèvre supé- rieure entière et non bilobée; par l'insertion plus haute des étamines, et par le stigmate. Al. Braun , qui a examiné la plante vivante , lui a trouvé la couleur de la tige violette-pâle; les poils longs dont elle est cou- verte, sont blancs, surmontés de petites têtes pâles, très petites. La fleur est blanche ou à peine jaunâtre ; ses linéoles peu prononcées tirent sur le violet. Les étamines sont entièrement blanches, jaunâtres seulement extérieurement à leur base. L'o- vaire est jaune-clair, orangé à la base. Le style passe au lilas et porte des poils blancs peu nombreux et terminés par des points jaune-pâle. Le stigmate est d'un violet sale; ses pelotes sont presque glabres et parsemées de gibbosités petites et nom- breuses. Cette plante est assez fréquente à Deux-Ponts, sur les racines du Picris hieracioides (W.Schultz). Al. Braun l'a vue dans l'her- bier de Gaj% à Paris, provenant de Metz, avec la plante-mère, et de plusieurs autres contrées de la France et de l'Italie. i3. FLAVA Martius. 0. sepalis uninerviis vel obsolète trinerviis , integris vel antice dente iinica instructis dimidium tubi sequantibus; coroUa tubuloso-campanulata , dorso in- curva ; labiis denticulatis , superiore bilobo , lobis reflexis ; starainibus medio fere tubo insertis , a basi usqiie suprà médium dense pilosis } stylo nudo ; stig- matis disco lacunoso-verruculoso. Descript. et Icon. : Schultz (analyse de la fleur). Synon. : OJlava Mart. iu Schultz p. g. à l'exclusion de l'habitat sur la racine de Berberis. * Cette espèce se reconnaît à sa corolle petite , longue seulement de 7 Hgnes, large de 2 i^a lignes, tubuleuse,' étranglée au point d'insertion des étamines vers le deuxième tiers inférieur de son tube, unicolore, d'an jaune de cire ou jaune pâle , ainsi que toute la plante , notamment le pétiole, les écailles, les bractées go KOCH. — Orohanches de la Flore d'Allemagne. et les sépales; aux lanières de la lèvre supérieure, réfléchies comme dans les Anthirrinum;h. l'insertion haute des étaraines et à la courbure des fdets plus longs, qui, très rapprochés à leur base, s'écartent considérablement à leur extrémité supérieure et forment, en s'inclinant l'un vers l'autre, un arc en forme d'anse très considérable; enfin, au stigmate jaune de cire, crenelé- verruqueux. Voici la description faite sur le frais de cette es- pèce si souvent méconnue jusqu'ici : « La tige est ordinairement très droite , raide, grosse en com- paraison de la petitesse des fleurs; ordinairement, elle atteint plus d'un pied de haut et s'épaissit à sa base, mais sans renflement bulbiforme; elle est, à cette partie, couverte d'écaillés nom- breuses; sur le haut de la tige celles-ci se trouvent encore en plus grand nombre que dans les espèces voisines. Elle ne s'a- mincit pas d'une manière aussi sensible que celle de VO. Epithy- mum, et elle porte, surtout vers le haut, des poils touffus blancs, diaphanes, étalés, de longueur inégale; on remarque à leur ex- trémité, sur la plante vivante seulement, quelques petites têtes presque incolores. Les ec<2///e.y sont appliquées,lancéolées-larges, amincies vers le haut, mais à extrémité obtuse, portant ordinaire- ment des poils rares à leur base et sur leurs bords! L'inflorescence commence au haut de la tige et présente ordinairement un épi bien fourni et très serré. Les bractées sont un peu plus lar- ges que les écailles cauîinaires, peu poilues, souvent presque nues et ordinairement un peu plus longues que la fleur. Les sé- pales sont divisés, obliquement ovales, subitement amincis en alêne et à pointe très aiguë, de la moitié de la longueur des fleurs, minces et diaphanes, traversés par une nervure unique , recourbés en arrière, simples ou munis d'une petite dent, ou dans des cas rares, inégalement bifides : dans ce cas, la seconde lanière estloujours courte, sans nervure; il n'y a que la lanière plus grande, base des sépales même, qui présente quelquefois deux nervures rudimentaires très faibles. La corolle , longue de 5 à7 li- gnes, esttubuleuse; son bord antérieur s'élève en ligne droite jus- qu'à la lèvre inférieure, et est à peine étranglée antérieurement ; son dos s'élève peu-à-peu depuis la base arrondie, et offre cepen- dant une courbure très forte jusqu'à la lèvre supérieure, qui KOCH. — r Orohanclies de la, Flor^j^ Allemagne. gi par là est un peu cassidiforme. Le tube s'élargit subitement un peu au-delà du point où les filets ne sont plus soudés. Les plis qui vont aux lobes de la lèvre inférieure sont très faibles. La lèure supérieure est bilobée, souvent avec une pointe médiane; ses lobes ne sont ni aussi larges, ni aussi arrondis que dans l'O. rubens, mais ils se réfléchissent comme dans les Anthirrinum. La lèi^re inférieure est un peu plus courte que la supérieure et pré- sente trois lobes assez planes, de grandeur égale; ces lobes sont un peu p]us longs que larges et plus souvent anguleux qu'arron- dis. Le limbe est légèrement denté, plus fortement et plus irré- gulièrement à la lèvre infériiMs,re qu'à la supérieure. La face ex- térieure de la corolle porte des poils glanduleux très petits et peu nombreux. Les étamines naissent au troisième tiers infé- rieur du tube , sont planes et traversées à leur côté intérieur d'une linéole déprimée; elles s'amincissent très insensiblement vers le haut, et sont couvertes à leur surface intérieure, jus- qu'au-delà du miheu,de nombreux poils blancs secs; leur partie supérieure est presque nue ou couverte de poils très épars. Les étamines dépassent ordinairement un peu la gorge de la corolle et les deux antérieures plus longues forment des deux côtés deux arcs très considérables en forme d'anse. Le style se trouve entre et sous ces filets, et se courbe en bas vers le devant, en sorte que le stigmate se trouve placé plus basque les deux courbures en forme d'anse. Les anthères sont surmontées de petits mucrones et sont, de même que les filets, d'un jaune blanc; quand la fleur se fane , elles deviennent d'un brun-clair. \I ovaire et le style sont d'un jaune-blanc, nus ou portant çà et là un petit poil. La base de l'ovaire est de couleur orange et a trois bosses assez saillantes. Le stigmate est pendant, petit et mince , légèrement évasé au milieu ; ses lobes sont très écartés, la fente transversale est très ouverte. Les pelotes du stigmate sont couvertes de petites ver- rues et de fossettes; elles sont lacuneuses , ce que l'on voit clai- rement sur la plante desséchée. Leur couleur est d'un jaune de cire dans la plante fraîche, plus tard, elle passe au jaune sale ou brunâtre. La capsule est petite, oblongue, courbée sur le devant et se terminant plus insensiblement en un style que cela ne se voit dans les espèces voisines. 92 KOCH. — « Orohanches de la Flore d'Allemagne. « La couleur de toute la plante est d'un jaune uniforme, tantôt plus clair, comme dans le Monotropa, tantôt plus foncé et tiran t sur le jaune-cire. On en rencontre, mais assez rarement, une variété qui tire sur l'incarnat, et a le stigmate d'un jaune de cire foncé. « Les fibres de la racine du Tussilage nwea prennent un ren- flement bulbiforme, quand cette Orobanche vient s'y implanter. Ce renflement s'observe toujours sur le milieu de la fibre, jamais à son extrémité. On trouve souvent plusieurs tubercules dans une rangée sur la même fibre et de la grosseur d'une noisette ; Ja racine devient alors non-seulement filipendule, mais même moniliforme. C'est chaque fois à la partie inférieure d'un tel tubercule que l'Orobanche se trouve implantée; elle se courbe pour s'élever de là à la surface de la terre; rarement des tiges souterraines minces sont affectées par l'Orobanche. Cette espèce se prêterait surtout fort bien à l'examen de la manière dont les Orobanches s'implantent en parasites sur les racines. La plante est sans odeur. » A. Braun. Cette espèce fut confondue autrefois par Schultz avec VO. lucorum qu'il n'avait vu qu'à l'état desséché; Spitzl la fait venir à tort sur les racines du Berberis^ et Reichenbach la réunit à r O. loricata quoiqu'elle en soit certainement distincte. Elle croît, comme nous l'avons dit, sur la racine du Tussilage nivea , à Munich, où elle fut découverte, en 1818, par Martius, et retrouvée seulement dix années plus tard par Schultz. Depuis on l'a revue tous les ans, en juillet. Probablement. %. i4. Orobanche i.ucorum Al. Braun. O. sepalis binerviis inseqnaliter bifidis , corollaî tubo œqualibus ; coroUa tuhuloso-campanulata dorso incurva ; labiis leviter glanduloso-cilialis obsolète denticulatis, superiore bilobo, lobis patulis; stamiuibus supra basiti coroUse insertis, a basi usque supra médium dense pilosis; stylo nudo; stigraatis disco plauo, velutino. Synon. et Icon. : O. lucorum Braun. Schultz Annal d. Reg. bot. ges. 5. p. 5o4. O. loricata Reiclib. le. f. 918. (L'insertion des étaraines est représentée un peu trop haut.) Cette espèce présente la structure, la forme et les poils de la précédente et presque sa teinte. A. Braun , qui a comparé les deux espèces, les distingue par les caractères suivans : Kocn. ' — Orobanches de la Flore d^ Allemagne. gS «Elle est ordinairement un peu plus basse et plus robuste, d'ailleurs aussi raide et droite; le renflement du bas de la tige est également peu considérable. \J inflorescence est aussi serrée, cependant les fleurs s'ccartent un peu plus de la tige. Celle-ci a moins d'écaiiles, qui partent d'une base ovale, sont acuminées et étalées. Les bractées sont souvent considérablement plus longues que les fleurs, plus fortement poilues à l'extérieur, presque veloutées, partant d'ime base plus large, terminées en une longue pointe linéaire et géniculée, courbées vers le bas. Les sépales inégalement bifides atteignent la longueur du tube de la corolle, et chaque lanière est traversée d'une nervure. La fleur n'est pas plus longue, mais plus ample, elle a une gorge plus grande; les plis et les sinus de la lèvre inférieure sont plus considérables; les lobes sont plus larges, plus arrondis dans la lèvre supérieure, plus profondément bilobés, non réfléchis comme dans les Anthirrinum^ mais étalés. Le bord de la corolle est légèrement dentelé, couvert d'un assez grand nombre de poils glanduleux. L'étranglement du tube de la corolle est moins con- sidérable et se trouve beaucoup plus bas vers la base de la co- rolle. Les étamines ^ dont l'insertion correspond à cet étrangle- ment, sont par conséquent attachées plus bas. Les filets^ plus longs, sont droits et courbés en dedans à l'extrémité seule; ils ne forment point vers le haut de courbure aussi forte et ne dé- passent point la gorge. JJoçaire est plus gros. Le style est pro- portionnellement plus court, traversé postérieurement d'une linéole violette qui va jusqu'au fond du stigmate; son extrémité n'est pas ordinairement aussi fortement courbée. Le stigmate dépasse les anthères, est plus grand, plus profondément émar- giné, a des lobes presque semi-globuleux, plus gros, et n'est point jaune, mais d'un brun violacé, et dans la jeunesse d'un incarnat jaunâtre. Il n'est point lacuneux, mais velouté; vu à travers la loupe, on pourrait l'appeler stigma verruculatum. Toute la plante est d'un jaune plus rougeâtre. » « On la distingue donc de YO.flava, au premier abord, par sa teinte rougeâtre, sa fleur plus ample, à gorge plus grande; par les lobes simplement étalés et non réfléchis de sa lèvre supé- rieure profondément bilobée; par ses étamines plus longues, 94 KOCH. — • Orohanches de la Flore d'Allemagne, iioA Courbées à leur partie supérieure; par son style dépassant de beaucoup les anthères, et par son stigmate moins pendant, plus grand, roux, profondément bilobé, fortement contracté au milieu, velouté et non verruculeux. «En 1828, Berger découvrit cette espèce dans le parc de Munich, au milieu des broussailles. Elle attira son attention par sa. teinte et son lieu natal insolite entre les feuilles putrescentes ï)es recherches très pénibles firent voir qu'elle est parasite r le^ racines du Berberis. Bientôt après, je l'ai cueillie en assez grand nombre, à la même place, avec Zuccarini. En 1829, il fut im- possible d'en trouver un seul pied. En revanche Berger trouva, dans le même parc, deux échantillons d'une Orobanche parasite sur le Riibiis cœsius. Les échantillons étaient très resseniblans à rO. lucorum, seulement leur inflorescence était moins serrée, leurs fleurs un peu plus grandes et plus amples, à style plus long, portant quelques poils de plus, à stigmate plus grand, plus profondément échancré, à lobes plus ronds et à pelotes contractées sur le milieu. Ces différences sont si peu impor- tantes, que je ne puis considérer la plante qUe comme une variété de celle qui vient sur le Berberis; et j'admets donc, pour rO. lucorum, les deux variétés «. Berberidis et p. Rubi.r> Al. Braun. Cette dernière n»e peut guère être rapportée à V Orobanche de la ronce frutescooo pieds au-dessus du niveau de la mer. Par- tout, jusqu'à une élévation considérable, la surface est couverte d'une couche épaisse de terre végétale. Ce beau pays était soumis, jusqu'à la fin du siècle dernier, à plusieurs petits souverains indépendans qui se livraieni à des guerres continuelles et aux exactions les plus criantes. Les mal- heureux habitans, réduits à i5,ooo, et livrés à la dernière mi- sère, imploraient souvent l'assistance des Anglais et en recevaient de temps en temps une protection passagère. Plus tard, des chefs burmans s'emparèrent de la plus grande partie du pays, et se li- vrèrent à des pillages affreux , même contre les sujets anglais des (1) Il parait que M, DaviJ ScuH en avait tioir\t' à Muunicore, dès lî^îG. Ce ilJsirict moula- gueux esl à l'est de cdisi de Sillc!. io4 A. DE CANDOLLî;:. "^ Découuefte du Thé dans l'Inde. territoires voisins. Dès-lors la coqquéte devint forcée, et, eu 1826, un détachement anglais, commandé par Je colonel Ri- chards, s'empara de tout le pays d'Assam, en chassant les princes burmans. Aujourd'hui que ce territoire jouit de cette paix durable que les Indiens ignorent et que les Européens peuvent seuls leur donner, il est probable que la population augmentera, et que des cultures avantageuses pourront être introduites. Des rela- tions directes avec l'intérieur de la Chine pourront être tentées, et il résultera, soit de ces rapports que l'on ne peut empêcher dans un pays de montagnes, soit de la culture du Thé à Assam, que le commerce du Thé ne sera plus entre les mains des auto- rités de Canton et ne pourra pas être arrêté par un caprice du Extrait d'une lettre du D,, Wallich , directeur du jardin bota- nique de Calcutta, à M. Benjamin Delessert, datée de Cal- outta le jo août i835. Je compte partir dans quatre jours, d'abord pour les monta- gnes qui avoisinent le Sillet, notamment pour Churra-Poonje et Myrung où jeséjournerai jusqu'au moisd'octobre.Traversant alors les montagnes de Khassea,je me rendrai directement à Go wahatty dans l'Assam, et de là à Suddeya dans le Haut-Assam sur la ri- vière de Berhampooter, où commenceront mes investigations par rapport au Thé. Je serai accompagné par un médecin dontlenom est bien connu de vous, ainsi que de MM. Mirbel et Bron- gniart, M. William Griffith, jeune homme très versé dans la bo- tanique générale et la physiologie, et qui ne peut manquer d'ac- quérir une haute réputation. Une autre personne attachée au service médical de la compagnie des Indes , doit aussi m'accom- pagner en qualité de géologue : c'est M. John Mac-Clelland, qui publie ici, en ce moment, un ouvrage sur la géologie de la pro- vince de Kamaon. Je me fais gloire de dire que c'est à ma re- commandation que ces messieurs ont été attachés à ma mission. KOCH. — Erigeron de la Flore d' Allemagne. io5 Nous espérons être de retour au mois d'avril de l'année prochaine, vers lequel temps le but principal de ce voyage sera, je pense, atteint d'une manière satisfaisante. Ce but consiste à faire toutes les recherches possibles sur la loca- lité du vrai Thé (sauvage et spontané) dans le Haut-Assam. Je n'ai pas besoin de dire que je compte faire avec M. Griffith d'énormes collections de plantes, et d'ajouter que je désire sur- tout vous en envoyer une bonne part. J'adresserai le tout à la compagnie des Indes, mais j'aurai soin de demander expressé- ment qu'on vous en délivre des doubles, et je connais trop bien la munificence des directeurs pour douter que ma demande ne soit pas agréée. Le gouvernement a été très libéral dans les allocations qu'il a faites pour notre mission à Assam, tant à mon égard qu'envers mes aides. Je prendrai avec moi plusieurs dessinateurs et jardiniers, et si je puis déployer la même ardeur et l'énergie que j'avais dans mes premières expéditions, je crois que j'ob- tiendrai de bons résultats. J'avoue cependant que vingt-huit an- nées de séjour dans l'Inde m'ont affaibli et de corps et d'esprit; en sorte que la meilleure garantie de mes succès repose sur l'avantage inappréciable d'être assisté par d'aussi excellens com- pagnons de voyage. Sur les Erigeron de la Flore d'Allemagne , par M. Kocii. {Blora i835, n" ry, p. i57.) En renvoyant à M. Iloppe les espèces du genre ifr/i^-evo/i, que ce botaniste lui avait communiquées, , M. Roch les accompa- gne d'observations sur les différentes espèces que ce genre présente dans le domaine de la Flore d'Allemagne. Malheureu- sement l'auteur a dii les examiner presque toutes à l'état sec où elles perdent très facilement les corolles qui cependant pré- sentent des caractères importans. Nous allons transcrire la partie la plus importante de la notice de M. Koch. 1. \]E. canadensis ne donne lieu à aucune observation. 2. \1E. acrisy au contraire, est très variable. Quand les feuilles io6 KOCH. ' — Krigeron de la Flore (V Allemagne. en sont ondulées, que les fleurons ligules sont plus longs que le rayon, et que l'aigretle est roussâtre, la plante a été nommée E . serotinus par Weihe. C'est donc probablement par erreur que M.Reichenbach, dans son Flora excursoria^ indique pour carac- tère à r^.^e/Y)^//2//^ les rayons égaux au disque; cet auteur avait en vue, sans doute, une autre forme de ÏE. acris, et M. Koch soup- çonne que la plante admise dans \e Flora excursoria, sous le nom d' E. poclolieus, est le véritable^, serotinus Weihe; du moins il n'a reçu que 1'^, acris des localités indiquées par Reichenbacli; il iTa égaleuient reçu d'aucun point de l'Allemagne le vrai E. po- dolicLis. Weihe conserva le nom d^E. acris à la plante à aigrette blanche et dont le rayon est de la longueur des fleurons; mais le caractère, tiré de la longueur plus ou moins considérable des fleurs, n'est nullement constant, comme de nombreuses obser- vations l'ont prouvé à M. Koch. Dans les Alpes cette espèce devient plus grande, et c'est alors que Hoppe l'a nommée E. hirsu- tus. La plajtte devra être étudiée de nouveau sur le frais. Les qua- tre échantillons que M. Koch a examinés présentent l'aigrette blanche ou roussâtre; le rayon est tantôt de la longueur des fleu- rons, tantôt il les dépasse. Il faut être sur ses gardes pour ne pas confondre cetle forme alpine, dont les fleurs ont acquis beaucoup de développement, avec les échantillons mulliflores de \'E. alpinus. ME. podolicus Bess.P que l'auteur a cultivé, présente les feuilles dressées et très rapprochées; celles du haut de la tige sont cousidérabiement i-étrécies vers la base, et les fleurs sont disposées en un corymbe serré. 3. ]'E. alpinus est ordinairement uïufiore; je l'ai vu cepen- dant à deux, cinq et même six fleurs. On le distinguera facile- ment de toutes les formes de VE. acris ^ par les ligules du rayon considérablement plus longues que le petit tube de ces corolles. Sur la plante vivante une confusion n'est pas à craindre, car dans \'E. alpinus le rayon est étalé, tandis qu'il est dressé dans VE. acris. Les folioles du péricline qui, dans la dernière espèce, sont entièrement dressés, sont étalés dans la seconde à partir i\n milieu de leur longueur, et permettent par là au rayon de s'étaler également. D'ailleuis on trouve encore, derrière le rayon qui déjà présente plusieurs rangées, quelques autres KOCH. — Erigeron de la Flore cV Allemagne. 107 rangées de fleurons femelles n'atteignant pas la longueur de l'aigrette, comme cela a lieu dans VE. acris. 4. E. grandiflorus Hoppe. C'est une belle plante , que M. Koch a long-temps examinée, mais sur des échantillons desséchés; il lui a été impossible de trouver, outre les dimensions plus consi- dérables des fleurs , un caractère constant pour la séparer nette- ment de XE. alpinus. Il semble être à ce dernier ce que XE. hirsutus est à VE. acris. 5. Dans ÏE. imiflorus, l'auteur retrouve le bon caractère indiqué par Gaudin , savoir, que derrière les fleurs radiées, disposées sur plusieurs rangs, on n'en trouve aucune ou très peu de femelles filiformes, et qu'immédiatement après les fleurs radiées femelles commencent les fleurons hermaphrodites du disque, qui sont tubuleux -campanules; le périciine est, en outre , fortement hispide. Des fleurs radiées plus courtes et plus pâles ou blanches le distinguent encore de 1'^,'. alpinus; en outre les folioles du périciine sont disposées en rangées moins serrées. 6. UE.glabratus de Hoppe et Gaudin a le port de l'^. alpinus; il est muni de deux, trois et cinq fleurs, maislatige est niîc, légère- ment soyeuse; les feuilles sont également nues, seulement ciiiées sur le bord, et les fleurs présentent la conforma^ion de celles de XE. uniflorus. Il se distingue de celui-ci par sa tige plus haute, portant ordinairement plusieurs fleuis, par sa glabriété, par les poils courts, presque appliqués du périciine. L'examen de la plante vivante ne manquerait probablement pas de donner en- core d'autres caractères distinctifs. 7. \^E. rupestris de Hoppe ne semble point différent de XE. Vil- larsii : il porte toujours deux on un plus grand nombre de fleurs, et se reconnaît sans peine aux poils glanduleux courts qui re- couvrent sa tige, ses feuilles, ses pédoncules et son périciine. M. Koch ne connaît point jusqu'à présent XE. angalatusGsLud. ni XE. intermedius Schleich. mentionnés par Reichenbach. En terminant , l'auteur donne les phrases caractéristiques des diverses espèces qu'il a passées en revue : nous en avons indi- io8 u. DE SALIS. — Plantes de Corse. que succinctement les caractères les pius importans; et comme nous savons que le Synopsis Florœ i^ennanicœ que prépare M. Koch, et que le public attend avec tant d'impatience, doit paraître bientôt, nous renvoyons à cet ouvrage; on y trouvera les renseignemens nécessaires, avec les additions que l'auteur trouvera occasion d'v faire encore. ^^iVmiiwTioi^ des plantes cotylédonées observées en Corse, et par- ticulièrement dans les environs de Bastïa , j)ar Ulysse de Salis- MARsciiLms. {FloJ'a i833, n» 29 et 3o, i834, vol. 2, Bei- blœtter,p. 1-86.) M. de Salis a fait un séjour de trois années dans l'île de Corse, en qualité de juge attaché à un régiment suisse au service de France. De fréquentes exciu\sions dans les environs de Bastia et qîielques-unes dans des contrées plus éloignées, lui ont procuré un certain nombre de plantes. Il annonce, avec regret, que quel- ques-unes des plantes indiquées par Viviani ont échappé à ses recherches; en revanche, il en a trouvé plusieurs autres ou en- tièrement nouvelles , ou du moins non encore cueillies jusqu'ici en Corse. Un certain nombre d'ailleurs des espèces indiquées dans cette île par Viviani, le sont par erreur, car elles ne se rencontrent qu'en Sardaigne. Ce qui cause surtout de grandes pertes de temps > aux botanistes, en Corse, c'est le manque absolu d'indications certaines sur les localités des espèces. Quant aux habitans, M. de Salis assure n'avoir jamais eu à se plaindre que de leurs ques- tions importunes quand ils le rencontraient dans ses excursions. Il communique tout ce qu'il a appris sur la manière de vivre d'un naturahste, etc., et exprime l'espérance que bientôt les naturalistes français rechercheront les productions si variées et si peu connues de la Corse, avec autant de soin que mettent en ce moment les Allemamls à explorer la Dalmatie, pays où les difficultés sont infiniment plus grandes. Avant de donner la liste des plantes qu'i! a cueillies, M. de u. DE SAXis. — Plantes de la Corse. 109 Salis communique quelques considérations sur la végétation de la Corse , comparée à celle de quelques contrées qui présentent de l'analogie avec la Flore de cette île. La similitude entre la vé.Vvo(\, (M, hirsutaTQn.) Porto- vecchio, Bonifacio. — Lavatera sjli^estris : l'auteur doute que les L.cretica et neapolitana soient des espèces distinctes. Le Soponaria ocymoides , décrit par Viviani sous le nom de Silène alsinoides ne diffère de Fespèce des Alpes que par les tiges plus faibles et plus allongées. — Nous croyons être sûr que le Cerastium tenue Viv. n'est que \e Sagina erecta , comme M. de Salis l'indique avec doute : leSagina de Corse, auquel l'au- teur aussi a trouvé huit étamines, a été nommé par Ziz S. oc- tandra. — Le Mœringia pentandra Gay. Cor. Endr. ne paraît qu'une variété de ^Arenaiia trinerçia. — Cerastium tetrandrunv Fiumorbo ad Abbatesco Torrentene. «Species a congeneribus fa- ce cile dignoscenda flore sub dichotomia axillari. » — C repens {C. samnium D.C Prod.?) très voisin du C. iomentosum , croît dans les montagnes, près de Bastia : l'auteur pense que le C. So~ leirolii pourrait être une variété de sa plante à pédoncules rac- courcies : nous possédons la dernière espèce de la part du capi- 1 i6 u. i)K SAT.is. • — Plantes de la Corse. taiiu^ Soleirol, et nous avouons que nous ne pouvons nullement adopter l'avis deM.de Salis. Si l'on voulait rapporter cette plante à l'une des espèces décrites , elle aurait bien plus d'affinité avec les C. latifolium et alpinum. Le Fiola Bertolon'd n'a pas été trop bien décrit jusqu'ici : (f Slipularum dentés 3 rariùs 4 valde insequales, inferiores c( sœpe foliiformes , supremus nonnunquam folium œquans a « quo crenarum defecîu dignoscitur. Stipulée non utrinque pin- « nalifidae sed latere exteriori tantum palmatodeutatœ. » M. de Salis croit, sans en être parfaitement sûr, avoir cueilli le Cistus crelicus en fruits près du cap Corse. — Il considère les Heliaiithemum plantaginum et inconspicuum comme variétés de VH. guttatum. — L'/T. œ^yptiacum., trouvé par M. Aubry , près Corle , fut communiqué par lui à l'auteur sous le nom dte Cistus italiens. M. de Salis pense que le Barbarea rup'cola Moris, réuni par Duby, dans l'appendice au Boî. Gall., au B. vuJgaris , est bien plus voisin du B. prœcox ; il le définit de la manière sui- vante : « Foliis radicalibus longe petiolatis orbiculatis integris, a subsinuatis vel etiam unijugo-lyratis. Siliquae paulo breviores « pedicelii autem longiores (juam in B.prœcoci y. — Le Carda- mine Boccuni des hautes montagnes , près Bastia , est décrit eii détail, de même que \ Alyssam corsicum et une autre espèce qui est peut-être \A. alpestre de Gandin. — Sous le nom de Clypeola Jonthlaspï leiocarpa , M. de Salis distingue l'es- pèce de Corse, différente un peu de la forme qu'on trouve dans le Languedoc et dans le Valais. Il paraît ignorer que la plante du Valais a été érigée en espèce distincte par Trachsel (Flora i85i, no 43. Archiv. de Botan. i, 273) sous le nom de C. Gau- dini. — UHutchinsia brevistyla , quand il devient plus grand , est tellement seml>lable aux échantillons plus petits dy Thlaspi perfoliatum qu'on ne l'en distingue que par ses silicules non ailées. Cet Hutchinsia est donc un Thlaspi , tout aussi bien quel'^. rotundijol.ia. — Les caractères à\x Lepidium humifusum sont un peu rectifiés. ïjeBrassica rectangularisN'w . et le Morisia hypogœa sont éclaircis. — M. de Salis a rapporté de Bastia, à ce KOCH. — Sur le Sempervivum globiferum. i ly qu'il croit, des graines d'un Sinapis que la culture lui a fait re- connaître comme le S. dissecta. Il penche à considérer le Ranunculus monspeliacus comme une forme plus grande du R. chœrophyllos : il y rapporte les R.insularis Viv. et pedunculatus^^vdX. — Le Ranunculus velu- tlnus Ten. se trouve rarement dans les endroits humides. — Sous le nom de R. tenellas, M. de Salis décrit le R. lapponicus Lois., et c'est certainement à tort qu'il essaie de réunir le R. cordi^eriis Yiv. à une plante qu'ilconsidère,quoiqu'avec beau- coup de doute, comme le R. monianas : ces deux espèces ap- partiennent par leurs fruits à deux sections entièrement diffé- rentes. B. SoR Lt Sempehvivum globiferum Linné (Spec. plant.) par M. RocH. ( Flora i835. n*' i4 , p- 219, avec une planche. ) rs Le nom de Sempervwum globiferam fut donné à plusieu plantes distinctes par Linné lui-même, ainsi que par des bota- nistes de son temps et par d'autres qui ont écrit plus tard. En hcy\- \'àn\.&oi\ Hortus cri/fortianus^ il est probable que ce législateur de la botanique comprenait sous ce nom l'espèce que Sims a décrite depuis sous le nom de S. soboliferum. Dans le Species plantarum, Linné transporta le nom de S. globiferum à une plante de Russie que Gmelin lui avait envoyée et que Besser, dans son Enumeratio plantarwn T^olhjnlœ , a admise sous le même nom. La phrase linnéenne convient à toutes les espèces dont les jeunes rosettes sont globuleuses; les synonymes du 6/?&. Paris 1804, (2) Note sur l'élévation de température dans lesilenrs du Colocasia odora. dans les Nouv. Ann. du Mus. d'Hist. nat. , t. m, Paris 1834, page 145. l36 G. VROLIK ET W. H. DE VRJESE. « de leurs aisselles, elles sont droites, portées sur des pédicules « courts; le spathe est verdâtre extérieurement et jaunâtre à « l'intérieur, ainsi que le reste des organes de la fructification. » La tige n'est pas rameuse, et c'est par ceci que la plante, entre autres caractères distinctifs, diffère de X Arum arboreum dont elle est voisine; elle est, au contraire, plus grosse, les feuilles ne sont pas d'un vert aussi obscur ni sagittées (mais plus cordées-hastées); le spathe n'est jamais d'un rouge-obscur comme dans \Arum arhoreum. Si cette description de M. Bory est fidèle, ce dont on ne peut douter, alors notre opinion nous reste encore sur la grande ressemblance, ou peut-être sur la parfaite identité entre la plante de M. Bory, celle de M. Brongniart , et une troisième exis- tant dans notre jardin botanique, dont nous parlerons ci-dessous. Nous eûmes cette année l'occasion de faire dans notre jardin à- peu-près les mêmes expériences que celles qui ont été publiées par M. Brongniart, et d'en ajouter encore quelques autres sur la température du spadice d'un Colocasia odora. Nous Tie croyons pas inutile de faire connaître provisoirement quel- ques-unes de nos notes, en nous gardant de parler ici des con- clusions par nous faites ou à faire, pour l'explication de la na- ture d'un phénomène aussi intéressant. Dans une de nos serres-chaudes se trouve depuis quelques années un individu assez gros de Colocasia odora. Cette plante était toujours dans un pot d'argile rouge dans la tannée entre d'autres plantes assez hautes dans la partie la plus enfoncée de la serre, par conséquent la plus chaude, mais aussi la moins éclairée. Le i4 avril i835, pendant que le temps était extraordinaire- ment rude et froid pour cette saison, un pédoncule, qui alors avait déjà poussé de quelques pouces hors de l'aisselle des feuil- les, fut aperçu après que durant quelques jours on n'avait pas observé cette plante avec une attention particulière. La spathe, qui était sur le point de s'épanouir, développait une odeur peu différente de celle des fruits frais de l'Ananas. Le i5 avril la spathe s'épanouit. La serre entière, qui a une longueur de 60 pieds, unclargeur de 10 et une hauteur de 3o, était imprégnée de Température du spadice du Golocasia odora. iSy cette odeur. Le 17 l'émission du pollen eut lieu. Nous avions suspendu des thermomètres dans différentes parties de la serre , un tout près de notre Colocasia et d'autres aux différen- tes parties du spadice, enfin un à la spathe. Ces instrumens touchaient par leurs boules très intimement le spadice. La com- paraison de ces thermomètres de Fahrenheit avait préalable- ment démontré une parfaite concordance entre eux. Le premier spadice, par des circonstances particulières , n'a cependant pas été observé avec toute l'exactitude que nous au- rions désiré y mettre. Nous n'ajoutons pas assez de poids aux ob- servations faites sur ce spadice pour les exposer spécialement, et nous dirons seulement que, le 1 7 avril, au moment de l'émission du pollen, la pointe du spadice nous a présenté une température de 2°, 2 therm. cent, (i) plus élevée que l'atmosphère de la serre : et ce degré de chaleur a été en même temps le maximum de la différence observée entre cette fleur et l'atmosphère de la serre. Ensuite une deuxième fleur se développa, et elle fut observée d'une manière plus précise et plus suivie, La plante fut alors portée du lieu où elle se trouvait vers la partie de la serre où elle était plus facile à approcher, et exposée à la lumière la plus vive. Nous avons encore, comme on le voit par la table ci-jointe, lié des thermomètres aux différentes parties du spadice, d'une telle manière que la boule du thermomètre était dans le contact le plus intime possible avec la partie du spadice, dont elle devait marquer la chaleur. Nous avions pris la précaution, afin d'em- pêcher que les rayons du soleil ne tombassent immédiatement sur la plante, de faire étendre une toile suffisamment large sur les carreaux supérieurs. Dans la soirée du 28 avril , le spathe s est ouvert. L'après-midi du jour suivant un accroissement de chaleur fut observé, comme le montrent les tables ci-jointes. Vers minuit, la chaleur diminua. Dans la suite, nous eûmes l'oc- casion d'observer le même abaissement du thermomètre jusqu'à la température ordinaire, vers minuit , dans des fleurs qui se sont développées après celle-ci. (i) Toutes les indications de température données dans ce mémoire en degrés du thermomè- tre de Fahrenheit c i3,9 i3,3 i3,3 i3,3 l3,3 i3,3 i3,3 25,0 23,3 22,2 18,3 i(i,7 i3,3 18,9 i7,S 23,9 27,2 28,3 14,4 14,4 23,5 23,3 24,4 24,4 24>4 35,6 24,4 24,4 24,4 30,0 i7»8 16,7 i5,o i4,4 î3,3 i4,4 14,4 i3,3 i3,3 i3,9 i3,9 18,9 23,3 27,8 28,9 23,3 22,2 14,4 14,4 28,3 26,1 25,6 25,6 3i,i 26,7 26,7 24,4 25,6 20,0 17,8 16,7 i5,o 14,4 i3,3 i3,3 i3,3 i3,3 i3,3 25,0 23,9 23,3 18,3 16,7 26,7 3o,6 28,3 26,1 25,6 22,2 Observations. 8,9 Ce degré de chaleur été obserié au som- met du spadice. Poial de différence de température sommet du tpadice »4i G. VROLIK ET W. H. DE VRIESE. Troisième spadice. JOUR ET HEURE. SOMMET DU SPADICE. -£ a fil m Ohservati IX mai I 835. Soir. Midi . . 1 1/2 2 1/2 3 ... 4 ... 4 1/2 5 . . . 5 1/2 6 . . . 6 1/2 7 ••• 8 1/2 9 ••• 10 1^2 Il mai. Matin. 6 . . . 6 1/2 7 . .. 7 r/2 8 ... 8 1/2 9 ••• 9 '/2 10 . . . 10 1/2 11 1/2. 13 . . . 12 1/2 I . . . 1 1/2 2 . . . 2 t/2 2 3/4 3 ... 3 1/2 4 ... 4 1/2 5 . . . i5,o i3,3 14,4 20.0 20,6 21,1 ao,o ao,o 20,6 2r,i 20,6 19.4 18,9 18,3 17,2 17,2 i5,6 i5,6 i5,o i5,o i5,6 16,7 16,7 18,3 19.4 i9>4 20,0 21,1 22,2 22,8 21,1 21,1 22,2 20,6 22,8 24,4 25,6 26,1 26,7 27,8 27.8 24,4 28,3 27,8 29»4 28,9 28,9 a8,9 26,7 25,6 23,9 21,7 20,0 x8,9 18,9 17,2 17,2 i5,6 i5,6 16,7 17,8 17,8 Ï9.4 20,6 21,1 22,2 24,4 26,7 22,8 21,1 39.4 28,3 28,3 28,3 27,8 3o,o 3o,o 3o,6 3i,i 3i,i 3r.i 28,3 27,8 29.4 a8,3 27,8 27,8 25,6 24,4 22,2 20,6 19-4 17,8 17,2 16,7 16,7 i5,6 i5,6 16,1 17,2 18,3 18,9 18,9 20,6 21,7 a^'5,9 25,6 22,8 21,1 28,9 26,7 26,7 26,7 2 5,6 27,8 28,9 3o,o 3o,o 3o,6 3o,6 20,0 20,6 21,1 20,6 20,6 20,6 21,1 20,6 19.4 18,3 i9'4 17,2 17,2 17,2 17,2 24,4 23,3 23,3 23,3 22,2 24,4 2 5,6 a6,i 26,7 27,8 27,8 ÉmisBon du pollen. De la caTiié faite au spadice, il sort une si grande quantité d'hu- meur que la boule du thermomètre en est toute mouillée. Presque point de différence à la partie inférieure du spadice. ^^ Température du spadice du Colocasia odora. i45 JOUR F.T HEURE. 5 i/a 6 ... 6 1/2 7 ... 7 1/2 8 1/2 9 ••• 9 1/2 i3 ma/. Matin. 6 . . . fi i/a 7 ••• 7 1/2 8 1/2 9 ••• 9 1/2 10 . . . lo r/a Soir. 1 1/2 2 . . . 2 1/2 I • . . I 1/2 2 1/2 3 ... 3 1/2 4 ... 4 i/a 5 . . . 5 1/2 6 ... 6 1/2 7 ••• 8 ... 8 1/2 9 -•• 9 1/2 11,7 C2,8 7>o SOMMET £ (U II 1^ extérieure- j s raeni, f Q ADICE 5 ~ •- 2^1 . lîi •s 23,3 3i,i 3o,6 27,8 22,2 a8,9 28.9 26,1 22,2 27,2 26, t 23,3 20,0 25,6 25,0 23,3 18,9 25,6 25,0 23,3 18,9 22,2 21,7 20,6 I7,« 2£,I 21, r 20,0 17,2 21,1 2f,I I9'4 17,2 20,0 20,0 18,3 16,7 19,4 19,4 17,8 14,4 18,3 «8,3 17,2 14,4 17,8 17^8 16,7 14,4 i5.6 i5,6 14,4 14,4 i5,6 i5,6 14/! i5,o 16,7 16,7 i5,o i5,6 17,2 16,7 x5,o 16,1 17,8 17,8 i6,t i5,6 X7.8 17,2 i5,6 i5,6 17,8 17,2 i5,6 i5,6 ^7,8 17,2 i5,G x6,7 17,8 17,8 i5,6 17,2 18,9 18,9 17,2 17,8 i9>4 19.4 17.8 18,3 20,0 19,4 18,3 19,4 25,6 22,2 20,0 21,1 3o,6 25.0 2Î,2 21,1 3r,i 25,6 22,2 22,8 38,8 29.4 25,6 23,9 32,2 3o,o 26,1 22,2 3i,7 28,9 24,4 20,0 24,4 22,2 20,6 18,9 24,4 22,2 20,6 17,8 22,2 21,1 x8,9 18,3 21,1 20,6 18.3 16,7 x8,9 18,9 16,7 16,1 i8,g x8,9 x6,7 16,1 18,3 17,8 16,1 i5,6 17,8 17)2 i5,6 i5,o 17,2 16,7 i5,o 14,4 .x6,7 16,1 14,4 i4,4 16,7 16,7 ï4,4 14,4 16,7 16,1 14,4 r3,9 i6,r i5,6 r3,9 a g s "S Sa . S^ s" Observations. Maximum le plus élevé observé par nous- V. BOTAN. Mars il^C KOCH. — Orobanches de la Flore d'Allemagne. JOUR KT HEURE. ^^1 le SOIV Bij s: IMET ADICE. |1 ^1. lit Ji observations. r4 mai. Mntin. 6 heures. (î i/. ... 7 8 8 1/4 .. . 8 1/2 .. . 9 • 9 '/a .•• lO lo i/a . . . 12 Soir, a 1/2 .. . 3-ro..., 7.2 II, I 12,8 12,8 12,8 12,8 12,8 12,8 r3,3 i3,3 14,4 i5,o ifi,8 î5,o i5,o i3,3 i3,3 x3,9 i3,9 r3,3 «3,3 14,4 14,4 i5,6 16,1 18,3 16,7 16,7 i3,3 i3,3 i3,3 i3,3 i3,3 «3,3 14,4 14,4 i5,6 16,1 18,3 16,7 16,7 12,2 12,2 12,2 ia,2 11,7 12,2 12,8 ,2,8 i3,9 i5,o 16,8 i5,o i5,o ',7 Description des Orobanches de la Flore d'Allemagne: Par M. RocH. ( Suite et fin. Voyez Tom. v, page 3f). ) 17. O. AMETHYSTEA Thuillicr. 0. scpalis 3-G ncivib, e basi ovata subito subulato-angustatis, vel in duas lacinias subulatas divisis, corollae aequalibus ; corolla tubulosa àd basin subito antice gcniculata, subreétay labiis inacqualiter acute denliculatis, undulato-cris- pis raraoso-venosis ; superiore cassidiformi , antice recto, eraarginato vel sub- quadrilobo; lobis labii ini'erioris lateralibus subbilobis, medio duplo longiore bi-vcl trilobo; stemitiibus corollae flexurae insertis, nudis, inferue spavse pilosis. Descr. : De Caudolle, Vaucher. fcon. : Reichb. le. f. 920, 921. Synon. : O. amelhystea Thuil. par. 3. p. Sjy. O. daiior D. C. fl. fr. 3. p. KOCH.-- Orobanches de la Flore d'Allemagne. i/jy 490. — O. Eryngii Diiby bot. Gall. i. p. 35o. — O. elatior p microglossa Wallr. p. 5i. O. de VEryngium des champs Vauch. p. 58. Cette espèce se distingue par les écailles étroites, lancéolées- subulées de la partie supérieure de la tige qui, comme les brac- tées, s'amincissent depuis la base en une pointe étroite; par ses sépales terminés en une lanière étroite subulée , ou divisés en deux, égalant ou dépassant la corolle; par sa corolle tubuleuse jusqu'aux lèvres, et de largeur presque égale, fortement courbée sur le devant à la base, de consistance mince, à lèvres ondulées- crépues, et munies de dents inégales et aiguës; et par ses éta- mines insérées au milieu du tube. La tige atteint deux pieds de haut, et est fortement cannelée; les écailles de la base sont triangulaires, puis lancéolées, et vers le haut étroites, lancéolées-subulées. Elle est violacée ou pourpre, plus pâle vers l'épi, couverte dans le haut ainsi que sur les bractées etlessépales de poils assez longs, surmontés d'une glande incolore ou d'un blanc-jaunâtre. Les bractées s'amincissent depuis la base en une pointe étroite linéaire-subulée, dépassant de beaucoup la fleur; elles sont, comme les sépales, de la même couleur que la tige, un peu plus pâles, mais ordinairement desséchées et rom- pues à l'extrémité , quand l'épi est entièrement fleuii. IjQs fleurs sont d'un blanc sale, traversées de veines pourpres à dos d'un lilas pâle, plus foncé dans une variété. Elles sont très nombreuses, de 23 à 25, et jusqu'à 76, disposées en un épi non serré, loiif^ quelquefois d'un pied; mais l'épi est toujours plus court que la partie de la tige non florifère. L'extrémité de l'épi est surmontée de nombreuses bractées étroites. Les^épa/e^- ont trois ou un plus grand nombre de nervures. Ils sont ovalesoblongs, amincis su- bitement en une pointe longue, linéaire-subulée, presque séta- cée, qui atteint la hauteur de la corolle ; ou bien on voit sur ^eur côté antérieur une dent latérale courbe, ou le sépa'e est fendu en deux dents subulées dont l'axe atteint la longueur ci- dessus mentionnée. La corolle courbée a, dans sa diagonale, a lignes; elle est un peu poilue extérieurement, tubuleuse, cour- bée au-dessus de la base et vers le devant eu une géniculation subite, large de 2 1/2 lignes, quand on la comprime médiocre- ment. C'est surtout aux lèvres qu'elle est d'une consistance i/|b Kocii. — Orobanches de la Flore cV Allemagne. mince; son bord est garni de dentelures très inégales, et crépu. La lèvre supérieure est voûtée en casque, portant à son extré- mité une échancrure large et considérable, à lanières super- posées, ordinairement trilobée, les deux lobes latéraux étant plus courts, le médian bifide; les lobes sont dirigés en ligne droite vers le devant ; ds sont planes quand la fleur est entiè- rement développée , mais non étalés et réfléchis seulement quand la fleur se fane. La lèvre inférieure est trifide; ses lanières sont obovales, échancrées ou bilobées, portant souvent dans l'échan- erure une dent assez longue ; la médiane est de grandeur et de longueur doubles, quelquefois trilobée; les étamines insérées dans la courbure de la corolle à iji-i lignes au-delà de la corolle dé- tachée, hes/ilets portent à la moitié inférieure quelques poils secs et blancs; vers le haut, ils tirent sur le lilas, et sont nus ou portent seulement des poils glanduleux isolés. Les anthères sont d'un roux clair, brun-clair quand elles sont desséchées. Vo^'aire est nu, jaune, plus foncé vers le bas; son disque n'est point net- teajent limité ; il est traversé antérieurement et postérieurement d'une ligne rouge. Le style est d'un violet clair et porte des poils glanduleux, blancs, très » ares. Le stigmateest de couleur de giro- flée ou d'un brun amaranthe-sale ; les lobes sont semi-globu- leux ; les pelotes veloutées. Les sépales sont ordinairement binerves, mais présentent encore les rudimens de deux ou trois nervures moins fortes. Il existe de cette espèce une variété à fleurs plus petites et plus rapprochées; sa tige, ses écailles, ses bractées et ses calices sont d'un rouge plus vif et les fleurs sont extérieurement d'un lilas plus beau. L'ovaire et les filets sont violacés. Cette variété seule mérite le nom d'O. ameth/stea. J'ai fait cette description en partie d'après les notices et les fi- gures faites sur la plante vivante et que m'a fournies Al. Braun, en partie sur des échantillons desséchés. L'O. amethystea croît sur les rejetons minces horizontaux de YErynglum campestre. Ces stolons naissent ordinairement à l.i profondeur de qa-i pied du pivot perpendiculaire à écorce épaisse brune et à rides transversales de X Eryngium. Ils sont simples, blancs, un peu ascendans, mais se détachent très faci- KOCH- — Orobanches de la Flore d'Allemagne. 149 lemeiit. I/Orobanche s'implante sur l'extrémité de ces rejetons, souvent à une grande distance de !a racine principale (Al. Braun). Nées d'Esenbeck l'a cueillie à Bonn. Mi-juin — mi-juillet. Waliroth rëurvit l'O. anietliystea à XO. elaUor j3. microi^lossQy à laquelle il joint encore l'O. elatior Sutt. Cette dernière ce- pendant vient sur le Centaurea scabiosa et exige encore des re- cherches ultérieures. Quant à 10. elatior «. macroglossa Walir., Al. Braun a vu dans i'herbierde Gay un échantillon de VO.prulnosa ]^ap. sur l'étiquette duquel Waliroth avait ajouté qu'il ne pouvait qu'avec peine la distinguer de son O. elatior macroglossa. FRAGllANS KOCI 0. se[iaiis iulcgiis vcl iuaequaliler bifîdis ; corolla basi tubulosa siipcine sen- siiii diiatata, dorso curvata ; staniinibiis medio tubo insevtis, e basi patiili adsur- genlibu.s, iiiferne pilosis, supernc nudis, authesarum loculis lenuissirae et ])ic- viter mucroiiulalis. L'0.//-<3gT<2/2^ se distingue très facilement de toutes les espèces du même groupe par ses étamines et son odeur forte. Les éla- mines sont insérées à la moitié du tube; dès leur naissance elles s'éloignent de la paroi de ia corolle, et s'élèvent arquées vers le côté opposé, mais vêts le haut elles se recourbent de non- veau un peu en avant. Lorsqu'on fend une fleur de ia base vers le dos et qu'on l'étalé, les deijx étamines de chaque moitié de corolle décrivent une ellipse avec l'arc de leurs hiets. f.es an- thères sont blanches; leurs loges s'écartent inférieurement, sont très aiguës, mais terminées seulement en une pointe brève très fixe et non en une mucrone. Après huit années de dessiccation l'échantillon répandit une forte odeur de fruits secs et quand je l'eus ramolli dans l'eau })Our l'examiner, cette odeur se distin- guait à la distance de quelques pas. Malheureusement j'ai laissé la plante trop long-temps trempée dans l'eau, ce qui lui a fait perdre considérablement de son odeur. LsL plante a la taille et à-peu-près le port de l'O. Galli; outre les caractères déjà indiqués , elle en présente encore d'autres. Elle est ferrugineuse à l'état desséché. La tige est grosse, canne- lée et couverte vers le haut, ainsi que les liractées, de nombreux 1 5o KOCH. — Orobanch.es de la Flore d' Allemagne. poils glanduleux roux. Les bractées sont ovales, aiguës, briève- ment acuminées et raides, à exi rémité non courbée; vers les fleurs Inférieures elles n'atteignent que la moitié dti tube de la corolle. IjQS sépales sont ovales, terminés en une pointe subulée, de la longueur du tube, entiers, ou munis d'une dent latérale, ou iné- galement bifides, ciliés de poils glanduleux et en portent quel- ques-uns sur leur limbe de même que les fleurs. La corolle est longue de 9 lignes, tubuleuse inférieurement ; le tube à son origine est large de 1 lignes : il s'élargit insensiblement vers la gorge, comme dans VO. arenaria ; son dos passe, par une courbure insensible, dans la lèvre supérieure. Les lettres sont iné- galement dentelées; la supérieure entière ou échancrée, dressée sur le devant, à bord enfin réfléchi ; l'inférieure est de la lon- gueur de la supérieure, à lanières ovales-larges , presque égales. Les élamines sont inférieurement poilues, les plus longues insé- rées un peu au-dessous du milieu du tube; les plus courtes, considérablement plus haut, un peu au-delà du milieu du tube. Le style porte quelques poils glanduleux. Dans toutes les espèces voisines, les étamines sont parallèles à leur extrémité inférieure, et sont appliquées à la paroi anté- rieure, et toutes ont des mucrones très distincts à l'extrémité inférieure des anthères. Elle fut cueillie par le docteur Schiede, dans la Basse-iVutriche. Il me la donna sous le nom à'O. major, ig. 0. c^RtTLEScENs Stephan. 0. sepalis integris bifidisve, coroUae tubo longioribus : coroUa tubulosa, tubo ciirvato, inferne ovoideo, supra ovariuni constricto ; laciniis labii inferioris con- cavis ; staminibus medio tubo affixis, basi pilosiusculis. Icnn. : Reichenb. le. f. 998. Synon. : O. cœrulescens Steph. apud Willd. Sp. pi. 3. p. 349. Wallr. p. 07. Cette Orobanche appartient aux espèces à fleurs petites, et |] est couverte sur la tige, les bractées, les sépales et même les corolles, de poils blancs laineux, arachnoïdes, qui font paraître la plante sèche moisie. La corolle est blanchâtre, à teinte bleuâ- tre et à lèvres bleu d'améthyste. Elle est tubuleuse, extrême- KOCH. — Orobanches de la Flore d\^ lie magne. i5i ment courbée; son tube est ventrii à la base, et considérable- ment rétréci au-dessous de la gorge. La tig3 a 6-9 lignes de haut, paraît rougeâtre, couverte d'é- cailles assez nombreuses, ovales, terminées en une pointe plus mince, mais non allongée; les bractées sont également ovales, amincies en une pointe un peu plus longue, mais plus courte que la corolle, hes sépales sont bifides ou entiers, et leur pointe dépasse le tube. La corolle est tubuleuse, longue de 7 lignes. Le tiibeest courbé en arc sur le devant, élargi à là base, mais rétréci au-delà de l'ovaire; son limbe est étalé, de quatre lignes de dia- mètre. Les lèvres sont dentelées: la supérieure, ovale-large, écliancrée, bilobée; l'inférieure trilide; les lanières obovales , arrondies, concaves, d'abord courbées en dedans à l'extrémité. Les étamines sont implantées dans le tube, les plus longues à- peu-près au milieu du renflement ventru, les plus courtes à son extrémité. IjQS filets ont la base un peu poilue; d'ailleurs ils sont nus ainsi que le style : ce dernier porte parfois quelques poils. Dans plusieurs fleurs qiie j'ouvris, je trouvai un stigmate tri- fide;la figure de Reichenbach le montre même quadrsfide : c'est sur un plus grand nombre d'échantillons vivans qu'il fau- dra rechercher sa véritable structure. Mes échantillons présen- tent le bas de la tige médiocrement renflé : celui que Reichen- bach a figuré la présente considérablement épaissie. Elle vientsur XAriemisia compestris^ au bord du Dauribe à Ra- tisbonne (Emmerich). Une espèce voisine, l'O. cumana , Wallr. O. arenaria M. Bieb. (non Borkh.), dont on trouve deux variétés dans le sud de la France, sur les Artemisia maritima et galUca , se retrouvera peut-être dans le littoral autrichien. Elle ressemble beaucoup à XO. cœrulescens , présente absolument la même structure dans les fleurs, mais ces dernières sont considérable- ment plus longues et plus grêles, toutes nues; le casque et les bractées sont également presque nus et ne portent que quelques petits poils glanduleux épars. Les sépales atteignent à peine le tube de la corolle; les lobes de la lèvre supérieure sont réflé- chis, et ceux de la lèvre inférieure roulés sur les bords, i\u moins dans les échantillons desséchés que j'ai examinés. i5'i KOCH. — Orohanches de la Flor^ d'^'dfllemagne, Deuxième groupe. Le calice est formé d'une seule pièce ; il est clos de toutes parts et enveloppé de trois bractées dont la médiane est plus grande ; les deux latérales, plus petites, sont souvent soudées à lu base du calice ou se trouvent du moins placées immédiate- ment au bas du calice, ou à proprement parler à l'extrémité du pédicelle très court qui porte la fleur. L'ovaire est traversé de quatre sillons et n'a que deux spermophores pariétaux bifides. 20, O. CJERULEA Villars. O. calyce inouosepalo quinquedeutato , dctitibus lanceolatis acuminatis , co- rolla antice curvata ; tubo medio coarctato; labiorum laciniis acuminatis pla- nis; antherisnudis velLasi suLpubescentibus : caule simplici. Descr. : De Cand. Gaudin. Schultz. Smith. Icon. ■ Reichb. le. f. 928. Jacq. FI. austr. t. 276. Schk. t. 176. Engl. bol. t. 623. Schultz. (analyse de la fleur.) Syn. : 0. cœrulea Vill. Dauph. 2. p. 4o6, Smith. FI. brit. p. 671. Willd. Spcc, 3. p. 352. — O. purpurea Jacq. Austr. 3. p. 4i. — O. de l'Armoise commune Vauch. p. 65. La tige., haute d'un pied, est à angles obtus, jaune de pail- la', pâle ou gris clair, les angles striés de bleu d'acier, ou toute la plante teinte du même bleu, qui passe souvent au gris, au vert sale ou au brun ; elle est couverte de poils glanduleux courts, peu nombreux vers le bas, mais abondans vers le haut sur les bractées, les calices et la surface extérieur.e des fleurs: dans la plante desséchée, ces poils ont l'air farineux. La partie souter- raine de la tige est souvent longue, plus ou moins enflée, flexueuse, couverte de nombreuses écailles squamiformes, lan- céolées-larges, jaunâtres, un peu étalées; la partie au-dessus de la terre porte des écailles moins rapprochées, appliquées, brunes au milieu, pâles sur le bord, ovales-lancéolées, acuminées. Les fleurs forment un épi long de 3 à 6 pouces, un peu lâches -, elles sont portées sur des pédicelles très courts, mais cependant plus marqués que ceux des espèces précédentes. La bractée placée devant la fleur est ovaledancéolée, acuminée, ordinaire- KOCH. — Orohanches de la Flore d'Allemagne. i53 ment moins longue que le calice, jaune de paille, à dos d'abord bleu d'acier, plus tard brun. Deux autres bractées étroites lan- céolées se trouvent à la base du calice ou plutôt à l'extrémité du pédicelle. Le calice^ composé d'une seule pièce , est un peu coriace, quelquefois jusqu'au-delà du milieu; ses dents, partant d'une base triangulaire, deviennent subulées, dépassent la partie étranglée de la corolle; la dent postérieure est plus petite de moitié et manque quelquefois. Li^ fleur, depuis la base détachée, est longue de 9 à lo lignes, de couleur lilas à nervures d'un violet foncé, à base blanche ou blanc-jaunâtre, inférieurement tubuleu- se, un peu rétrécie au-delà de l'ovaire et de là courbée sur le de- vant, et dilatée insensiblement vers la gorge. Son dos passe, par une inflexion douce, dans la lèvre supérieure, maisàia partie in- férieure, elle n'est pas ventrue. Les /èp^re.y atteignent le tiers du tube; la supérieure est bilobée jusqu'à la moitié; l'inférieure un peu plus profondément trilobée, à lanières égales, ovales, un peu acuminées, peu dentelées. La face intérieure de la lèvre inférieure trilobée porte deux gibbosités proéminentes, qui s'ap- pliquent à la lèvre supérieure, en sorte que l'ouverture de la corolle est presque fermée. Les étamines sont attachées, dans le tube, au point où il commence à se rétrécir; elles sont à leur base courbées vers le haut, ensuite droites, nues, blanches, por- tant à leur base quelques poils peu nombreux. 1,qs anthères sont blanchâtres ou jaunes, arrondies, nues, ou portant supérieu- rement quelques poils; les loges ont un mucronelong. Voi^aire est ovoïde, traversé de quatre sillons, jaune-blanc, nu. Le style est blanc, couvert de petits poils glanduleux. Le stigmate est blanchâtre ou jaunâtre, bifide, à deux nodosités. Des poils assez longs se trouvent intérieurement à l'extrémité de la lèvre supé- rieure, aux lanières de la lèvre inférieure et aux deux gibbo- sités. Une variété peu remarquable a les lanières de la corolle acu- minées : c'est VO. Millefolii Reichb. le. f. io55. io56. On la trouve mêlée aux échantillons à lanières moins acuminées, et elle n'en diffère par aucun autre caractère. Des échantillons plus petits ont l'épi à trois à quatre fleurs; de plus grands en présentent vingt et davantage. i54 KOCH. — Orobanches de la Flore cV Allemagne. A mon avis, la figure de XO. purpurea Jacq. représente l'O. cœrulea et non l'O. arenaria. Les fleurs, dirigées en arc vers l'ho- rizon, montrent ceci au premier coup-d'œil. Elle vient sur YAchillea Millefolium, dans la plupart des con- trées de l'Allemagne. Juin. Juill. ■^. m. 0. AREN'AKiA Boikhauscn. 0. calycc monosepalo, quinquedentato, deutibus subulatis; corolla subrecta, tubo mcdio coarclato, fauce subinflata : laciniis labiorum obtusis, margine re- flexis, antheris sutura pilos lanugmosos gerentibus : caule simplici. Descr.: Borkh. Walk. Schullz. Icon. : Reichb. le. f. 929, g3o; gHli. Schultz (l'analyse de la fleur.) Sy7i. : O. arenaria Borkh. FI. wett. 2. p. 4o5. (non M. Bieb.) O. comosa Wallr. Sched. p. 3i4. de Orob. p. 5(). Orobançhe vagabonde Vauch. p. 66. Très semblable à l'espèce précédente, elle s'en distingue par les caractères suivans : la tige porte un plus grand nombre d'écaillés plus longues et plus étroites à leur extrémité; elle est toujours imicolore, jaune-blanc, plus tard bleuâtre. Les lanières calycinales sont lancéolées-subulées, à pointe plus longue et plus fine, variables quant à leur longueur; elles atteignent souvent le milieu de la gorge, d'autres fois elles sont considérablement moins longues. La corolle est droite, ordinairement plus longue, atteignant un pouce, à peine courbée à son étranglement; par cette raison, elle est dressée et ne s'écarte que très peu de la tige, tandis que dans l'espèce précédente, elle se courbe en arc ex- térieurement. A partir de la partie rétrécie, elle s'élargit davan- tage, la lèvre supérieure a plus l'air cassidiforme et la gorge est un peu enflée au-dessous de la lèvre inférieure. Les lanières des lèvres sont arrondies-obtuses, portant souvent à leur milieu une courte pointe, et roulées sur les bords. La suture des antJières est couverte de poils lanugineux, mais les filets sont parfaite- ment nus; le reste est comme dans l'O. cœrulea. Les fleurs sont d'un bleu clair pâle, passant insensiblement au violacé, ou plus foncées et bleu pourpre. Les lobes des deux lèvres sont d'un beau bleu intérieurement et traversés de veines plus foncées. Les bractées sont d'un jaune-blanc, plus tard roussâtres. Le tube KOCH. — Orohanches de la Flore d'Allemagne. i 55 du calice recouvre presque le premier tiers du tube de la corolle ; les dents dépassent ordinairement le second tiers. Cette espèce croît sur X Artemisia campestris, dans plusieurs provinces de l'Allemagne et dans la Prusse orientale ( Meyer ). On ne connaît avec certitude d'autre plante-mère que VJrte- misiaf: le nom de Vaucher ne lui convient donc nullement. Elle vient dans les sables en certaines contrées; en d'autres elle végète dans le sol calcaire, et elle pourrait aussi être appelée O. cal- carea (Al. Braun ). Juill. Août. "V^- 0. RAMOSA Linné. 0. calyce monosepalo, qiiadridentato, dcntibus ovato-triangularibus subulato- acuminatis; antheris nudis; caule raraoso. Descr. : Smith. Roth. Gmel. Schiiltz. Icon. : Engl. bot. i. t. i84. Rcichb. le. f, gSS, gSi. Schultz. Lam. 111. t. 55 1. f. 2. Sfnon.: O. ramona L. Sp. 2. p. 882. Willd. Spec. 3. p. Z53. O. du Chan- vre Vaucher p. 67. Je n'ai point, dans ces derniers temps, eu occasion d'examiner cette espèce sur le vivant, et plus tard il pourrait y avoir à ajouter quelque chose à la description que je vais en donner. La plante a la conformation des espèces précédentes , mais elle est moins robuste; ses fleurs n'atteignent pas la moitié de la grandeur, et sont longues seulement de six lignes ; la tige est ordi- nairement rameuse depuis la base, et les rameaux, ainsi que la tige, se terminent en épis lâches. Toute la plante porte des poils plus longs et en plus grand nombre; ce qui fait qu'elle est presque velue et non farineuse-pubescente comme les deux précédentes. Les écailles sont courtes et ovales. Les bractées qui suppor- tent les fleurs sont ovales-acuminées, mais ordinairement moins longues que le calice; les bractées latérales sont linéaires-lan- céolées. Le calice est membraneux, non coriace, court-campanulé, à quatre dents ovales longuement acuminées. La coro/Ze esttubu- leuse, un peu rétrécie au-dessus de la base, assez droite, légè- rement courbée vers la lèvre supérieure. Celle-ci est bilobée, l'inférieure trilobée, à lobes ovales, obtus, peu denticulés. Les 1 56 KOCH. — Orobanches de la Flore cV Allemagne. étamines sont insérées aussi haut que dans les deux espèces pré- cédentes, portant quelques poils à leur base ; les plus longues sont plus fortement courbées vers le bas. Les anthères sont blanches, arrondies, nues ou portant des poils peu nombreux sur la suture, mais intérieurement la corolle est de même velue. La couleur de la fleur est tantôt d'un bleu d'améthyste, tantôt plus pâle, blanchâtre et jaunâtre, à teinte bleuâtre. Elle croît sur les racines de chaiivre et de tabac, dans la plu- part des pays de l'Allemagne. Juin. Août. 0. (i) Obs. « Il existe dans le sud de l'Europe des espèces ou des formes voisines qui exigent encore des recherches.» (A.Braun.) Voici les espèces d'Allemagne sur le compte desquelles je n'ai point de connaissance exacte : i° Orobanche apiculata Wallr.; 2° O. platystigma Reichb.; 3** O.adenoslemon Reichb.; [\ O.va- riegata Wallr.; 5° O. strobiligera Reichb. ; 6° O. torquata. J'ai passé sous silence l'O. Teucrii Schultz,que m'a envoyé cet auteur, parce que je n'ai point trouvé dans la plante desséchée des caractères suffisans pour la distinguer d'avec l'O. Galii. Je la recommande aux recherches des botanistes qui peuvent l'exa- miner sur le frais. (2) (i) M. Kocli nous écrit qu'il a fait, au printemps dernier, un essai qui a très bien réussi de culture de cette Orobanche ; à cet eii'et, il a semé des graines de chanvre et sur celles-ci des graines d'Orobanches qu'on lui avait envoyées deux années auparavant. B. (2) Nous trouvons, à l'égard de l'O. Teucrii Schultz , dans le n. i3 du Flora i835, p. 200, une notice descriptive et des figures analytiques de ses parties florales. Nous publierons en ad- dition au travail de M. Koch c elle notice de M. Schultz. E. sPACtî. — Hyperlcacearuin monographiœ fragmenta, j 67 Hypericacearijm monographi^t: fragmenta , Auclore Eduardo Spach. PSOROSPERMUM Nob. {Harongœ , Vism'iœ, et Hyperici spec. auctonim.) Calyx persistens, 5.partitus : sepala siibaequalia, erecta , sub- coriacea, integerriraa, impunctata, vittulata(i), œstivatione mar- ginil)us imbricata. Petala 5,decidua, œquilatera , suberecta , oblonga, v. sublanceolata, cuspidata (acumine aestivalione in- flexo), anticè barbata v. pube stellaîa conspersa, saepissimè basi appendice miiiimo instructa, œstivatione imbricata f nec con- torta). Stamina numéro definito v. subdefinito, persistentia, pentadelpha. Androphori filiformes v. liguliformes, 3-9- andri, petalis antepositi! dissepimentis oppositi! (2) filamentis iongio- res, pilosi (rarissime glabri) : singuli cum squamula hypogyna minuta subcoriacea concava ovario atipressa alternantes. Fi- lamenta uni-v. pluri-seriata , anisometra, glabra , capiUaria. Antherae minimœ, reniformes, didymse, glandulâ nigrâ coronalœ (rarissime eglandulosœ). Ovarium ovale v. subglobosum, pen- tagonum ;angulis cum dissepimentis alternantibns), profundè 5-sulcum, 5 -loculare, vittulatum , vesiculis conspersum; ovula gemina v. s^^œpiùs solitaria (3), ad anguli interni basin affixa, (r) Hypericacearum organa viltulata Aicimui dùni, ut pe.sœpè fit, pericarpii Umbelliferarum moie> ulriculis resiniferis longitudinalibus paralielis filiformibus v, claviforniibus lineolatasunt. (a) Eadem observatur ratio symmetrica in Hypericaceis omnibus pentagyni^; iufirmatur ergo sententia illa Browneana, dicotyledonearum carpella, dùm petalis isomera, sœpissimè iisdem opposila esse existimaiis. (3) Alia Hypericacearum gênera ovulis v. saltèm seminibus oligoraeris gaudentia, sunt Ha- ronga Thouars , EUœa Cambess. , Ancistrolohus Nob. , Eremosponis Nob. , et Drosanthe Nob. — Hoc Lindleyanœ perspicacitati eximiae haud iiinotuisse ex opusculo « Nixus plantarum » patet, ubi Hypericaceis pro characlere differentiali adscribunlur « styli plures ; semina nume- losa. » Nec magis valet ibidem pro definitione Nixiis Guttalium » flores polyandri • , quiâ Hypericacearum haud parva copia Uoribus g-ao-audris inslruunUir. i58 E. SPACH. — Hypericaccarum mono graphite fragmenta. suberecta. Styli 5, crassiusculi , erecti , recti, basi concreti^ Stigmata clavato-capitata. Bacca stylis coronata, subcoriacea, subvittata , 5-Iocularis (nonnunquam abortii 4-^-locularis) : loculis singulis semine solitario erecto fœlis ; endocarpium dissepimentaque membranacea, vesiculis resiniferis consper- sa ! Semina ovata v. ovalia, subcompress^i, basi et apice ob- tusa, hinc siiprà basin emarginata. Integumentum duplex: exterius crustaceum , verruculosum ; interius submembrana- ceum, inadhserens. Raphis inconspicua. Hilus lateralis,, siiprà- basilaris. Embryq inciirvus, citrinus : cotyledones accumbeiites, magnœ, subcarnosœ, ovales, facie planse, dorso convexiusculae, nigro -punctatœ; radicula cotyledonibiis brevior, cîavata, sub- trigona, adscendens. Frutices v. forsan et arbores. Rami articulati, saepe dicho- tomi: adultiores subteretes-, noveili angulosi. Pubes nulla aiit stellata et sœpè fugax. Folia coriacea, v. subcoriacea, v. mem- branacea, opposita, brève petiolata, integerrima, v. subsinuo- lata, V. crenata, penninervia, v. pennivenia, nigro-punctulata. Inflorescentiae terminales (raro in ramiilis axillaribus abbreviatis), V. alares terminaiesque , pedunculatae (rarissime sessiles v. sub- sessiles), cymosae, v. raro aut cymoso-paniculatae aiit subco- rymbosœ, nudse. Pedunculns commuais solitariiis, compressas, strictus, multiflorus, saepissimè dichotomus v. trichotomus : ramificationibus articulatis; pedicelli subterminales, elongati, stricti, v. divaricati, basi articulati, apice subincrassati, sœpè fasciculati, v. umbellati, v. subcorymbosi. Flores parvi. Calyx co- rollapaulo brevior, sœpè (simul ac pedunculi) ferrugineo-tomen- tosus. Petala lutea v. aurantiaca, 3-v. 5-nervia, post anthesin laminibus supernè imbricatis calyptram deciduam simulantia. Squamulae hypogynae aurantiacae v. atropurpurese. Vittulae atro- purpureœ. Semina (pro ordine) magna, vesiculis verrucifor- mibus quasi scabiosa! Genus inter Fismiam{cu\ pariter semina leprosa) et Uaron^ gam médium, ab bac tàm endocarpio membranaceo nec testa- ceo, qiiàm inflorescentiâ, ab iilâ ovulis solitariis v. geminis nec horizontalibus numéro indefinito, ab ambeduis simrdacHyperi- caceis omnibus (hucusque notis) embryonis fabricâ distinctum. H. SPACH. — Hypericacearum monographiœ fragmenta. iSg Nomen è verbis graecis ^\>u>por. scabiosus, et aTr^p^a : j-^/;ze^j prop- ter epispermii indolem. Species novimus sequentes, omnes Africœ aequatorialis cives : Sectio 1. Androphori triandri (rarissime 4"V. 5-andri); filamenta i-se- riata, terminalia : lateralia intermedio breviora. — CyiHc^ fastigiatœ, pedunculatae, terminales. A. androphori '^-^•■{sœpissime 3-) andri ; antherœ glandulâ nigrà coronatœ. a.) Folia coriacea , perennia j integerrima , glaherrima , vix re li- eu la ta. PSOROSPÏRMUM CITRIFOLIUM Nob. Haronga lanceolala Chois, in De Cand. Prodr. i, p. 542 (ex loco natali po- tiùs quam definitione nimiùm mancâ.) P. foliis ovato-v. lanceolato-oblongis, v. ovatis, v. ovalibus, V. lanceolatis, acuminatis, glaberrimis, utrinquè lucidis, basi truncatisv. rotundatis; cymislaxifloris; pedunculis calycibiisque rufo-puberulis, demùm glabrescentibiis; sepalis ovato-v. oblon- go-lanceolatis , acutiusculis, stamina paulo superantibiis; pis- tillo staminibus subbreviore : stylis ovarium aequantibus; baccis subglobosis, calyce majoribus. Rami grisei,andi, subdichotorai. Ramuli juniores virgati v. aLbreviati, foliosi, nunc simplicissitûi, nunc è foliorum superiorum axillis ramulos floriferos ab- breviatos producenles. Folia io-3o lineas longa, 5-2o lineas lata, supra satu- ratè -viridia, subtùs pallidè virentia, parce venosa,vix reticulata, utrinquèpunc- tis nigris ininutissimis conspersa ; petiolus circiter i lineam longus. Cymae 7- 20-florae, 2-v. 3-f tircatae ; pediinculas comraunis 4-6 lineas longus; pedicelli 7)-& lineas longi, graciles , plusminusve divergentes. Sepala i-i]^2 lineam longa, \\'x-\k lineae lala, 3-5-vittata, striato-trinervia. Petala 2 lineas longa, supernè ferè 1 lineam lata, exsiccata subaurantiaca. Androphori 3-andri, lineari-liguli- formes, pilosi. Squamulae hypcgynse oblongse, oblusae. Bacca magniludine pisi; i6o E. SPACH. — Hjpencacearum monographies fragmenta. exsiccata nigricans; raacerata serai -pelliicida, fulvescens, vittis copiosis filifor- mibus V. filiforrai-claA^atis striata. Semina i-ip lineam longa, i îineamlata : ra- diculâ cotyledonibus triplo breviore. Crescit in insulâ Madagascar (Chapelier! Petit-Thooars!) ubi dicitur (teste Chapelier) Arongan Pauilu.— (V. s. sp. in Herb. Jiiss. et Mus. Par.) ô.) Folla integerrima, subcoriacea, haud perennanlia , discoloria : junior a utrinqué ( ratnulis nouelliSj pedunculis calycihusque )ferrugineo-lanata; adulta Ruprà glahra j subtùs plus minuspe stellato-puberula. Cymœ sœpis- simè tric/iotomé densijîorce. PSOROSPERMUM DISCOLOR Nob. Haronga revoluta Chois, in De Cand. Prodr. i, p. 5^2 (defînitione pes- simâ. ) P. foliis obovato-ovalibus, v. ovalibus, v. obovatis, obtusissi- mis, emarginatis , v. retusis, basi cuneatis, suprà scabro-punc- tulatis, subtùs dealbatis, sparsè puberulis, ad nervos venasque tomentosis; cymis 2 - 5 - radiatis , longé pedunculatis ; sepalis oblongis V. ovato-oblongis, obtusis, stamina paulo superantibus; pistillo staminibus paulo longiore; stylis ovario longioribus; baccis subglobosis, calyce majoribus. Rarai dlbidi, nudi, dichotomi. Ramuli florileri terminales, v. terminales simiil- que è foliorum jam delapsorum axillis, graciles, simplicissimi, nunc abbreviati 1-2 pollices longi. Folia i-4 pollices longa, 6-18 lineas lata, siccitate margini- bus subievoluta, penniuervia, subavenia ; petiolus 2-5 lineas longus. Cymae multiflorae, 4-6 lineas latae : pedunculus 6-i5 lineas longus; pedicelli 3-4 li- neas longi. Sepala i ip lineam longa , 4-6-vittata. Petala 2 lineas longa, 3-4 lineas lata, siccitate aurantiaca. Androphori 3-andri, lineari-liguliformes, pilosi. Squaraulae hypogynse ïineari-spathulatae , obtusae , atropurpureae. Bacca atro- violacea, magnitudiue pisi. Semina illis prœcedeiitium similia : radicula (embryo- nis tamea immaturij cotyledonibus paulo brevior. In insula Madagascar legit Petit-Thouars ! — (V. s. sp. in Herb. Mus. Par. et Jiiss.) E. SPACH. — Hypericacearum monographiœ fragmenta. i6f PSOROSPERMUM CORNIFOLIUM Nob. p. foliis oblongis, v. ovalibus, v. lanceolato-obovatis , basi et apice acuminatis, suprà lœvibus , subtùs denium glabrescen- tibus, parce punctulatis, dealbatis, ad costam pubeiulis; cymis pedunculatis, subtrichotomis ; sepalis ovatis v. ovato-lanceola- tis, acutis, stamina superantibus; pistillo staminibus subdupîo longiore; stylis ovario longioribus. Rami nudi^ piupurascentes. Ramuli floriferi brèves, oppositi. Folia 1-2 pol- lices longa, 6-9 lineas lata, pennivenia, vix reticulata ; petiolus 2-4 lineas lon- gus. Cymae 3^4 lineae loiigse, ferrugineae : pedunculus gracilis, 3-6 lineas lon- gus. Calyx i-i|2 lineam longus : sepala 4-S-Yittata. Petala vix 2 lineas longa, 3^4 lineae lata : exsiccata aurantiaca. Andropbori parce pilosi. Squaraulae hypo- gynse atropurpureœ, lineari-spathulatae, obtusse. Fructus haud suppetit. In insula Madagascar legit Commerson ! — (V. s. sp. in Herb. Juss. et Mus. Par.) te.) Folia membranacea , haud perennantia j tenuissimè pennivenia, latè inœqualiler crenatcij ■u. suhsinuolaia , discoloria, utrinque ramulis- que glaberrima. Cymœ laxijlorce^ parce ramosœ. — (Species quoad fructum haud notae, inflorescentia autem caeterisque characteribus prsecedentibus pro- ximœ.) PsOROSPERMUM CHIONANTHIFOLIUM Nob. P. foliis lanceolatis v. lanceolato-oblongis, acuminatis, par- cissimè punctulatis , margine subundulatis , subsinuolatis ; pedicellis calycibusque ferrugineo-puberulis, demùm glabres- centibus; sepalis ovato-v. oblongo-lanceolatis, acutiusculis, sta- minibus ferè duplô longioribus; androphoris glabris; pistillo calyce paulo breviore. Rami dicbotomi, nudi. Ramuli juniores purpurascentes, graciles, simplicissimi, 1-4 poUices longi, articulis foliiferiis 2-3. Folia 2-5 pollices longa, 6-18 lineas lata , suprà viridia, subtùs dealbata ; costâ venisque purpurascentibus. Cyma (unicam vidimus) 3-radiata, circiter 20-flora : pedunculus commuuis 4 lineas longus; rami brevissimi ; pedicelli subumbellati. Sepala 1 1(2 lineam longa, i[3 V. BOTAK.— Mon. Il 64 E. sPACîï. -"• Hypericacearum monographiœ fragmenta^ Sectio II. Androphori 5-9-andri, a medio ferè filamentiferi; filameiita bi-v. pluri-seriata : inferiora brevissima; antlierae eglan- dulosœ. Petala inappendiculata. — Cymae alares terminale&que, sessiles, v. raro brève pedunculatse, trichotomae, subpanicu- latœ, multillorse. Folia coriacea, petiolata, integerrimay subtùs (etiam adulta) pubescentia. PSOROSPERMUBI SEWEGALEWSE Nob. Vismia guineensis Guillera. et Perrott. ! in Flor. Senegamb. v. t, p. 5, (exclusis forsàn synonymis) ; tab. 23 (analysi quoad petala, stylos et praecipuè ovarii sectionem errooea ! ) — Vismia guineemis Chois. Hyp. ? (1) — Hype- ricum guineense Linn. Amœn. Acad. 8, p. 32, tab. 8, fîg. 1 ? (icon miserrima.) P. foliis lanceolato-oblongis, v. lauceolato-ellipticis, v.lanceo- lato-obovatis, subacuminalis , piinctulatis, subtùs reticulatis, stellato-piibescentibus , suprà giabris, nitidis; ramulis, pedicellis^ calycibusque stjbtomentosis; sepalis ovatis v. ovalibus, obtusis^ stamina siibsequantibus, pistiilo paulô brevioribus; stylis ovario longioribus. Caulis (ex cl. Guillemin et Perrottet) i2-i5-pedalis. Rami juniores dichotomi V, trichotoini, saepissimè nonnisi ad ramifîcationes foliiferi ramulisque subdivari- catis ferriigineo-tomentosi. Ramali terminales, graciles, corapressi, infernè nudi. Folia i i|2-3 ip-pollicaria, 6-20 lineas lata : juniora utrinquè subferrugineo- tomentosa; adulta suprà viridia, subtùs pube stellata rufescente conspersa; pe- tiolus 2-3 lineas longus, tomentosus. Cymae 3-5-radiatae , nunc panicuiatae, nunc subfastigiatae : alares iufiraae brève petiolatœ ; superiores sessiles ; pedicelli inaequales, Z-G lineas longi, saepissimè divaricati, Sepala vix 2 lineas longa, 3[41ine3e-i lineam lata, 3'5-vittata : vittis saepè interruptis v. calyce brevio- ribus. Petala 2 1^2 lin. longa, 1 lineam lata, anticè deïisè stellato-toraentosa, basi subangustata , apice (more congenerum ) in cuspidem inflexara producta. Androphori sparsè pilosi. Squaraulae hypogynœ spathulaîae, nonnunquàm emar- (t) Hujus plantae sepala ah auctore cilato diciintur ovalo-lanccolata , ef petala glabra : cha- racteres cunti Psoiospermo senegalensi minime qnadrantes. E. SPACH. — Hfpericacearum mono graphiœ fragmenta. i65 ginatae. Bacca ( immatura ) calyce brevior , ovalis , atropurpurea. Semiua (em- bryoïie perfecto haucl vidiraus) vix aitt ne vix ab \}MsPsorospermi citrlfolii difFerre videntur. In Senegambia legerunt cl. Perrottet et Leprieur ! Nùm Hype- ricum guineense Linn. ( Vismia guineensis Chois. ) eadem vel altéra sit species inter dubia remanet.- — (V. s. sp. in Herb. Mus. Par. ) Elodea Adans. (non Michx.) { Elodea Adans, Pursh. — Nuttall, — EUiott. — Triadenium Rafîn. (non Triadenia Spach. ) — Hyperici spec. Linn. Michx. — Hyperici «ect. III [Elodea) Chois. Hyp. et in De Cand. Prodr. \, p. 546 (charactere manco et qiioad stamina ex loto falso). — Martia Spreug. Gen. Plant, p. 5gg (charactere quoad staminum numerum falso.) Calyx 5-partilus, campanulatus : sepala integerrima, erecta^ subœqualia, striatula, staminibus paulo longiora. Petala 5, decidua! , sequilatera!, subspathulata,inappendiculaîa,suber€Cta. Stamina 9 (i),triadelpha, persisteutia. Androphori liguliformes, v.filamentisbreviores,triandri,dissepiiTientis oppositi(2): singuli cum SQUAMULA HYPOGYNA iiectaiiferâ subcoriaceâ intégra ovario adpressâ alternantes. Filamenta terminalia, lineari-tiliformia, apice subulata : intermedio lateralibus longiore. Antherae mi- nimœ, reniformes, didyraœ, gland ulâ diaphanâ coronatœ. Ova- RiUM oblongum, triioculare, multi-ovulatum; ovula axi central! affixa, horizontalia, in singulis loculis biseriata. Styli 3, fili- formes, recti, plerumquè conniventes. Stigmata minima, trun- cata, minutissimè puberula. Capsula membranacea , vittulata, oblonga, Isevilèr trisulca, 3-locularis, septicidè trivalvis, poly- sperma : axi central! demùm !n fila 3 soluta. Semina m!nima, (i) Corrige apud rev. Clioisy, 1. c, uec non apud Linneanos systematicos, — Flores specie- rum omnium cerlissimè ac Goiistanlissimè enueaudro-triadelphi ! , nec unquàm aut palyandri aut polyadelphi. (2) Eadem observalur symmetria in cœtcris Hypcricaceis îriadelphis simùlque Irigynis om- nibus ! i66 E. SPACH. — Hypericacearum monographiœ fragmenta. oblongo-v. ellipsoideo-cylindracea, recta, basi ac apice subapi- culata, sub lente minutissimè scro[)iculata et striaîula ; embryo s<îmini conformis : radicula obtiisa, cotyledonibus semi-teretibus longior. Herbœ perennes, glaberrimae, ssepissimè ramosae. Gaules ra- rnique cylindrici : ramulis axiilaribus abortivis nullis. Folia sessilia (saepe amplexicaiJia), v. brève petiolata, opposita, mem- branacea, integerrima, tenue pennivenia, pallucidè punctata, subtùs glaucescentia, apice rotundata, saepissimè emarginata v. retusa. Inflorescentise partiales cymoso-paniculatœ, v. cymulosce (nonnunquàm simplicissimae ) , aphyllœ, terminales, v. Scepiùs axillares terminalesque. Peduncnli i-3-flori v. dichotomè 5-7- flofi, stricti, erecti, graciles, foliis semper breviores, nonnun- quàm brevissimi. Pediceîli brèves : latérales (simulàc pedunculi bifurcationes ) bracteolis 2 oppositis, minutis, membranaceis stipati. Flores parvi. Sepala striato-5-nervia, impunctata, vittulis resinosis lineolata. Petaîa rubella, lineolata, vesiculis puncti- formibus aureis conspersa , post anthe sin laminibus supernè imbricatis corollam calyptrifbrmem deciduam simulantia. Cap- sula vittulis resinosis copiosissimis striata; valvse placenteeque dehiscentiâ peractâ diù persistentes. Semina brunne-a. Seclio 1. I Androphori filamentis 3-4-plo breviores. Folia aut omnia aut saltèm superiora pleraque amplexicaulia , basi cordata. Rami nonnisi in foliorum superiorum axillis floriferi : pedunculi {nonmimquàm omnes terminales) plus minusue elongati : axillares \-^'jîori {plerumque '^-flori); terminales sœpe 5-2;. 'j-flori. a.) Folia {prœter cauUna infima) basi cordata, amplexicauHa. Elodea. virginica Nuttall. Elodea virginïca Nuit. ! Gen. — Elodea campanulata Puish, Flor. Amer. E. SPACH — H/pericaceariim monographiœ fragmenta. 167 Sept, (ex Nutt.) — Hypericum virginicum Limi. — Torrey ! — Andr. Bot. JRep. tab. 552! (mala.) — Michx.? (1) E. foliis oblongis, v, ovnto-oblongis, v. ovato-ellipticis, v. ovalibus, v. ellijDlicis, retusis, v, emargiiialis, v. subapiculatis; sepalis oblongo-linearibus, v. oblongo-lanceolatis, v. lineari- lanceolatis, aciitis; petalis lanceolato-ellipticis, acuminalis, ca- lyce triente-dimidio longioribus; squamulishypogynis ovalibus V. ovato-oblongis, obtusissimis ; stylis (subanthesi) ovarium subaequantibus. Rhizoma gracile, subramosum, horizontale, fibrillosuin. Gaules 1-2- pédales , erecti, v. basi adscendentes, graciles, saepè rufescentes, infernè indivisi, supernè opposite ramosi, nunc rariùs aut simplicissimi , aut a basi ferc ramosi, interno- diis ioferioribus ut plurimùm foliis longioribus, superioribus foliis brevioribus. Rami tenues, phisminusve erecto-patcntes , simplices : inferiores foliis caulinis 2-4-plo longioribus; sumrais brevibus, ferè pedunculiformibus , subaphyllis. Folia caulina io-3o lineas longa, 5- 12 liueas lata ; raraea 4-1 5 lineas longa, 2- 6 liueas lata. Pedunculi 2-3 lineas longi. CynicE dcnsiusculse, v. laxè paniculatae. Sepala 2 i{2-2 3[4 lineas longa, i|3-3[4 lineae lata, Petala 3 112-4 lineas longa, supernè 1 i|4-i ip lineara lata. Stamina calyce paulô breviora. Squamulae hy- pogynaî fuscae, margine submerabranaceae, androphoris subaequilongœ. Capsula 5-6 lineas longa, brunnea, acutiuscula. Semina i^S linese longa. Crescit in America septentrionali, a Florida usque ad Cana- dam. — (V. s. sp. spécimen Nuttallianum m Herb. cl. Webb ; spécimen Torrey anum in Herb. cl. Decaisne; nec non aliorum speciminum variis in locis lectorum copiam.") b.) Caulis ramorumque folia inferiora nec amplexicaulia, nec basi cor" data. Elodea Drummondii Nob. E. foliis retusis v. profonde emarginatis: caulinis rameisque inferioribus oblongo-spathulaîis, sessilibus; superioribus ova- libus V. oblongis, amplexicauUbus, basi cordalis; sepalis oblon- go-linearibus, V. lineari-lanceolatis, acutis; petalis laiiceolato- oblongis , acuminatis, calyce triente longioribus; squamulis (1) Spécimen in Herbarto Michaiîxiano exstat unicum , misemmum , propter florum defec= tuin haod dignoscendum. i68 E. SPACH. — Hypericaceanim monographies fragmenta. hypogynis cuneiformibus, v. cuneato-obovatis, truncatis; stylis (sub anthesi) ovario subtriente longioribus. Cauîis i5-i8 pollices altus, gracilis, erectus, a basi ferè ramosus : inlernodiis foliis suLbrevioribus. Rami gracillimi, adscendentes, simplices. Folia caulina lo- 3o lineas longa, 6- i5 lineas lata (infima 12-18 lineas longa, 4-6 lineas lata) ; ramea 1-2 pollices longa, 3-5 lineas lata. Pedunculi 3-i2 lineas longi, ferè fili- formes : axillares 3-flori V. nonnuncjuàm 5-flori; terminales 5-v. 7-flori, ple- rumque paniculati. Sepala 2 \\i-i 3{4 lineas longa, Ii4-3|4 lineœ lata. Petala 3 ipj lineas longa. Stamina calyce subaequilonga. Squamulse hypogynse f uscae , margine siibmembranaceae , androphoris subaequilongae. Pistillum staminibus paulo loDgior. Capsula haud suppelit. In Louisiana legit cl. Drummond! — (V. s. sp. in Herb, c). Webb.) Sectio IL Androphori filamentis aequilongi v. longiores. Folia amplexicaulia , v. sessilia, v, brève petiolata. Rami aut in foliorum omnium axillis , aut apice tantùm floriferi: pe- dunculi pauci-{i-Z'V, rarissime ^-)}lori, a. ) ^olia amplexicaulia aut subsessilia. Pedunculi solitarii p. terni , l-Z-flori : omnes terminales. Elodea Fraseri Nob. Elodea canadensis Fraser fil. ! manscr. E. foliis ellipticis, v. ovalibus, v. ovato-oblongis, retusis, v, eniarginatis, V. apiculatis: inferioribiis basi cordatis, amplexi- caulibns ; superioribns basi rotundatis, sessilibus; sepalis ellip- ticis v. oblongis, obtusis; petalis spathulato-obovatis , obtusis, vix calyce longioribus; androphoris filamentis paulo longiori- bus; stylis (sub anthesi) ovario subduplo brevioribus. Rami graciles : inlernodiis foliis subœquilongis. Folia (ramea) 6-12 lineas longa, 3-7 lineas lala. Pedunculi 3-fIori, subfastigiati, 3-3 lineas longi. Sepala 1 114-1 ii2 lineara longa, dimidiam iineam lata. Petala ferè 2 lineas longa. Capsula oblonga, acuta, 4-5 lineas longa. E. SPACH. - — Hypericacearum monographiœ fragmenta. 169 Crescit in Canada (Fraser, fil., Comitissa Dalhon.sie.) — (V. s. sp. in Herb. cl. Webb.) Elodea pauciflora Nob. Hypericum tubulosum Walt. Flor. Carol. ? E. foliis ellipticis, v. ovato-ellipticis, v. ovalibus, v. ovatis, emarginatis,basi cuneatis v. rotundatis, subsessilibus; sepalis oblongis V. oblongo-lanceolatis, acutis, v. acuminatis; petalis obovato-spathulatis, obtusis, calycepaulè longioribus; andro- pboris filamentis dimidio longioribus, pistillo parùm longiori- bus; stylis (sub anthesi) ovario subtriplo brevioribus. Rhizoraa horizontale, tenue, fibrillosum. Caulis 6-12 poUices altus, erectus, gracilis, ramosus : internodiis superioribus foliis brevioribus. Rami gracillimi : superiores caulem superantes. Folia caulina i2-i4 lineas longa, 5-io lineas lata. Pedunculi solitarii v. terni, i-v. 3-flori, terminales, ferè filiformes, 1 -5 lineas longi. Bracteolae minimae, lineari-lanceolatae. Sepala 1 lineas longa, iX2-3[4 li- neae lata. Petala 2 ii4-2 1^2 lineas longa, supernè 1 lineam lata. Stamina sepalis paulo breviora. Squamulse hypogynae oblongae, androphoris triplo breviores. Capsula oblonga , conica, acuta, 5 lineas longa. Crescit in America septentrionali. — (V. s. sp. in Herbario Mus. Par.) b.) Folia brève petiolata. Rcimi in folioram omnium axillis Jloriferi. Elodea floribuwda Nob. Elodea petiolata Leconte ! manscr. (non Walt.) E. foliis ovalibus, v. oblongis, v. spathuîato-oblongis, retusis, v. subapiculatis , brevissimè petiolatis ; pedunculis 1- v. 3-floris, elongatis ; sepalis oblongis, obtusissirnis; petalis spathulatorobova- tis, obtusissimis,sepalisdirnidio longioribus; androphoris filamen- tis paulô longioribus ; stylis (sub anthesi) ovario subaequilongis. Caulis ferè 2-pedalis, gracilis, erectus, rufescens, supeinè ramosus : interno- diis superioribus foliis brevioribus. Rami gracillimi, erecto-patentes, subpyrami- dali : inferiores 4-8 pollices longi, foliosi ; superiores vix foliis caulinis longiorcs 170 E. SPACH. — Hjpericacearum mono graphiœ fragmenta. V. breviores et ferè aphylli. Folia caulina inferiora 3 pollices longa, 1 pollicem lata ; supcriora gradaùm minora ; surama 7 lineas longa, 3 lineas lala; raraorum inferiorum folia majora 2 pollices longa^ 8 lineas lata; ramorum siiperiorum folia vix semi-poUicaria. Pedunculi 2-8 lineas lougi. Bracteolae oblongœ v. ovali-oblongae, obtusiusculae. Sepala 3 lineas longa, i|'2-2[3 lineae lata. Petala 3 lineas longa, supernè 1 i/a lincam lata. Staraina calyce paulo breviora. Squa- mulae bypogynae oblongo-obovalae , androphoris breviores. Pistillum sîaminibus paulo longior. Crescit verosimiliter in Louisiana aut Florida. — (V. s. sp. in Herb. Mus. Par. miss, a cl. Leconte cum plantis ex Anglo-Ame- ricanorum provinciis australioribus.) Elodea axillaris Nob. Hypericum axillare Michx. ! Flor. Bor, Amer. — Elodea petiolata Piirsh , Flor. Amer. Sept, (ex Elliott^ Sketch.) — Hypericum petiolatum Walt. Carol. (ex EUiot.) — Hypericum paludosum Chois. Hjp. ? E. foliis oblongis, v. spathulato-oblongis, v. obovato-oblongis, emarginatis, v. retusis, v. apiculatis, brevissimè petiolatis; pedunculis brevissimis, subtrifloris; sepalis oblongis, v. ovalibus, V. ovato-oblongis, obtusissimis; petalis oblongo-spathulatis, obtusis, calyce paulo longioribus ; androphoris filamentis 2-3-plo longioribus; stylis (subanthesi) ovario duplo brevio- ribus. Caulis 1-2 pedes alti.is, gracilis, rufescens, erectus, ramosus : internodiis ple- rumquè foliis brevioribus. Rami foliosi^ suberecti, 4-i2 pollices longi, pyrami- dati, V. subfastigiati. Folia caulina 1 i{2 pollicem-3 pollices longa, 3-6 lineas- lata; ramea 8-24 lineas longa, 5-6 lineas lata; petiolus 3-6 lineas longus. Pe- dunculi 1-3 lineas longi frarô inferiores semi-pollicares). Flores saepissimè dense cymulosi. Bracteolae ovatae v. oblongae, obtusae. Sepala 2 lineas longa, 3[4 li- neae-i lineam lata. Petala 2 1/4-2 i[2 lineas longa , supernè ferè 1 lineam lata. Stamina calyce paulo breviora, Squamulae hypogynae obovatae v. oblo«go- obovatae, obtusae, androphoris multo breviores. Pistillum staminibus superatus : ovarium ellipsoïdeum; styli brevissimi. Capsula 3[4 lineas longa, obtusa. Semina H3 lineae longa. Crescit in Carolinâ, Georgiâ, Florida ac Louisiana. — (V. s. sp.) E. SPACH — Hjpericacearum monographiœ frugmenta. 1 7 1 ELODES Nob. [Hypericum E Iodes. lÀm\.) Calyx campanulatus, 5-partitns : sepala erecta, subaequalia, costato-3-nervia, pellucido- vittulata, staminibus breviora, glandulis stipitatis ciliolata. Petala siibpersistentia, spathulato- oblonga, suberecta, sequilatera, anticè snprà basin appendice fimbriolato instructa , post anthesin contorto imbricata. Stami- WA i5, triadelpba , persistentia. Andropbori filiformes, pentan- dri, filamentis multo longiores,*placentis oppositi : singuli cum Squamula hypogyna petaloidea bifida ovario adpressa alternan- tes. Filamenta subterminalia, anisometra, capillaria, pilosa. Antherse reniformes, didymae, minutae, glandulâ diaphanâ coro- natae. Ovarium oblongo-conicum, trigonum, uniloculare, mul- tiovulatum; placentœ 3, filiformes, valvalarum marginibns vix introflexis adnatœ; ovula borizontalia , in singulis placentis bi- seriata. Sttli 3, filiformes, recti, erecti, supernè villosius- culi. Stigmata subcapitata, papilloso-puberula. Capsula char- tacea, oblonga, obtusa, vittulata, stylis coronata, i-locularis, 3-valvis, polysperraa : placentis suturalibus, tiliformibiis , de- mùm liberis, valvisque diù persistentibus. Semiwa borizontalia, minuta, ellipsoidea, cylindracea, recta, basi et apice mammil- lata , sub lente striatula et laeviter scrobiculata. Embryo semini conformis: radiculâ obtusâ, centrifugâ, cotyledonibus semi- teretibus longiore. Herba perennis, multicaulis, radicans, tomentoso-pubenila : pilis articulatis. Gaules ramique teretes, fungosi: ramulis axil- laribus abortivis nullis. Folia opposita, sessilia, membranacea, integerrima, 5-nervia, punctata. Inflorescentiae cymosae v. pani- cnlatae, dichotomse, v. subdichotomse, terminales, demùm sœpè ramiilorum elongatione latérales. Pedunculi solitarii, erecti, ad bifurcationes 2-bracteolati. Pedicelli alares terminalesque , vel obortû in racemos subsecundos dispositi. Bracteolse parvse, membranaceae , semi-pellucidae , glandulis stipitatis diaphanis ciliolatae. Calyx coroUâ multo brevior: sepala valleculis i-vitta- tis. Gorolla quasi campanulata : petala 5-7-nervia : nervis resi- 172 E. sPACii. — Hypericacearum monographiœ fragmenta, niferis ! Capsula vittulis resinosis copiosissimis tenerrimis stria- tula , calyce longior. Genus Elodeœ affine : attamen petalis appendiciilatis persis- tentibus, androphoris pentandris, squamuiarum hypogynarura indole petaloidea , ovario uniloculari , nec non toto habitu aliis- que notis distinctissimum. Speciem novimus unicara : Elodes palustris Nob. (Hyperi- cum Elodes Linn.) Triadenia Nob. (non Triadenium Rafin.)* {Hyperici spec. Linn. — Elodeœ sp. Jack.) Caltx campanulatus, 5-partitus : sepala erecta, imbricata^ subaequalia, integerrima^ obtusissima, striato-muUinervia, te- nerrimè pellucido-vittulata, impunctata, subcoriacea, dorso convexa. Petala persistentia!, aequilatera, flabellinervia, spa- thulato-oblonga , infernè erecta, supernè recurva marginibus- que imbricata, anticè supra basin nectario subcarnoso lineari- spatlmlato obtuso concavo instructa , post anthesin imbricata. EXAMINA persistentia, subdefinita, triadelpha. Androphori 9-1 5- andri,liguiiformes, fiiamentislongiores, dissepimentis oppositi, facie plani, dorso carinati, supernè conniventes: singuli cum Glandula hypogyna carnosa crassa subovata majuscula al- ternantes. Filamenta pluriseriata , capillaria , androphoris multo breviora. Antherœ reniformes, didymae', glandulâ dia- phanâ conspicuâ coronatae : thecis quasi dicoccis. Ovarium minutum, ovoideum , profundè trisulcum, tricephalum , tri- loculare, multiovulatum; ovula axi centrali tenui affixa, hori- zontalia, in singulis loculis biseriata. Styli 3, erecti, v. di- vergentes, recti. Stigmata minuta, subcapitata. Capsula char- tacea, ovoidea , profundè trisulca, tricephala, stylis coronata , vittulata, 3-Iocularis, septicidè trivalvis , polysperma : axi semi- niferâ tenui, demùm in fila 3 valvisque persistentia solutâ. Semina majuscula, oblongo-cylindracea, subarcuata, basi et apice subapiculata, laeviter scrobiCulata. Embryo semini con- E. SPACH. — Hypericacearum monographiœ fragmenta. 1-73 formis: radiculâ obtusâ, cotyledonibus semiteretibus longiore. Suffrutices ramosissimi. Ramuli juniores foiiosi, obscure tetra- goni. Folia ojîposita, decussata, integerrima, parva, punctata, glaucescentia, glaberrima, subcarnosa, persistentia, patula , V. recurva, v. reflexa, internodiis longiora, pagina superiore plana, pagina inferiore carinata, praeter costam (suprà incon- spicuam) enervia ac avenia, in petiolum brevissimum crassum attenuata. Pedunculi terni v. saepiùs solitarii, terminales (ssepis- simè inramulis axillaribus abbreviatis),v.axiliares terminalesque, brevissimi, i-flori, basi articulati et bracteolati ( dùm terni, intermedius ebracteolatiis). Bracteolae oppositae, sepalis subcon- formes. Calyx subcoloratus. CoroUa aurea, subcyathiformis : nectaria aurantiaca. Capsula quasi tricocca, calyce paulo major, coroUâ emarcidâ obtecta, vittulis resinosis tenerrimis copio- sissimis striata. Semina (pro ordine) majiisculâ. Genus glandularum hypogynarum indole a Hypericaceis om- nibus distinctum, toto cseterùm habitu (simulac staminum fabri. câ ) Melaleucas quasdam microphyllas referens. — Species novimus k sequentes, florae mediterraneœ cives: a.) Pistillum (sub antJiesi) calyce ferè duplo breviùs : styli ovario triplo brei^iores. Triadenia microphylla Nob. Hypericum œgyptlacum Linn. Amœn. 8, p. 323, tab. 8, fîg. 3. — Bot, Reg. ' tab. 196! — Elodea œgyptiaca Jack, in Hook. Jouro. of Bot. 4, p. 373 (in adnotatione.) T. foliis ovatis, v. ovato-lanceolatis, v. lanceolato-ellipticis, acutis; sepalis ovatis v. ellipticis, coroUâ duplo brevioribus, androphorissubaîquilongis; staminibus exsertis, petalis dimidio superatis. Frutex diimosus, 2-3-pedalis. Caulis tortuosus, subtei'es. Rarai suberecti, an- gulosi, foliorura delapsorum cicatricibus notati, Ramuli juniores gracillimi, subsim- plices. Folia i-3 lineas longa, i\2-i 1(2 lineam lata. Flores plerumquè axillares terminalesque , in raceœum foliosum dispositi : pedunculis (ramulis si raavis abortivis) foliis brevioribus v. vix longioribus ; nonnunquam pedunculi foliis 174 E. SPACH. — Hfpericacearum monographiœ fragmenta. plus minusve longiores, floribus solitariis v. ternis, terminalibus. Calyx rufes- cens V. è viiidi flavescens : sepala 1 \\Z-i 1 i[2 lineam longa, ore 3 lineas lata Staniina 2-i[2 3 lineas longa. Capsula oLïonga, calyce paulolongior. Crescit (ex LiDnœo) in ^gypto. ~ (V. v. c. ) Triadewia thtmifolia Nob. T. foliis lanceolato-elliplicis, v. îanceolato-oblongis , obtu- sÏLisculis; sepalis obîongis, obtusis, petalis duplo brevioribus, androphoris longioribus; filamentis subexsertis, petalis siibdu- plo superatis. Ramuli elongati^ graciles, difFiisi, simplicîssimi v. parce ramosi, i-v. pauci- flori. Folia illis speciei pragcedcntis majora (1 ip lineam-3 ip lineas longa, ip-i 1 12 lineam lala) ,glauca, conspicuè punctata. Flores terminales, solitarii (an seraper?), brève pedunculali. Pedimculi calyce breviores , filiformes , basi bracteolis 2 Ianceolato-oblongis sepalis multo minoribus stipati. Sepala 2 ip li- neas longa, i-ï ii4 lineam lata. Petala 5 bneas longa, i i[4 lineam lata. Stamina ferè 3 lineas longa. Capsula In bortoinsulœ Melitae legit cl. Webb. -^ (V. s. c. in herbario Webbiano.) b.) Pistillum calyeem superans, St/li ovario longiores. Thiadenia Webbii Nob. T. foliis Ianceolato-oblongis, v. îanceolato-ellipticis, v, sub- oblongis, V. ellipticfs^ acutis, v. obtiisiusculis; sepalis ellipticis, V. obîongis, petalis subtriplo brevioribus, staminibus vix su- peratis; stylis ovario 2-3-plo longioribus. Caulis tortuosus,vixsemi-pedalis. Ramuli graciles, subuniflori. Folia l-3 lineas longa, ip-i H2 lineam lata. Flores terminales, plerumque solitarii. Pedunculi calyce multo breviores, ebracleolati, v. bracteolis 2 submembranaceis foliis sub- conforraibus 1-2 lineas longis stipati. Sepala 2 bneas longa, 3i4 lineœ lata. Petala 4-5 lineas longa. Androphori calyce subbreviores ; filamenta parùm exserta. Pistillum 3 lineas longum. Capsula calyce paulo brevior. Semina nigricantia , ip lineam longa. E. SPACÎT. — Hfpericacearum mono gmphiœ fragmenta. 1^5 lu rupestribiis insulse Melitae legit cl. Webb. Adest etiam copiosè (pro Hyperico œgfptiaco) m herbaiio a Billardiero in Oriente ( v. forsan in Corsica ) collecto, loco natali tamen haud adscripto. — (V. s. sp. in berbario Webbiano.) Triadenia Sieeeri Nob. Hypéricum creticum Sieber! Herb. Cret. T. foliis ellipticis , v. lanceolato-ellipticis, v. lanceolato- ob- Jongis, obtusiusculis; sepalis ovalibus, obtusis, petalis duplo brevioribus, stamina dimidio superaotibus; stylis parùm ex- sertis. Caulis brevïs, ut videtur decumbens. Rami 3-6 pollices longi, difFusi , v. ad- scendentes, graciles. Ramuli gracillimi , foliosi, brèves, i-flori. Folia 1-2 lineas longa, i[2-i lineam lata. Flores terminales, solitarii, subsessiles, plerumque bracteolis 2 foliis conformibus calyce ijrevioribus stipati. Sepala 2 lineas longa, 3[4 lineae-i lineam lata. Petala 3 ip-4 lineas longa, i ii4 lineam lata. Stamina vix ovario aequilonga. Capsula haud suppetit. , In Crelœ maritimis detexit cl. Sieber. — (V. s. sp. in Herba- rio Webbiano.) TABULARUM EXPLICATIO. TAB. V. Triadenia mîcrophjlla Spacb. I. Ramulus florifer (magn. nat.) — 2. Id. magn. auct. — 3. Petalum : a, nectarium. — 4. Fios (parùm auct.) ablatis petalis. 1— 5. Calyx (valdè auct.) — 6. Flos^, ablatis sepalis pe- talisqiie: a, a, glandiilae hypogynae androphoris interpositae. — 7. Anthera fronte visa. — 8. Ead. dorso visa. -9. Pistillum cum duabiis glandularuna. — 10. Ovarii sectio horizontalis. — II. Flos post anthesin. TAB. VI. A. Triadenia JVebbii Spach. I. Ramulus florifer (magn. nat.) — 2. Flos (parùm auct.) calyce dibracteolato. — 3. Id. ablatis petalis, — 4. Petalum, — 5. Calyx fructifer (magn. nat.) — ^. Capsula (magn. nat.) — 7, Capsulae valva (aut si mavis cocca) post dehiscentiam (magna auct.; — 8. Placent» ablatis valvis (magn. auct,). — '9. Semen (magn. auct. ), — 10. Embryo (magn. auct.) 176 LKON DUFOUR. — 5/^r /^Aiïibrosia maritima. B. Triadenia thymifoUa Spach. ï. Ramulus florifer (magn. liât.) — 2. Folium (auct.) — 3. Pefalum (auct.)— 4. Flos abla- lis petalis (magn. nat.) — 5. Sepahim (auct.) — 6. Flos aMatis petalis sepalisque (auct.) : a,a, glandulœ hypogynae. — 7. Pistillum (magn. auct.) cum duabus glandularum. C. Triadenia Sieberi Spach. î. Ramulus florifer (magn. nal.) — 2. Foliuoi (auct.) — 3. Petalum (auct.) — 4. Flos ablalis petalis (magn. nat.) — 5. Sepalum (auct.) — 6. Flos ablatis sepalis petalisque (auct.); a, a^ glandulae bypogynae. Notice Sur V^^mbrosîa maritima Linné , Par M. Léon Dufour. Cette plante, connue depuis des siècles et bien figurée par Barrelier, est encore, je crois, imparfaitement décrite sous le rapport de sa fructification. Placée d'abord dans la famille des Urticées, elle a passé dans ces derniers temps dans celle des Composées, après le genre Balsamita. Son port, son feuillage, son inflorescence et son odeur aromatique , la rapprochent en effet des ^rtemisia. Elle n'est pas rare dans la plage sablonneuse de Valence , où elle fleurit tout l'été. Je l'ai soigneusement étndiée et voici le ré- sultat de cette étude. Plante monoïque. Fleurs mâles y disposées au sommet des épis, distinctes, pédicellées, penchées, nues, c'est-à-dire dé- pourvues de bractées. Calice commun ou involucre , subhémi- sphérique, monophylle, divisé à son limbe en lobes obtus, dont le nombre varie de six à douze. Corolles ou fleurons, de six à douze, tubuleuses, subinfnndibuliformes, à limbe divisé en cinq ou six lobes lancéolés. Etamines , cinq ou six , à peine de la longueur de la covoWe -, filamens courts, cohérens, réunis en tube; anthères redressées, distinctes, terminées par une courte soie; pollen jaune. Les etamines entourent un corps blanchâtre tubuleux , subinfundibuliforme , ordinairement plus long qu'elles, à limbe brièvement cilié, entier. MM. de Jussieu et De Candolle ont désigné ce corps par la dénomination de style BRUCH ET scHiMPER. — Bryologie d'Europe. l'j'j açec\stigmate , ce qui implique contradiction, car alors là fleur ne serait plus monoïque. C'est, suivant moi, une partie vesti- giaire, une sorte d'avorton, comparable à ce qu'on observe dans quelques Melica. Les fleurs femelles , placées au-dessous des mâles , sont ses- siles, agglomérées et munies de deux ou trois bractées linéaires inégales, presque entières. Corolle nulle. Calice ou involucre monophylle, uniflore , turbiné, tuberculeux extérieurement, terminé par un bec bifide, dont les lanières, avant la fécondation, s'entr'ouvent pour le passage du style , tandis qu'après cette épo- que elles sont pressées l'une contre l'antre. Le style est unique , mais profondément bifide. Graine ovoïde , noire , comme trièdre à sa base, arrondie à son extrémité, d'une consistance dure, sèche, cassante, presque osseuse. Mais ce n'est point l'involucre endurci qui lui donne, comme dit M. de Jussieu, la solidité qui caractérise la noix. Cet involucre , quoique l'enveloppant immé- diatement , ne lui est point adhérent. \1 amande ne touche point aux parois de la noix. Elle est fixée à son fond , et ses deux co- tylédons sont entourés d'une tunique pelliculeuse fine. BnTOLOGifi d'Europe, -publiée en monographies, par MM. Bruch et ScHiMPER. Première livraison de l'édition française. Nous avons annoncé dernièrement la' prochaine publication de cet important ouvrage, et nous avons en même temps fait connaître le plan que s'étaient tracé les auteurs. Tout en don- nant des éloges sincères au jugement éclairé dont ils avaient fait preuve dans leur texte , nous avons surtout loué la beauté remarquable des planches dont ce texte est accompagné. Une seule chose excitait nos regrets, c'est la préférence qu'ils avaient donnée à la langue allemande, malheureusement peu répandue chez nous, et nous manifestions la crainte que l'édition fran- çaise préparée par eux ne restât en portefeuille faute d'un li- braire qui voulût se charger de l'entreprise. Cette crainte est maintenant dissipée. Nous avons 50U5 les yeux la première li- i-i8 BRur.H ET scaiMPER. — Bryologîe (l'Europe, vraison contenant les Buxbaumiacées et les Phascacées ; les auteurs ont complètement justifié et nos éloges et notre attente. Les amateurs de Mousses y trouveront des moyens sûrs de dis- tin^^uer les individus de cette jolie famille ; car les descriptions, d'ailleurs bien faites, reçoivent un secours puissant et toujours nécessaire de l'exactitude des figures. Le genre Phascum , dont nous n'avions encore vu que les admirables planches, est traité tout entier dans l'un des deux fascicules qui composent cette livraison; et, comme la plupart des espèces de ce genre sont propres à l'Europe, il n'en est qu'un petit nombre d'exotiques qui n'y figurent point. Les au- teurs ont donné une preuve de la sagesse de leur jugement en faisant justice de plusieurs espèces peu caractérisées qu'ils ont rejetées parmi les variétés. Toutefois, en agissant ainsi, ils n'ont jamais omis d'indiquer les motifs de leur détermination. Les Phascum Flotowianum et Lucasianum, par exemple, ont été réunis comme variétés au P. cohœrens Hedw. , dont ils ne diffèrent que par la largeur plus ou moins grande des feuilles et la nervure plus ou moins prolongée de celles - ci. Le P. stenophfllum Voit, n'est aussi, selon eux, qu'une forme à feuilles plus courtes et moins dentées du P. crassinervium. C'est avec le même esprit de critique qu'ils ont rapporté au P. cuspidatum Schreb., Mousse éminemment polymorphe , les P. affine Br. germ. , piliferum Schreh. , curpisetum Dicks. et elatum Brid. En figurant toutes ces formes comparativement au type, MM. Bruch et Schimper ont mis les savans en état de juger s'ils avaient eu raison ou non de faire ces réductions. Le genre Pleuridium de Bridel a disparu, fondé qu'il était sur une observation inexacte. L'espèce qui le composait, car il était monotype, est redevenue le Phascum aller ni fvLium Dicks. A cette occasion , MM. Bruch et Schimper font remarquer que, dans la Muscologia hritannica, la description de cette es- pèce s'applique en partie à XArchidium phascoides, espèce bien différente quoiqu'elle ait été souvent confondue avec le Phas- cum alternifolium. Il est un facile moyen d'éviter l'erreur, c'est la comparaison des sporules de ces deux mousses ; en effet , elles sont très petites et très nombreuses dans le P. alternifolium, très BRUCH ET scHiMPER. — Bryologie d'Europe. lyq grosses et conséquemment en petit nombre dans XJrchidiwn. Les auteurs de la Bryologie d'Europe ont publié deux nou- velles espèces de ce genre. L'une, le P.tenerum Bruch et Schpr., est ainsi caractérisée : «Foliis ovato-lanceolatis dentatis enerviis, « tenerrimis; capsula subsphœricâ, immersâ, pallidè ochraceâ ». Espèce très voisine du P. serratum y dont elle diffère par des feuilles plus larges, à peine dentées, et surtout des sporules lisses et de moitié plus petites. L'autre est le P. palustre Bruch et Schpr. , dont voici le diagnostic : « Gaule erecto innovante • « foliis caulinis lanceolatis patulis, perichaetialibus è basi latè o ovatâ subulatis, costâ in cuspidem longam excurrente; cap- te sulâ terminali oviformi immersâf calyptrâ conico-campanu- « latâ pluries fissâ ». Son port place cette Mousse tout près du P. alternifolium y auquel elle ressemble beaucoup. Il est pour- tant facile de l'en distinguer à la forme et à la grandeur de la capsule, à la position des organes mâles, qui [sont libres et pla- cés près des femelles dans cette Mousse, tandis qu'ils sont ren- fermés dans des bourgeons axillaires épars sur la tige du P. al- ternifolium. MM. Bruch et Schimper rejettent parmi les espèces douteuses les P. stellatum Brid. , strictum Dicks. et duhium Lapylaie. Ils nous promettent enfin de compléter leur travail par une ana- tomie et une physiologie des Mousses. Nous avons déjà fait connaître les conditions de la souscrip- tion. Mais comme à cette époque il n'était question que de l'é- dition allemaùde, nous avions dû indiquer l'adresse des auteurs qui s'étaient chargés de recevoir les demandes. Par suite des conventions qu'ils viennent de faire avec M. Mercklein, rue des Beaux-Arts, n° ir, ce libraire étant devenu acquéreur de l'édi- tion française , c'est à lui que devront désormais s'adresser les personnes qui désireraient souscrire à cette publication dont il paraîtra cinq ou six livraisons chaque année. Nous en rendrons compte. G. Mont. 12. 178 BRUCH ET scaiMPER. — Bryologie cl'EuT'ope. vraison , contenant les Buxbawniacées et les Phascacées; les auteurs ont complètement justifié et nos éloges et notre attente. Les amateurs de Mousses y trouveront des moyens sûrs de dis- tinf^uer les individus de cette jolie famille; car les descriptions, d'ailleurs, bien faites, reçoivent un secours puissant et toujours nécessaire de l'exactitude des figures. Le genre Phascum, dont nous n'avions encore vu que les admirables planches, est traité tout entier dans l'un des deux fascicules qui composent cette livraison; et, comme la plupart des espèces de ce genre sont propres à l'Europe, il n'en est qu'un petit nombre d'exotiques qui n'y figurent point. Les au- teurs ont donné une preuve de la sagesse de leur jugement en faisant justice de plusieurs espèces peu caractérisées qu'ils ont reietées parmi les variétés. Toutefois, en agissant ainsi, ils n'ont jamais omis d'indiquer les motifs de leur détermination. Les Phascum Flotowianum et Lucasianum, par exemple, ont été réunis comme variétés au P. cohœrens Hedw. , dont ils ne diffèrent que par la largeur plus ou moins grande des feuilles et la nervure plus ou moins prolongée de celles - ci. Le P. stenophyllum Voit, n'est aussi, selon eux, qu'une forme à feuilles plus courtes et moins dentées du P. crassinewium. C'est avec le même esprit de critique qu'ils ont rapporté au P. cuspidatum Schreb., Mousse éminemment polymorphe , les P. affine Br. germ. , piliferum Schreh., cun^isetum Dicks. et elatum Brid. En figurant toutes ces formes comparativement au type, MM. Bruch et Schimper ont mis les savans en état de juger s'ils avaient eu raison ou non de faire ces réductions. Le §enre Pleuridium de Bridel a disparu, fondé qu'il était sur une observation inexacte. L'espèce qui le composait, car il était monotype, est redevenue le Phascum alternifuLium Dicks. A cette occasion , MM. Bruch et Schimper font remarquer que, dans la Muscologia britannica, la description de cette es- pèce s'applique en partie à XArchidium phascoides, espèce bien .1 différente quoiqu'elle ait été souvent confondue avec le Plias- ' cum alternifolium. Il est un facile moyen d'éviter l'erreur, c'est la comparaison des sporules de ces deux mousses; en effet, elles sont très petites et très nombreuses dans le P. alternifolium, très BRiJCH ET scHiMPER. — Bryologie d'Europe. i^q grosses et conséquemment en petit nombre dans XArchidium, Les auteurs de la Bryologie d'Europe ont publié deux nou- velles espèces de ce genre. L'une, le P.tenerum Bruch et Schpr., est ainsi caractérisée : «Foliis ovato-lanceolatis dentatis enerviis, « tenerrimis; capsula subsphoericâ, immersâ, pallidè ochraceâ ». Espèce très voisine du P. serratum , dont elle diffère par des feuilles plus larges, à peine dentées, et surtout des sporules lisses et de moitié plus petites. L'autre est le P. -palustre Brucli et Schpr. , dont voici le diagnostic : « Gaule erecto innovante • « foliis caulinis lanceolatis patuiis, perichaedalibus è basi latè « ovatâ subulatis, costâ in cuspidem longam excurrente; cap- te sulâ terrainali oviformi immersâf calyptrâ conico-campanu- « latâ pluries fissâ ». Son port place cette Mousse tout près du P. alternifoUum y auquel elle ressemble beaucoup. Il est pour- tant facile de l'en distinguer à la forme et à la grandeur de la capsule, à la position des organes mâles, qui [sont libres et pla- cés près des femelles dans cette Mousse, tandis qu'ils sont ren- fermés dans des bourgeons axillaires épars sur la tige du P. al- ternifolium. MM. Bruch et Schimper rejettent parmi les espèces douteuses les P, stellatum Brid. , strictum Dicks. et duhium Lapylaie. Ils nous promettent enfin de compléter leur travail par une ana- tomie et une physiologie des Mousses. Nous avons déjà fait connaître les conditions de la souscrip- tion. Mais comme à cette époque il n'était question que de l'é- dition allemahde, nous avions dû indiquer l'adresse des auteurs qui s étaient chargés de recevoir les demandes. Par suite des conventions qu'ils viennent de faire avec M. Mercklein , rue des Beaux-Arts, n° i r, ce libraire étant devenu acquéreur de l'édi- tion française, c'est à lui que devront désormais s'adresser les personnes qui désireraient souscrire à cette publication dont il paraîtra cinq ou six livraisons chaque année. Nous en rendrons compte. G. Mont. 12. i8a FISCHER ET MEYER. — ^ n'imadi^ersiones botanlcœ. àujMADVERSiONES botanicŒ ' nonnullœ , novorumque generum et specierum diagnoses y Juct. F. E. L. Fischer et C. A. Meyer. (Ex indice secundo seminum horti botanici Petropolitani, dec. i835). (i) RANUNCULACE.E. Ad Delphinium Ajacis L., nec â^.Consolida L., neque aàD.puhescens D.C. spectat D. Consolida fl. graec. tablrao4. Pariter D. Consolida Engl. bot. tab. i83q, aut speciem distinctam ( an JD. ambiguum Mill. ? ) aut potius varietatem D.Ajacis ramis pedunculisque magis patentibus, existimamus. Ad D .Consolida L. ( Conf. fl. dan. tab. 683. et Clusii rarior. plant, histor. p. 207. s. Dolphin, vulgar. pleno flore )haec britannica planta pertinere nequit. ^c^mos/jÂora û^aAwrica Index prim. sem. h. Petropol. p. 21. Flores abortu dioici. Fœm. sepala 5. Filamenta pauca, anthera cassa terminata; exteriora fili- formia simplicia , intima ( ovariis proxima ) dilatata, per paria connata. Mas. Sepala 5, illis plantae fœmineae majora. Stamina fertilia numerosa simplicia filifor- inia ; sterilia pauca fertilibus intermixta , dilatata , per paria connata. Ovaria abor- tiva , minima vel plana nulla. PAPAVERACE.E. Flatystemon leiocarpum. P. ovariis fructibusque glaberrimis. — ' A simil- limo P. californico Benth. differt ovariis glaberrimis , nuUo modo bispidis, nec non floribus ocbroleucia. — Hab. circa coloniam Ruthenorum Ross in Nova California. Platystigma lineare. Nostra planta, è seminibus enata circa coloniam Ross in Nova California lectis, filamenta habet dilatata, lineari-oblonga, et petala bico- lora, exteriora tria aurea cum litura transversali alba,ungue flavo, ceterum cnm descriptione P. linearis a Benthamio data haud maie congruit. (i) Ayant donné un extrait des observations [et des descriptions de nouvelles plantes contenues dans le catalogue du jardin de Pétersbourg, pour l'anuée précédente, nous devons également publier les observations qui se trouvent à la suite du nouveau catalogue, récemment communi- qué aux botanistes. L'établissement de plusieurs genres, et des renseignemens sur plusieurs es- pèces intéressantes, nous ont déterminé à reproduire textuellement cea additions. ( Noie âei réJ.) FJSCHER ET MEYER. — udtnimadu€rsiones botankœ. 181 CRUCIFERiE. Cardamine macTophylla p. Amicissiraus Turczariiiiow immerito Denlariam sujm dasylobam a C. macrophylla distinguit, nam hœc quoqiie ludit siliquis glabris vel hispidis , foliorum segmente summo a reîiquis remoto vel cum illis confluentc, nec non funiculis umbilicalibus in statu juniori ( vel in .siliquis OYulis que aboriivis ) filiformibus, in fruclu raaluro dilatatis lanceolatis. Lepidium micranthumîjeàeb. Icon. plant, altaic. \,p. 22. iah. 92. Z.. incisum M. ^'\fl. taur.cauc 1. p. 98. ( exel-^syn. Rotb. ) Ledeb.yZ. altaica 3. p. 193 ( excl. syn. , piaeter Marscball. ) L. densijlorum Schrad. A L. inciso Roth sane diversissimum. Genuina specimina plantae Rothianae in phytophylacio olim Mertensiano adsunt, quae neutiquam differunt ab illa planta in Scbkuhr handb. s. n. L. Iberidis delineata. Pertinet ergo L. incisum Roth ad Z.. virginicum auctor. recentior. ( num et Linnaei adhuc quaerere licet. ) DiASTROPHis F. et M. Calyx erectus basi bigibbus. Petala œqualia, indivisa. Glandulae hypogynae valvariae 4* Filamenta li- béra, edentula, Silicula supra toriim sessilis, dehiscens, h'\- locularis, disperma, valvulis navicularibus carinatis alatis. Sèmina solitaria, penduia, irnjuarginata, lœvia, resupinata! Cotyledones planse, indivisae, accumbentes. Radicula adscendens, dissepiraen- to incumbens. Funiculi umbilicales subulati, basi dissepimento adnati. — Genus e Thlaspidearum tribu ab omnibus Cruciferis seminum situ distinctura; praeterea differt ab Iberide petalis œqualibus, a Hutchinsia silicula alata, a Thlaspide sWicxAsiVum loculis monospermis , a Lepidio et ab Mthionemate seminum fabrica. D. cristata. Fruticulus humilis distortus ; folia sparsa, glaucescentia, oblonga, parva; racemi terminales, aphylli, densiflori; flores dilute rosei, magnitudine flo- iviva. Alyssimaritimi:, silieula JEthionem cristati; semina Hutchinsiœ, semper tamen resupinata ,, radicula enim dissepimento (non valvulorum dorso) proxima. Hab. in montibus Armeniae rossicae locissiccis ip.. Y) Quatuoc species Tkysanocarpi generis, quae nunc sub oculis sunt, sequenti modo definiri possunt. Th. curvîpes Hook. flor. bor. Americ. i.p. 6g. tah. 18 fig. a. Th. petalis calyce brevioribus; siliculis glaberrirais ala intégra ( vel foramiuibus exiguii peitusa ) cinctis apice emarginatis styloque vix exserto terminatis. i8:2 FISCHER ET WKYKR. — AnimadpersioTies botanicre. Th. pulchelliisT.et M. Th. petalis calyce longioribus; siliculis glaberrimis ala intégra (non perlusa) cinctis apice subtruncatis styloque longe exserto terminatis. — Antecedenli speciei simillima, notis indicatis tamen satis distincta. Petala albida vel violascentia, parvula, calyce tamen ferme longiora. — Hab. circa colo- niam Ruthenorum Ross. Th. elegans F. et M. Th. petalis calyce longioribus, siliculis glaberrimis ala foraminosa cinctis apice truncatis styloque exserto terminatis. ■ — A Th. pul- chello, quocum crescit et cui ceterum persimilis est, siliculorum ala foraminibus numerosis latis uniseriatis pertusa facile dignoscitur. Qiiaria species hujus generis a celeb. Deppe in California détecta, a nostro Th. élégante differt siliculis villosis apice eraarginatis styloque vix exserto termi- natis. ROSACEE. Coioneaster nummularia. C. foliis suborbiculatis subellipticisve obtusis re- tusis vel acutiusculis mucronulatis subtus calycibusque tomentosis ; racemis paucifloris folio brevioribus; petalis patentibus ; fruclibus dyperinis. — C. to~ mentosa Meyer. Enum. pi. eauc. casp. n. 1627 (excl. syn.). — Hab, in mon- tibus Talusch, ih Iberia et in montibus Saraamisicis. t) LEGUMïNOSyE. Tr[Folium. (Subgenus Peris^ma F. et M.) Calyx 4-partitus : lacinia infima minima, summa maxima bifida. Yexillum iatissi- mum, mucronatum, alas carinam et genitalia ampîectens. Alae cariïicC adnatae. Stylus lateralis. Legumen subtrapezoïdeum : sutura superiore incrassata déhiscente. T.Qxypetalam.T.^QVtnxiQ (?) subglabrum ; caulibus erectiusculis ; stipulis oblon- gis acutis subdentatis'; foliolis obovatis oblongisve denticuktis basi cuneatis: pe- dunculis folio multo longioribus: floribus umbebalis nutantibus: laciniis calyci- nis inaequalibus linearibus muticiscoroUa paulo brevioribus ; vexillo alisque mucro- natisjlcguminibus subtrispermis. — Species distinctissima , nisieadem cum T. ca- roliniano; stipulis non bifîdis, leguminibus glabris aliisque notis diffère videtur. Eerba perennis(?) habitu T.hybridi; corolla parva , calyce paulo longior, albida, apice sordide purpurascens; legumen longitudine calycis, corolla tectum , subtrapezoideum, corapressum, hyalinum; semina flaya snbovata, radicula vix prominula. — Hab. in Louisiana. FISCHER ET METER. — ^-4 nimadi^ersiones botanicœ. i85 Melllotus gracilis D. C. M, neapoliiana Ten. M. globulosa Stev. Trifo- lium splcatum fl. graec. Coraparavimus specimina gallica, italica et iberica cum icône Tr. spicaii, in Flora grseca nitidissime expressa, quae omnia inter se conve- iiiunt. Legumina puberula, rugosa, etiam in planta gallica monospeinja. Melilotus italica. M. roiondifolia Ten. haud differt. Legumina nunc mono- nunc disperma, saepe in uno eodemque racemo. Lotus TVrangelianus: L. annuus^ diffusas, pilosus subglaber; foliis quadrifo- liolatis, foliolis oblongis subglaucis ; pedunculis axillaribus brevissimis unifions ebracteatis; legurainibus pubescentibus. — L. subpinnato i^roximus atpube ra- riore incurabente adspersus et legumina pubescentia ; a L. (Hosackia) parvi- jloro dignoscilur pedusculis ebracteatis aliisque notis. — Herba annua tenuissima babitu L. subpinnati\ flores parvi flavi; legumina semipoUicaria teretiuscula, scmi- uibus 5-7 subtetragonis laevibus griseis fœta. — Hab. in portu BodegaNo\ae Ca- liforniae , prope coloniam Rutbenorum Ross. Ohs. Folia in omnibus Loti speciebus non ternata sed certepinnata sunt. foliola enim infima ( ab auctoribus maie cum stipulis commutata), cum petiolo articu- lata, pro stipulis haberi non possunt. Cseterum stipulas verae, licet plerumque m inutae et cito marccscenteSj in imo petiolorum basi semper adsunt. Vicia hyrcanica. V. (§2) annua, subglabra; stipulis notatis lanceolatis inte- gcrrimis; foliolis (12-18) oblongis sublinearibusve emarginatis mucronulatis; flo- ribus subgeminis, calycis obliqui lobis setaceis adscendentibus tubo sublongiori- bus, vexillo (amplo) glabro; leguminibus glabris oblongis sufchexaspermispaten- tibus; seminibus subglobosis, hilo brevi. — V. Biebersteinii Meyer Enum. pi. cauc, casp. n° i3oi (^excl. syn, J — F", tricolon proxima, sed stipulis lanceo- latis, floribus unicoloribus flavescentibus et vexillo ampliore diversa; a K. sor' dida , V. Biebersteinii ( V. sordidce potius var. } et V. grandiflora distin- guitur bilo brevi, vix quintam partem(i/5) non duas tertias partes (2/3) periphe- riie seminis occupante; a /^. lutea, V. hybridati V. pannonica differt glabritie omnium partium ; a V. satipa, V. lœvigata, V. cordaia et affînibus facile dig- noscitur calyce obliquo , lobis caljciuis adscendentibus et vexillo ampliato. — Hab. in montibus Talusch. ©j Lupinus arboreus 3. odoratissimus. A L. arboreo Bot. mag. t. 682 non differt nisi floribus odoratissimis. Folii in planta spontanea sericea, in planta culta subglabra. Hue omnino spectat L. sericeus Eschsch. in Mémoires de V Acad. Imp. des se. de St. Petersb. t. 10. p. 289; contra L. sericeus Hooker in Beechey p. i38 potius ad L. Chamissonis Escbsch. pertinet. Astragalus ankilotus. A. (§ 6«) annuus, caulescens, pubcscens pilisque sim- plicibus Lirtus ; foliolis (3-1 5) lineari-oblongis obtusis; pedunculis foliorum longitudine; racemis paucifloris; calycinis dentibus erectis tubo cylindracco du- plo, carina vix brevioribus; leguminibus pilosis subcylindraceis crcctis sursum i84 FISCHER ET MhTEii- — uinimadversion^s botanicœ. arcuatis apice iuflexo-hamatis. — A. hispidulo affinis LedeL. Ind. sem. h. DorpaL i834.Species distîncta, licet A. KarelinittA. trimorpho Viv. valde af- finis; a priore differt racemis pedunculo elongato sufïultis; a posteriore foliis omnibus pinnatis, superioribus multijugis, pedunculis folio haud longioribus , calycis cylindracei (non campanulati) dentibus erectis tubo duplo brevioribus ; ab A. hispidulo D. G. dignoscitur foliolis paucioribus obtusis, corollis brevio- j'ibus et praesertim leguminibus apice inflexo-hamatis. — Hab. in campis trans- volgensibus , nec non in litore orientali maris Caspii ; ad lacum salsum Indersk hanc plantulam invenit Dr. Tauscher jam ann. 1808. ONAGRARIiE. EucHARiDiuM F. et M. Calycis tubus supra ovarium elongatus filiformis cum limbo 4-partito deciduus. Petala 4» unguiculata (trifida). Stamina 4! Stigma bilobum. Capsula 4-locularis,4-valvis, dehiscens. Semina numerosa, in quovis loculo uniserialia, sur- sum imbricata,erecta, alato-margïnata.— 'Genus insigne Clarkiœ proximum. E. concinnum, Iler^a annua, babitu Clarkiœ elegantis; folia ovata vel ovato-oblonga, integerrima, petiolata, sparsa, infima opposita; calyx rufescenti- purpureus, laciniis apice saepe cohserentibus ; petala 7-8 lin. longa, saturate ro- sea , maculis 2 saturatioribus , lineisque 3 albidis picta ; antherae basi affixae; pollinis granula obtuse angulata, discreta, filis vix ullis; semina subovata, ala angusta tenui connivente cincta. — Hab. in Nova California circa coloniam Ruthenorum Ross. 0. OEnothera. Linn. Calycis tubus supra ovarium articulatus, (plerumque) elongatus, filiformis , cum limbo 4-partito deci- duus. Petala 4? sessilia (indivisa). Stamina 8. Stigma 4-fidum. Capsula 4-locularis, 4-'valvis, dehiscens. Semina numerosa , in quovis loculo biseriata (in unica O. concinna uniseriata), liori- zontalia, erecta, aptera, nuda. — Herbae annuae, biennes, perennes, rarissime suffrutices , caulescentes, rarissime subacaules, pube simplici saepe adspersa, foliosa; folia sparsa, sessilia vel in petiolum attenuata, intégra, dentata vel laciniataj flores axillares soîitarii, plerumque sessiles, flavi (deflorati rufescentes ) , albi, rosei, purpurei vel violacei, saepe nocturni. Sect. 1. OEnotherium. Antherae elongatœ , liueares, incumbentes . Pollinia ïngulis prominulis uotata, fiUs eloB^atis iatertexta. Sîigmata filiformia, patentia. FISCHER ET MEYER. — ^Tiimadtfersiones hotanïcœ. i85 Capsula obovata, clavata, 4-angulata vel saepe 4-alata. Semina oblonga, sa;pe angulata ,^horizontalia vel suberecta, saepe inordinate cumulata. Flores flavi , ra- rius albi , rarissime rosei. GS. acauUs Cav. Ab hac OE. taraxacifolii hortor. et Sweet haud differt. OE. tetraptera Cav. OE. rosea Ait. OE. macrocarpa Pursh. OE. triloba Bart. GE. rJiizocarpa Spr. CE. fruticosa Linn. OE. glauca Mich. OE. ambigua Nutt. OE. Fraseri Pursh. Œ. tefragona Rotb. CE. mollis Goldie. OE. gracilis Scbrad. An ab OE. riparia Nutt. satis diversa ? OE. pumila Liun. Sect. 2. Allochroa. Antherae^ Pollinia'et Stigmala ut in sect. i. Capsula cy- lindracea vel apice incrassata, haud sulcata. Semina horizontalia, sursum im- bricata , oblonga, vix angulata. Flores flavi, deflorati rufescentes. OE. odorata Jacq. OE. villosa Thb. OE. mollissima Linn. OE. nocturna Jacq. OE. sinuata Linn. OE. stricta Ledeb. (non striata). OE. mulabilis H. Pans. OE. chilensis H. Paris. Inter precedentem, oui habitu et f'oliis accedit et se- quentem, qua cum tubo florum elongato conveuitj média; tota pilis mollibus tecta. OE. longijlora Jacq. Sect. 3. Onagra. Antherae, PoUinia et Stigmata ut in sect. i. Capsula cylin- dracea, basin versus saepe incrassaîa, plerumque sulcata. Semina horizonlalia, angulata. Flores flavL OE. grandiflora Ait. et var. p. OE. spectahilis Hornem. O. biennis Linn. cura var. P. Œ. gauroides Hornem. OE. muricaia Linn. OE. salicifolia Desf. Œ.parviJloraLvoxï. OE. cruciata Nutt. Sectio 4. Rhodanthos. Antherae lineares, basi affixae, crectœ. Pollinia obtuse angulata filis brevibus aucta, jubdzscreta. Stigraata saepe brevia, recurvala.Cap- i8G FISCHER tT MEYER. — A nlmadi^p.rsiones botanicœ. sula oblongo-cylindracea, sœpe sulcata. Semina horizontalia, irabricata, angu- lata. Flores rosei, purpurei, violacci. OE. roseo-albo Eernh. OE. L'indleyana Dougl. OE. purpurea Curt. OE. Romanzowii Ledeb. OE. decambens Dougl. OE. tenella Gav. OE. viminea Dougl. OE. quadt'ipulnera Dougl. Sect. 5. Pachydium. Antherae subovatae medio affixas. Pollinia ut in sect. 4. Sligmata brevia patentia, saepe lobo uno alterove déficiente. Capsula subovata , haud sulcata. Semina ovata, compressa, erecta, placentae crassse semi-immersa. Flores EpiLohii, purpurascentes. OE. densijlora Lindl. Sect. 6. Dictyopetalum. Anlherae et Pollinia ut in sect. 5. Stigmata brevia recurvata. Capsula oblonga, apice quadrangula asperraa. Semina oblonga, erecta, uîiiseriata. Flores rosei, venis reliculatis picli. An genus distinctum .^ OE. concinna Don . Sph^rostigma Seringe. Calycis tubus supra ovarium vix pro- ductus; limbus 4-partitus, decidiius. Petala 4 sessilia (indivisa). Stamina 8. Stigma globosum indivisiim. Capsula 4-locularis, 4-valvis, dehiscens. Semina numerosa, in quovis loculo uni- serialia, erecta, aptera, nuda. — Herbae annuse , habitu EpilobU, glabrae vel pube simplici obtectae, ramosoe, diffusœ; rami api- cibus sœpe recurvalij folia sparsa (infima sœpe opposita), ses- silia vel in petiolum attenliata, indivisa; flores axillares, solifarii, sessiles, parvi, fiavi; stamina alterna breviora; antherae sub- globosœ, basi affixse; pollinia obtuse angulata, filis brevibus intermixta; capsulœ sessiles, elongatae. ssepe curvatae vel tortae; semina minuta, oblonga, non angulata. iS. ChamissonisY. et M. S. pube glandulosa adspersum, subglabrum; foliis sub- linearibus utrinque attenuatisdeutatis; pelalisovato-orbiculatis; capsula elongala filiformi recta vel sub-incurva.- — OEnothera Chamissonis Link. Enum. ait. h. Bercl. \.p. 378. OE. dentataUnàley Collect. bot. tab.xo. (excl. syn. Cavan.j. Ruiz et Vd^y.fl. Per. 3. p. 8). /. Si/, (excl. syn. Cavan.) Hooker in Bee- çhey p. Q^h. (excl, syn. OK micranlh. et lùrtos). Hooker hot. mise. 3. p. 3 10. riscHER ET MEYER. — ^ Ammaclpersiones botanicœ. 1 87 Onosuris Chamissonis D. C. Prodr. 3. p. 64.— Petala a lin. longa vel paulo lougiora, \ix angustiora j stylus petalis brevior ; semina 2-5 lin. longa.— Hab. in Chile. 0. S. strigulosum F. etM. S. setulis minatis iacumbentibus adspersum subglabrutn; foliis sublincaribus utrinque attenuatis dentatis; petalis ovato-orbiculatis ; cap- sula elongata fîliformi recta vel incurva.— Praecedenti sitnillimum, at diversum indûment! indole necnou floribus et seminibus minoribus. — Petala linea vix longiora; stylus' petalis brevior; capsula pergracilis: semina minuta, vix j/5 lin. longa. — Hab. in Nova Galifornia. 0. S. minutifiorum F. et M. S. pube glandulosa patenteadspersum; foliis angustis- simisintegerrimis; petalis oblongis; capsulis elongatis filiformibus (sœpissimejtortis. An OEnolh. core/o/"to Dougl. Hooker ^. hor. Amer. 3. p. 2i4 ? — Species bene distincta , etiamsi toto habitu binis antecedentibus simillima. Folia angustissima capsulis plerumque haud latiora, 1/2 lin. la ta vel ssepe angustiora, vix latiora , pollicem circiter longa, integerrima ; flores minimi, petalis ; linea sublongiori- bus vix 1/2 lin. latis ; stylus petalis brevior; capsulae gracillimse torulosae, ple- rumque contorîae , rarius rectae ; semina minuta praecedentis. — Hab. ia Chile. 0. S. hirtum F. et M. OEnotJu hirta Link Enum. l. c p. 378. O. micrantha Hornemann. Spj-. Syst. veget. n. p. 228. 5. cheiranthifolium¥.eXM. OE.cheirantifoUa Hornem. U.C. Prodr. 3. p. 46. 3. capsulis sœpius tortis. OEenoth. uiridescens HookeryZ. bor. Amer. \. p. 2l4. S. spirale F. et M. OEnothera spiralis Wookev l. c. p. 3i3. portulaceâ:. Claytonia gypsophiloides . C. annua, glauca; foliis radicalibus longissimis filiformibus, caulinis geminis (saepissime) unolatere connatis; racemis simplicibus ebracteatis; petalis sublinearibus emarginatis calyce triplo longioribus. — Mul- ticaulis, 6-10 poil, alta; folia radicalia semipedalia vel longiora; flores pulchelli, illis Gypsophilœ acutifoUœ vel G. perfoliatœ similes, rosei; capsula subtrisper- ma; semina atra, nitida, punctis imprcssis miuutisnotata. — Hab. in Nova Gali- fornia circa coloniam Ruthenorum Ross. 0. UMBELLIFER^. Astrantia Bleherstenii. A. foliis tripartitis : partitione terminali oblonga vel obovata, lateralibus cuneatis bifidis ; laciniis obovatis oblongis vel ovatis omni- bus duplicato-setaceo-serratis; foliolis involucri integerrimis umbellam subae- quantibus; dcntibus calycinis acutis subpungçntibus longitudinc pctalorum ; 1 88 FISCHER ET MEYER. — Aïiimadversiones botanicœ. carpellis a dorso ellipticls ovatisve : cleiitibus costarum confluentibus, in apicc carpellorum distinctis acutis. — A. major. M. B. fl. taur. cauc. i. p. 202. 3. p. 193. ( excl, syn. praeter Stev. ) Stev. in mem. de la Suc. d. se. de Moscou. 3. p. 258. Meyer Enum. pi. cauc. casp. p. 120 (excl, syn.) — Carpella 2 i/a lin. longa, 1 1/2 lin. lata. Differt affinis A. major L foliis multo raajoribus , subaequaliter basin usque 5-partitis , partitionibus plerumque subtrifidis ; den- tibus calycinis saepe petala superantibus et spinulosis, praecipue autem carpellis rnajoribusS-S 3/4 lin, longis, semper cuneato-oblongis latitudine triplo longio- ribus. A. intermedla M. B. distinguenda est a nostra specie involucri folio- lis setaceo-serratis umbellam multo superantibus, dentibus calycinis petala su- perantibus longe spinulosis. A. helleborifolia Salisb. differt foliis basin usque tripartitis : partitionibus subaequalibus ovatis integris, involucri foliolis setaceo- serratis umbella mullo longioribus, dentibus calycinis petala paulo superantibus spinulosis. A. carniolica Wulf. Idiversa est involucri foliolis unibellam supe- rantibus, dentibus calycinis obtusiusculis mucronulatis (haud pungentibus), ju- gorum dentibus ubique distinctis. A. minor L. recedit foliis 7-9 partitis : partitionibus elongatis simpliciter inciso-serratis, jugorum dentibus ubique dis- tinctis. — Hab. A. Bieberstenii in Caucaso. I? . Cnidium dahuricum F. et M. C. striatum Turcz. in litt. Laserpitium dahuricum Jacq. Hort. Vindoh. 3. tah. 38. Simile Ligustico ferulaceo AH. sed fructus structura longe diversum. Conioselinum Czernœvia. C. foliis subtripinnatisectis : laciniis lanceolatis cartilagineo-serratis : serraturis mucronatis. Czernœuia lœvigata Turcz. mss. — Planta biennis habitu (prœter folia) C. Flscheri, setulis paucis sœpe exasperataj folia ferè Heraclei sibirici angustifolii y folia plerumque lanceolata , iaterdum latiora oblonga vel angustiora, semper inœqualiter argute mucronato-serrata ; involucrum universalenullum, partialia oligophylla; flores albi , carpella struc- tura C. Fischeri, minora tamen brevioraque elliptico-subovata, vittis crassiori- bus contiguis notata. — Hab. in Dahuria. o*. Geuus Conioselinum a Selino car- pellorum alis insequalibus et vittarum numéro distinctura. HoHENACKERiA F. ct M. Florcs capitati, hermaphroditi , nuUis paJeis interstincti. Calycis dentés subulati, patentes. Petala subrotunda curn lacinula inflexa. Stylopodium cylindraceum, submarginatum. Slyli brevissimi, subulati, reflexi. Cremocar- pium Iseve a latere compressiim, tetragono-pyriforme, rostro- cylindraceo terminatum , bipartibile. Mericarpia apice gibba, spongiosa-corticata, jiigis 5-obtusis solidis notata, valleculis angustis evittatis. Albumen dorso tricostatum, facie planum. Carpophorum bipartibile, mericarpiis arcte adnatum. — Genus inter UmbeUiferas e Saniculearwn tribu fructibus cortice cras- sissima spongiosa vcstitis rostroque cylindraceo in dentés 5-stJ-» FISCHER ET METER. — u^nimodpersîones botanicœ. i8g bnlatos pungentes patentes exarrenle facile distinctissimum ; praeterea differt a Sanicula mericarpiis evittatis, millis setis ha- matis tectis, a Hacquetia floribus omnibus fertilibus, fructus forma et mericarpii jugis non perfossis ; ab ^rj/z^j^ïo fructibus non squamatis, a latere (non a dorso) compressis, palearum de- fectu diisque notis; ad Hydrocotjleas, e. g.ad Boivlesiam, Fra- gosarriy Azorellam, quoque characteribus aliquos accedit', sed jam petalorum forma ab illis abunde xlistinctum. Dedicavimus reverendissimo R. Fr. Hohenacker scrutatori caturaî indefexo clique peritissimo. H. bupleurifolia. Valerianella ? excapa De Cand. Prodr. 4 , p. 626. — Planta pusilla annua, velhiennis, glabra, glaucescens, in globum quasi con- tracta; caules Lrevissimi simplices vel dichotomo-ramosi, decumbentes, foliosis- sirai; ioWdi Bupleuri, elongata, serrulata; flores in raraorum dichotomiis et in fo- liorum axillis aggregato-capitati, sessiles ; involucia et paleolae nuUae; petala minuta albida: cremocarpia majuscula flavescentia. — Hab. in Somclietiae locis subulosis circa urhem Gandsclia, nec non in arvis prope pagum Helenen- dorff. .tf». VALERIANES. Pleciritis congestaT). C. Prodr. 4. p. 63 1. P. staminibus corolla longioribus, Plectritis brachystemon. P. staminibus longitudine corollae. — Omnibus partibus P. congestœ similis, praeter flores quadruplo minores albos et stamina non exserta. — Hab. in portu Bodega Novae Californiae. 0. Betckea samolifolia. D. C. Prad. 4. p. 642. B. annua, glauca, caule suban- cipili; staminibus corolla brevioribus. B. major. B. annua, viridis ; cauliLus alato-tetragonis ; staminibus longitu- dine corollae. — Species bene distincta, habitu et foliorum forma. B. samolifoliœ similis, sed omnibus partibus major, viridis (non glauca) ; caulis et rami qua- dranguli, angulis ala angusta notatis : bracteae longiores et angustiores ; flores illis B. samolifoliœ quadruplo majores, dilute rosei, stamina corolla fere lon- giora; acbaenia ut in B. samolifolia, nisi paulo majora, glabra vel obsolète pubescentia. Simillima Plectritidi congestœ^ sed fructus forma ab illa facile recognoscenda. — Hab. in Nova California circa coloniam Rutbeorum Ross. 0. Valerianella plagiostephana. V. (§4) fructibus puberulis sublinearibus curvis fertili dorso rotundato œquilatis ; corona campanulata obliqua truncata edentula. Simillima V. cymhœcarpœ , si coronam haud dentatam prœtermit- tas. — Humilis , apice divaricato-ramosa, habitu V. coronatœ et V. locustœ similis, glabriuscula ; folia integi'a vel basi incisa; corymbi densiflori; bracteae linearcs, glabrœ; corolla minuta, albida. — Hab. in campis altiorum raontium Taliiscb. 0. i()0 DE CAifDOLLE. — PluTites rures du Jardin de Genève. F. sclerocarpa.y . (§2.) IVuctibus distantibus pubescentibus linearibus sub- tetragonis, dorso planis, antice sulco notatis, basi gibbis, loculis binis sterilibus fertili vix angustioribus fuugosis basicristalis : corona campanulata tridentata ; dente interraedio ovato laterali ïongi&simo lineari, altero obsoleto. — Annua, pubescensj habitu ad F^. uncinatam accedit, vel (in statu fructifère) faciem EncUdii syriaci quodammodo simulât ; folia grosse dentafa vel ssepe incisa ; flores distantes ; bracteae lineares, glabriusculae; corolla albida ; stamina exserta. — Hab. cum V. plagiostephana. . (^La suite au prochain cahier.) Septième notice sur les Plantes rares cultivées dans le Jardin de Genève ; par MM. Aug. Pyr. et Alph. De Gawdolle. (Extr. du t. VII des Mém. de la Société de physique et d'hist. nat. de Genève.) MM. De CandoUe père et fils publient, dans cette notice, des observations sur 2 3 espèces rares ou nouvelles, et ils ajoutent pour ces dernières des descriptions détaillées, ainsi que les figu- res de huit plantes très remarquables. Parmi ces espèces, il y a plusieurs Composées qui seront insérées dans le cinquième vo- lume du Prodromus actuellement sous presse, et pour l'histoire desquelles M. De Candolle père avait besoin d'un cadre moins restreint que celui du Prodromus. Les plantes appartenant aux familles autres que les Composées, excepté le Stapelia europea, ont été traitées par M. Alphonse De Candolle. 1. Brachyris dracunculoides. Pi. i. Composée originaire de l'Arkansa se rapprochant du genre Donia de Brown et de VEw thamia de Nuttall. 2. Guizotia oleifera pi. 1 et 3. Le genre Guizotia a été établi par Cassini, et prend place entre VHeliopsis et le Tetragonotheca. La plante décrite et figurée par M. De Candolle est un exemple de la confusion de nomenclature qui est résultée du vague des caractères génériques employés pour les Composées. Sa synony- mie était en effet très embrouillée. C'est cette plante qui fournit l'huile fixe employée au Ben- gale sous le nom de Ramtilla, et sur laquelle les ouvrages de matière médicale et d'économie indnstrielle, excepté celui d'Ains- lie, n'avaient donné aucun renseignement. DE CANDOLLE, — Plautcs raTûs du Jardin de Genève. iqr 3. Hellanthus macrocarpiis D. C. Prodr. v. 5. inéd. Espèce intermédiaire entre \H. annuus et XH. ouatus. 4. Helianthus orgyalis D. C. Prodr. v. 5. inéd. C'est XH. an- gustifolius L. non Mich. 5. Madia saliva Molina. A propos de cette espèce, M. De Can- dolle fait plusieurs observations intéressantes. Il réunit en une seule espèce les M, viscosa^ mellosa et sativa. Il dit que le genre Biotia de Cassini n'est qu'un état monstrueux du Madia saliva^ et il présume que XEudorus du même auteur est aussi un état particulier du Senecio Doria. 6. Madaria elegans D. C. Prodr. v. 5. inéd. C'est le Madia elegans de Don (Bot. reg. t. i458). M. De Candolle fait entrer dans ce nouveau genre une seconde espèce sous le nom de M. corjmbosa. 7. Egletes Domingensis Cassini. Matricaria prostrata Sv^^artz, qui en a donné une excellente description, sauf quelques légères observations. Pyrethrum simpUcifolium Willd. 8- Rliynchopsidium sessiliflorum. PI. 4- J^es graines de cette plante avaient été envoyées sous le faux nom d^Leyssera ciliata. Il résulte de la description qu'elle n'a de rapport qu'avec le Rhynchocarpus leteriflorus de Lessing. Mais ce dernier nom gé- nérique ne pouvait subsister, parce qu'il existait un Rhyncho- carpus donné par Reinwardt à un tout autre genre. 9. Stapelia europea Gussone fl. sic. suppl. 1 . p. 65. — S. Gas- soneana Jacq. f et Lindl. bot. reg. 1. 178 1. M. De Candolle pense que cette espèce doit former une section dans le genre StapeUa sous le nom dH^genoriu. 10. Euphorhia globosa. PI. 5. Placée par Hav^^orth dans le genre Dactylanthes qui, d'après l'avis de M. Rœper, ne doit pas être conservé. 11. Mesembryanthemum blandum. Bot. magazine t. 582. Communiqué à quelques jardins sous le nom de M. Burchellii. 12. Bégonia ^m^//<2 Schrank. Envoyé sous ce nom parle Jardin botanique de Prague. iCji DE CANDOLLE. — Ploutes rures du Jardin de Genève. i3. Ficus cerasiformis Desf. Catal. hort. Par. éd. 3, P. 4i3. i^. Cassia flexuosa Bertero. Pi. 6. Découverte au Chili par cet infortuné voyageur. Voisine du C. coluteoides, 1 5. Cassia schinijolia. Envoyée sous ce nom par le Jardin de ' Montpellier; se rapproche du C. ruscifolia Jacq. le. rar. i. t. 71. 16. Papat^er intermedium. Paraît éîre une hybride du P. hracteatum et du P. orientale. 17. u4rracacha esculental). C. Un nouvel envoi de tuber- cules de cette plante paraît avoir mieux réussi que les précé- dens. La cause de la perte de ces derniers paraît devoir être at- tribuée à ce que la floraison des plants avait été trop précoce, et avait empêché le développement de nouveaux tubercules. Mais les tubercules du second envoi ont poussé des herbes vigoureuses qui n'ont pas fleuri, et qui offraient à leur base des tiges renflées à la base et paraissant devoir se métamorphoser en tubercules. , 18. Cotylédon crîstata. PI. 7. — D. C. Prodr. 3. p. Sgg. 19. Chorizema diversifolia. PI. 8. — Nouvelle espèce dont l'o- rigine est ignorée. ao. Phaseolus? superbus. Se rapproche du genre Pachy- rhizus, dont il paraît différer parla carène contournée. 1 1 . Echeveria racemosa. 22. Smilax Roxburghiana Wallich. 23. Pancratium australasicum Bot. reg. t. 715. M. A. De Can- dolle dit que cette espèce, ainsi que le P, amboînense , constitue probablement un genre intermédiaire entre le Pancratium et le Crinum. A cet égard, nous ferons observer que ce genre a déjà été proposé par M. Brov^n et même établi par Salisbury sous le nom à'Eurjcles qui a été admis dans le Bot. registeret dans le Bot. magazine pour l'année 1 835. Nous donnerons prochaine- ment un extrait de ces derniers recueils. G. • A. DE SAINT-HILAIRE. ^ — Sur les Mjrsijiées et les Sapoiées» ig3. Mémoire sur les Myrsinéesy les Sapotées et les embryons paral- lèles au plan de V ombilic. Par M. AtiGUSTE de Saint-Hilaire , de l'Institut. , Ayant trouvé dans les Annales des sciences naturelles^ un morceau de M. Alphonse De CandoHe sur les Myrsinées, je me suis décidé à écrire de nouveau sur cette famille. Au re- tour de mon voyage dans la Province des Mines, j'envoyai de Rio-Janeiro à Paris un second mémoire sur le placenta central. Dans le premier, qui avait paru plus anciennement, je n'avais rien dit des Myrsinées; mais dans celui dont il s'agit ici et quia été inséré dans le volume IV des Mémoires du Muséum^ je tâ- chais de prouver que ces plantes devaient être rangées près des Primulacées, et j'écrivais cette phrase : « De même que nous met- tons à côté des Ombellifères , les Araliées qui sont en quelque sorte leurs représentans, nous n'hésiterons pas non plus à placer à côté des Primulacées les Myrsinées qui ne sont, pour ainsi dire, que des Primulacées masquées par les caractères de la végétation, » J'abandonne au jugement et à la critique des botanistes un tra- vail fait dans un pays où des plantes fraîches étaient sans doute à ma disposition, mais où je ne pouvais consulter ni de grands herbiers ni de grandes bibliothèques botaniques. Depuis cette époque, M. Runth, tout en établissant par des caractères, à mon avis, fort importans, les rapports des Myrsinées avec les Primulacées, a cependant rangé les premières près des Sapotées [Handb. /|36j, comme avait fait précédemment M. R. Brow^n ; mais M. Lindley a intercalé 36 familles entre ces dernières et les Myr- sinées , et il a mis celles-ci à côté des Primulacées, dont il assure qu'elles diffèrent à peine, si ce n'est pas leur port arborescent et leur fruit charnu {Introd. syst. nat. 225). Quant à M.Alphonse De CandoUe « il dit [Ann. des Se. nat. bot. ÏI. 286 ) que la place des Myrsinées est bien établie maintenant entre les Sapotées et les Primulacées. Il ajoute que les Myrsinées diffèrent des Sapotées V. BoTAS. — Avril. l3 iq4 a. de sAiNT-HiLAiRE. — SuT les Myrsînées et les Sapotèes, parle défaut constant d'étamines alternes avec les lobes de la co- rolle, et que, sous ce point de vue, les Sapotèes ne sont que l'état régulier des Myrsinées, et des Primulacées ; enfin il avance que sans ce caractère d'un i^erticille double ou simple d^éiamines, il n'y aurait aucune différence positive entre ces familles, puisque, dit-il encore , M, Brown a montré que la direction droite ou transversale de l'embryon n'est pas bien importante. Plus bas cependant M. De Candolle ajoute encore que la seule différence apec les Primulacées parait être dans le fruit indéhiscent , que le port d'ailleurs est tout autre , les Primulacées étant des herbes et les Myrsinées des plantes plus ou moins ligneuses, quelquefois de grands arbres. Lorsqu'une réunion de caractères offerts par des organes importans est peu commune par rapport à l'ensemble du règne végétal, et que pourtant elle se rencontre dans un certain nom- bre de plantes, elle a, si je ne me trompe, une grande valeur pour les rapprocher. Or, un calice monophylle avec une corolle monopétale, des étamines opposées, un ovaire uniloculaire, un placenta central libre chargé d'ovules et un embryon parallèle à l'ombilic sont des caractères qui ne se rencontrent que dans les Primulacées et les Myrsinées; donc ces familles doivent être ran- gées l'une à côté de l'autre. M. A. De Candolle comme on l'a vu plus haut, est assurément bien loin de le nier; ainsi je crois inu- tile d'insister davantage sur ce point; mais il est bon, ce me semble, d'examiner si, sans le caractère d'un verticille double ou simple d'étamines,iln'y aurait aucune différence importante entre les Myrsinées et les Sapotèes. Je résoudrais une telle ques- tion bien moins difficilement, sans doute , si j'étais au milieu des grands herbiers de Paris, et que je pusse me livrer à de nom- breuses comparaisons et à des dissections multipliées. Privé de cette ressource, je puis du moins consulter Brown, Runth , Lind- ley ; de telles autorités doivent avoir du poids auprès des bota- nistes^ et je crois qu'il m'est permisMe mettre à profit les ob- servations consignées dans les écrits de ces auteurs pour en ti- rer des conclusions. Je les soumets d'ailleurs à M. De Candolle lui même et à ceux qui, placés dans une position plus favorable que moi, peuvent se livrer à un examen approfondi ; c'est au moins A. DE SAIAT-HILA.IRE. — Suj' Ics MyrsiuSes et les Sapotées. iq5 quelque chose que d'attirer leur attention sur un sujet qui n'est peut-être pas sans intérêt. S'il n'y a d'autre différence positive entre les Myrsinées et les Sapotées que celle qui résulte d'un verticiîle double ou simple d'étamines, le Chrysophyllum que M. Runtli (No\>. Ge/z.III. 2 38* Bandb. 433 ) place parmi les Sapotées, devrait en sortir pour se ranger parmi les Myrsinées, puisque le même auteur ne lui donne que 5 étamines opposées sans filets stériles, et cependant je ne le vois point parmi les genres que M. A. De Gaiidolle ad- met dans cette famille; ou bien, si on le rejette de l'une et l'autre famille, je puis demander où, avec ses étamines opposées, il pourra être admis. M. A. De CandoUe propose de comprendre comme tribu dans les Primulacées, le Samolus qui, outre les étamines oppo- sées, a cinq filets stériles et un ovaire infère. A plus forte raison devrait-on, dans le cas où il n'y aurait que la différence des éta- mines entre les Sapotées et les Myrsinées , faire une simple tribu des premières puisqu'à cette différence ne se joint pas celle de l'ovaire infère; et cependant M. A. De Candolle ne le propose pas. Au reste ce dernier a bien mieux fait sentir les résultats de la considération des étamines dans les Myrsinées et; les Sapotées que je ne l'avais fait dans mon 'i Mémoire sur le placenta. En effet, je n'y parlais de ces organes que pour établir par leur opposition à la corolle un point de contact entre les deux familles. Mais une similitude parfaite n'existe pas pour la très grande majorité des genres que je trouve dans les auteurs que j'ai consultés, puisque cette majorité a un verlicille double ; ainsi en parlant des deux familles en général , telles qu'elles sont dans les mêmes auteurs, c'est seulement par exception qu'on pourrait faire sentir la res- semblance par les étamines; mais, pour l'ensemble, il faudrait au contraire insister sur la différence, comme a fait M. A. De Candolle (i). Peut-être aurai-je été entraîné par l'examen de (i) Ce qui est dit ici l'est, au reste, dans la supposition où l'on considérerait, non la nature, mais la position des organes, puisque, presque toujours, une partie des étamines est modifiée et stérile. Ainsi, dans le Bumelia, d'après les auteurs et l'examen d'une espèce de l'herbier de M. Dunal, il n'existe que cinq étamines opposées; mais il s'y trouve cinq autres étamines mo- difiées stériles, et il serait très peu philosophique de comparer les Myrsinées et l^s Sdposées xi. 196 A. DR SAiNT-HiLAiRE. — Sur Ics Mfrsinées et les Sapotées. quelques plantes brésiliennes; mais, clans tous les cas, je ne devais point passer sous silence des caractères indiqués par les auteurs, et qui existent dans un bon nombre de genres. Quoi qu'il en soit , si, conformément à un tableau présenté par M. Dunal dans ses Considérations sur les organes de la fleur, ou voulait supposer, comme objet de comparaison, un type composé de verticilies alternes, et que l'on considérât comme des duplicatures ou dédoublemens, les organes opposés^ il est clair que les Myrsinées différeraient du type simple, tout à-la- fois par dédoublement ou, si l'on veut, multiplication , et par défaut; dédoublement, dans la corolle ou verlicille extérieur de l'androcée extérieurf; défaut, dans fabsence du second verti- cille alterne, ordinairement staminal (i). Au contraire, c'est seu- lement par dédoublement de la corolle ou multiplication que diffèrent du même type celles des Sapotées de Brown et de Runth qui ont des étamines en nombre double de celui des parties de la corolle. En même temps il y a ici quelque rapport avec les Myrsinées, puisque fort souvent les étamines opposées, celles qui procèdent du dédoublement, sont seules fertiles. Une autre considération résulte encore de la stérilité des étamines dans beaucoup de genres , c'est qu'elle semble déjà un acheminement vers la suppression totale, et qu'ainsi il ne faut pas s'étonner de rencontrer celle-ci dans les Sapotées. Cette considération, au reste, n'est entièrement applicable que dans le cas où les étami- nes stériles seraient réduites à de simples fdets ou à des organes évidemment avortés , comme cela paraîtrait devoir être chez le Lucwna obovatum^ où M. Runth indique des étamines stériles li- néaires , et qui semblent par conséquent réduites au filament. Mais dans un Bumelia de l'herbier de M. Dunal, où j'ai vu la place des étamines alternes occupée par des parties qui ressem- parleurs étamines, en faisant abstraction de celles qui sont modifiées. Pour plus d'exactitude, M. A. DeCandolIe, aurait bien fait, dans sa comparaison, de parler de la modification et de la stérilité d'une partie des étamines cbez la plupart des Sapotées. (i) Je ne parle dans cet alinéa que des Myrsinées telles que les conçoit M. A. DeCandolIe, et fais abstraction du Jacqtthna. Il faut admettre que , chez elles, il n'y a entre la corolle sla- minifère et l'ovaire aucune partie. MM. l'rovvn,Liudley, Kunth n'indiquent point de nectaire, et je u'en ai vu aucun indiqué dans les détails de genres qui font partie du morceau de M. A, Pe Candolle sur les Myrsinées inséré dans les Annales dei .<;ciences nr.turellcy. 1 A. DE SAi]VT-îiir.\iiiE. — Sur les Myrsinées et les Sapoîées. lan blent à de vrais pétales, au lieu d'un appauvrissement ou d'une diminution, il y aurait plutôt luxe, surabondance; car l'effet d'une nourriture très abondante est, dans nos jardins, de mé- tamorphoser les étamines en pétales. Loin d'y avoir rien de bien fixe dans l'androcée extérieur (Dunal) (i) des Sapotées, il y aurait plutôt une suite de nuances bien différentes. Dédouble- ment staminal du i" verticille et suppression du 2" verticille al- terne dans le Chrysophylliim et dans le Nycterisition (2); dé- doublement staminal du i'^' verticille et existence du 2^ verti- cille, mais avec diminution probable dans îe Luciima ohova- tum et sans doute dans beaucoup d'autres espèces; dédoublement staminal du ]^^ verticille et existence du second avec expansion dans le Bumelia dont je parle plus haut et peut-être dans beau- coup d'autres espèces; dédoublement staminal du 1" verticille dans Vlnocarpus, qui, selon Sprengel ( Gen. 335), appartient aux Sapotées (3) , et nulle anomalie dans k 1^ verticille exi- stant, puisque le même aiiteur'l'indique comme staminal et fertile, donnant à la plante une corolle à cinq divisions et dix étamines fertiles; dédoublement pétaloïde du verticille extérieur dans V Imhricaria de Jussieu , probablement méta- morphosé par excès du second verticille, enfin probablement encore remplacement de l'androcée intérieur ou nectaire par les étamines (4). On trouverait peut-être plus d'une combi- (i) L'androcée exlérieur se compose, dans le type régulier, objet de comparaison, de deux verticilles: r° la corolle, 2" les étamines. L'androcée intérieur comprend le nectaire. (2) Le Clirysopliyllum , comme je l'ai dit, a, suivant M.Kunlh, cinq étamines opposées sans filets stériles, et cet auteur aliribue les mêmes caractères au Njcterisitioii , que Sprengel réunit au Chrjsopliytlum. Il y a quelque difficulté pour la position dei ovules du Nycterisition. Je me propose de revenir plus bas sur cet objet. (3) M.Blume, dit M. Lindley(/rt/roc^. sjst.nat. 76), rapporte Xliiocarpus à ses Hernaudiées; mais cet arrangement, ajoute l'auteur anglais, peut être mis en question. (4) C'est du moins ce qui résulte, ce me semble, de ce que dit M.Brown: « Imbricaria (aucto- « ritate speciminis ab Aubletio in Herb. Banks) distinguilur corolla; laciniis triplici série ordi- « natis, mediàextimae opposità,utriusque 3-fidis (Procfr. 35 1}». Quant à V Omplialocarpus qui, à ce que dit Sprengel [Gen. 420), joint à un calice imbriqué, une corolle dont le limbe est à six ou sept divisions, des étamines nombreuses et six écailles placées entre les étamines, voici ce que dit l'auteur du î>rodi;omus Novœ Hollandiœ : « In Omphalocarpo stamina baud penitus « indeCnita. Forsan sex ad siugulas corollai lacinias, quibus opposita. » Si V Omplialocarpus a réellement six élaniincs devant chaque division de jla corolle, c<; serait uu dédoublement sU- niinal multiple du premier verticille de l'androcée extéxieur. 198 A. DE SAiNT-HiLAiRE. — Suv ïes Mfrsinées et les Sapotëes. naison fort remarquable dans le Bassia auquel il est attri- bué tout-à-la fois un calice à quatre parties, une corolle à huit divisions, et douze étamines (Spreng. Gen. 588 ) ; mais il fau- drait, pour les débrouiller, que j'eusse, sur la position relative des parties , des données qui me manquent. Ce que je viens de dire prouve combien il est essentiel de recommander aux botanistes de nepoiut décrire, sans indiquer la position des diverses parties par rapport aux autres; une des- cription faite sans cette précaution peut sans doute être utile pour faire distinguer les plantes , mais on n'en tirera aucun ré- sultat philosophique; il n'y a point, pour les plantes, d'anatomie comparée y si je puis m'exprimer ainsi, sans la connaissance des positions respectives. On a décrit dans le Bumelia , deux écailles à la hase de chaque d'wision de la corolle. Si ces écailles existaient réellement, il est probable que Ton serait embarrassé sur le point de comparaison qu'elles pourraient offrir , car elles pourraient être placées au devant de la division ou sur ses côtés. Mais l'autopsie m'a démontré qu'ici il n'y avait même pas d'é- cailles. Dans le Bumelia dont j'ai parlé plus haut ( ex herb. punal ) , j'ai vu à la corolle cinq divisions dont chacune est tri- partite, l'intermédiaire concave, un peu onguiculée, elles deux latérales plus courtes, plus larges à la base et laciniées. Les deux écailles placées, dit-on, à la base de chaque division de la co- rolle sont donc tout simplement des parties intégrantes ou dé- coupures de ces mêmes divisions et, comme chacune de ces di- visions offre elle-même deux découpures plus petites, l'une à droite et l'autre à gauche d'une troisième intermédiaire plus grande, il résulte delà qu'entre deux grandes découpures, il y en a deux plus petites, appartenant l'une à une des divisions de la corolle et l'autre à la division voisine. Peut-être au reste cer- tains détails de plus sur ce même Z?///72e//a jetteront-ils quelque jour sur ce que j'ai dit plus haut de la comparaison avec le type et sur la nature du premier vcrticille de l'androcée extérieur. Il y existe, comme je l'ai dit, cinq étamines opposées et cinq alternes devenues pétaloïdes. A la base de la corolle, tant à l'ex- térieur qu'à l'intérieur tout semble confondu, ou, si l'on aime mieux, je n'ai rien distingué du tube. Du côté intérieur, les éta- A. DE sAiNT-HiLAiRE. — Sur Igs Myrsinécs et les Sapotées. 199 mines fertiles et les expansions pétaloïdes intérieures qu'on peut, je crois, considérer comme étamin es métamorphosées paraîtront probablement naître au même point, et former un seul rang, du moins tôut-à-fait au point où ils deviennent libres ; mais il m'a semblé que , du côté extérieur , les étamines fertiles sont plus soudées avec les divisions de la corolle et paraissent plus dépen- dantes d'elle que ne sont les expansions pétaloïdes. Ceci peut-être tendrait à confirmer la théorie d'après laquelle les étamines fer- tiles appartiendraient d'avantage aux divisions de la corolle. Si les expressions : cum stamînihus alternantes et ante ea jjositœ, qui, dans le Gênera de Sprengel, sont appliquées aux organes alternes avec les étamines, étaient exactes, la théorie serait bien mieux confirmée, ce me semble; mais ce que j'ai dit plus haut n'est point d'accord avec la citation que j'emprunte à l'auteur allemand; je crois cependant que, dans leur partie libre, ces mêmes organes, chez le Bumelia que j'ai examiné, reviennent un peu par leurs bords devant les étamines; et, si je n'ai pas vu ce fait pour les cinq expansions pétaloïdes, je l'ai vu du moins pour le côté d'une d'entre elles, et l'analogie permet d'é- tendre cette observation. Je livre, au reste, à l'examen attentif des botanistes ce que je viens de dire, trop obscurément peut- être, sur la position plus avancée des organes alternes avec la corolle, sujet que j'ai déjà traité dans mon second mémoire sur les Résédacées. Quoi qu'il en soit, elle est à admirer cette variété que l'auteur de la natu- e a répandue dans le règne végétal par des retranchemens et des additions; et si l'on se rappelle cette phrase qu'écrivait M. Runîh, en pariant de fruits et de fragmens de plantes trouvés dans des tombeaux de l'ancienne Egypte : cf // me parait... prouvé que la végétation de ces deux époques est parfaitement identique , et que depuis tant de siècles les plantes n'ont éprouvé aucun changement dans leur forme et leur structure T^', si, dis-je, l'on se rappelle cette phrase, l'admi- ration doit peut-être augmenter encore, puisqu'à l'idée de va- riété vient encore se joindre celle d'ordre et de constance. Si le nombre d^étamines, soit véritables, soit modifiées, n'éta- blit pas une différence entre les Myrsinées et les Sapotées, telles que ces dernières ont été conçues par M.Kunth et très probable- 200. A. DE sAiNT-HiLAiRE. — Sur les Myrsïnées et les Sapoiées. ment par MM. Biown et Lindley (i), il est bon actuellement de recherclier s'il n'y en a pas de plus réelle. Dans son préambule, M. A. De CandoUe ne dit absolument rien de l'ovaire et du fruit des Sapotées et de celui des Myrsinées, et dans les caractères des tribus et des genres de Myrsinées, il ne fait connaître nullement combien de loges a l'ovaire, ni de quelle manière les ovules sont attachés (2). Chez les Myrsinées, M. Brov^n a signalé, il y a long- temps (3) , un ovaire uniloculaire et des ovules enfoncés dans un placenta central libre (4); j'ai moi-même confirmé ce carac- tère (5); enfin il est établi, sans aucune exception, dans le (i) Nous avons vu queM.Kuntli faisait entrer dans les Sapotées le Chrysophyllum et leiVyc- terisition, auxquels il attribue seulement des étamines opposées, ainsi que cela a lieu dans les Myrsinées. M. Brown s'exprime ainsi eu parlant des Sapotées: «Stamina...fertilla laciniis calycis «numéro œqualia... raro plura... sterilia totidem, fertilibus alternantia , quandoque nuUa.» M. Lindley, parlant des étamines stériles, finit par ces mots :seldomabsent.'Pe.\i\.-è\.ve pourrait-on croire que les deux derniers auteurs ont voulu dire qu'il arrive que le double rang est entiè- rement fertile; mais cela n'est guère vraisemblable , car tous deux disent, sans faire mention d'exception, que les étamines fertiles sont opposées aux segmens de la corolle qui alternent avec le calice. Des étamines peuvent former un dédoublement multiple; mais le second ver ti- cille de l'androcée extérieur, ordinairement staminal, fera défaut. (2) Le préambule a été traduit de l'anglais, est-il dit dans une note {^Ann. se. nat. i^ sér.. Bot., vol. II, p. 285.) Pour ce morceau, comme pour les caractères latins, je ne consulte que les [Annales des sciences naturelles; je ne sais si quelque part M. A. De Candolle n'a pas tracé les caractères généraux de la famille et détaillé ceux de l'ovaire. Au reste, de ce que dit M. A. De Candolle du genre Embelia, d'après Wallich, (ovarium uniovulatum), on pourrait fortement soupçonner que l'ovaire est uniloculaire.|Peut-étre aussi pourrait-on tirer la même conclusion de ce que M. De Candolle dit de sa tribu des Mœseœ, comprenant le seul genre Mœsa : « Ova- « rium adhœrens , semiinferum , multiovulatum... semina placentas centrali affixa, numerosa. • Mais il n'y a là rien de précis. (3) «Ovarium] uniloculare, pluriovulatum, ovulis.. . placentœ centrali liberae immersis. • Prod. 53a. (4) s'il ne l'est pas toujours parfaitement, du moins ne tient-il que par son sommet à la manière des Primulacées, mais il est libre dans son pourtour. On peut consulter, sur ce point, mes deux Mémoires sur le placenta central libre, et en particulier le second ^oxxr ce qui regarde les Myrsinées. (5) « Si l'on ouvre leur ovaire (de plusieurs plantes de ce groupe recueillies dans la province « des Mines), on le trouvera appliqué sur un corps globuleux, qu'au premier coup-d'œil on « prendra toujours pont un très gros ovule attaché au fond de la loge; car sa surface n'annonce " qu'une masse homogène. Cependant trois marques d'un vert foncé trahissent bientôt, à l'œil « exercé, la présence des véritables ovules 5 et la dissection montre que le corps globuleux n'est « autre chose qu'un placenta où trois jeunes semences sont enfoncées chacune dans une cavité « profonde. » -i" Mem. plac. lib, , dans les Mém. du Muséum, vol. iv, 383. Je ne puis dire à A. DE SAiNT-HiLAiRE. — Siir les Mjrsinées et les Sapotées, aoi Handbuch de M. Runth et V Introduction to the naturalSystem^e M. Lindiey. Chez les Sapotées, au contraire, MM. Brown et Kunth, l'un dans son Prodroitius, l'autre dans son Handbuch^ indiquent, sans nulle exception, un ovaire à plusieurs loges monospermes et à ovules dressés. Des caractères tirés de l'ovaire paraîtront, je pense, aux botanistes, plus importans que d'autres tirés du rang double ou simple d'étamines dans des plantes où le rang qui doit être staminal dans le type, est sujet à autant de modifica- tions qu'il paraît, comme je l'ai dit plus haut, en éprouver chez les Sapotées; et d'ailleurs le nombre des étamines n'est pas toujours simple dans une même famille et constamment double dans une autre. Si l'on adopte la théorie d'après laquelle l'ovaire serait com- posé de feuilles modifiées, nous aurions dans les Sapotées des feuilles repliées par leur bord pour former des loges rayonnantes, et dans lesMyrsinées des feuilles déployées, et c'est là, ce me sem- ble, ime grande différence. Je ne sais trop si quelqu'un n'a pas dit que, dans les Caryophyllées à ovaire uniloculaire, l'ovaire était originairement à plusieurs loges (i), et je serais assez tenté de croire qu'il en est ainsi, car non-seulement l'analogie semble l'indiquer, puisque la même famille renferme des plantes mul- tiloculaires, mais encore, si je ne me trompe, certains débris m'ont donné, à cet égard, des soupçons; au contraire, dans la fleur et le bouton du Primula sinensis , j'ai vu des ovules telle- ment pressés sur le placenta, et des parois tellement lisses, que je ne saurais croire que, depuis que les parties se sont bien dessinées, il y ait jamais eu communication entre le péricarpe et le placenta, ce que l'organisation de ce dernier me semble d'ailleurs rendre absolument impossible, et l'analogie doit faire penser la même chose des Myrsinées et des Lentibulariées que du Primula sinensis. (V. l'observation deuxième, à la suite de ce mémoire). La différence de l'ovaire des Sapotées et de celui des Myrsinées paraît donc confirmée encore par des considé- rations fort délicates; c'est elle qui, je le pense, doit, dansales présent avec certitude si ces observations avaient été faites, quand j'ai écrit mon mémoire^ sur plusieurs espèces ou sur plusieins individus de la même espèce. (i) Quand je dis originairement, je ue prétends pas qu'il se soit, dès sa formation, dessiné avec des cloisons (V. Foim. org.flor. , par Giiillard) , mais qu'il en a pu avoir un moment. 202 A. DE SAmT-HiLAiRE. ~ Sur lûs Myrsinées et les Sapotées. cas douteux, servir de pierre de touche, ce qui appuie l'opinion de M. Runth, d'ijprès lequel les Myrsinées se distingueraient des Sapotées principalement par la structure de l'ovaire et du fruit {Handb. l^oQ). {i) Si donc le Chrysophyllum n'a que des étamines opposées, comme les Myrsinées, mais qu'en même temps il offre un ovaire à plusieurs loges monospermes et à ovules dressés, comme les Sapotées, et qu'il faille choisir entre les deux familles, c'est à la dernière qu'il devra être réuni. (2) Au contraire, avec MM. Brown et Kunth, nous rapporterons aux Myrsinées \eJacquinia queMM. A. De CandoUe et Choisy placent parmi les Sapotées. En effet, si sa corolle a un double rang de divi- sions alternes et cinq étamines, il est bien évident, par la figure du Nova Gênera (\o\. m, tab. 246), que son ovaire est unilo- culaire, et que de nombreux ovules y sont attachés à un pla- centa central libre, du moins après la fécondation. MM. Brown et Runth ont si bien senti la prééminence des caractères de l'ovaire et du placenta sur ceux des étamines dans les Myrsinées, qu'ils ne varient pas sur les premiers, comme ils ne varient pas non plus sur la position transversale de l'embryon relativement à l'ombilic {Prod. 532, 553. — Handb. 435) (3); tandis que, (i) S'il ne s'agissait que de la structure du péricarpe mûr, indépendamment de celle de l'intérieur de la graine, je ne crois pas qu'on puisse en tirer de bonnes différences pour dis- tinguer les Sapotées des Myrsinées; car M. Kunth lui-même dit que les premières ont un fruit ciiarnu à une ou plusieurs loges mouospermes, et les secondes un drupe ou une baie, la plupart du temps monosperme, quelquefois disperme ou tétrasperme [Haiidb. 435,435). Il est bien clair que, quand le fruit d'une Sapotée est uniloculaire, c'est, comme le disent expressé- ment MM. Brown et Lindley, par avortement ; mais le résultat est pourtant un péricarpe charnu et à une loge. (2) Le Cliiysophyllum, dans le Nova gênera, fait partie de la famille des Sapotées, sans qu'il y soit rien dit delà position de ses ovules (vol. m, 2 36); mais, dans le Handbuch où M. Kunth établit comme caractère général de la même famille des ovules dressés, il y fait encore entrer le Chrysophyllum. Quant au Njcterisiùon, il est dit daus le Nova gênera (vol. m, 2 38. 9) , que l'ovule de Vargenteum, solitaire dans chaque loge, est attaché à l'axe central, et la figure le re- présr^te courtement ovale , porté par un funicule et horizontal , d'où il résulterait que cette plante n'a pas le caracière attribué aux ovules des Sapotées. Le genre Nycterishion a cependant été placé par M. Kunlli dans celte famille, et il se trouve même réuni au Chrysophyllum dans le Gênera de Sprengel. D'après ceci, je crois qu'nu 1'. ra bien de revoir avec attention l'ovaire du NycterisitiotL. (i) Il est un seul carsctère sur lequel ils indiquent une alternative, le nombre défini ou in- défini des ovules. A. DE SAINT- HILA.IRE. — Sur les Myrsinées et les Sapotées. 'xo?t dans la même famille, ils admettent qu'il puisse y avoir, outre les étamines fertiles, cinq filets stériles pétaloïdes. S'il se trouve d'autres plantes qui soient dans le même cas que le Jacquinia, avec quelque modification que ce soit dans les androcées ex- térieur et intérieur, je pense qu'elles doivent suivre le même soit que lui. Au reste, si la combinaison qu'offre le Jacquinia, dans ses deux androcées, diffère beaucoup de celle que pré- sentent les Myrsinées, qui n'ont que des étamines opposées, elle diffère également de celle que montrent un bon nombre de genres de la famille des Sapotées de Kunth. Dans les Myrsinées où se trouvent seulement des étamines opposées, il y a, comme je l'ai dit plus haut, dédoublement dans la corolle ou verticille extérieur de l'androcée extérieur, et suppression du second ver- ticille ordinairement staminal (i); dans une bonne partie des genres de Sapotées, il y a dédoublement staminal dans la corolle on premier verticille et existence du second, mais avec stérilité de ce dernier, soit par altération , soit par excès. Dans le Jac- quinia, le premier verticille de l'androcée extérieur de la corolle proprement dite ne se dédouble pas; le second verticille alterne, ordinairement staminal, existe, mais il est transformé en divi- sions pétaloïdes, et les cinq étamines, étant alternes avec ce second verticille, remplacent le nectaire ou Tandrocée intérieur qui est ici parfaitement simple, puisqu'il n'y a qu'un rang de- tamines (9.). Ainsi dans le Jacquinia comme chez les Résédacées, la place du nectaire est occupée par les organes mâles. Après avoir discuté ce qui concerne les étamines et l'ovaire, il me reste encore un point à éclaircir, la position de l'emhryon (i) Il faut admettre que , dans ces Myrsinées, il n'y a entre la corolle staminifère et l'ovaire aucune partie. En comparant plus haut l'androcée extérieur de ces mêmes Myrsinées avec le type, j'ai déjà parlé dans une note de l'absence extrêmement présnaiable du nectaire. (2) Les caractères que j'indique ici résultent de la figure du Nova gênera (vol. itr, 246). M. Kunth ne parle pas à la vérité, dans le Sjnovsis , de la position des étamines relativement aux parties internes de la corolle, mais du moins il s'exprime ainsi, relativement à cette dernière : « Corolla... limbo decempartilo... laciniis 5 altcrnis et interioribus. » {Syn. 3rr.) Je puis raisonner seulement d'après ce que je connais; mais si l'observation démontrait que les parties pétaloïdes intérieures et alternes sont d'un raug plus intérieur que lesélamines, alors celles ci seraient un dédoublement du premier verticille, comme dans les Myrsinées ordi- naires. 2o4 A. DE SAmT'mLAinjL.-— Sur les Myrslnées et les Sajiotèes. dans la graine. Sans aucune exception, MM. Brown et Linclley (Pwd. 5i8. — Inlrod.nat. i8i) donnent aux Sapotées nn em- bryon dressé et une radicule tournée vers l'ombilic, et la même direction est également indiquée pour la radicule par M. Runth {Handb. [\Z[\). Dans les Myrsinées, au contraire, MM. Kunth et Brown indiquent un embryon transversal par rapport au hile ; l'au- teur du Prodromus répète même deux fois ce caractère, et dit expressément qu'il est sans exception: «Embryo.... respectu um- bilici semper transversus {Prod. 532, 533. — Handb. 455) (i); enfin, j'ai vu moi-même un embryon transversal et parallèle à l'ombilic. ( Second mémoire sur le placenta y dans le iv® volume des Mém. du Mus.y p. 384). A mes yeux, de telles différences ont une grande valeur. Quant à M. A. De CandoUe, après avoir avancé que la seule différence positive qui existe entre les Sapo- tées et les Myrsinées se trouve dans un verticille double ou simple d'étamines, il ajoute, sans entrer dans aucune explication, que, selon M. Brown , la direction droite ou transversale de l'embryon n'est pas bien importante. Je ferai observer d'abord qu^on ne doit point comparer un embryon droit 'à\ec un embryon transversal', en effet, le mot droit (erectus) indique une direction propre , et le mot traJisuer- sal une direction relative. Cela est si vrai, que l'embryon trans- versal peut être droit , comme je l'ai vu dans les Primulacées {Mémoire p lac. central , lo) (2), ou courbé , comme il l'est or- dinairement dans les Myrsinées {Lindl. Introd. nat. syst. 225). Le mot droit [rectus) a été pris dans le sens d'une direction propre par M. De CandoUe lepère (772^'or. 2^E SAINT-HILAIRE. — Sur Us Mfrsinées et les Sapotées. 2^3 semence; par conséquent cette plante n'a pas nn embryon or- thotrope et n'appartiendrait pas aux Scrophiilarinées. De deux choses l'une , ou un examen attentif montre ici que des espèces de Véroniques sont véritablement orthotropes, ou il apprendra qu'aucune ne l'est réellement. Dans le premier cas, nous au- rions chez le même genre les caractères de deux familles, et par conséquent la distinction principale de ces familles disparaîtrait. Dans le second cas, la position de l'embryon rejetterait le genre Veronica dans les Rhinrmthacées de Prî. Lindley; mais il me semble que les espèces de ce genre, qui sont venues à ma con- naissance, fort variées dans leur port, n'ont pas celui des Me- lampyrum et des Pediculdrls que j'ai eu occasion de voir, et surtout elles n'ont pas de bractées dilatées et foliacées. De là il faut probablement conclure que la famille des Scrophularinées et celle des Rhinanthacées _, telles qu'elles sont proposées par M. Lindley, ne sauraient être admises, peut-être même comme sections. Quoi qu'il en soit, il serait possible qu'il y eût de l'analogie entre les phénomènes que j'ai signalés dans le V. héderœfolia et ceux qui doivent s'opérer dans les Rubiacées vorticdlées, où, si je ne me trompe, il y a aussi parallélisme. Dans mon ouvrage intitulé : Histoire des plantes les plus remarquables , etc., j'an- nonçais (p. 23o) le projet de faire connaître, dans un Mémoire, l'organisation singulière de l'ovaire et du fruit des Rubiacées verticillées, et j'ajoutais que les principaux traits de cette or- ganisation se trouvaient déjà ébauchés dans la description du Rubia noxia. Une description spéciale d'une plante exotique a pu bien facilement échapper aux botanistes. Je vais donc tra- duire ici ce qui est relatif au sujet qui m'occupe en ce moment: « Ovaire eiloculaire , à loges monospermes : Ovules hémisphé- \\ v-riques, convexes au dos, concaves à le J ace y attachés à un if. placenta proéminent presque globuleux ; qui nait du milieu de «.la cloison (i), et remplit la partie conca^je de V ovule. Baie... a disperrae. Semences adhérentes au péricarpe, corwexes au doSj (r) Userait bon de rechercher dans les Galium, si ce que j'appelle ici un placenta proémi- ueut n'est pas un cordon ombilical , à-peu-près comme dans le F, hederccfolia. Û24 A. DE SAiNT-HiLAiRE. — Sur les Hfyrswées et les Sapotées. « concai^es à la face; ombilic placé au milieu de la face concave ta de la semence. Périsperme corné. Embryon dorsal, conforme npar sa courbure à celle de la semence , parallèle à l' ombilic « radicule inférieure par rapport au fruit ». Je serais bien trompé si dans la semence adhérente des Gallum , en général, on ne trouve pas le dos convexe et la face concave, ce qui rappelle la structure du V. hederœfolia. J'abandonne aux botanistes cette comparaison et la suite des recherches auxquelles elle peut con- duire, observant cependant qu'il est très vraisemblable que le micropyle est chez les Rubiacées verticillées placé ^n sens con- traire de celui du F. liedercefolia , puisque chez les premières la radicule est infère {Lindl. Intr. nat. syst. ao2.) Avant de terminer ce travail, je dirai quelques mots des ex- pressions dont je me suis servi pour indiquer la position em- bryonale qui m'a particulièrement occupé. En parlant des Pri- muiacées, M. Brown s'est servi de ces mots : Embryo umbilico parallelus; et, lorsqu'il a tracé les caractères des Myrsmées, il a dit : Embrjo respecUi umbilici transversus. Ici j'ai employé les expressions à' embryon transversal et à' embryon parallèle au plan de l'ombilic. Les dernières sont rarement peut-être ma- thématiquement exactes; mais du moins elles sont précises, tandis qu'd me semble que les autres sont tout-à-fait vagues, et je crois que l'on fera bien de les rejeter. Je suis arrivé à la fin de la tâche que je m'étais proposée. Je soumets entièrement mes observations aux botanistes qui vou- dront les répéter, et qui peut-être iront beaucoup plus loin que moi» Je veux ici consigner quelques observations : I» 11 est de mon devoir de déclarer que je connais le travail de M. A. De Candolle sur les Myrsinées, uniquement par le morceau inséré dans les Annales des Sciences naturelles, 2^ série ^ vol. n, p. 285, comme je ne connais ce qui a été écrit par M. Blume sur la même famille et \ JEgicœras q\\\^ par l'article im- pi'imé dans le même ouvrage (/. c. p. 89.) 2" 3'ai écrit, dans le travail qui précède, que je ne savais trop A. DE sAiNT-HiLAiRE. — Sur les Mfrsinées et les Sapotées. 2^5 si quelqu'un n'avait pas dit que les Caryophyllées uniloculaires avaient originairement plusieurs loges dans leur ovaire. Yoici un passage que je trouve dans M. Lindley : « Dans la première jeunesse, l'ovaire du Lychnis et de la Primevère (le texte porte Primerose) consiste en cinq loges, chacune avec un placenta ayant un certain nombre d'ovules; les cloisons se rompent et s'oblitèrent graduellement par la rapide croissance de l'enve- loppe extérieure (c'est peut-être ainsi du moins qu'il faut tra- duire ces mots : The shell of the ovarium), et enfin l'ovaire devient un fruit uniloculaire, avec un grand placenta fongueux dans le milieu (^Introd. bot, 162) )>. J'ai fait voir que j'étais tenté d'admettre l'existence primitive des cloisons dans les Ca- ryophyllées uniloculaires; mais il m'est bien difficile de ne pas croire qu'il n'en est point ainsi des Primulacées et des Myrsi- nées; j'ai examiné plusieurs boutons de Primula de différens âges, et n'y ai pas vu de traces de cloisons. 3" J'ai dit, dans le cours du Mémoire que j'achève, que la valeur d'un caractère était fondée sur sa constance et sur la valeur intrinsèque de l'organe qui le fournit. Une observation de M. Dunal m'a donné l'éveil sur cette assertion. La constance est très vraisemblablement la seule condition de la valeur d'un caractère. « Les organes de la fructification , a ditM. Lindley (//z/. nat. syst. xviii ) , méritent seulement un degré plus grand d'at- tention, quand l'expérience a prouvé qu'ils étaient moins sujets à varier que ceux de la végétation ». J'admets comme une vérité, dans mon Mémoire sur le Gynobase, que les mêmes caractères n'ont point une valeur égale dans les diverses familles {Plant. rem. 112); enfin, dans le travail que je viens d'achever, j'ai écrit que si je croyais à la haute importance de l'embryon transversal chez les Primulacées et les Myrsinées, je ne voulais pas dire que cette sorte d'embryon eût partout la même impor- tance. y.BoiAK. — irril. j5 a 26 Ginou de buzareingues. — Sur- la distribution MEMOIRE sur la distribution et le moui>ement des fluides dam les plantes ; Par M. Ch. Girou de Buzareingues, Correspondant de l'Académie Royale des Sciences. La sève s'élève de la racine vers la feuille, d'où elle descend vers la racine. Elle va, aussi, de Taxe à la périphérie, et récipro- quement. Un fluide gazeux l'accompagne et se meut avec elle. Je me propose de dire, dans ce mémoire, ce que je sais, ou crois savoir, sur le mécanisme et sur les causes de ces mouve- mens. (i) L'appareil se compose d'utricules et de vaisseaux. Des Utricules. Elles sont le principe et le terme de l'organisation. C'est d'elles que naissent les vaisseaux. C'est en elles, ou à leur surface, qu'ils versent les fluides nutritifs. Leur forme est très variable; tantôt anguleuse, tantôt arrondie, tantôt allongée. Leur tissu est membraneux, mince et transparent. Chaque utricule est réellement , ou a été, un ensemble de deux utricules, dont une est contenue dans l'autre. Celle-là con- tient du gaz. L'espace qui les sépare est occupé par un liquide ou par les concrétions qui en naissent. Dans de nombreuses dissections, j'ai souvent déchiré la membrane externe, et alors le liquide s'épandait, tandis que le gaz restait au centre de l'u- tricule déchirée, sous forme de bulle dont une membrane lé- gère voilait ou diminuait l'éclat. Ce fait devient facile à observer sur la betterave rouge ou sur l'arroche pourprée. Dans ces plantes, la couleur de la sève (i) J'ai apporté à ce sujet toute l'attention qu'il demandait. Ce n'est qu'après une longue étude «t des myriades d'observations microscopiques sur un bien grand nombre de plantes, que je me prœels de le trailcr. et le mouvement des fluides dans les plantes. iin rend facile de la distinguer du gaz. Si l'on presse l'un contre l'autre, par petites saccades, les deux verres entre lesquels ou a placé une larne très mince de tissu utriculaire, prise sur l'une de ces deux plantes^ on voit quelquefois le liquide coloré s'avancer des bords vers le milieu de l'utricule, se retirer du mi- lieu vers les bords, voiler la bulle de gaz en avançant, et la dé- masquer en se retirant. Les rapports du gaz au liquide ne sont pas constans: tantôt le gaz occupe presque toute la capacité de l'utricule; tantôt il n'en occupe qu'une petite partie; tantôt il en est totalement absent. L'organisation que je viens de décrire se manifeste nettement dans les poils qui ne sont que des utricules allongées o qu'une suite allongée d'utricules. Des vaisseaux. Je les divise en conduits inter-utriculaires, en vaisseaux ad- ducteurs et en vaisseaux abducteurs. J'entends par vaisseaux adducteurs ceux qui conduisent la sève ascendante; et par vaisseaux abducteurs, ceux qui condui- sent la sève descendante. Des conduits inter-utriculaires. Ils forment une sorte de réseau continu et tubulé, dans les mailles duquel semblent enchâssées les utricules, qui en sont, si je ne me trompe, la continuation; et dans lequel les liquides et les gaz peuvent se mouvoir longitudinalement et transversa- lement; c'est-à-dire aller, soit de la racine aux feuilles, soit de l'axe à la circonférence, et réciproquement. Ils se composent de deux tubes, dont l'un est embrassé par l'autre. Entre les deux tubes est contenu le liquide; dans le tube interne est contenu le gaz. Au microscope, le gaz devient apparent dans les conduits in- ter-utriculaires. On le voit s'y mouvoir et s'en échapper en bulles d'un éclat métallique. J'ai pu y constater, aussi, la présence du liquide. Elle s'y manifeste, d'une manière non équivoque, dans i5. 19.8 GiROU DE BUZAREiNGUES. — Su/' la distribution les observations sur la betterave rouge et sur l'arroche pour- prée. Par une légère pression saccadée des deux verres entre les- quels est placé l'objet qu'on observe, le conduit s'aplatit, et le liquide s'avance à droite et à gauche, dans les ramuscuW qui se propagent à la surface des utricules. Le conduit du gaz se des- sine au travers du liquide: il en occupe la ligne médiane; ou, s'd se jette sur les côtés, il devient aisé de voir que ce n'est qu'accidentellement. Comme dans ces conduits, les deux fluides ne sont pas tou- jours dans les mêmes rapports de dilatation et de quantité, il arrive que l'un, cédant à la pression de l'autre, fuit, et alors toute la capacité du conduit semble occupée, sur un point, par un des fluides; tandis que, plus haut ou plus bas, elle paraît oc- cupée par l'autre; d'où l'on est tenté de conclure qu'ils sont mélangés. Mais c'est une erreur dont il faut se défendre. Le fait alors observé provient de la souplesse des deux tubes et de la mobilité des deux fluides. Le gaz s'efface sous la pression du liquide, comme le liquide s'efface sous celle du gaz. Il suffit d'a- voir recours à la pression des deux verres, pour acquérir bien- tôt la preuve que les deux fluides se meuvent dans des conduits séparés. On a pensé que les conduits inter-utriculaires n'étaient que des vides limités par les parois des utricules. La proposition inverse serait tout aussi vraie. L'organisation de l'utricule se continue dans celle du conduit, et réciproquement. Il se pour- rait qu'après avoir été engendré par l'utricule, le vaisseau en- gendrât l'utricule à son tour. Quoiqu'ilen soit, l'organisation de l'une et de l'autre est moins simple, si je ne me trompe, qu'on ne le croit communément. Les deux tuniques du conduit, ainsi que leur continuation dans l'utricule, sont-elles tout-à-fait distinctes et indépendantes l'une de l'autre, ou naissent-elles du plissement d'une même membrane ? C'est une question que je pose, et que je ne puis encore résoudre. Il ra'a semblé, plusieurs fois, que la petite sphère de gaz logée dans l'utrit ule était munie d'^jn pédicule qui se dirigeait vers la 2>aroi de l'utricule j et j'ai supposé que c'était un rameau du tube et le mouvement des fluides dans les -plantes. 29.9 interne du conduit inter-utriculaire qui profitant de l'espace que lui offrait la cavité del'utricule, s'était dilaté en globe creux vers son extrémité. Cette observation doit être répétée. Des vaisseaux adducteurs. Je les divise en vaisseaux unis, en vaisseaux spiraux et vais». seaux annulaires. Bes vaisseaux unis. J'appelle de ce nom des tubes cylindriques d'un très petit calibre analogues aux conduits iriter-utriculaires, dont ils ne sont probablement qu'une transformation, et qui n'offrent à leur surface ni spires, ni anneaux, ni ponctuations, ni raies. On les trouve quelquefois près la moelle, mais toujours et plus abondamment dans le corps fibreux. Il est aisé de se convaincre qu'ils contiennent, comme les conduits inter-utriculaires, un liquide et un gaz, et que le gaz est emboîté dans le liquide. Lorsque, dans un même vaisseau, le gaz paraît au bout du liquide, il en est débordé sur les côtés, et semble occuper un tube plus étroit que celui qu'occupe le liquide. Dans le corps fibreux, les utricules voisines de ces vaisseaux sont très allongées et composent cette partie de la masse fibreuse où il devient difficile, et souvent impossible, de distinguer ni liquide ni gaz; ce qui n'autorise pas à en nier la présence. Les vaisseaux unis paraissent quelquefois rayés ou plissés en travers; ils doivent, si je ne me trompe, cette forme à la pres- sion qu'ils reçoivent des utricules, transversalement allongées , des rayons médullaires. Les vaisseaux unis ressemblent à des utricules très allongées, placées bout à bout l'une à la suite de l'autre , et séparées par un très léger étranglement annulaire; on voit le gaz s'y mouvoir et se dégager en bulle qui devient arrondie lorsqu'elle en est dehors. Des vaisseaux spiraux ou des trachées. Ils sont la contifuiation des vaisseaux unis^^ et très probable- aSo GiROU DE BUZAREiNGUEs. — SuT la distributioTi ment aussi des conduits inter-utriculaires; car j'ai vu plusieurs fois dans la betterave rouge, le figuier, le maïs, etc., la forme s}Diralée très prononcée sur le trajet de ces conduits, et leur tunique externe donner naissance à la spirale, et en unir en- semble les spires (fig. i6). Les vaisseaux spiraux se composent aussi d'une tunique in- terne contenant du gaz, et d'une tunique externe à laquelle la spirale est attachée et sous laquelle est le liquide. J'ai vu le tube interne saillant à l'orifice du tube externe, dont il se distinguait parfaitement par sa transparence et son calibre (fig. i8). J'ai vu la spirale roulée sur le tube interne se déplacer sans qu'il se déchirât (fig. 17). J'ai vu le gaz se mouvoir dans les vaisseaux spiraux et s'en échapper, et j'ai été induit à douter s'ils contenaient autre chose que du gaz. Mais j'ai vu enfin, chez la betterave rouge, le liquide se mouvoir dans ces mêmes vaisseaux, se retirer près de la spirale, et avancer en la longeant, lorsque, par sa dilatation, le gaz oc- casionait le renflement ou la hernie des tuniques entre des spires écartées (fig. 26). Dès-lors, il ne m'a plus été permis de douter qu'il n'y eût aussi un liquide entre les deux tubes. Une foule d'observations analogues à celles que m'ont offert les conduits inter-utriculaires ont confirmé cette première déduction. On rencontre les vaisseaux spiraux dans la tige, près la moelle et dans les organes foliacés. On les trouve quelquefois aussi, mais bien moins souvent, dans le corps ligneux et dans les racines; sur les points où ils abondent, les vaisseaux unis man- quent ou sont rares. On voit souvent, au sein de la moelle, des vaisseaux dont la spi- rale semble déroulée, tant les spires en sont écartées. Il de- vient alors aisé de se convaincre que le cylindre qu'elle em- brasse contient du gaz susceptible, par sa dilatation, de com- primer la spirale et la tunique dont elle fait partie, et de déplacer le liquide sous-jacent (fig. i5, 19). Les causes qui occasionnent l'accumulation du liquide dans le conduit inter-utriculaire ou dans le vaisseau uni m'ont paru et le mouuement des fluides dans les plantes. îi3i influer sur la formation de la spirale. Le vaisseau reste uni sur les points où ces causes manquent. J ai dû tenter la solution des questions suivantes. La spirale est-elle aplatie ou cylindrique? est-elle pleine ou tabulée? Si elle est tubulée, contient-elle un liquide? D'où lui vient ce liq»iide? Je vais dire les expériences et les observations auxquelles je crois en devoir la solution. Elles ont été faites sous un des plus puissans grossissemens du microscope d'Amici. Le corps spirale est naturellement cylindrique, mais il s'apla- tit accidentellement sous les influences de la pression du gaz; interne et des corps environnans. Expériences. J'ai déroulé une infinité de trachées qui la plupart m'ont été fournies par la jacinthe à toupet {^Hyacinthus comosus^ ou par le muguet.. Après les avoir coupées à petits morceaux, je les ai pla- cées sous l'eau, entre deux verres que j'ai pressés fortement l'un contre l'autre, tout en les faisant glisser l'un sur l'autre en sens divers. J'avais pour but d'aplatir les corps spirales; s'ils étaient cylindriques , de les tordre, de les déchirer, d'amener enfin quel- qu'une de ces positions où leur extrémité se présenterait en face, à l'objectif du microscope. Dans ces expériences, le même corps spirale s'est montré à moi sous toutes ses faces. Cependant la grosseur m'en a paru ou constante ou insensiblement et uniformément décroissante; d'où j'ai conclu qu'il était cylindrique ou très légèrement co- nique sous ces deux formes; seulement le même corps peut paraître d'une épaisseur constante ou uniforme dans son dé- croissement, lorsqu'on l'examine sur tout son périmètre. Sous ces deux formes seulement, il peut ne rien perdre ni de cette uniformité ni de sa grosseur dans la torsion (fig. 3, 4» 5, 6). Toutes les fois que le corps spirale m'a présenté son extré- mité en face, elle m'a paru circulaire (fig. 3; 4> 5, 7). Lorsque deux spirales déroulées se sont croisées l'une sur l'autre, la pressiorj les a élargies seulement sur le point de l'en- 232 ciRou DE BUZAREiNGUEs. — SuT la dlstributioTi tre-croisement où son action a été exclusive et puissante, parce que la résistance y était concentrée , et son effet y a été le même que si elle avait agi sur deux cylindres croisés (fig. i). Le corps spirale m'a paru tubulé. Dans de nombreuses répétitions de l'expérience que je viens de rapporter, la tubulure du corps spirale est devenue percep- tible vers son orifice et telle que la montre la figure 3. Dans le déchirement occasioné par le glissement avec pres- sion des deux verres entre lesquels étaient les spirales, il est arrivé que l'extrémité d'une spirale a acquis une largeur triple de son diamètre observé sur la partie non déchirée. Or, c'est précisément le résultat que devrait donner un tube dont la paroi serait étalée sur une surface plane. Le corps spirale m'a paru contenir un liquide. La torsion détermine quelquefois en ce corps des renflemens analogues à ceux qu'elle produirait sur un boudin rempli d'eau (fig. lo). Dans l'aplatissement déterminé par la pression sur le nœud d'entre-croisement de deux corps spirales, on remarque non- seulement l'élargissement qui prouve que ce corps est cylin- drique, mais encore plus de transparence sur le nœud même et tant auprès qu'ailleurs (fig. i); d'où il me semble que l'on peut conclure qu'une substance, ou moins transparente que la paroi du corps spirale, ou d'un pouvoir réfringent différent, s'est éloignée dans la pression. J'ai long-temps aperçu des granules ou des coagulations en apparence gélatineuses, auprès des trachées déroulées, sans y attacher aucune importance, persuadé que c'était ou de la fé- cule ou des utricules affaissées et roulées sur elles-mêmes, qui avaient suivi la spirale dans son déroulement. Mais ayant ob- servé que ces petites masses se multipliaient spécialement sur les points où les trachées avaient été le plus tourmentées, cette première observation a déterminé d'autres recherches. J'ai placé une spirale sur un porte-objet de verre, dans le milieu duquel était un ménisque, petite cavité pour loger l'eau. Après avoir rempli d'eau le ménisque, et mouillé le restant de la surface supérieure du porte-objet, j'ai mis des trachées dé- et le mouvement des fluides dans les plantes. 233 roulées en travers, tant sur le ménisque que sur la partie plane^. et, après avoir placé le second verre, j'ai exercé la pression;, l'effet devait en être nul sur la cavité. Là aussi les spirales ont conservé, pendant trois jours, leur forme première; et je n'ai vu auprès d'elles aucune des coagulations gélatineuses dont je voulais connaître l'origine, tandis qu'elles ont paru en grand nombre sur la partie plane du porte-objet. J'ai observé, en outre : 1** Que les petits granules étaient bien plus nombreux près des spirales devenues les plus étroites, et qui avaient été le plus tourmentées par la pression et le déchirement (fig. 1 1). 1° Que celles près desquelles ne se montraient point de coa- gulations étaient bien plus larges que les autres et ne présen- taient point de traces de déchirement (fig. i). 3° Que celles dont la forme était devenue irrégulière et an- guleuse offraient, sur leur trajet, de nombreuses hernies d'où sortaient des grains gélatineux (fig. i i ). 4" Que les coagulations, imperceptibles dans le commence- ment de l'expérience, grossissaient progressivement, se mou- vaient et tendaient à se rapprocher, soit les unes des autres, soit des spirales auxquelles souvent elles restaient adhérentes. 5° Que les spirales, prises au bas des feuilles, auprès de la bulbe, sur les parties molles et blanches qui n'avaient pas vu la lumière, se sont promptement affaissées sous la plus légère pression, et comme si elles étaient criblées de pores; il s'en est échappé un nuage de granulations plus diaphanes que celles qui provenaient de la partie supérieure de la feuille. Ce nuage environnait les parties de la spirale qui avaient le plus perdu de leur largeur (fig. i3). Enfin, en pressant bien doucement les verres pendant que mon œil était très attentivement fixé sur le bout d'une spirale, il m'est arrivé quelquefois d'apercevoir le liquide s'échappant vers le bout sous forme de petite larme batavique (fig. i4)» et en passant dans l'eau, s'y concréter en petits granules transpa- rens. Ces divers faits ne m'ont pas permis de douter que, quelque- fois du moins, la spirale ne contînt un Hquide. Ce sentiment a34 GiROU DE BiizAREiNGUES. — Sur la distribution a été fortifié par d'autres faits qui se sont présentés dans le cours de mes nombreuses observations sur les vaisseaux. J'ai vu sou- vent, près du bout d'une section de spirale, des globules sphé- riques du même calibre que le sien. Ceux qui m'ont été fournis par la betterave rouge étaient, ainsi que la spirale, couleur de rose, (ij Le liquide contenu dans la spirale vient probablement du vaisseau même dont elle forme la paroi. J'ai déjà dit que j'ai vu , dans la betterave rouge et dans un vaisseau dont les spires étaient écartées, le liquide, cédant à la dilatation du gaz, se retirer contre la spirale et avancer en la longeant. Je me crois autorisé, par l'hygroscopicité des mem- branes utriculaires, à supposer que la spirale se remplit du liquide dans lequel elle se baigne. La spirale tient lieu de valvules; elle est une valvule con- tinue. La pression du gaz s'exerce de bas en haut ou de la racine vers la feuille, puisque c'est dans ce sens qu'il se dilate et qu'il se meut dans sa dilatation; elle s'exerce aussi, dans chaque vaisseau, du centre à la circonférence; elle tend donc à élever le liquide le long de la spirale contre laquelle elk le pousse; et comme celle-ci résiste à la pression, bien plus du moins que la membrane qui en unit les spires, elle devient pour le liquide un soutien qui fempêche de descendre ou qui diminue l'action de son poids; car il ne saurait passer entre la spirale et la tu- nique interne, le passage étant intercepté par la ddatation du gaz qui presse la tunique interne contre la spirale (fig. 19). Des vaisseaux annulaires. A côté des vaisseaux spiraux, et près de la moelle, on ren- (i) Frappé de l'analogie qui existe entre les trachées des plantes et celles des insectes, j'ai été curieux d'examiner celles-ci. J'ai mis en expérience celles d'un Carabe doré, pendant qu'el- les étaient encore vivanles et douées dune {grande irritabilité. J'ai eu le bonheur de voir, dans un premier essai, le liquide s'échapper en torrent, par le bout du filet spirale. Le fait était curieux. Je l'ai bien observé, et je me suis empressé de le dessiner (fig. aS ). J'ai répété l'ex- périence; mais, je n'ai plus été aussi heureux : le hasard ne l'a plus aussi bien préparée. Détourné par d'autres occupations, je n'ai pu, depuis, me livrer là-dessus à de notivelles recher- ches; mais, je suis certain d'avoir bien observé la première fois. et le mouvement des fluides dans les plantes. 235 contre des vaisseaux annulaires dont les anneaux, quelquefois contigus, sont d'autres fois d'autant plus écartés qu'ils sont plus voisins de la moelle. Ces sortes de vaisseaux existent en grand nombre dans le maïs (fîg. 12 et 20, b.). Leurs anneaux sont sus- ceptibles d'être isolés comme les spirales; et isolés, ils ne portent, comme elles, aucune empreinte de déchirement; ils sont moins cylindriques et plus aplatis que les spirales. Par leur proximité des vaisseaux spiraux, par l'écartement de leurs anneaux dans les mêmes circonstances où se montre celui des spires , par l'ab- sence totale de ces vaisseaux en beaucoup de plantes, par celle des ponctuations ou des raies à leur surface comme à celle des trachées, par leur forme à-peu-près régulière et cylindrique comme celle des vaisseaux spiraux, on est induit à penser que les uns et les autres ont des attributions analogues; et il ne reste là-dessus aucun doute, lorsqu'on voit des trachées qui sont partie spiralées, partie annulaires; or, j'en ai vu, et il n'y a peut-être pas de phytotomiste qui n'en ait vu de telles, (i) Dans le vaisseau, Tanneau est à la spirale ce que dans la tige la disposition verticillée est à la disposition spiralée; il est une spire affaissée sur elle-même. La communication d'un anneau avec un autre peut se faire par l'intermède de la membrane dont ils ne sont que la continuation* Le vaisseau annulaire se compose de deux tuniques, comme le vaisseau spirale, et la distribution des fluides y est la même. Je n'ose affirmer, cependant, que l'anneau soit tubulé et con- tienne un liquide. Sa forme aplatie et circulaire autorise à lui refuser les attributions de la spirale. Le liquide serait donc ici entre les deux tuniques seulement. L'anneau n'est pas soudé vers les deux extrémités de la ligne courbe qui le forme, et il permet au liquide de s'élever ; mais il devient un obstacle à ce qu'il descende, et remplit réellement les fonctions d'une valvule ( fig. 20, b. ). Sa tendance à se con- vertir en spirale montre ce mécanisme et son jeu : c'est toujours de bas en haut que se développe la spirale , lorsque le vais- seau annulaire se convertit en trachée. (i) Cette double forme dans un, même vaisseau a été' dessinée par MM. de Mirbel et Slack. C'est pourquoi je me suis dispensé de la dessiner. a36 GiRou DE BUZkREiNGVEs. -^ Sur la distribution Ceci peut s'appliquer aux vaisseaux unis, qui ne sont que des vaisseaux annulaires d'un très petit calibre, et dont les an- neaux semblent très écartés. Des vaisseaux abducteurs f ou des fausses trachées. J'appelle de ce nom les vaisseaux rayés et les vaissseaux ponc- tués, qui se divisent aussi en vaisseaux spiraux et vaisseaux annulaires. En examinant une fausse trachée, on croit voir souvent une suite d'utricules allongées, qui communiquent ensemble par des ouvertures pratiquées sur la membrane qui les sépare vers leur extrémité. Lorsque le calibre de cette ouverture devient celui du vaisseau, l'apparence moniliforme disparaît, et le vais- seau semble cylindrique, comme k trachée. J'ai vu souvent des utricules vidées, comme le sont quelque- fois les fausses trachées , d'où j'ai conclu que ces vaisseaux n'é- taient peut-être qu'une transformation d'une série longitudinale d'utricules placées bout à bout sur une même ligne, comme la trachée est la transformation du conduit inter-utriculaire. La fausse trachée est composée de deux tuniques: une interne qui contient le gaz, et l'autre externe. Dans l'intervalle qui les sépare est le liquide. Cette organisation est mise hors de doute par des faits analogues à ceux qui la signalent dans les vaisseaux adducteurs. ( Voyez l'explication des figures 20, 21, 22.) Sur la membrane externe se forme un réseau cellulaire dont les mailles sont ou arrondies ou allongées. Les mêmes mailles de- viennent plus ou moins arrondies, lorsque le vaisseau est dis- tendu par la pression intérieure du gaz ou par celle du liquide; ou elles restent allongées sur les points où cette distension n'existe pas. La membrane qui devient la base de la tunique ex- terne se continue sur ces mailles; mais elle y est tellement mince et transparente qu'il est souvent difficile de l'apercevoir, et que l'on peut même douter si elle ne s'y efface pas tout-à-fait. J'ai vu le liquide s'échapper par ces ouvertures qui figurent des ponctuations ou des raies, comme si la membrane qui les voile n'existait pas: peut-être s'était-elle déchirée. On peut comparer et le mouvement des fluides dans les plantes. aSy ces mailles à des stomates qui sont tantôt clos et allongés, tan- tôt héans et arrondis. Le tissu du réseau est composé tantôt d'anneaux, tantôt de spirales parallèles que des soudures unissent sur des points rapprochés. Lorsque ces soudures se déchirent, la tunique ex- terne se résout en anneaux ou en spirales qui ont delà ressem- blance avec les anneaux ou les spirales des vaisseaux adducteurs, mais qui s'en distinguent en ce que le calibre en est moins gros et la surface moins unie, à cause des fragmens de membrane qui y adhèrent. Les ponctuations de la fausse trachée sont tantôt extrême- ment petites et nombreuses, tantôt beaucoup plus grandes et plus rares, tantôt proéminentes comme des membranes, tantôt déprimées comme des perforations. On a pensé que la fausse trachée est une continuation de la trachée, et que l'une et l'autre ne sont que des modifications différentes d'un même vaisseau. J'ai partagé quelque temps ce sentiment; mais de nombreuses observations m'ont forcé de l'abandonner. D'abord, on trouve ces deux vaisseaux situés parallèlement dans les nervures, et jusque dans les veines les plus petites des feuilles. Je les ai vus ensemble dans le style filiforme de la fleur femelle du mais. Ils diffèrent donc dès leur origine, ou vers le même point de leur terminaison. Ayant laissé macérer loj)g-temps dans de l'eau une tige de maïs, j'ai observé que les fausses trachées avaient pris une cou- leur verte, même dans la partie engaînée et blanchâtre de la feuille; d'où j'ai conclu qu'elles reçoivent la sève descendante dans laquelle finit par se dissoudre la substance verte. I^es tra- chées avaient conservé leur couleur. Ordinairement, plus la trachée est petite, plus sa spirale est grêle; tandis que, souvent, dans les fausses trachées, plus le vais- seau est gros^ plus est ténue la spirale qu'on en obtient en la dé- chirant. Les fausses trachées se multiplient en allant vers le bas de la plante; les trachées, au contraire, se multiplient en allant vers les productions supérieures. Je n'ai pas trouvé défausses tra- a38 GiROD DE BUZAREiNGUES. — Suv la distribution chées dans le funicule des graines du figuier, ou j'ai vu, au con- traire, beaucoup de trachées, ni dans celui de la courge (girau- nion); ces derniers vaisseaux sont rares dans les racines. Jamais la trachée, même à sa naissance, ne s'est montrée à moi comme formée d'une suite d'utricules posées bout à bout. Elle est pour l'ordinaire, dès son origine, ou cylindrique, ou conique, ou fusiforme (i); il n'en est pas de même de la fausse trachée. J'ai déjà dir que la spirale qu'on obtient des fausses trachées est facile à distinguer de celle que l'on obtient des trachées (fig.22). Lorsque la trachée disparaît, le vaisseau uni la remplace, et la fausse trachée ne se multiplie pas pour cela. J'ai eu l'occasion de voir, sur la betterave rouge, le hquide contenu dans un vaisseau ponctué, s'échapper au travers des mailles du réseau, et j'en ai conclu que ce vaisseau était propre à distribuer latéralement la sève descendante et non point à transmettre à la feuille la sève ascendante, fonction à laquelle semble éminemment propre la trachée. J'invite les personnes qui voudront devenir témoins de la différence de ces deux sortes de vaisseaux, à les étudier dans le maïs où ils m'ont paru se distinguer les uns des autres plus que sur toute autre des nombreuses plantes où je les ai exa- minés. Là, dans chacun des faisceaux fibreux isolés dans la moelle, on trouve à-peu-près constamment, savoir, deux ou trois vaisseaux adducteurs sur lesquels une trachée et de plus deux fausses trachées. Les premiers s'y montrent sur une même hgne, se dirigeant de l'axe à la périphérie; c'est une trachée qui est à l'extrémité périphérique de cette ligne. Les fausses trachées s'y montrent, une de chaque côté de la trachée, sur une ligne perpendiculaire à celle des vaisseaux adducteurs, mais plus près de la périphérie que la trachée (fig. il\). Les fausses trachées y sont constamment plus grosses que la tkachée, et y conservent leur forme utriculaire, en sorte que le vaisseau semble articulé dans toute sa longueur. Les ponctuations des (i) Ou doit se garder de prendre pour des séries d'utricules les trachées devenues monili' formes par les obstacles que certaines circonstances ont apportés à leur développenaent. ^:# et le mouvement des fluides dans les plantes. 289 fausses trachées y sont nombreuses, et la paroi du vaisseau bien plus mince que la spirale ou que l'anneau des vaisseaux adduc- teurs. J'ai déjà dit comment les anneaux et les spirales tenaient lieu de valvules dans les vaisseaux adducteurs. Dans la fausse tra- chée, les anneaux et les spires sont plus constamment très rapprochés que dans la trachée, et il y a, en outre, de distance en distance , des anneaux plus forts et plus étroits que les autres, qui peuvent intercepter le mouvement longitudinal du liquide qui ne serait pas contenu dans la spirale même. Cette organisation était nécessaire, afin que le liquide fut contraint, par la dilatation du gaz, de forcer les portes qui lui étaient ménagées sur la paroi de la tunique externe et se donnât à lui-même des issues. Parce que, dans la fausse trachée, la dilatation du gaz agit spécialement de dedans en dehors, le calibre du vaisseau entre les anneaux devient plus grand que celui des anneaux, le vais- seau devient moniliforme. Je n'ai pas vérifié si la spirale de la fausse trachée contient un liquide comme celle de la trachée; je l'aurais très proba- blement tenté en vain, vu l'exiguïté de la spirale et la difficulté de l'obtenir déroulée; mais l'analogie m'autorise à penser qu'il en est de l'une comme de l'autre. C'est peut-être parce que la fausse trachée a moins de liquide à transmettre à la racine, que la trachée à la feuille , que sa spirale reste plus exiguë que celle de la trachée. Vaisseaux des conifères. On ne trouve, dans les conifères, que des vaisseaux unis et des vaisseaux ponctués( i ); ceux-ci sont garnis, sur deux côtés opposés, d'une rangée de petits mamelons quirépondent aux intervalles qui séparent les utricules, allongées transversalement, des rayons médullaires extrêmement minces dans ces plantes; en sorte que chacune de ces utricules passe entre deux de ces mamelons, et y exerce une pression qui les rend plus saillans. Ici je considère les vaisseaux unis comme les analogues des (i) J'ai vu aussi des rudimens de trachée sur le pin. 24o GiROU DE BUZAREiNGUES. — Sur la distribution adducteurs unis des autres plantes, et les vaisseaux mamelonnés comme les analogues des abducteurs; parce que les uns me présentent la condition nécessaire à l'ascension de la sève et les autres celles de la distribution du fluide nourricier. Comme il est possible de constater la présence du gaz dans ces deux ordres de vaisseaux, on est contraint d'y supposer aussi celle du liquide, car il faut bien qu'il ait ses conduits; il est pos- sible d'ailleurs de les apercevoir. Obseri^ations générales. Il y a donc, dans tous les vaisseaux, deux ordres de conduits: l'un pour le gaz , que j'.appellerai conduit ou vaisseau pneuma- tique:, l'autre pour les liquides, que j'appellerai vaisseau ou conduit hydraulique, quelle que soit la nature du liquide con- teiHJ. Attribution des deux ordres de vaisseaux. Les faisceaux fibreux, dans lesquels se trouvent réunis les vaisseaux soit adducteurs, soit abducteurs, répondent aux or- ganes soit floraux, soit foliacés, et sont le lien commun de ces organes et des racines. C'est donc très probablement par ces vaisseaux que la sève est portée des racines à ces organes, et qu'elle est reportée de ces organes vers les racines. .J'ai appelé adducteurs ceux qui reçoivent la première de ces deux attri- butions, et abducteurs ceux qui reçoivent la deuxième; mais je n'ai pas encore suffisamment prouvé que les vaisseaux que j'ai considérés comme adducteurs conduisent la sève ascendante, et que ceux que j'ai considérés comme abducteurs conduisent réellement la sève descendante. Je dois montrer que ma division et ma classification n'ont pas été arbitraires. Elle serait inadmissible l'idée que la sève descendante et la sève ascendante ne doivent avoir que des conduits communs. Les trachées et les fausses trachées s'accompagnent comme les veines et les artères, comme les veines pulmonaires et l'artère de ce nom. Les trachées sont bien organisées pour porter la sève ascen- dante aux organes floraux ou foliacés. Les fausses trachées ne et le mouvement des fluides dans les plantes. il^i le sont pas moins bien pour distribuer la sève descendante, fluide nourricier, dans toute la plante; elles sont criblées d'ou- vertures latérales. La plante croît en grosseur, et cet accroissement est néces- sairement excentrique. Or, dans chaque faisceau fibreux des monocotylédones, la situation des trachées est plus voisine du centre de la tige que celle des fausses trachées , qui est plus voi- sine de la périphérie. La couleur de la betterave rouge est plus foncée vers la péri- phérie que vers le centre; or, en cette plante, les mêmes rap- ports de nuances existent entre la fausse trachée et la trachée. On ne trouve que des trachées et point de fausses trachées dans les organes d'où la sève ne revient pas, dans les funicules des graines , par exemple. J'ai déjà dit qu'ayant laissé macérer long-temps du maïs dans de l'eau, j'ai vu les fausses trachées teintes en vert, ce qui de- vient facile à expliquer, en supposant que la substance verte de la feuille a été entraînée dans les fausses trachées par la sève descendante. Jeu de l'appareil. C'est dans la feuille que le gaz se décompose sous l'action de la lumière; c'est là que se fait la perte qu'il doit remplacer, le vide qu'il doit remplir. La lumière peut donc être considérée comme une force qui attire le gaz , et la feuille comme le point où cette force agit. La chaleur seconde l'action de la lumière. Ces deux causes réunies peuvent appeler assez de gaz dans la tige , et le diriger avec assez de rapidité vers la feuille, pour que son ascension détermine aussi celle de la sève, pour qu'il la contraigne de s'élever, soit dans la spirale, soit en longeant la spirale : je l'ai vue longer la spirale dans la betterave rouge (fig. 25). La puissance du gaz, la rapidité de son ascension augmente lorsqu'il se dilate. La pesanteur de la sève est moindre, ainsi que la résistance qu'elle oppose à l'action du gaz, lorsqu'elle est dilatée. V, BoTAK, — Avril. i6 1^2 GiRou DE EUZAREiNGUES. — Sur la distribution Les plantes végètent dans les serres, où la température du vase ne diffère guère de celle de l'atinosphère, et où, par con- séquent, le gaz n'éprouve presque pas de dilatation en passant de la racine dans la tige; mais cette végétation est insensible dans ses progrès. Ici la lumière, aidée de la chaleur, suffit à déterminer le courant du gaz vers la feuille, et ce courant, aidé de la vaporaison , suffit à élever jusqu'à la feuille la sève devenue légère par la chaleur. Quelques alternances de dilatation et de condensation du gaz s'ajoutent très probablemeiU à ces causes; on sait combien les gaz sont sensibles à la chaleur. Il est à-peu-près impossible que l'équihbre entre la température du vase et celle de l'atmo- sphère n'éprouve de nombreuses oscillations. En plein air, les plantes végètent, lorsque la température de l'atmosphère s'est élevée à un certain degré; ce degré n'est pas le même pour toutes : la feuillaison du chêne n'est pas aussi hâtive que celle du marronnier; celle des arbres n'est pas, en général, aussi hâtive que celle des arbrisseaux, ni celle des arbrisseaux autant que celle des herbes. Il faut que la chaleur pénètre la tige, et elle la pénètre d'autant plus lentement que celle-ci est plus dense, que l'air s y introduit plus difficilement. IjCs plantes croissent d'autant plus et plus rapidement en longueur, que la chaleur de l'atmosphère est plus grande que celle de la terre. Lorsque la couche de terre végétale est profonde, et alors seulement, les bourgeons terminaux des arbres sont aussi les premiers qui se développent au printemps (i) ; or, la flèche d'un arbre répond à son pivot. Il est utile à la végétation des arbres que leur racine et le sol qui la protège soient à l'abri du soleil, et que leur tige, au contraire, soit le plus complètement et le plus long-temps pos- sible exposée à ses rayons. Les plantes à racine longue et pivotante, comme le Sainfoin, la Luzerne, le Mélilot, sont douées d'une puissante végétation. (i) Les plus hautes feuilles du peuplier sont les dernières qui tombent en autonuie. Le même fait se présente stir beaucoup d'arl^res, lorsque le sol sur lequel ils végètent a de la profondeur. et le mouvement des fluides dans les plantes. 2/^3 Les plantes grimpantes, le Houlilon, la Clématite, ie Tamme, le Liseron, croissent de prélérence près des herbes ou des ar- bustes qui protègent leurs racines contre Tardeur du soleil. La Vigne devient vigoureuse, soit lorsqu'on pave le sol au- dessus de ses racines, soit lorsqu'elles pénètrent dans des fis- sures de rocher. Dans les contrées boréales, la végétation est très active en été. 4 Sur les hautes montagnes, on voit paraître des fleurs au pied des neiges, sous une température où Ton n'en voit point encore dans les vallées. Lorsque la température de la nuit, jusqu'au lever du soleil, n'est point trop basse, une irrigation d'une température un peu plus basse que celle de l'atmosphère est plus avantageuse à la végétation qu'une irrigation de température égale à celle de l'air ou plus élevée que celle-ci. En Suisse, à peu de distance des glaciers, on emploie à l'ir- rigation des prairies l'eau glaciale des torrens qui en provien- nent. L'eau dont on arrose les prés dans le Piémont et dans la Lombardie est très froide. Dans tous ces faits, le gaz, que la tige reçoit des racines, passe d'un milieu plus froid dans un milieu plus chaud; il éprouve donc de la dilatation dans la tige, et cette circonstance est favorable à la végétation. La dilatation du gaz agit d'une même manière dans les con- duits inter-utriculaires et dans les vaisseaux adducteurs; elle élève la sève dans tout le corps de la plante, et la fait mouvoir de l'axe vers la périphérie; car les conduits inter-utriculaires forment un réseau à-la-fois longitudinal et transversal. La sève descend lorsque la température de l'atmosphère baisse; alors aussi la plante absorbe du gaz oxigène par toute sa surface. C'est dans les vaisseaux qui communiquent le plus immédiatement avec l'atmosphère ou dans les fausses trachées que doit se faire sentir d'abord le vide occasioné par le refroi- dissement. Le liquide, admis à passer dans ces vaisseaux, doit s'y précipiter pour remplir la place laissée libre par la conden- sation du gaz, et il doit y suivre le progrès de cette conden- 16. 244 GiROU DE BUzvREiNGUF.s. — Sur la distribution sation, c'est-à-dire se diriger de haut en bas et de la périphérie vers le centre. C'est encore là la direction que doivent suivre, soit l'eau, ioit le gaz, qui de l'atmosphère passent dans les con- duits inter-utriculaires voisins de la surface. La plante croît en grosseur sous les influences de la chaleur. Si elle ne croît pas spécialement lorsque la chaleur est excessive, c'est parce qu'alors elle perd presque autant par la vaporisation ([u'elle gagne par la nutrition. Or, sous les influences de la cha- leur, le gaz contenu dans le vaisseau pneumatique des fausses trachées doit presser excentriquement le liquide qui baigne intérieurement le vaisseau hydraulique. Ce liquide s'échappe latéralement par les orifices, soit allongés, soit arrondis, qui deviennent béans dans la dilatation du vaisseau hydraulique et pénètre dans le réseau général des conduits inter-utriculaires , où il se mélange, sous diverses proportions, avec la sève ascen- dante qui y est contenue. Il arrive enfin dans les utricules sous une direction qui se croise avec celle de la sève ascendante, et de là vient peut-être le mouvement de rotation du liquide con- tenu dans les utricules. L'alternance de la dilatation et de la condensation du gaz dans les utricules ou à leur surface peut encore contribuer à ce mouvement par les pressions successives qui en sont la conséquence. J'ai été témoin de l'action du gaz dilaté sur le liquide; j'ai vu sur le Figuier, dans le même vaisseau, le liquide se précipiter de haut en bas à l'instant même où le gaz, qui se dirigeait de bas en haut, s'échappait, ou aussitôt que la cause qui l'élevait avait disparu et n'était plus entretenue. J'ai vu sur des Peupliers coupés en automne la sève s'échapper par torrens, soit de la partie restée unie aux racines, soit de celle qui en était séparée, et en même temps le gaz jaillir avec force de ses vaisseaux et s'élever, au travers du liquide, en bulles innombrables. Ce qui facilite singulièrement l'action du gaz sur le liquide, c'est que tantôt l'un , tantôt l'autre occupe presque toute la ca- pacité du vaisseau , quoique toujours séparés par la tunique interne, dont la souplesse permet ces accumulations; en sorte que, lorsque le gaz se meut de bas en haut, le liquide est forcé et le mouise ment des fluides dans les plantes. 2 4') de se mouvoir aussi dans la même direction. On croit voir alors une série de bulles arrondies ou allongées qui voyagent en- semble dans un même vaisseau; mais la bulle d'eau est pins grosse que celle d'air, parce qu'elle occupe un plus grand ca- lil)re. Il y a dans les plantes une certaine circulation j la sève s'élève dans toute la plante en suivant les conduits inter-utriculaires. Elle va de la racine aux feuilles, en suivant spécialemenl: les vaisseaux adducteurs; là, elle subit une élaboration et passe dans les vaisseaux abducteurs où elle occupe, soit i'entre-deux des tuniques, soit la spirale même de ces vaisseaux. Celle qui est contenue dans la spirale peut se rendre aux racines, et de là, j ar excrétion, dans la terre; celle qui est entre les deux tuniques est distribuée latéralement au travers de leurs perforations et passe dans les conduits inter-utricnlaires, où elle se mélange avec la sève ascendante, en proportion d'autant plus grande, qu'il devient plus difficile à celle-ci d'aller des racines aux feuilles, et à l'autre de se rendre des feuilles aux racines. Sous les ob- stacles au remplacement de la sève ascendante et à l'excrétion delà sève descendante, celle-là acquiert la qualité nutritive et devient propre à la formation et à la nutrition dw fruit. Celte théorie explique comment l'inclinaison, l'incurvation, la torsion , l'incision annulaire des tiges ou la suppression d'une partie des racines prédisposent l'arbre à porter du fruit. La terre et les racines fournissent sans cesse à la tige du gaz et de la sève, en remplacement tant du gaz et de la sève qui se consomment dans la feuille sous l'action de la chaleur et de la lumière, que de la sève qui est employée à la nutrition de la plante. Le double courant ascendant peut donc être con- tinu pendant la durée de la cause de son ascension, c'est-à-dire j)endant cjue la température de l'atmosphère est plus élevée que celle de la terre et que la lumière éclaire les feuilles. Je ne puis dire si la contractilité vitale du tissu utriculaire est jjour quelque chose dans l'ascension de la sève; il ne m'ap- partient pas de repousser un sentiment qui a été adopté par de puissantes autorités. Quant à la capillarité et à l'hygroscopicilé, elles ne sauraient y être toul-à-fait étrangères. '2l[6 GiPiOU Dii BUZAREiNGUES. — Siir la distribution Quant à l'endosmose, on peut ici, si je ne me trompe, en appliquer les lois. La sève ascendante devient plus dense en s'éloignant de la racine; plus elle se rapproche de la feuille, plus elle se mélange avec la sève descendante dont elle reçoit un léger changement. On peut considérer la spirale ou sa paroi comme représentant ici la membrane intermédiaire entre deux liquides de densité différente. Mais quelle que soit la part que l'on veuille assigner à ces der- nières causes, on ne saurait y trouver cette force dont l'action est prompte et quiéquivau à plus de deux atmosphères, tandis qu'on la trouve dans la dilatation du gaz par la chaleur et dans l'organisation que je viens de décrire. Il suffit, si je ne m'abuse, de s'assurer de la réalité des faits que j'ai rapportés, pour ne plus chercher ailleurs que dans cette dernière puissance la princi- pale cause des mouvemens des liquides dans les plantes. Lorsque la plante meurt, ses vaisseaux se désorganisent; le gaz les crève, les dessèche ou le liquide les pourrit, parce que l'action de l'un n'est plus tempérée par celle de l'autre, parce que l'un passe dans les conduits de l'autre; il n'est donc pas surprenant que le mécanisme de la végétation ne suffise plus à la ranimer. L'exposé des conséquences que l'on peut déduire des diverses propositions contenus dans ce Mémoire serait trop long pour y être ajouté : j'en ferai le sujet d'un nouveau travail. Je termine celui-ci en faisant observer l'analogie qui existe entre la circulation dans les plantes et la circulation dans les animaux. Ici et là, la respiration a pour objet d'enlever du car- bone au fluide nourricier; mais ce but est plus complètement atteint dans l'animal que dans la plante, parce que dans celle-ci la lumière décompose le gaz carbonique avant qu'il soit expiré, et neutralise, par conséquent, en partie le résultat de l'action du gaz oxigène sur le liquide. Je serais curieux de savoir si quelque chose d'analogue à ce qui se passe dans les feuilles ne se passerait pas aussi dans les ailes des insectes, et si ce ne serait pas au carbone qui leur serait conservé par l'action de la lumière qu'ils devraient le sur- croît de vie dont ils jouissent, après la métamorphose, sous les et le laouvement des fluides dans les plantes. -il^^ influences de la lumière. J 'émets tlunc le vœu qu'il plaise à quelque chimiste de faire des expériences là-dessus. Les insectes comme les plantes exhalent à l'ombre du gaz acide carbonique; je voudrais savoir si, comme elles, Us n'exhalent pas de l'oxi- gène au soleil, ou si l'air est vicié par eux autant au soleil qu'à l'ombre. Nota. Il n'est question, dans ce Mémoire, ni des gros tubes ni des vaisseaux lactifères. EXPLICATION DES FIGLlRlvS OES PLANCHFS VH ET VIH. Fig. I. On voit dans celte figure la spirale s'élargir et devenir plus transparente vers les nœuds d'entrecroisement. Cet élargissemeal, que détermine la pression des verres qui devient spéciale aux points d'enl recroisement, prouve que la spirale est cylindrique. La transparence qu'elle acquiert sur ces points, prouve qu'elle contient un corps étranger que la pression a t'ait refluer vers les parties où elle est moindre. Fig. 2. Spirale déroulée et placée sur un corps noir et opaque. Ici, la ligne médiane est plus obscure que la ligne opaque. Fig. 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9. Divers fragmens de spirales vue par sa face externe; dans ces figures la tubulure de la spirale devient manifeste. Fig. 10. Fragment de spirale tordue. Les renflemens que celte torsion détermine doivent être rapportés à un corps fluide qu'elle contraint de refluer vers les points où son action est nulle. Ces renflemens paraissent ici trop considérables. Mais on ne doit pas oublier l'apla- tissement occasioné par la pression des deux verres, entre lesquels la spirale a été placée. Fig. Il et i3. On voit, dans ces figures, les granules demi transparentes qui proviennent de la coagulation du liquide qu'une forte pression fait sortir, soit pai' les trous provenant du déchirement de la spirale soit par ses pores mêmes. Ces granules répondent aux parties les plu> grêles du corps spirale; d'où l'on peut conclure que la matière qui les a formées en est soilie. Le sujet représenté en la figure i3 provenait de l'extrémité inférieure d'une feuille qui était 1res tendre et qui n'avait pas vu la lumière. Une légère pression a suffi à en faire j'aillir un nuage de granules très petits et presque diaphanes. Fig. 12. Vaisseaux annulaires. Les anneaux en sont d'autant plus rapprochés que les vais- seaux deviennent plus voisins de la trachée, qui n'est pas dessinée ici, et qui prendrait place à côté du vaisseau a, Fig. 14. On voit dans cotte figure les granules se former à l'orifice même du tube spiral. Le liquide est représenté au moment où il sort du tube, et où il se coagule. Fig. i5. Tube interne contenant du gaz. Ici, la tunique externe est supprimée. L'on ne voit que la spirale. Fig. 16. On voit ici la tunique externe d'un conduit inter-utriculaire se transformer en spirale. Fig. 17. Trachée déchirée. La tunique interne est embrassée par la spirale. Fig. i8. Trachée déchirée. La tunique interne est saillante à l'orifice de la tunique externe. Fig. 19. Dans cette trachée, dont le gaz est dilaté, ou voit comment la spirale peut servir de valvule et s'opposer à ce que le liquide descende, lorsqu'il a été élevé. Fig. 20. a. Trachée, h. vaisseau annulaire adducteur, c fausse trachée. Dans chacun de ces vai<:s.'au«, «st nne bulle de gaz. Celle du vaisseau b est dilatée. La bulle du vaisseau c éprouve ^li^ p. DUCHARTRE. — Sur Lcs Saxifraga stellaris et Clusii. UQ clrauglemenl au passage de l'anneau. Ces trois vaisseaux ont été coupés par le scalpel. Dans les vaisseaux a et c, et vers l'extrémité qui a été coupée longitudinalement, la tunique externe se distingue de la tunique interne. On voit ici comment soit dans lès vaisseaux annulaires ad- ducteurs, soit dans les fausses trachées, l'anneau peut tenir lieu de valvule. Fig. 21. Fausse trachée, a bulle de gaz étranglée par l'anneau b\ bulle de liquide plus large que la bulle de gaz; c bulle de gaz, eu partie lecouverle et en partie nue. Sur cette bulle se dessinent les deux tuniques. On voit ici les pores béans ou arrondis sur les bulles, et fermés ou rayés, dessus ou au dessous. Fig. 22. Fausse trachée en partie déroulée. On y distingue une bulle degaz a, et une bulle de liquide h.\ la dernière est plus transparente qne la première, La bulle liquide s'efface vers le haut du vaisseau, sous la pression du gaz, elle est plus voisine de la surface que l'autre. Fig. 23. Trachée de Carabe doré ( insecte). On voit ici un torrent de granules qui sortent de l'extrémité de la spirale dont les contours forment cette tracnée. Ces granules proviennent de la coagulation du liquide contenu dans la spirale. Fig. 24. Coupe transversale d'un faisceau fibreux de maïs, a, a fausses trachées; b trachée c,c vaisseaux annulaires adducteurs. Fig. 25. Dans cette trachée dont les spires sont écartées et le gaz dilaté, on voit le liquide refluer vers la spirale, et abandonner le milieu de chaque hernie, où les deux tuniques devien- nent conliguës. J'ai vu le liquide se mouvant; mais je n'ai pu le dessiner qu'en repos. Fig. a6. Fausse trachée. Ici unebul\e de gaz a est suivie d'une bulle de liquide 1% le dia- mètre de cellf-:i est plus grand nue celui de l'autre. Observations sur les Saxifraga stellaris Linn. et Clusii Gouan , Par P. DucHARTRE, de Toulouse. On a décrit jusqu'ici comiiie espèces distinctes deux Saxi- frages dont l'une habite généralement les chaînes de hautes mon- tagnes, et dont l'autre se rencontre surtout dans les Pyrénées. Ce sont : 1° la Saxifraga stellaris Linn.; 20 la Saxifraga Clusii Gouan (5. leucanthemi/olia Lapeyr.). Considérées, en effet, dans les termes extrêmes de leurs variations, ces plantes paraissent différentes ; mais en comparant entre eux un grand nombre d'é- chantillons, on ne tarde pas à s'apercevoir que ces deux espèces n'en font qu'une, sujette seulement à de nombreuses modifica- tions. Toutes leurs variétés forment une série non interrompue, depuis la petite Saxifrage étoilée, à feuilles charnues, réunies t^n rosette, longues de i à 2 centim., à hampe unie, nue et I -flore, jusqu'au plus beau développement de la Saxifrage de J.écluse. L'enchaînement est tellement continu, qu'il est impos- p. DucHARTR£. — Sur les Saxifraga stellaris etChisxï. i[\^ sible d'assigner où commencerait et finirait chacune de ces deux espèces, et qu'il est tout aussi difficile de distinguer l'une de l'autre par des caractères précis. Aussi Lapeyrouse, qui a fait de l'une d'elles si Saxifraga leucanthcniifulla , et qui a dit (Hist. abr., p. aSi) que cette espèce abonde en caractères, La- peyrouse lui-même a éprouvé de l'incertitude; il cite pour la Saxifrage étoilée la figure de Jacquin, Collect. i, t. i3; et dans l'exemplaire de cet ouvrage qui de sa bibliothèque est passé dans la erande bibliothèque de Toulouse, il a écrit au-dessous de cette même figure : Saxifraga le acanthemifolia junior, (i) Pour montrer l'identité de ces deux espèces et la nullité des caractères à l'aide desquels on les distingue, je vais faire com- parativement la description de l'une et de l'autre. Saxifraga Clusii Gouan. Taille, 2 décimètres environ. Tige. Plusieurs hampes. Rameuses. Portant des fenilleà florales à cha- que bifurcation. Feuilles inférieures grandes. Spathulécs, fortement dentées dans leur moitié supérieure, létrécies en pétiole ou cu- néiformes à la base. Saxifraga stellaris L'm. Souvent acaule à i5oo toises d'élé- vation; elle acquiert jusqu'à deux déci- mètres dans les lieux moins élevés. Souvent 2-3 hampes ])ar rosette: c'est le caractère des variétés ^ et 6 D G. fl. fr. 4. p. 579. Celles de la 6aA:y*. s^e//aris sont tout aussi rameuses quand la plante a ac- quis assez de développement, Var. 6 DG. 1. c. Les feuilles florales existent aussi à la naissance des pédoncules. Dans un grand nombre de cas elles atteignent au moins autant de dévelo[)pement, et alors la forme est identique des deux côtés. Dans plusieurs de mes individus les feuilles sont plus grandes que dans cer- taines Saxifrages de Léciuse. Forme parfaitement semblable. (1) Je me lélicite de voir mon opinion sur l'uiiion de cps deux espèces partagée par M. Paul Boiieau, pharmacien à Ludion , et l'un des botanistes qui connaissent le mieux les plantes des Pyrénées. 25o p. DUCHARTRE. — Sur It's SaxitVaga stellaris et Clusii. Soxlfrnga Clusii Goiian. y^^euilles florales à chaque bifurcation; les inférieures cunéiforraes , déniées au sommet, les supé- rieures linéaires. Vesiiturc. Tige et feuilles velues et même hispides. Calice, Sépales ovales, obtus, de moi- tié plus courts que les pétales (dans tous mes individus) ré- fléchis après l'anîhcre et per- sistans. Corolle. Pétales à long onglet. Les trois inférieurs bimaculés. Presque illégaux (subinaequali- bus, Duby Bot. gall.p. 2 1 1 ).La figure de Lapeyrouse , Saxif. t. 25, ne montre que bien peu cette inégalité. Anthères ovoïdes, mordorées Fruit. Deux capsules ovoïdes, renflées, se séparant par le sommet et jus- que vers la base, s'ouvrant du côté intérieur. Semences très nombreuses, oblongucs, Identiques. Saxifraga stellaris Lin. Même situation, même forme tant dans les inférieures que dans les supé- rieures. Le plus souvent glabre dans toutes SOS parties; dans les individus plus dé- veloppés elle prend des poils , devient pubescente (var. e et Ç, D.C. 1. c.) et même tout-à-fait velue(var. 6. DG. 1. c.) Sépales identiques de forme et de longueur, se réfléchissant et persistant de même. Onglet également étranglé. Tous avec deux taches jaunes. Quelquefois les pétales inférieurs sont un peu plus longs que les supé rieurs, et la corolle en devient légère- ment inégale. Identiques. Identité parfaite. Au total, les seuls traits distinctifs qui résultent de la com- paraison de ces deux espèces consistent : i*" dans les poils, plus nombreux généralement dans la Saxifrage de Lécîuse ; 2° dans la presque inégalité de ses pétales inférieurs. Mais, 1° nous voyons la Saxifrage étoilée, de glabre qu'elle est lorsqu'elle n'a que 6-8 centim. de haut, devenir pubescente et même velue en acquérant une taille plus élevée et plus de dé- veloppement; •.>." l'inégalité des pétales, qui ne tient ici qu'à la longiieiH' de leiu' onglet, outre qti'elle est un caractère fort peu p. DUCHA.RTRIÎ. — Sur Ics SaxifVaga stellaris et Clusii. a.Si important lorsqu'elle est si peu prononcée, se rencontre assez souvent dans la Saxifrage étoilée. Du reste, il est facile de concevoir la cause des nombreuses variations de ces plantes. La Saxifraga stellaris Linn. habite le plus souvent la région des Rhododendron et la dépasse même. Alors elle croît surtout le long des eaux qui proviennent de la fonte des neiges, ou dans le peu d'espace que laissent les ro- chers en s'appuyant sur le sol; aussi n'a-t-elle dans ce cas que 6-IO centim. de haut. Ses feuilles sont glabres, charnues et très courtes; sa hampe est i -flore ou pauciflore; mais si elle descend sur le flanc des montagnes au-dessous de ces hautes régions, sa taille s'élève, sa hampe grandit et se ramifie, ses feuilles s'allon- gent, s'amincissent, et prennent en même temps quelques poils. Enfin, dans les basses vallées, elle atteint i décim. de hauteur; sa surface devient pubescente ou velue, ses feuilles sont spathu- lées, longues, à larges dentelures, rétrécies en pétiole; en un mot, elle se fond avec la Saxifrage de Lécluse. C'est aussi là la station de cette dernière : toujours dans les lieux humides ex. Cuuverts des vallées, et jamais dans les parties élevées. Sjnonymie. — Par une conséquence naturelle des nombreuses variations des Saxifraga stellaris Linn. et Clusii Gou., leur sy nonymie est remplie, dans les auteurs, d'erreiu's et d'inexacti- tudes qu'il est important de relever. Gouan,en établissant sa Saxifraga Clusii (Obs. 28), lui rap- porte les synonymes su i vans : 1° Saniculae montanœ alterius Secunda species Glus. Hist, i. p. 3o8.Ce synonyme conviendrait bien plutôt aux variétés velues et peu élevées de Saxifraga stel- laris Linn. par ses hampes nues, hautes de 3 pouces (cauliculi 3-unciales, nudi). 2** Saniculae alpinae aliquatenus affinis J. Bauh. Hist. 3. p. 708. Gouan ajoute: Icon sat congrua. Or, cette même figure que Lapeyrouse trouve avec raison détestable, a bien plutôt le port d'une Saxifrage étoilée à deux hampes; ses brac- tées sont très petites, et ses feuilles U'^ont pas de poils. 3" Sedum montanum hirsutum mucronato et dentato folio, flore albo guttato Moris- 3. p. 47^- sect, ri. t. 9. f. i3. Cette figure ne peut convenir à la Saxifrage de Lécluse; la plante qu'elle représente n'a qu'une petite hampe simple, nue et 3-flore. Elle est repro- aôi P. «ucHARTRE. — Sur les Saxifraga stellaris et Clusiï. duite par Pliikenet, Phyt. t. 12^. fol. 4- 4° ^es deux autres sy- nonymes de C. Bauh. Pin. ^43 , sont donnés avec doute par Gouan. Lapeyrouse (Saxif. p. 49 impose à l'espèce de Gouan le nom de Saxif raga leucanthemifolia , et la figure qu'il en donne (Ibid. t. 2 5) représente la plante dans son maximum de développe- ment. Il lui rapporte : 1° les synonymes deClusius, Hist. i. p. :3o8 , de J. Bauh. Hist. 3. p. 708 , et de Gouan, obs. 28 (sans les synonymes). — 2° Sanicula myosotis alpina, floribus albicanti- bus, ferè umbellatis, Pluk. Phyt, t. 58 (et non 18). Cette figure représente une Saxifraga stellarislÀnn. des mieux caractérisées, et elle est en effet rapportée à cette espèce par Linné Lap. 175 , par Wildenow, etc. — 3° Cotylédon hirsuta Rai, Synops. 2i3; Cotylédon aquatica hirsuta, Rai, Hist. 1046. Ces deux synonymes sont l'un et l'autre bien douteux , puisque Rai les rapporte aux figures déjà citées de Plukenet. S'agit-il maintenant de la Saxifraga stellaris Linn., nous trouverons encore de nombreuses erreurs. Ainsi, en parcou- rant la série des auteurs, nous verrions la plupart d'entre eux rapporter à cette plante les synonymes que Gouan et Lapey- rouse donnent à la Saxifrage de Lécluse; ce dernier lui-même prendre la figure de Jacquin, CoUect. i, t. i3, tantôt pour une Saxifraga stellaris Linn., tantôt pour un individu de sa Saxi- frage à feuilles de Leucanthème. Tant d'erreurs et d'incertitudes ne peuvent provenir que de ce qu'on a voulu faire deux espèces différentes de deux plantes que réunissent évidemment plusieurs variétés intermédiaires , et qu'aucun caractère précis ne peut distinguer. Allioni et Scopoli paraissent avoir compris mieux qu'aucun autre les nombreuses variations de cette Saxifrage étoilée , si po- lymorphe suivant la station. Le premier (Flora Pedemont. n. iSai ) donne positivement parmi les synonymes de cette espèce ceux de Gouan, Observ. a8, et de J. Bauh. Hist. 3. p. 708. Ce- pendant il n'énonce pas formellement si c'est avec intention qu'il fait celte réunion. — Quant à Scopoli (Carn. n. 49*^)) 'l in- dique trois variétés de cette plante, l'une à feuilles hérissées, l'autre à feuilles velues, la troisième à feuilles glabres, et il j. E. DUBY. — Cryptogames nouvelles du Brésil. -ibZ ajoute que , quoique les figures de la Flore du Danemark , de Plukenet et de Morisou appartiennent bien à la même espèce, elles indiquent cependant que cette dernière est sujette à de nombreuses variations. D'après toutes ces observations, il me semble impossible de ne pas considérer les Saxifraga stellaris Linn. et Clusii Gouan comme formant une seule espèce que je proposerai ainsi : Saxifraga stellaris Allioni Flora Pedem. a. i52i. S. foliis infeiioribus plerumque rosulatis, spathtilatis, dentato-serratis, glabris pilosisve ; floralibus cuneatis dentatis, summisque linearibus; calyce basi gamo- sépale post authesin reflexo, petalis breviore, persistente ; petalis stipitatis biraa- culatis ; capsulis binis turgidis stylo acurainatis ; seminibus longitudinaliîer slriatis. a. Glabra, pusiila, crassiuscula, i-vel pluriscapa, pauciflora. Pluk. phyt. t. 58. f. 2, Scop. fl. carn. t. i3. p. Pubescens, i-scapa, paucitlora. Oed. fl. dan. t. i3. -^. Pubescens, bracteis foliaceis magnis. Lin. fl. lap. tab, 2. f. 3, ^. Villosa, scapo unico paucifloro. Moris sect. 2. t. 9. f. iS. Plak. phyt. t. 222. f. 4. s. Villosa, scapis binis plurics dichotomis. Jacq. collect. 1. p. 202. t. i3. X,. Pilosa, scapis pluribus dichotomis, petalis subinaequalibus. ' S. Clusii Gou. obs. 28, excep. synon. Glus., Morison., C. Bauh. 5. leucanihemifolia Lapeyr. saxif. p. 49. t. 25. excep. synon. Glus. Pluk. Rai, J. Bauh. Notice suj- quelques Cryptogames nouvelles des entnrons de Bahia (Brésil) , Par M. J.-E. Duby. ( Mémoires de la Société de Physique et d'Histoire naturelle de Genève, tome VII, i835. ) Dans cette nouvelle production de l'auteur du ^o/a/2iCo/2 galli- cum qui , comme chacun sait, cultive avec succès le vaste champ de la cryptogamie, se trouvent décrites six espèces nouvelles d'Agames, savoir : trois Hypoxylées, un Champignon et deux •.>.54 J- »•• DiiBY. — Cryptogames nouvelles du Brésil. Mousses. Ces plantes, recueillies au Brésil, lui ofit été commu- niquées par M. Salzmann. Voici les caractères distinctifs de ces six espèces : 1. Sphœria [Conferta] Myconiœ , superficialis, orbicnlaris suborbicularisve (îeuiùm difïracta, prominula, iiigra, rugulosa, punctata punctis prominulis , le- ccptaculis globosis sul)scriatis aslomis alho farclis, paraphysibus elongatis tlieci* subdoplo loiigioribiis , sporulis parvis globosis. In foliis Myconiœ calvescenlis, A l'occasion de la place qu'il lui assigne dans la série des es- pèces nombreuses qui composent ce genre (plus de mille), place que ses caractères naturels rendent incertaine et ambiguë en la rapprochant à-la-fois de plusieurs tribus voisines, l'auteur tixprime, sous forme de doute à la vérité, l'opinion qu'on pour- rait arriver à une classification plus méthodique et plus natu- relle des espèces, si l'on se servait, comme l'a tenté, pour les Lichens, notre confrère et ami M. le professeur Fée, de la forme des thèques et des sporidies, et de la disposition de celles-ci dans l'intérieur des premières. Depuis plus de dix ans le célèbre Fries s'occupe d'un travail monographique sur cet immense genre dans lequel il a établi des coupes qui , bien qu'artificielles , n'en sont pas moins fort ingénieuses, ainsi que le reconnaît M. Duby lui-même, et propres à guider dans l'étude et la clas- sification de ce genre si difficile. Bnlliard, Tode, Schmidt et M. Nées avaient déjà essayé, avec plus ou moins de succès, d'in- troduire un peu d'ordre dans le chaos qui régnait parmi ces plantes avant la publication du Systema mycologicum. L'auteur de ce dernier ouvrage nous écrivait, l'année dernière, que ses efforts pour diviser en plusieurs autres le genre Sphœria étaient restés jusqu'alors infructueux, et que, cependant, le nombre toujours croissant des espèces rendait de plus en plus indispen- sable cette division. Enfin, si nous osions nous nommer après tant d'hommes célèbres, nous pourrions dire que nous avons aussi étudié avec l'excellent microscope achromatique de M. Char- les Chevallier, les thèques d'un très grand nombre de Sphéries, dont nous possédons en herbier près de six cents espèces , soit indigènes, soit exotiques, c'est-à-dire plus de la moitié de celles qui sont connues, et que nous ne sommes encore arrivé à aucun résultat qui nous satisfasse complètement. j. E. DUBT. — Cryptogames nouvelles du Brésil. u55 11 en est de certains genres cryptogamiques comme de ces familles de Phanérogames {Omhellifères , Borraginées , etc.), qui sont si naturelles qu'on a toutes les peines du monde à y établir des genres qui reposent sur des caractères incontestables. Remarquez dans chacune des familles de la grande classe des Agames, ces agglomérations d'individus formant bien, à la vé- rité, des genres naturels dont il est assez facile de distinguer les espèces entre elles, mais dont la disposition méthodique en sous- genres est et sera toujours l'écueil des classificateurs. Ainsi les Algues continues nous offrent le genre Sphœrococcus et les Articulées le genre Conferva', les Champignons le genre Agaric; les Hypoxylées celui dont il est question ici; les Hépatiques le genre Jungermanne, et enfin les Mousses le genre Hypnum , qui à eux seuls offrent presque autant d'espèces que tout le reste de la famille dont ils font partie. 2. Sphœria[Seriata)Salzmannii, innato-erumpens, epidermide iiigrâciucta aterriiisa, receptaculis globosis proniinulis intùs nigiis astorais in séries elongatas confluentibus riigulosis astoiiiis aut ostiolo minutissimo instiuctis, paraphysibus minutissimis thecis ovato-clavatis paulo longioribus, spoiulis 8 lineari-fusifor- mibus. In foliis moribundis Palmarum. A en juger par la description et la figure, cette espèce a quel- que ressemblance avec notre S. Steinheilii, croissant aussi sur- un Palmier, le Chamœrops humilis , et que nous avons décrite et figurée dans le numéro de mai j834 de ces Annales, sous le nom du botaniste qui l'avait découverte à Bone en Afrique. Outre la forme diverse des réceptacles dans les deux plantes, celle de Bahia en diffère encore en ce qu'elle n'est pas amphigène, que les thèques, au lieu d'être elliptiques, sont obpyriformes, et que les sporidies, au nombre de huit, sont fusiformes et non sphé- riques. Mais la Sphœria Salzmannii est encore bien plus voisine d'une autre espèce décrite piir Fries dans son Eclogœ Fungo- rum, etc. (Linnaea, octobre i83o), et qu'il nomme S. {Confertd) Cayanensis , au point que si l'illustre mycologue n'avait eu soin de terminer sa description par ces mots : ^scis elongatis polj- sporisj, il eût été impossible de distinguer de la sienne l'espèce en question. De îà la nécessité de plus en plus urgente, comme a56 J. E. DUBY. — Cryptogames nouvelles du Brésil. on voit, de s'aider de ces nouveaux caractères microscopiques pour la distinction des espèces. 3. Sphœria (Obtecta) Palmaram j gregaria, receptaculis tectis compresso- planis siipernè convexis orbicularibus glabris circumscissis nigris , in colluin brevissimuru epidermidem disrumpentetn productis, ostiolo vix exserto mammse- formi lougltudinaliter riraoso. In foliis emortuis Palmarum. 4. Ej'ineum difforme , caespilibus iatissimè effusis pulvinatis haud iinraersis, filamentis clavatis difFormibus articulato-inflaiis tuberculoso-ramosis, mox obtu- sis, mox truncatis, mox depressis, rufescentibus, in stipitera attenuatis. Ad pag. infer. folior. arboris ( Conccaipi ? ) L'opinion de M. Duby est que ces végétations ne sont point, comme le pensent maintenant beaucoup de botanistes et M. Fries lui-même, de simples anamorphoses des cellules superficielles des feuilles, des exanthèmes, en un mot, mais bien des plantes cryptogames sui generis. 5. Weissia brasiliensis, caule erecto simplici, foliis imbricato-patulis è basi latiore lanceolato-subulatis plicatis rigidis inlegerrimis obtusiusculis, capsula ovato-globosâ ereclâ lœvi, opercule rostrato^ rostello subulato erecto aut subin- curvo capsulam aequante 0. Adterram, in umbrosis subhumidis Bahiae. Espèce voisine des fF. crlspula et curvirostra dont il est facile de la distinguer à la longueur de son opercule, à la forme des feuilles et de la capsule. 6. Gymnostomum Bahiense Salzm. : caule erecto simplici breviusculo, fo- liis erccto-patuîis lanceolato-linearibus integerrimis nervo valido producto mu- cronulatis, capsula erectâ cvato-oblongâ basi paulisper inflalâ, operculo è basi convexâ rostrato, rostello subulato subincurvo capsulam subaequante. 0. Ad terram, in umbrosis provinciae Bahiae. Il se place, selon M. Duby, auprès du G. Heimii JV. et M. Une planche, dessinée et gravée par l'auteur lui-même, vient au secours des descriptions, en montrant ce que celles-ci sont impuissantes à exprimer. C. Mont. i en. MOREEN, ■ — iStir les Closiêries. iSq MÉMOIRE sur les Clostéries, Par M. Ch. Morren, Professeur de botanique à l'Université de Liège. PREMIÈRE PARTIE. aperçu littéraire sur les travaux qui ont traité des Clostéries. En 1786, le célèbre naturaliste danois Olhon Frédéric Mùller fit connaître un être singulier qu'il avait trouvé dans les eaux où croissaient autour de Copenhague les lentilles d'eau de diverses espèces. D'après la classitication adoptée par Mùller, cet être, animal pour lui, venait se placer dans son genre Fibrio, comme étant un vermis incom^picuus , sirnpUcissimus, teres, elongatus. Sa ressemblance avec une demi-lune lui fit donner comme nom spécifique celui de Lunula. Tous les naturalistes connais- sent et admirent l'exactitude scrupuleuse de ce grand observa- teur, et ce n'est pas sans motifs que nous faisons cette réflexion, puisque Mùller a présenté sur cet être une suite de recherches que nous mettrons dans le courant de ce Mémoire en rapport avec les nôtres. Ainsi, nous ferons remarquer que Mùller a vu des jeunes individus de son Vihrio Lunula plus petits que les adultes et offrant une transparence cristalline; les plus grands sont au contraire verts; il figure ensuite une des extrémités de son Vibrion séparée et y distingue une portion diaphane sans grains, une autre partie remplie de grains et conique comme la première, mais plus courte; enfin autour de ces grains il note l'existence d'une membrane extérieure. Quelquefois il y a des individus qui ont une rangée médiane de globules et une bande transverse pâle; c'est une variété. Quant à la génération des Vihrio Zw72w/a, Mùller indique sur ses planches une division qui Y. BoTAN. — Mai. 1 7 2^8 cîi. MORREN. — Siir lûs ClostéHes. sépare en deux l'être entier; chaque jDartie fournit une portion granuleuse qui sort d'une enveloppe sans grains, ou bien la por- tion granuleuse ne sort que d'une seule parlie. Quand l'être est mort, il s'allonge beaucoup, se raidit, devient droit de courbe qu'il était. Ces détails sont d'autant plus curieux qu'après un grand nom- bre d'écrits modernes sur ces êtres, ils représentent encore mieux la vérité que ces recherches contemporaines. Nous avons rapporté ces observations avec un peu d'étendue parce que des auteurs ont cherché, dans ces diverses phases de la vie d'un seul être, l'établissement de plusieurs espèces. N'oublions pas que Mûîler est le premier qui ait fait du Fl- hrio Lunula -, un animal. ( i } En 1817, Ghr. Nitzsch, de Halle, sépara des Vibrions de Mill- ier plusieurs êtres pour en faire une famille sous le nom de Bacillariées. Le Vihr'w tripûhctatus , le Fibr'io Acus, comme le Vibrio Lunula et plusieurs autres furent considérés par Nitzsch comme formant un genre à part, celui des Closterium. Le Clos- terium Lunula^ dit l'auteur, végète seulement, tandis que le Clos- terium Acus est animal et se meut comme les plus vifs des Kol- podes, Paramœcies, etc. Nitzsch considère ainsi son genre Clos- térie comme étant un de ceux qui prouvent l'identité entière et générique entre plusieurs corps organisés animaux et végé- taux. Toutefois le Closterium Lunula n'est, considéré individuel- lement, qu une plante. (2) C'était là, si nous ne nous trompons, la première tentative de placer ce genre d'êtres dans le règne végétal. Le professeur de Halle ne Ty met pas cependant d'une manière définitive, puisque pour lui les Clostéries sont des êtres de transition entre les deux règnes. Lyngbye, en 181g, tranche la question en faveur du règne végétal. Il place ces productions en forme de demi-lune dans le (1) Animalculainfusona, fltu>ïàt\lià et marina. Haluiifc I7S6. — Brùguiè(-e, Eiîcyclepédiè méthodique; vers j coquilles et polypiers, tom. ij (2) Naturbeschi-eibung dev Bazillarien, Beilrag zur lufusorien Kiinde bder naturbescluei- buug der Zerkarien und Bazillarien, von Christian. Ludwig Nitzsch. Halle 1817. — Neue Schriflea der naturforschenden Geséllschaft zii Halle. Dritler Band. Hefi. i. ii8i7. CH. MORUE^f. — . Sur les Clostêries. aSf) genre Echinella d'Acl]ariiis,et les distingue en deux espèces : les Kchinella acuta, et Echinella ollvacea, sans toutefois ramener ni l'une ni l'autre pnr des synonymies aux Vibrions de Mùlier ou aux Clostêries de Nitzsch. (i) En 1824, M. Bory de Saint- Vincent réunit les deux espèces d'Echinelles de Lyngbye,dont nous venons de parler, au Vibrio Luniila de Mûller qu'il sépare en deux espèces et auxquelles il en joint up.e ncuvelîe distingiîéepar lui. Ces espèces sont rassem- blées en un genre qu'il nomme Liinuline; il le range parmi les Bacillariées dans l'ordre des Gymnodés, classe des animaux mi- croscopiques, M. Bory revient ainsi à l'opinion de Mûl!er. Le Pibrio Luniila jeune devient la Lunulina Moiigeotii, Tadulte, la Luaulina monilifera , V Echinella acata de Lyngbj'e devient la Lunulina diaphana, V Echinella oliuacea prenci le nom de Lu- nulina. olivacew, enfin la cinquième espèce est sa Lunulina vul- garis. Pour lui, les Lunnlines sont d'abord libres, se meuvent lentement et [)énèîrent plus tard dans le mucus qu'il appelle primordial pour y perdre tout mouvement. Non-seulement M. Bory aurait pu conserver le nom de Clos- ieriwn plus anciennement introduit dans la nomenclature pour désigner le Vibrio Lunula de Mûller et les espèces analogues , mais nous croyons encore que sauf V Echinella olivacea de Lyngbye, ses quatre autres espèces de Lunulines ne sont que des individus d'une même espèce à dilférens âges. (2) Me Turpin, en 1829, revient en partie à l'idée de Lyngbye. LesLunulmes de M. Bory sont pour lui des végéto-animaux élé- mentaires, microscopiques, unilocuîaires, vésiculinés ; il distin- gue les Lunulina vulgaris de M. Bory des Lunulina olivacea. (3) Âgardli fait des Ecliinelles de Lyngbye son genre Frustulia qtf'il placé? parmi tes Algues. La plupart des auteurs suivent sa manière de voir, mais avec plus ou moins de modifications. C'est ainsi que M. Duby, en i83o, dans les Algues de son ^o^am- con gallicum l'ange les Frustulia d'Agardh parmi les genres plus (i) Tentamen Hydrophytologiae danicae. Hafniœ 1S19. fs) EncyelHfédié méthodique. Ztfopbytes, tom. ir, p. Sdt>. ->^ DicïîOrihàlfè classique d'his* tOFire ti»turelle; »i't. Lunâtidêli (3) Dictionnaire des sciences naturellêj, j[»l. 5. Bolàniritie, IconogPâ'j^liie, \ 260 en. MORBTîN. — Sur les Clostëri.es. évidemment animaux. Pourtant, il ne cite pas comme espèces propres à la France les Lunulines de M. Bory faites au détri- ment du Vibrlo Lunula de MûUer. (i) Ce ne fut qu'en i832 que parurent les belles recberches de M. Ehrenberg sur le développement et la durée de la vie des animaux infiisoires. On sait avec quel empressement et avec quelle honorable confiance ces travaux furent reçws. M. Ehren- berg admet le genre Closterium de Nitzsch et fait des êtres qu'il contient des animaux infusoires anentérés, c'est-à-dirv'î ayant une bouche en communication avec plusieurs vésicules stonnacales , n'ayant point d'anus ni de tube intestinal. Leur corps serait pourvu d'une enveloppe ronde, lorsqu'elle est à l'état rigide, se séparant spontanément en deux ou quatre parties par des di- visions transversales et ouverte aux deux bouts, c'est-à-dire qu'ils seraient des C7j"p/«/7207z<2f/e^, delà famille des Closterines. Le genre Closterium serait le seul de cette famille. Il renferme, selon M. Ehrenberg, neuf espèces reconnues à Berlin, en Sibé- rie, en Arabie et au mont Sinaï. (2) Ces espèces sont : ■j- Se séparant en deux parties courbées. ' \, Closterium Lunula Nitzsch. Vlhrio Lunula Wv^tx. Diamètre longitudinal i/24-i/4 ■"• Cuirasse (enveloppe extérieure ) fusiforme , couibée en demi-lune , arrondie aux deux extrémités j les vésicules intérieures en plusieurs rangs. Sinaï, Sibérie , Berlin. 52, Closterium ruficeps Ehr. Diamètre longitudinal i/io'" Cuirassesemi-lunaire, verte, très amin- cie aux extrémités presque pointues et rougeâtres. Berlin. {x) Bohnicon gallicum, t. ii, p. 991, i83o, (a) Uber dîe Entwickelung und Lebensdaner der Infusionsthiere ; nebst ferneren Beitragen zu einer Vergleichung ihrer organischen Système. — Abhandlungen der Kœn. Akademie der Wissenschaften zu Berlin. i83i. Avec la date de 18 32, CH. MORREN. — SuK les Clostéùes. 261 5* ClcsteriuTTi Cornu Ehr. Diamètre longitudinal i/io'"- Corps Tert, très mince, filiforme, pres- que également é^jais partout, courbé cl tronqué aux deux extré- mités. Berlin, Sibérie. 4. Closterium rostraLum Ehr. Diamètre longitudinal i/io'"- Corps vert, légèrement arqué, très aminci aux extrémités et longuement rostre.: Berlin, 5. Closterium inœquale Ehr, Diamètre longitudinal i/SG»"- Corps petit, d'un brun rougeâtrc, aigu, toujours avec une corne plus grande et Vautre plus petite. Berlin. * Droites, quelquefois et par hasard seulement un peu re- courbées. 6. Closterium acerosum Ehr. Vihrio acerosus Schrank. Lunulina monilifera Bory. Cl. multistriatum H. et Ch. Diamètre longitudinal 1/12 "'• Corps fusiforme, droit, aminci aux ex- trémités avec une simple raie de vésicules intérieures de couleur verte. Berlin , Arabie. 7. Closterium Trahecula Ehr. Diamètre longitudinal i/5"" Corps cylindrique et tronqué aux deux extrémités, droit, vert , formé à son milieu comme de deux parties réunies presque uniformes. Berlin, Sibérie. •|"f" «Se séparant en quatre parties. 8. Closterium striolatum Ehr. Diamètre longitudinal i/io"'- Corps fusiforme, courbé, vert, cannelé et rougeâtre aux deux bouts. Berlin. 9. Closterium Digitus Ehr. Diamètre longitudinal i/io""- Corps droite allongé, quelque peu fusi- forme, mais très obtus, également vert aux extrémités arrondies. Berlin. 262 •CH. MORREN. — Sur les Ciostéries, Nous avons voulu donner cette nomenclature cign^, jg but (le mieux faire sentir la différence de notre opinion d'avpc celle de M. Ehrenberg. On croirait en effet ces espècesbien distinctes, et cependant nous n'hésitons pas à affirmer que les CL Lunula, rufi- ceps, Cornu ^ rostratum^ mœquale, et même le Closteriiun acei^o^ swn sont tous de la même espèce; cesontseulementdes individus dans un état et un âge différent. Si nous voulions différencier les individus que nous avons recueillis autour de Bruxelles et de Gand par des caractères analogues à ceux décrits par M. Ehren- berg, nous pourrions singulièrement augmenter la liste des espèces. Le diamètre longitudinal n'est pas un caractère \ le§ individus sont plus ou moins longs d'après leur âge. La courbure du corps varie aussi d'après l'âge , l'être se courbant d'autant plus qu'il est plus âgé ; cette courbure n'est pas appré- ciable quand l'être est vu sur le dos. Les extrémités sont plus aiguës dans le jeune âge quep'us tard. L'enveloppe est plus ou moins remplie de substance verte d'après son état et son âge, et la série de vésicules est plus ou moins nombreuse d'après ces mêmes circonstances. Enfin il n'est pas jusqu'au raccourcisse- ment d'une partie de l'être^ si notable chez le Closterium mœ- quale , qui ne dépende d'une particularité physiologique pro- pre à des individus, mais ne pouvant jamais caractériser une espèce. C'est ce que nous prouverons dans ce mémoire. Cette notice Uttéraire et critique nous montre ainsi sept au- teurs qui ont étudié spécialement les êtres dont nous parions. Trois en font des animaux; ce sontMiJller, MM.Bory et Ehren- berg; trois les prennent pour des plantes : ce sont MM. Lyngbye, Agardh et Turpin ; enfin un seul, M. Nitzsch les place entre les deux règnes, une espèce du genre étant pour lui végétale, les autres étant des animaux. Quant à nous, nous ne saurions douter de la nature végétale des Clostéries que nous avons observées. Mais nous croyons que sous ce nom on a effectivement con- fondu plusieurs êtres qui doivent faire d'autant mieux des gen- res particuliers qu'ils appartiennent à des règnes différens. C'est ainsi que le Closterium Acus de Nitzsch [Fibrio Acus Mûller) CH. MORREN. — Sur les Clostéries. 26p est bien un animal ; aussi M. Ehrenberg le range-t-il dans son genre Euglena. C'est parce que les espèces réunies d'abord aux Clostéries, et dont l'animalité est évidente, ont été rangées par M. Ehrenberg dans les genres d'animaux auxquels elles appar- tiennent; et qu'en second lieu les vraies Clostéries sont des plan- tes, que nous adoptons ce nom pour désigner le genre auquel appartient le Vibrio iMniila de Mùller. Seulement pour nous le geme Clostérie doit être transporté du règne animal dans le règne végétai, et se rapprocher le plus possible du genre Zyg' nerna avec lequel il offre une analogie frappante sous le rap- port d'une particularité |}hysiologique très importante: l'accou- plement de deux ou d'un plus grand nombre d'individos. Il est facile de voir que cette manière de penser s'éloigne beaucoup de tout ce que l'on a écrit sur ces êtres. D'après nous, le Closteriwn Lunula Nitzsch a pour synonymes ou variétés les : Closterium Lunula. Nitzsh. — Ehrenb. — Lunulina vulgaris Bory. — Turpin. — Lunulina Mougeotii Bory. Closterium ruficeps. Ehr. C'est un Cloaterium Lunula adulte où la matière verte ne s'est pas réunie en séries, comme, elle le fera plus tard. Voyez planche g, fig. i. Closterium Cornu.Ehr. C'est uli Closterium LimulaéXioiè et malade, comme nous en avons dessiné un fig. i8, pi. 9 avant que sa matière verte ne fût sortie. Closterium rostratum. Ehr. C'est le même être effilé, qui, lorsqu'il s'est vidé, devient les Echinella acuta Lyngb. Tent. hydroph. t. 69. — Frustulia acuta Ag. syst. 2. — Lunulina diaphana Bory. Enc. 5oo. Closteriwn acerosum. Ehr. C'est un Closteriwn Lunulapres-^ que adulte ne s'étant pas courbé, où la chromule va se développer au milieu en une série de vésicules qui, après être sorties, pourront reproduire des Clostéries de toutes ces variétés. Voy. pi. 9, fig. 9. 264 CH. MORREN. — ' Sur les Closléries. Closteriwn inœquale. Eh. C'est le Closterium Lunuïa ordi- naire, mais propre à s'accoupler avec un individu de même ou d'autre forme que lui. Voj. fig. 19 et 20, 21, 22, 23, là, 26, 26, 27, pi. 9 et pL 10, 28 et 29. Lunulina monilifera Bory. Enc. p. 5oi. C'est un Closte- rium Lunula où la chromule ne s'est formée en vésicules reproductrices qu'au milieu; ou bien c'est le même végé- tal déjà dépouillé de ses vésicules hormis celles qui constituent la série du milieu. (Voy. pi. 9, fig. 4.) D'ail- leurs cette variété reproduit toutes les autres variétés et l'espèce primitive. § II. Des lieux et des saisons oii Von trouve les Clostéries. On trouve les Clostéries lunulées dans les eaux douces, cou- rantes; le mouvement rapide des eaux leur paraît agréable, car ce n'est jamais que dans les ruisseaux limpides et agités, près des écluses des étangs que nous les avons rencontrées eu quel- que abondance. Les eaux des étangs d'Uccle près Bruxelles et le ruisseau du Cygne à Melle , près Gand , nous ont fourni les yiombreux individus sur lesquels nous avons constaté les phé- nomènes relatés dans ce Mémoire. Dès le 16 avril, ou en trouve en grande quantité; en 1829, c'était le 26 juin que nous les observions dans les eaux de Stalle et d'Uccle (Brabant). Du 16 avril, cette année, jusqu'au 10 mai nous avons constaté toutes leurs modifications; mais à cette époque oii ne rencontre plus que les propagules libres et par-ci par-là quelque membrane extérieure et vide d'une grande Closétrie. Elles habitent le fond de l'eau quand celle-ci n'est pas trop profonde et se tiennent de préférence attachées aux petites mottes de terre qui font saillie dans l'eau par le développement des bulles de gaz que la végé- tion exhale. Lorsqu'elles naissent, el-les sont environnées d'une légère couche de mucus qui augmente par l'Age et par le ras- semblement de plusieurs individus. Bientôt elles se dégagent de cette mucosité, surtout par l'un des bouts, alors on les trouve CH. MORREN» — Suv les Ctoslèiies. -^65 comme des petites épingles courbes, attachées à moitié à des pelotes d'où elles irradient. C'est ce que nous avons représenté dans notre pi. 9, %. 1 à 5 et fig. 6. Ce n'est pas, comme le croit M. Bory, un mucus primordial et chaotique qui reçoit les Clos- téries, mais ce sont elles qui forment ce mucus par une vérita- ble sécrétion analogue à celle des conferves et des batracosper- raes. Quand elles vieilUssent et qu'elles ont fourni ou leur pro- pagule ou leur ovule, on voit leurs membranes se résoudre peu-à-peu en mucus, se bour^soufler, se couvrir de tumeurs et de cavités jusqu'à ce que la putréfaction étant complète, toute la masse n'est plus qu'un mucilage jaunâtre et fluent. Près des masses de Clostéries, on trouve de bulles d'air et d'oxigène qui se forme par la respiration de ces plantes sous l'influence de la lumière du soleil ; les bulles retenues par le mucus rendent les masses plus légères; elles montent surtout vers midi à la surface de l'eau, et au bout de quelques jours toute cette surface est couverte d'une quantité prodigieu'^^e de Clos- téries de toute forme. Alors, il devient facile d'en faire des récoltes pour les herbiers, en faisant toucher la surface de l'eau par le plat d'une carte qu'on retire immédiatement; la carte est couverte de petites demi-lunes vertes, facilement appréciables à l'œil nu, et séchant très bien, quoique se collant peu au papier et deve- nant assez cassantes. On peut fiire la même opération avec des feuilles de mica et rendre ainsi plus faciles les observations mi- croscopiques. D'après ce que nous avons dit plus haut des époques où les Clostéries sont les plus communes, il paraît évident qu'il s'en fait en été plusieurs générations, et au moins une première au printemps et une seconde au milieu de l'été. Ce qui est d'ob- servation, c'est qu'elles disparaissent toutes à-la-fois, et qu'il est très rare qu'une d'entre elles survive à la destruction géné- rale (1). Leurs ovules étant petits, ils échappent facilement aux (i) Les observations que nous avons faîtes sur ces singulières Algues ont été vérifiées par M. Th. Papeians de Morchoven, naturaliste fort instruit de Gaud , qu'un séjour prolongé à Nice et en Italie, et surtout que des relations muliipliées avec les plus grands botanistes de l'époque ont rendu familier aux recherches de ce genre. Il est parvenu à retrouver une Clos» l-érie viTante à-peu-prrs un moi? après leur disparition , chose plus rare qu'on ne le pense. Î266 CH. MORiiEN. — Sur les Clostéries. recherches ou se confondent avec d'autres productions ana- logues. Pour conserver ces êtres et en suivre le développenient avec soin, il suffit de les mettre avec de la terre de leur ruisseau dans un verre d'eau auquel on ajoute tous les jours de l'eau fraîche. C'est racide carbonique de celle-ci qui leur est surtout néces- saire. On remarquera que lors de l'accouplement ou dans la dé- hiscence naturelle des Clostéries, que nous appellerions volon- tiers hermaphrodites pour indiquer qu'elles ne s'accouplent jamais ou rarement, les propagules qui sont les produits de celles-ci, comme les ovules qui sont les produits de celles-là, se rendent et se collent contre les parois du verre ou la peiliçyle qui recouvre tonte eau gardée. C'est là qu'on pourra facilement étudier les métamorphoses de ces plantes. Les Algues que l'on rencontre le plus fréquemment avec les Clostéries sont les Vauchéries et surtout les Faucheria davata, dichotoma , ovatOy etc. § III. De V organisation des Clostéries. Quand on observe attentivement une Clostérie adulte, ou voit que c'est un végétal de forme semi-lunaire, constitué pav deux articles coniques, un peu courbés, qui sont greffés l'uii sur l'autre par les bases des deux cônes. Cependant l'articulation n'existe souvent pas, même sur (.e grandes Clostéries, et cette absence s'explique facilement, quand ou a suivi le développe- ment de la plante. En effet, dans le jeune âge, il n'y a pas deux articles, mais une seule membrane semi-lunaire qui se partage ordinairement en deux par le milieu, comme l'avait déjà remar- qué Millier. Les Clostéries sans articulation sont donc des indi- vidus chez qui l'état embryonnaire s'est conservé par un arrêt de développement. (Comparez sous ce rapport les figures i et 2. de la pi- 9. ) Toutes les recherches et une simple inspection constatent que chaque article ou la Clostérie sans articulation est formé par- une membrane rigide, anhiste, claire comme du cristal, cra- eu. MORREiv, — - Sur les Clostéries. 267 quant sous la dent ou le doigt et se rétrécissant bien peu ou par la mort naturelle, ou par le dessèchement. On dirait un tube de verre. Cependant cette substance si dure et qui est réelle- ment sans tissu, se résout en mucus par un travail particulier de l'organisation, se creuse de cavités, se couvre de tumeurs, se crevasse en plusieurs endroits et cela d'une manière visible, çomnae on peut s'en assurer par l'inspection des figures 4 et 5 pi. 9. Cette observation méritç de notre part quelque attention. Il y a sept ans nous avons publié des faits semblables pour la Fra- gilaria lineaia^ et un botaniste célèbre, devenu depuis membre de l'Institut de France, analysa et critiqua notre travail. Il nous disait que les granules, chez |es végétaux, pt-rcent et se font jour au travers des membranes vésiculaires en écartant les globiules élémentaires et contigus dorjt elles se composent, et ne laissent jamais, après leur sortie, aucune trace de rupture à la surface de la vésicule dont les globules composans, après s'être écartés se rapprochent de la même manière que le font les molécules de l'eau lorsqu'un corps étranger traverse ce liquide. » (i) Nous professons pour ce savant la plus haute estime, mais en i835 nous pensons encore comme en 1829. Quand une mem- brane végétale s'ouvre, elle le fait de deux manières : ou elle se ré- sout en liquide, ou elle crève soit par un trou, une fissure, soit par une désarticulation. On nous citait les vésicules polliniques comme n'offrant pas de trace pour la sortie de la matière inté- rieure, et cependant les travaux de MM. Ad- Bt'ongniart, Robert Brown et les magnifiques recherches que M. de Mirbel vient de publier sur le Pollen des Cucurbitacées prouvent à toute évi- dence une rupture forcée et laissant après elle des lanières, des déchirures quand la substance fpviljaire a franchi la coque pol- hnique. (^) (i) Voyez : observations sur la Fragïlaria lineata de Lyngbye, et application des prin- cipes de la philosophie organique végélale à rélude de sa structiire, par Ch. Morren, 1829. •s- Et Bulletin des se. naf. de Ferussac, tom. 21, p. 294. (2) Coniplémeut des observations sur le Marchantia polymorpJia , suivi de reclierclies sur les métamorphoses des utricules et sur l'origine, les développemens et la structure de l'anthère •l du pollen des végétaux phanérogame?, par IMl. fijirhel, in-4". i832. et Arch, de Bot. i833. 268 eu. MORREiv. — Sur les Clostéries. Chez les Clostéries, la membrane extérieure que M. Ehren- berg appelle la cuirasse, ressemble parfaitement à la pellicule anhiste superficielle qui recouvre l'épiderme des feuilles chez beaucoup de végétaux et entre autres d'une manière si visible chez la betterave. Cette pellicule dont M. Ad. Brongniartasigna- lé, il y a un an, l'existence générale, est percée, par une véritable solution de continuité, d'ouvertures allongées qui correspon- dent aux stomates (i). Nous voyons dans l'enveloppe extérieure des Clostéries la représentation de cette pellicule. Dans son état sain cette pellicule est très transparente et limpide comme du cristal (voyez pi. 9. fig. 10). Dans son état pathologique ou de vieillesse elle devient jaune et translucide (voyez pi. 9. fig. 5. 18. 28. pi. 10. 28. 29). Elle est assez épaisse, comme on peut le voir sur une Clostérie morte. (Voy. fig. 18. pl-9-) C'est dans cette membrane que paraît, pour un observateur superficiel, contenue la matière verte des Clostéries; mais des recherches approfondies prouvent que cette matière verte est encore renfe-^Uiée dans une seconde membrane qui n'est que ia duplicature de l'externe à laquelle elle s'attache par le bord de l'articulation des àau^ articles, quand celle-ci existe. Cette seconde membrane n'est pas même la membrane pro- pre à la matière vésiculeuse verte. Celle-ci devient visible dans plusieurs circonstances comme nous le prouverons bientôt. De celte manière, la matière verte globulinaire est bien con- tenue dans trois membranes dont les deux internes sont telle- ment appliquées l'une sur l'autre qu'on ne les voit pas par l'in- spection directe, mais les métamorphoses de la plante en démon- trent évidemment l'existence. Si nous n'avions pas une crainte réelle de nous laisser aller à cette imagination qui dans les sciences df faits est une Syrène qui noie ses victimes, nous verrions volo^itiers dans une Clos- térie un ovule dont les trois membranes seraient la primine, la secondine et la tercine ( ou le nucelle ) qui contiendraient l'em- bryon et cet embryon ne serait pas dépourvu de polarité comme (i) Sur répi^ei'K€ des piaules. Ann. des Se. uat. févr. i834. on. MORREN. — Suj' les Clostéries. 269 on l'a cru chez toutes les Acotylédones(i). Nous reviendrons plus loin sur ces considérations. La matière granuleuse verte chez lès Clostéries paraît d'autant plus opaque que la plante adulte est plus éloignée de l'époque de sa procréation. Cette chromule est un véritable tissu utricu- laire dont les globulines ou les sphérioles sont d'abord très pe- tites et deviennent peu-à-peu plus grandes par un mécanisme difficile à découvrir, La chromule est d'abord uniformément répandue dans toute la cavité intérieure; elle est alors formée d'utricules extrêmement petits ( voyez pi. 9. fig. r, 2, 6, 7, 8, 9, 11, 16, 20 }. Quand l'âge avance, on aperçoit vers le milieu ou la ligne médiane de la plante, une ou plusieurs régions longitudinales plus obscures. Ces régions forment bientôt des raies et pltis tard ces raies de- viennent plus diaphanes; alors les ut ictiles sont devenus des globulines ou des sphérioles très grandes bien sphériques et ca- pables de reproduire l'espèce. Tantôt il y a ime seule série de ces globulines reproductrices qui se forment, tantôt il y en a plusieurs, et ce sont ces modifica- tions qui ont porté les naturalistes zoographes à distinguer comme espèces des individus d'âge et d'état différens. Il est manifeste que lorsque ces corpuscules arrondis se for- ment, le tissu tout entier devient plus transparent; il y a donc une perte de chromule. Voici comment^ suivant nous, se fait cette perte. Nommons propagules les grands corpuscules capables de re- produire l'espèce; nous les distinguerons plus loin des sémi- nales qui renferment l'embryon. Ces propagules représentent pour nous les gemmules des plantes supérieures. Ces propagules étaient d'abord des utricules aussi petits que ceux dont nous avons constaté l'existence dans l'âge le moins avancé de l'algue. Privilégiés et destinés par la nature à devenir des corps reproducteurs, ces utricules, distribués par série sim- ple ou multiple sur la paroi delà troisième membrane interne, se (i) Recherches sur la striicUire de l'ovule végétal, par Mh-bel. — Mémoires de l'Institut de France, académie royale ''es sciences, tom, ix, i83o. iâ^b en. rîorï\ElV. -^ Si/r les CîostéTies. Sont hoiin is du mucus qui est provenu de la solution des utricti* les plus petits. Cet aliment a été absorbé par les propagules et cela est si vrai que lorsque les Clostéries s'ouvrent et laissent échapper leur propagules, on trouve parmi eux une foule d'u- IHcules entièrement dépourvus de leur pigment et réduits à des sphères muqueuses qui rie tarderbtit pas à être entièrement abr- sorbées après la dissohitiou totale de îéiu' matière. Cette manière de voir ne dale pas chez nous d'aujourd'hui ; elle forme une de nos cdbvictions intimes depuis cinq ans, et nous avons eu la sa- tisfaction de la voir adopter et généraliser par l'illustre DeCan* dolie(i) ; car ce qui se passe chez les Clostéries n'est que la ré* pétition d'un fait physiologique général à tout le t ègne végétal. C'est donc par extension de la membrane utriculaire que la globuline a passé à féîat de propagule. Ce n'est qu'après son émission que des utricuies nouveaux se form.eront dans sa ca- vité. Ces faits sont, comme on le voit, une vérification des prin- cipes que depuis long-temps M. Turpin a introduits dans la haute philosophie organologique de la botan:que (2). En effet, d'après cet habile physiologiste, quand la matière organisable s'élève à l'état d'organe, elle se globulise, et les globules sont pleins. Quand la vie continue, le gloi)ule se vésiculise, et la vé- sicule devenant une individualité, acquiert parfois la propriété, par des circonstances favorables, de transmettre parla voie de la reproduction l'individualité composée du vég.tal entier, c'est-à- dire l'espèce. Or, nous concevons cette vésicuiisation comme un résultat de la nutrition des globules privilégiés au détriment de la matière muqueuse que fournissent lés utricuies voisins qiii se résolvent par ce fait. On a reconnu aux Clostéries un léger mouvement. M. Bory, bien que les disant presque inertes, leur attribue cependant (i) Voyez : Veihandelini:; over de Blaasjes von het plantardig Celwys-Weefsel en de ontiasling von deelen iut dezelve, door Cli. Morreo, Bvdragen toi de natuurkundige rtiétCns-s diapimn Amsterdam i83o. — DeCandolle, Physiologie végétale , tom. i, p. /i6r. (2) Voyez les nombreux mémoires de ce savant daus les Mémoires du Muséum , et son der- nier travail: Observations générales sur l'organo^'énie et la physiologie des végéiaux, consi.- déres comme étant de grandes assodalions de végétaux plus simples, confervoïdes Cl Simple- ment agglutinés. 1 835. CH. MOFxREN. — Sur les Closiénes. 271 une natation lente et comme résultant d'une oscillation (i). Cette observation est juste : le mouvement est surtout manifeste au moins de juin , lorsque le temps est chaud et que ces algues ont reçu ime vive lumière du soleil. Attachées par l'un de leurs cônes au mucus, elles ne peuvent qu'osciller en décrivant un demi-cercle. Ce mouvement a certainement contribué à faire prendre le change sur leur nature, mais on sait aujourd'hui que diverses plantes ou diverses parties de plarites se meuvent, r même avec beaucoup de vitesse, comme les propagules des Vau- chéries, des Conjugées, comme les Héliérelles, etc. Dans un tra- vail précédent, nous avons émis notre opinion sur ces transla- tions dans l'espace; nous les croyons le résultat du fluide élec- trique que dégagent les organes siliceux et résineux des plantes, et nous considérons celles-ci comme de vraies piles dont chaque cellule est un couple électromoteur (2). M. Amici a publié des idées semblables dès 1 824 , et un an après , M. Pouillet a fait voir effectivement que toute végétation était accompagnée d'un déga- gement de fluide électrique remarquable (3). Chez les Clostéries, il suffit de jeter un coup-d'œil sur les planches pour s'en aperce- voir: il y a évidemment Aç,\\y. couples, chacun de ceux-ci étant représenté par un des cônes; sa partie interne ou résineuse est un desélémens, sa partie externe ou siliceuse est l'autre. Le mouvement ne s'établit que lorsque la force électromotrice est suffisante, ce qui dépend de Fénei^gie avec laquelle l'acide car- bonique de l'eau et celui de l'air contenu dans le liquide se dé- composent, et cette énergie elle-même est en proportion de la lumière et de la chtdeur sous l'influence desquelles la plante se trouve. Le fluide, comme un effluve, se dégage plus particu- lièrement pai' là pointe libre des Clostéries qui tournent alors ëiir elles-mêmes par une causé semblable rà celle qui agite daîls hos cabinets de physique les nioulinets électriques. Nous vër'-t (i) Encycl. mélhod. Polypiers, tom. n, p. 5od. (y) MéWoire Sut tes vibrions lame liiiaires, par Ch. Morreil. Gand j if{36. (3) Voy, pour les idées de M. Amici: Aiin. des Scieiic. iiàh, toiii. rt, 1824» et ()OUl' celles a^M. Pouiilët: Mrmoire sur rélectricité des fluides élastiques el sur iiuè dèS catises dé l'élec- tt-icllé de ratmo=phèi-e , Ann. 1 e chiffli ■ et de physique, torft. 35, tSa-î, p. 46î. té mémoire avait été communiqué à l'Institut de France en iSaS. o.ni CH. MORRi'N. — Sur tes Closléries. rons plus loin que c'est à ces mêmes pointes que se manifeste un mouvement particulier dans un organe bien autrement curieux. Quand l'un des élémens électromoteurs se désorganise, le mouvement diminue; quand il est entièrement désorganisé, il n'y a plus de mouvement; celui-ci cesse encore quand l'élément résineux (la chromule) s'est échappé soit sous la forme de pro- pagule, soit sous celle d'ovule ou de sém^nule, de la cavité de l'enveloppe extérieure. Voilà pourquoi quand les Clostéries, après leur copulation , ont formé leur séminule, ce ne sont plus elles qui se meuvent, mais bien leur graine. Cette propriété dé- pend encore une fois de la structure de cette dernière, qui a deux élémens principaux de nature différente et capables de produire à leur contact un dégagement suffisant de fluide élec- trique. La locomotilité leur est dévolue ainsi aux mêmes condi- tions qu'aux œufs d'épongés, et, c^mme l'a très bien fait observer dernièrement M. Link , aux séminules des Conferves (i). Dans les Vaucheries, nous avons constaté un mouvement très vif dans les séminuies, et une rotation sur elles-mêmes long-temps avant qu'elles ne se séparent de !a plan te- mère. Nous avons vérifié de même les observations de M. Gaillon sur ce qu'il appelle les zoadules du Tetraspora lubrica, mais nous croyons que les corpuscules de cette plante, qui se rassemblent quatre par quatre, ne sont nullement des animalcules, mais des séminules qui seules peuvent se mouvoir parce que seules elles ont dans l'association commune une substance verte, résineuse, en con- tact avec une enveloppe siliceuse. C'est à l'électricité développée entre ces deux corps hétérogènes que nous attribuons leur mouvement. (2) Si l'on étudie comment la matière granuleuse verte , d'abord uniformément répandue dans toute la cavité intérieure d'une jeune Clostérie, se sépare en deux masses distinctes qui vont chacune se loger dans un des cônes de la plante, on s'aperçoit (1) Link. Sur les Zoophytes el les Algues. Mémoires de l'académie royale de Berlin , i83i, et AiiQ. des Scie3c. nat, , déc. i834, p. 329. (2) Gaillon. Aperçu d'histoire naturelle, ou observations sur les limites qui séparent le règne Tegélal du règne animal. Boulogue-sur-Mer , in-8, i833. — Annales des Sciences naturelles, ^an^ier t834, p. 44- CH. MORREN. — Sut les Clostérîes. 273 aisément de la succession qui s'établit entre les deux phéno- mènes suivans : d'abord la masse uniforme de matière granu- leuse se polarise pour se séparer en deux masses distinctes, et à la suite de cette séparation , il se forme entre elles un dia- phragme qui Ini-méme finira par se changer en articulation. C'est ce qu'on voit manifestement en suivant sur les figures 6, 7 , 8 et 9 les passages successifs et surtout ceux marqués des numéros I, 2, 3, 4) 5, 6, 7, 8, comparés à l'état des Glostéries libres 7, 8 et 9. Rechercher comment se forment les articulations et comment se séparent les organes des végétaux, est devenu un objet bien intéressant de la philosophie organogénique, depuis qu'en i832 notre honorable collègue M. Dumortier, et en i833 l'illustre Mirbel, ont présenté leurs idées sur le développement des cloi- sons dans le tissu végétal. Nous ne pouvons laisser ignorer ici que ces deux savans ont sur cette matière une opinion com- mune, bien que pour la prouver ils aient apporté des preuves puisées à des sources très diverses. M. Dumortier , en étudiant la végétation des Conferves, et notamment celle de la Conferpa aurea y remarqua que lorsque la cellule terminale est plus al- longée que les précédentes, il s'organise dans sa cavité et au mi- lieu du fluide y contenu , une cloison médiane qui la sépare en deux cellules nouvelles ; la cellule libre ou terminale conti- nue seule décroître (i). M. Mirbel, dans ses superbes recher- ches sur la formation des utricules polliniques chez les Cucur- bitacées, observa que la masse granuleuse qui rempHt d'abord de grandes utricules, se trouve partagée bientôt en quatre masses plus petites par quatre lames qui sont les appendices de la membrane commune , et qui s'avancent de la circonférence au centre comme des lames de couteau coupant en quatre par- ties l'agglomération des granules et se réunissant au centre pour ' donner naissance à quatre grains polliniques (2). Ces décou- (i) Rectierclies sur la structure comparée et le développement des animaux et des végétaux ; par B. C. Dumortier. Bruxelles i832, p. lo. [j (2) Complément des observations sur le Marchanlia polymorpha, etc., par M. Mirliel fig, 84-98- V. BoTAN. — 31ai. ï8 a 7 4; CH. MORREN» -^ Sur les Clostéries. vertes importantes, et dont la seconde atteste qu'il y a aussideîi- les végétaux une force organogénique qui procède de la cir- conférence vers le centre, trouveront un appui dans nos obs^r* vations sur les Clostéries. En effet, dans un propagule très jeune de cette algue, on ne j-econnaît d'abord qu'une masse granuleuse uniforme ( fig. 6, i, ir, pi. 9), qui bientôt s'allonge aux deux pôles d'une sphère. Nous disons qu'alors la Glostérie se polarise. Les pôles sont pNaS' clairs, ils n'ont pas de chromule, et ils sont destinés à recevoir plus tard un organe très particulier (fig. 6, in, iv, v, piv 9.) Quand la polarisation est ainsi bien établie et que la Glostérie est al- longée, elle se courbe en demi-lune (fig. 6, vi, pi. 9), et à la suite de cette courbure on voit se manifester dans son intérieur et à son milieu un trait blanchâtre. Il n'indique encore qu'un retrait de la matière colorante , retrait occasioné par la présence d'un liquide transparent exhalé en cet endroit en plus grande quantité. Nous avons aperçu une fois une bulle au milieu de ce liquide; elle y était tenue captive, parce que déjà de toute la périphérie du plus petit diamètre médian de la Glostérie s'était étendue vers le centre une lame circulaire qui séparait comme nue cloison transparente les masses de chromules polarisées. C'est ce que nous avons dessiné d'après nature fig. vu, q. La cloi- son se forme donc ici comme dans les Conferves , selon la belle observation de M. Dumorticr, et cetts organogénie a lieu de la circonférence au centre comme dans les utricules polliniques, selon la découverte de M. Mirbel. Après que la membrane médiane est ainsi formée , l'articula- tion extérieure se manifeste sous la figure d'un trait noir circu- laire qui limite exactement la base commune des deux cônes dont la Glostérie se compose. Ce trait est l'indice de la déhis- cence qui s'opérera plus tard sur la plante, comme sur le fruit pyxidaire du Mouron l'opercule se sépare de l'amphore par une fissure transversale horizontale. Seulement nous croyons que lorsque cette déhiscence a lieu , la membrane transversale est absorbée après avoir passé à l'élal de mucus. Nous sommes de cette opinion par plusieurs motifs. En effet, il arrive qu'une Glostérie, à l'époque de sa propagation par les propaguleSj laisse ^^ cfl. 3VfORRE!^f. — Sur les Clostéiies. o.jb voit* la matière vésiculaire de l'un des cônes se réunir à celle du cône opposé; les vésicules confluent ensemble vers l'arlicnla- tion commune et sortent par une vraie solution de continuité qui a attaqué la membrane extérieure. Or, pendant cette réu- nion et pendant cette sortie, on ne voit nulle part de trace d'une membrane quelconque. Celles qui refoulaient donc les matières granuleuses ou vésicùlaires dans leur cône respectif ont disparu. Nous croyons quelles sont absorbées de la même manière que dans une foule d'organismes , un organe avant d'a- bord servi à quelque fonction disparaît par absorption quand sa fonction n'est plus utile à l'être. (Voy. fig. 4 ? pi. 9) 11 arrive encore que la Clostérie ne laisse pas échapper ses propagules par la fente de l'articulation sans séparer et éloigner visiblement les ûeu\ cônes. Au contraire, souvent ces deux cônes se désarticulent tout-à-fjit et projettent au dehors les propagules vésiculeux. C'est ce que l'on voit fig. 10, pi. g. Or, dans ce cas, le bord articulaire c des cônes a et b ne pi'ésente aucune trace de membrane transversale. Celle-ci a pourtant existé, et elle n'a pu disparaître que par absorption. Enfin, il arrive que la membrane transveisale disparaisse sans que pour cela les deux cônes se désarticulent. La sortie des propagules se fait alors par deux trous qui se forment du côté concave de la Clostérie et au bas de chaque cône; la membrane interne s'é- chappe par ce trou et force les propagules, comme toute la matièr-e verte, à la suivre. (Voy. fig. 56, pi. xi.) Il nous importe beaucoup de porter maintenant notre atten- tion sur un point bien curieux de l'organisation de nos singu- lières Clostéries : nous voulons parler des points rouges que divers auteurs, mais pltis particulièrement M. Ehrenberg, ont signalés aux investigations des naturalistes. Les données que la science possède sur la nature de ces prétendus points étaient encore fort vagues et même presque nulles; nous croyons que nos recherches auront éclairci leur histoire. Exposons d'abord les observations que nous avons faites. Aux deux extrémités d'une Clostérie , en dedans des bouts terminaux qui forment les partions les plus étroites des d«us cône dé celte algue, on aperçoit avec un faible grossissemen 2^(5 cil. MO un EN. — • Sur les Clostenes, un point rougeâtre plus ou moins volumineux. Avec un œil attentif, on voit ce point changer d'aspect en peu de minutes et si quelque chose pouvait rappeler l'animalité chez ce végétal , ce serait assurément ce point qui varie de forme comme par un mouvement intrinsèque. Mais lorsque le grossissement du microscope est fort, on se rend parfaitement compte de ce changement d'aspects qui ca- ractérise ces points rougeâtres. On voit une vésicule transpa- rente et fort grande qui renferme dans sa cavité des sphérioles rouges libres et se mouvant continuellement par un grouillement particulier (fig. i, e. f fig. 2. e. fig, ii-i5. fig. 17.) Les sphério- les rouges existent dès le jeune âge de la Glostérie (fig. 7 et 8) mais elles sont d'abord en petit nombre et la vésicule envelop- pante est petite. Peu-à-peu elles augmentent de volume et les sphérioles se multiplient. Nous avons représenté, de la fig. 1 1 à la fig. 16, les phénomènes qui se passent pour ces vésicules à points rouges pendantplusieurs jours. On voit d'abord une vésicule petite ayant plusieurs sphé- rioles rouges dans son intérieur (fig. 11). Le lendemain à onze heuies du matin nous observions la vésicule; elle montrait un nombre plus grand de corps intérieurs et son volume était sensi- blement augmenté (fig. 12). A midi, la vésicule s'était déformée, elle envoyait latéralement deux prolongemens en forme de cœ- cinn; les sphérioles se mouvant avec vitesse se transportaient dans ces prolongemens (fig. i3). A ime heure, la forme de la vésicule était la même, mais le long du côlé convexe delà Glos- térie on voyait des vésicules analogues mais plus petites s'isoler en renfermant dans leur intérieur une ou plusieurs sphérioles rouges (fig. i4). -^ deux heures, la vésicule du bout était plus petite, sans aucun prolongement, mais tout le long du côté con- vexe de la Glostérie on trouve des vésicules renfermant chacune une sphériole rouge. Ghacune d'elles est bien la production de delà vésicule principale (fig. i5). Enfin vers cinq heures de la même journée on ne voyait plus de vésicule ni de sphérioles rouges. Il est évident que la vésicule principale est celle qui produit les vésicules partielles et tout nous porte à croire que les sphé- cri. MORRE!^r. — Sur les Clostèries. 277 rioles qui jouissent d'une locomotilité non contestable empor- tent avec elles une portion du mucus dont la masse commune entoure les spliérioles réunies et qui simule une vésicule anhiste et membraneuse. Dans une Clostérie vide de toute matière verte, nous avons vu que les sphérioles rouges étaient en grand nombre dans la cavité intérieure des cônes, qu'elles y voyageaient en plusieurs sens et s'amoncelaient surtout en amas ovoïdes vers l'endroit où la déhiscence de la plante avait eu lieu. Chaque sphérioîe avait son atmosphère de mucus (fig. 18.) Quand la Clostérie jette ses prop.agoles, elle est cependant dépourvue, au moins à ses extrémités coniques, de toute vési- cule à points rouges. On n'en aperçoit pas non plus ordinaire- ment quand les cônes sont entièrement vides de matière verte ; le cas contraire arrive sans doute, mais il n'est pas commun (fig. 4 et 5.) Malgré tous nos soins nous ne sommes pas parvenu à dé~ couvrir, même avec le grossissement de 1100 fois le diamètre, la moindre organisation à ces sphérioles rouges. Elles se présen- tent absolument comme de la globuline élémentaire ordinaire. Leur grouillement consiste surtout dans un mouvement de va-et- vient qu'indiquent les flèches de la fig. 17 qui représente une vésicule transparente isolée E, muqueuse et fluante avec les sphérioles F contenues, opaques et paraissant jouir de quelque dureté. Quelle peut être l'organisation de ces petites sphères rouges ? Quelle peut être surtout leur fonction ? Quand on voit des propagules de Clostèries passer à l'état d'êtres complets, on remarque que de sphériques qu'ils sont, ils deviennent ovoïdes et qu'à chacune de leur pointe, il y a absence de chromule. Or, dans cet endroit vide on ne remar- que pas des sphérioles rotiges. Celles-ci n'y paraissent que plus tard et encore faut'il qu'une vésicule blanche les y précède. C'est dans l'intérieur de cette enveloppe que les corpuscules rouges se forment. (Comparez les divers états de la fig. 6 et notamment 6,7,8 avec la fig. 7 ou les sphérioles se montrent déjà en ee.) Cette observation démontre que les sphérioles rouges ne sau- ^jS cil. MORREN. — • Sur les Clos ter ies. raient appartenir aux fonctions du jeune âge de la Clostérie; or, puisque nous ne les voyons apparaître qu'à 1 âge adulte de la plante, nous aurions quelque probabilité pour nous si nous les prenions pour des organes appartenant aux fonctions repro- ductrices. Nous n'ignorons pas que dans le système de M. Ehrenberg un point rouge indiquerait \\\ï œii, comme dans les Eugleiia, etc. Mais la Clostérie n'est pas un animal, et de pins l'œil rouge des Euglena ne se compose pas de parties mobiles, indépendantes les unes des autres et se divisant pour se propager. De plus, quand on suit les développemens d'une séminule on voit que la vésicule à points rouges ne se forme que lorsque la séminule est tout-à-fait polarisée ; on voit encore que c'est Mne des sphérioles vertes qui s'agrandit, se dilate, se vésiculise, et les points intérieurs verts d'abord deviennent rouges. Pendant que cettî mutation se fait, le mouvement s'établit. Les points sont même déjà rouges qu'ils ne se meuvent pas encore instantané- ment. Ainsi à la fig. 32, pi. lo, les vésicules n'existent pas encore ; on les voit d'un côté sur un cône, à la fig. 33, mais là ils sont immobiles; leur mouvement commence au développement re- présenté à la figure 34. Ce changement dans la coloration se trouve expliqué aujour- d'hui par ce que M. Raspail appelle le caméléon végétal. La substance verte se développant et fonctionnant, il y a absorption d'oxigène et mutation dans la coloration , parce que dans les tissus on a reconnu la présence du manganèse ou du fer (i). L'union de ce caméléon végétal au mucilage avec lequel il s'as- socie toujours est ici évidente, car on voit autour des sphérioles rouges la couche vésiculeuse de cette substance (2). Nous som- mes ainsi porté à croire que les sphérioles rouges ne sont que des modifications de la substance verte ou de l'qrgane de nutri- tion des Clostéries. Mais tout organe reproducteur n'est lui- même que le produit de l'appareil nutritif, la génération n'étant réellement qu'une nutrition continuée. (i) Raspail , îîouveau système de chimie organique, 1 833 , p. 435. C2) Idem,l. G, Pi 472. CH. MORREN. — Sur les Clostéries, 270 •La vésicule à points ronges sert-elle à la génération ? Nous croyons que oui. Remarquons en effet que dans les gran- ules Clostéries à deux cônes égaux (pi. 9 de la fig. i à 18,) il y a très rarement accouplement, l'accouchement se faisant direc- 'tement par les propagules, soit par la déhiscence des deux cônes (fig. 10, pi. 9), soit par des ouvertures sur chaque cône (fig. 36, pi. xi). Or, dans ce cas, on voit vers l'époque de l'ac- couchement , les vésicules rouges se multiplier , se propager et circuler au milieu des sphérioles vertes, sans doute pour im- primer à celles-ci la force organisatrice qui leur permettra de s'élever à l'état des Clostéries nouvelles. Nous concevons que de cette manière les sphérioles rouges soient aux sphérioles vertes ce que les corpuscules fécondateurs de la fovilla sont à l'embryon. Il y aurait, comme le veut M. Corda , mélange des deux substances et partant fécondation. (3) Ou bien, il y a accouplement, surtout quand les Clostéries ont deux cônes inégaux (fip:. 21 à 22.) Dans ce cas, les vésicules rouges visibles avant l'accouplement , mais elles diminuent en nombre pendant cet acte et lorsque l'acte est accompli, lorsque la sémi- nule est formée, il n'y a plus de vésicules rouges; rarement et très rarement une des Clostéries présente-telle encore et d'un côté seulement une vésicule à grains peu nombreux (fig. 39, pi. xr, mais comparez les fig. 26, 27 aux fig. 28 et 29). Il nous paraît que les sphérioles rouges ont encore dans ce cas fécondé la séminule qui, par cette réunion, ce mélange, s'est réellement élevée à l'état d'embryon, de corps reproducteur. De plus, quand il y a parturition directe par un seul individu, les vésicules ranges voyagent de la pointe vers la substance verte qui doit être fécondée , (fig. 36, pi. xi). Quand il y a parturition après accouplement de deux individus, on voit les globules rou- ges se diriger vers le tube de communication et se perdre dans la séminule qui déjà se forme (fig. 26 et 27 e,f, g. pi. 9.) Il est inutile de déclarer maintenant que nous regardons les vésicules à points rouges comme étant les représentans des utri- (3) Réunion des naturalistes allèfioands à Stultgarù, neuVièntre session, i854. Suppl. à la tliéoiis de U fécondation des plantes. aSo c. MONTAGNE. — Cryptogames nowf elles de France. mouvoir correspondent aux corpuscules fécondateurs observés cules du pollen, chez les plantes supérieures; que, pour nous, la liqueur contenue dans ces enveloppes vésiculaires repré- sente la fovilla et que les sphérioles rouges et capables de se par M. Adolphe Brongniart, chez les plantes à sexes bien vi- sibles. La cause qui fait mouvoir les corpuscules fécondateurs est sans doute la même que celle qui imprime le mouvement aux sphérioles rouges. Dépend-t-elle de l'électricité ? est-ce une force animale? est-elle ime propriété intrinsèque, une action sui generis liée à l'existence de ces corpuscules comme l'attrac- tion à la matière, comme le mouvement aux globules du sang ? Ce sont là de ces problèmes que l'intelligence humaine ne ré- soudra pas sans difficulté. Notice sur les plantes cryploganies récemment découvertes en France, contenant aussi l'indication précise des localités de quelques espèces les plus rares de la Flore française ; Par C. Montagne, Docteur en Médecine, (t) Salle. (Voy. tora. i, p. 296 et SS/.) CHAMPIGNONS Ad. Brongn. HYMENOMYGETES Fr. TuEMELUNÉES Ad. Brongii. 1. "^ Dacryniyces ccesius Sommerf. Lapp. p. Sog. Fnes. El. Fung. 11. p. 36. (le. nulla.) '^ , Exs. Nob. n. 33o. À Hal). Sur les vieux saules, dans l'île de la Tête-d'Or, près de Lyon. I (1) Nous ferons précéder du signe (f) les espèces absolument nouvelles, et d'une (') celles |î qui n'ont é!é insérées dans aucune Flore de France. j I c. MONTAGNR. — Cryptogames nouvelles clc France. 281 Pezizées Ad. Brongn. -- Fr. SysL Myc. 11. p. 38. 2. * Solenia ochracea Hoffin. Grypt. t. 8,f. i. — Frics Syst. Myc. 11. p. 201. Exs. Not, n. 35 1 bis, Hab. Sur le bois mort à demi carié, aux enviions de Lyon. 3. * SUctis niuea Pers. Myc. eur. p. SSg. — Fr. Syst, Myc. 11. p, 196. — MératFl. Par. i. p. 207. Exs. Nob. n. 888. Hab. Extrêmement commune sur les feuilles tombées du Pimis maritima au bois de Boulogne, où personne que je sache ne l'avait observée avanî îu'.<, 4. "^ StUuis pupulaYv. Syst. Myc. 11. p. igS. El fung. 11, p. 25. — Duby Bot. Gall. p. io44. Hab. Sur les rameaux morts du Saule Marceau, à Saint-Roger dans les Ardennes. 5^ * Sticiis stictica Fr, l. c. p. 197. Exs. Nob. n. 276. Hab. Sur des branches mortes dénudées d'écorcc, aux environs de Lyon et de Perpignan. t). -j- Stictis lichenicola MonU^. etFr. erumpens, carnoso-ceracea, cupulœfor- mis, disco caesio-nigro planiusculo, margine obtuso cinereo-nigricante à matrice stellalim ruptâ primitùs obtecto. PI. xiii, fig. 3. Exs. Nob. n. 683. Cette espèce si singulière par sa inorphose et si remarquable par son habitat sur le Cladonia pyxidata Fr,, n'aurait besoin d'aucune description pour celui qui connaîtrait bien V Urceolaria scruposa Ach. Elle lui ressemble en effet à tel point que si l'on n'avait pas devant les yeux le thalle et les supports (Podetia) d'une Cladonie au lieu de la croûte propre à cette espèce , il serait très facile au premier coup-d'œil de se méprendre sur la véritable nature de cette production. Les cupules dont se compose notre plante sortent de l'inté- rieur de la fronde du Lichen dont elles soulèvent et finissent par rompre la couche corticale. Elles sont d'abord en partie recouvertes par les bords frangés de celle-ci, en sorte que dans cet état elles ont quelque ressemblance avec le Stictis radiata Pers. Feu-à-peu le rebord obtus de la cupule se montre en en- tier et celui que formait la matrice est rejeté en dehors de a82 c. MONTAGNE. — Crfptogames nouvelles de France. manière à en figurer un second, absolument comme cela se passe dans le Lichen avec lequel nous avons comparé ce Stictis. Le dis- que de la cupule est d'un noir bleuâtre, couleur due à la pré- sence d'une poussière blanche dont son hymenium noirâtre est saupoudré. Son fond d'abord excavé, devient plane dans un âge avancé. Le rebord propre, de la même couleur que le fond, est, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, entouré d'un autre bord blanchâtre formé par la couche corticale du Lichen. Celui- <;i est ordinairement frappé de stérilité par l'envahissement de ce curieux parasite dont les individus souvent épars, sont quel- quefois tellement pressés quils deviennent confluens, nouveau rapport avec XUrceolaria scruposa. Bien plus, la lame proligère du Lichen et l'hymenium du Champignon soumis à l'analyse mi- croscopique paraissent parfaitement identiques et composés dans l'un comme dans l'autre des mêmes éléments, .c'est- à-dire de nombreuses paraphyses au milieu desquelles sont disposées en séries linéaires des sporidies ou des thèques en navette, mar- quées de 3-5 cloisons transversales et contenant des granules arrondis ou sporidioles. D'après ce que nous venons d'exposer, est-il possible, sans modifier les caractères du genre Stictis, d'y rapporter notre plante dont l'analyse nous a montré des thèques d'une toute autre forme et disposées, à la manière de celles des ,Liche,nîS, en tre des paraphyses ? On trouve en effet dans l'énumération des caractères ptçqpiies au genre en question, celui d'avoir des thèques menues sans pa- raphyses (i), ce qui ne s'accorde point du tout avec ce que sl'analyse ^ajiatQmiqiie nous a offert. D'un autre côté, si le^, cu- pules de notre espèce sont identiques avec les apothécies du Parmelia scruposa Fr. comment concevoir l'évolution d'un« Parmélie dans le thalle d'une Gladonie? Notre Stictis, si toute- fois c'en est bien un, mérite donc de fixer au plus haut degré l'attention des cryptogamistes qui sont à même de l'observer dans toutes les phases de sa morphose, puisque .sa vraie nature, «Uicore douteuse, ainsi que sa singulière végétation, {joulèvent ' {\) J»ci teniies tthqne par^phfsibtts t e4€,¥nes..'SYS\.tayc. H f, 193. f c. MOiUTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. 283 des questions d'un grand intérêt dont la solution éclairerait d'un nouveau jour quelques points obscurs de la physiologie des plantes cellulaires. J'ai trouvé ce Champignon pour la première fois en 1824 a"x environs de Lorient. Il envahit les folioles du thalle et les podé- ties du Cladonia pyxidata. Depuis il m'a été adressé des envi- rons de Vire par M. Pelvet. 7. * Cenangium pulveraceumVv. Syst. Myc. 11. p. 182. — Peziza puhe- racea Alb. elScbw. Consp. fung. p. 342. t. 8. f. i. — Pers. Myc. eur. p. 327. Exs. Desmaz. Crypt. n. 6o5. — Nob. n. 446. Nous avons trouvé cette espèce deux ou trois fois aux envi- rons de Sedan, soit dans le Garenne, soit dans le parc de M. I>a- motte, toujours sur l'écorce des vieux bouleaux. Nos échantil- lons présentent des individus à pédicelle simple mélangés avec d'autres 'a pédicelles rameux. Elle a été observée aussi autour de Limoges par M. Lamy. 8. * Cenanglum Urceotus Fr. 1. g. — Sphceria Urceolus Schinidf, ms. — Tympanis Urceolus var. a Sphœriœformis Wallr. Couip. FI. germ. IV. p. 426. Exs. Nob. u. 737. C'est à Oly, près Sedan, que nous avons abondamment re- cueilli cette espèce, d'ailleurs assez l'are:, sur les rameaux morts du Calluna pulgaris Salisb,, sons-arbrisseau sur lequel, au dire de Fries, elle avait déjà été trouvée par Aspegreen. 9. * Ciinangium pithy^m Fr. 1. c. p. 184. — Mérat. FI. par, i. p. ao5» i Exs. Nob. n. 836. Cette espèce , omise dans le Boianicon gallicumi bien qu*elle ne soit pas rare en France, a été observée par moi au bois de Boulogne, sur l'écorce des branches du Plniis ^ylvestris. 10. * Tympanis Lonicerœ Fr. El. fung. 11. p. 18. (PI. xiii, fig. 4.) J'ai retrouvé dans la forêt des Ardennes, aux environs de S e- dan, cette jolie espèce découverte dans les Vosges et communi- quée à Fries par mon excellent ami, le docteur Mougept. Comrne elle est rare, nous en donnons une figure. 284 c. MONT A GIN E. — Cryptogames nouvelles de France, 11. * Ascoholus ciUatus Fr. Syst. Myc. 11. p. i64. Ex5. Nob. n. 578. Hab. Sur la bouse de vache, près de Sedan. 12. * Ascobolus porphyrosporus Fr. l.c. p. i63. Celte espèce, fort curieuse, a été recueillie aux environs de IJ- moges par M. Lamy qui me l'a communiquée. Comme la précé- dente, elle est nouvelle pour la Flore française. l3. Peziza barhaia Kunze Fr. 1. c. p. 99. Exs. Fr. Sel. suec. n. 332. — Nob. n. 685. Var. P pellila Fr. 1. c. P.pelUta Pers. Myc. eur. p. 264. — Duby, Bot. gall. p. 7A7. Exs. Nob. n. 838. Var. -^ spadicea Nob. P. spadicea Pers. 1, c. p. 552. — Fr. 1. c. p. 98. — Duby, i. c. Exs. Nob. n. 686. Ces trois plantes qui n'offrent entre elles d'ai.tre différence que de légères variétés de couleur, ne méritent pas d'être spéci- fiquement distinguées l'une de l'autre et doivent être rapportées à un type unique la P. barhata. La var. j3 est blanchâtre et se plaît t^pécialement sur les rameaux morts des Lonicera. Je l'ai aussi recueillie dans les Ardennes. La var, y est d'un bai très fon- cé; ses poils sont luisans. Elle croît sur les branches vivantes du Coronilla Emerus L. à Roche Cardon près de Lyon d'où je l'ai adressée en 1828 à M. Persoon qui a reconnu en elle son P. spadicea. M. Pries, à qui je l'ai envoyée aussi, ne trouve pas qu'elle diffère du P. barhata^ en sorte qu'appuyé sur son autorité, je l'admets seulement comme simple variété. E^nfin j'ai recueilli le type de celte espèce au boisdela Marfée^ près Sedan, sur les branches vivantes du Charme. i4. * Peziza triformisY\. Dan. t. 1620. fig. sup. — Fr. 1. c. p. 101. Exs. Nob. n. i42, j On aperçoit sur la tranche du bois mort, une sorte de croûte byssoïde d'un blanc rosé sur laquelle se creusent peu-à-peu les cupules de notre l^ézize. Celles-ci sont sessiles, souvent confluen- tes; leur disque d'un rose foncé et primitivement enfoncé est i c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. a85 muni d'un rebord à la vérité peu saillant, plus pâle, qu'il efface bientôt en devenant convexe puis hémisphérique. Cette espèce habitait sur la tranche des mêmes souches de mûrier où j'ai aussi recueilli la Sphœria calm Tod., sur les rem- parts de Perpignan. Je l'ai aussi reçue des environs de Limoges où elle a été trouvée par M. Lamy. j5. "^ Feziza variecolor Fr. 1. c. p. loo. var, a. — F. albo-lntea Per.s. ic. et descr. fang. t. 8. f. 4, 5. Hnb. Sur des souches à fleur de terre, au Siignon, près Sedan, dans les Ardcnncs. )6. * Feziza Arundlnis Fr. 1. c. p. io5. Exs. Nob. n. 297. lia]), sur les chaumes de VArundo Donax, près de Perpignan. 17. Feziza Nidulus Schm. et Kze. exs. n. 72. — Fr. Syst. Myc. n, p. io4. — Duby, 1. c. Exs. Schmdt. et Kzo. 1. c. — Moug. et NesU. Vog. n. 58S. — NoL. "• 797- Hal). Sur les tiges mortes du Convalluria mulùflora L. avec notre Sphœ- ria pardaloUij auprès du village de Fleigneux dans les Ardennes. 18. Feziza aurelia Pers. Myc. europ 1. p. 270. — Fr. Syst. Myc. 11, p. 107 et El. fung. 11. p. 9. — Duby, I. c. — F. Vauchii Grev. Crypt. Scot. t. 139. Exs. Moug. et Nestl. Vog. n. 783. J'ai rencontré deux fois dans les Ardennes cette rare et jolie Pézize découverte d'abord dans les Vosges par mon ami le doc- teur Mougeot. Elle était éparse sur des tas de copeaux depuis long-temps abandonnés aux injures de l'air. C'est en automne que je l'ai recueillie soit dans le bois de la Marfée que j'ai déjà tant de fois cité, soit dans le parc de M. Lamotte. '9. Feziza rosœ Pers. Obs. a. p. 82. — D. C. Fi. Fr. 5. p. 18. — Duby, 1. c. — Myrol.hecium hispidum Tode Meckl. 1. p. 27. fig. 4i. Var a Fruni spinosœ Nob. Cette variété ne diffère guère du type que par sou habitat. Je l'ai trouvée aux environs de Sedan, -286 c. MONTAGNE. — Crypiogamés noUUetlès de France. ao. ' Psziza Knei^d Wallr. Comp. FI. Germ. iv. p. /i83. Exs. Nob. n. 887. Espèce nouvelle pour la France et que je me proposais de pu- blier, la croyant inédite, quand j'en trouvai une bonne descrip- tion dans l'ouvrage cité. Je l'ai recueillie en mai i833 sur des cbaumesd'^emones botanicœ. 299 liquis characteribus autem toloque habitu cum Echinospennis liaud malc con- gruit. — Hab. circa coloniam ruthenorura Ross, ia Nova California 0. Myosotis californica. Isl. AnxiMSi y strigosa, ramosissiraa, procumbens; foliis linearibus acutis ciliatis; racemis elongatis basi foliosis ; pedicellis brevissimis ; calycibuscoroUasublongioiibus, fructiferis patentibus; carpelhs rugosis. — Gaules setulis adpiessis scabri; folia pilis patentibus ciliata; calyces setis sinipbcibus rec- tis patenlissimis hispidi ; corolla calyce snbbievior, alba cum glandulis 10 florin ad faucem, laciuiis lirabi rotundatis haud emarginatis. — M.ChorisianœChdim. proxima, sed floribiis subsèssilibus diversa. — Hab. iuNova California circa co- loniam Ross 0. Noneapicia. N. (^Heterotricha) annua, diffusa, glanduloso-pubescens sefulis- que rigidis hispida; foliis lanccolatis acutis subdentalis , caulinis sessilibus : tubo corolla; caljcem aeqnante liraboque campanulato vix loiigiore; carpellis glabris depressis allifudine latioribus basi plicato-creiiatis. Anchasa picla M. B. TV". sordldaV. (Uelerotricha) anaiia, diffusa, glanduloso-pubescens setulisque rigidis hispida ; foliis lanceolatis acutis subdentatis, caulinis sessilibus) tubo co- rollœ calyce breviore limboque campanulato vix longiorc; carpellis pubescenti- bus depressis altitudine latioribus basi subplicatis integiis. — N. pictœ \)iox'\ma^ sednotisindicatis satis diversa. Corolla sordide flavescenti-rosea. — Hab. in litore orientali maris Caspii 0. Plagiobothrys F. et M. Calyx 5-partitus. CoroHa infiuidibuli- formis, fauce plicis 5 inlrusis clausa. Stamina inclusa. Slylus indivisus. Stigma capitatum , biîobum. Carpella 4 distincra, siibovata, uniloctilaria, areola i-isertionis latcraii perforata. Re- ceptaculum elevatura, haernisphericum. Genus bene distinçtiim; a Lithospenno differt carpellis per- foratis et receptaculo elevato; ab Anchusa et Myosotide areola insertionis laterali, nec non receptaculo elevâtGj a Cyrivglosso et Echinospermo carpellis perfontis. ^ P. rufescens. Herba annua, facie L'ith^spermi aruensis, pîlis simplicibus pa- tentibus hirta; folia sparsa, sublinearia, obtusiuscula; racemi terminales, conjur gati, subapbylli; flores subsessiles erecli ; calyx pilis rufis teclus, fructifer coa- nivens; corolla alba; carpella quoad formam iilis Echii subsimilia rugosa, tuber- cula ta, areola laterali circulari notataj cotyledones planse; suborbiculeiî^, indivisge, — Hab. in Chile 0. 3oo riscHEp. ET MEYEii. — A nïmaclpersioTies botanicœ. SOLANE^. Nicofiana alata. Al) hac non différant iV. brasiliensis b. Berol. N.decurrens Ag!i. (Saltcm illa planta, quœ in hortis hoc snb nomine occurrit) et N. persica Lindl. LABIAT.E. HymenocrAlTEr F. et M. Calycis tubus brevis, i3-nervius; limbus maximas, menibranaceus, pateiis, 5-fidiis : lobis ovatis. Corollae tubus txsertus; limbus subbilabiatus; labio superiore bipartito; inferiore tripartito; lacinia intermedia majore emargi- iiata. Stamina inchisa, didyuarua, sub labium superius adscen- dentia; autherarum loculi divaricati. Stigma bilabiatum. Car- pella sicca, subovata, glabra, tub^erculata. Nostrum Labiatarum genus Hymenocrater Hnlmskioldiœ et B.0) ieœ ^vo^xmum est; a priore diffeit calycis lij.bo quinque fido, corollae labio superiore bipartito, riec non antherarum loculis divaricâtis; a posteriore dignoscitur calycis limbo pa- tente; corollae exsertœ iabio superiore bipartito et carpellis tu- berculatis; a Moluccella coroUarum forma diversum. H. biluminosns. Frncticuliîs hurailis glaber; folia quoad forraam Nepetœ pannonicœ similia, viscidula, bilumcn redoleiitia; cymse axillares, 5-7-florae , confertse, foliis floialibus oblongis subintpgerrirais instructae ; calycis limbus araplissimus membranaceus, faux villis clausa ; corolla exserta, calyce longe an- gustior, violacea lineolisque albis picta; carpella atra, tuberculis parvis exaspe- ratactbasi foveola lata perfossa. — Hab. in collibus aridissinais Persiae borealis t) . Satureja mutica. S. (sect. 1.) pubescenti-cana; caulibus erectis ramosissimis basi fruticulosis^ramis viigatis; foliis oblongis sublinearibus; cymis axillaribus paucifloris; bracleolis linearibiis calyce inulfo brevioribus; calycis bilabiati lobis sublinearibus muticis, infeiioribus binis loogioribns. — Affinis & moiitanœ, sed laciniis calyciniis muticis quasi obtusalis ab illa distincta; a S. interaiedia differtcaule elato erecto, foliis angustioribus distantibus, bracleolis rainutis, lo- bis calycinis brevioribus aliisque notis. — Hab. in locis lapidosis aridis montium Talusch -»:. l). SCROFULARINiE. AntirrJiinum rytldospermum. kJAniirrhlnasfrum § 2) annuyra subpilo- SUTti ; fol is oblongi.s subljnraribusye; floribus dislanîibus subsessilibus ; bciiiiis FISCHER ET MKYER. — ^ nimadi^ersiofies botctnicce. 3oi calycinis liuenribiis corolla longioribus; soininibns prismalicis undique rugosis. — S[;ecies distinctissima, A. Orontio cognala. Corolla parv;i, cœrulescens. Capsula subglobosa. Scraina riigra, snbtctiMgono-piismatica, undique foveolis irregulari- bus exarata. — Hab. in arvis altiorum montiiim Faliisch 0. CoWnsia sparsiflora. G. diffusa ; foliis omnibus oppositis, floribus solitariis ; pcdiccllo caîyce sublongiore; capsula globosa. — Glabriuscula ramosissima, cau- libus ramisque filiformibus; folia omnia, etiam summa , opposita, qua nota a reliquis spcciebus liujus gcneiis dishncta; flores solitaiii vcl rarius opposili> înagnitudine inter C. graiidijloram et C. parvifloram intermedii ; corolla di- late violacea , laciniis lateralibus labii inferioris suturate purpurascenlibus. — Hab. ciz'ca coloniam ruiheuorum Ross, in Nova California ©. RHINANTHACE/E. TiiiPHYSARiA. F. et VI. Calyx tubulosus 4-6*^18. Coroila ])erso- nata : tiibo filiformi; hibio superiore indiviso subulato; infe- riore tripartito, laciniis saccatis! Stamina didynama, omnia fer- tilia. Antheiœ lineares, mulicœ , iiniiocidares! Stylns simplex. Stigmi oblongiim, bilobum. Capsula oblouga, polyspernaa, biloculatis, bivalvis : valvulis margiiie liberis; dissepimento perietali placentas cenlrali adnato. Semina oblonga, aptera; testa sciobiculata nucleo arcte adhaerente: T. versicolor. Annua, habitu Oncorliynchi , folia cl(>î)gala, ima basi dilata semiamplcxkaulia, apice pinnaîi -lobata incisa, sparsa, iufima sa-q)e opposita, floralia calyce vix longiora; flores axillarcs solilarii , sessilcs; co- rolla alba, dcin rosea ; tubus filiiormis calyce dnpio longior; labium superius rectum subulatura, margiiiibus inflexis; inferius amplum e vesiculis composi- tum tribus obovatis, lacinula parva erecta apiculatis et in fauce rima longitu- dinali instruclis, capsula calyce inclusa ; semina uumcrosa, parva nigricantia. — Hab. in Novae Californiae porta Bodcga 0. Veronica tabijlorii. Y. [Lf-piandra) glabra, erecta; foliis sparsis sublineari- bus acutis argute serratis; racerao teiminall densifloro ; corolla tubulosa calyce 5-partito multo longiore. — -Perennis, sesquipedalis, glabra vcl apice sub{)ubescens ; folia angusta, linearia vcl lineari-ianceolata, omnia sparsa ; biacteae lineares vel subulataîj pediccllo vix longiorcs (praater iufimas ) y calyx brevis, ssepe jnirpu- rascens, laciniis inaequalibus lanceolatis subglabris; corolla ca^rulea, tubulosa, calyce multo longior, laciniis linibi 4-fîdi oblongis obtusiusculis ; capsula parva, oblonga, glabra; semina niirtuta elliptica fuscescenti!. —Hab. in pratis humidis Pahurise ip.. 3o2 FiSCHER ET MKTEH. — Animaduersionefi hotanîcœ. iPLANTAGÎNË^. Plantago Lessingli. P. acaulis, anmia, pilosa ; foliis sublinearibus subtri- nerviis iutegerriuùs longitudine scapi tereîis ; spica densa pilosissima capitata vel subovata ; bracteis subiinearibus obtusiusculis longitudine calycis ; sepalis distinctis aequalibus ovatis subobliisis latissirae byaiino-raarginatis; lubo co- rollse glabro, laciniis iimbi subiinearibus acutis ciliolatis ; capsula biloculari dis- perraa ; seininibus (magnis) Isevibns. — P. minima Lessipg in litt. (non D.G.) A siinilliraa P. minuta Pallas sepalis bracteisque pilosissirais salis distincta; a P. Bellardi dignoscittir foliis angusîioiibus brevioribusque, bracteis brevio- ribus haud caudato-acuminati.'!, sepalis margine albo latissimo cinclis carinapro- minula viridi nolaîis, sed non acuminatis, et iraprimis scminibus multo majori- bus 1 1/2 Hn. longis ovato-lanceolatis rufis laevissimis, quae in illa minuta sunt, vix 1/2 bn. longa, e'iiptica giisea tuberculata ; a P. cretica nostra planta dif- fert foliis angustis, sepalis (prseter carinam) tenuissiinis hyalinis, laciniis Iimbi corollae angustis non mucronato-acuminalisaliisquc notis. — Hab, versus lacum salsum Indersk, nec non in Mongolia Ghineusi, locis arenosis siccis 0. CHENOPODEiE. Beia orientalis (Roth novae pîantar, species p. 181). Z?. hengalensis Roxb. B.foliosa Ehreiib. B. maritima M. B. certe ad unain camdemqiie specicm spectant. Chenopodium Quinoa. C. leucospermum Schrad. — Nostrum est certe genui- nura Chenopodium vulgo Quinoa Feuillée Obs, éd. germ. 2. p. 19. /. 10. De seminum colore « Die Blume.., istdie erste Hillle eines Jcleinenweissen... Saamenkorns. y> r.oNDEsiA. F. et M. Flores (abortu) monoici ebi'actanti. Mas, Calyx 5-clentatus,innappendiculatus. Slamina 5 (interdum 4-3-2) receptaciilo inserta. Squamae liypogynœ nullœ. Ovarii rudimen- tum. Fœm. Calyx maris. Stamina iiulla. Stigmata 2, 3,elongata. Ovarium depressum. Semen horizontale albiimiiiosum calyce villosissimo obtectum et eu m illo arcte concretura. Corculum periphericum. L. eriantha. Annua, ramosa, habitu Kochiœ eriophorœ\ folia sparsa^ sessilia oblonga. acuta, inicgcrrima, mcmbranacea, villis albis adspeisa : rârauli flori- feri, in foliorum axillis siti, brevissimi, florum capitulo piloso-villosissimo foliis involucrato terminali; flores in foUorum floralium axillis sessiles solitarii, parvi ; I seraen parvam suborbiculatimi, integumcnlis tcnuissimis tectum. — Hab. in litore orientali maris Caspii 0. Genus dicalum iu meiaoriam Gul. Lo: Ca- tasetum inapertum Hooker, Exot. pi. v. 3. t. 31 3. (1826.) 338g. Riiellia elegans : herbacea pubescenli-hirsuta, foliis ovato-acuminatis grosse serratis longe petiolatis, floribus iii ramis termiualibus subsoli- tariis pauci-bracteatis , calycibus ciliatis. Cette jolie plante, très digne de prendre place dans les jar- dins, provient de graines envoyées des Indes orientales. Elle fait probablement partie des Acanthacées rapportées de ce pays par le docteur Wallich, et décrites par M. Nées d'Esenbeck. 3390. SopJiora tomentosa Linn. Spec. pî. p. 533. — Sophora cccidentalis Linn. Sp. pi. p. 533. (P) Foliis ramulisque junioribus canescentibus, demum nudiusculis lucidis. Originaire du Brésil, de la Jamaïque et d'autres contrées de l'Amérique tropicale. Cultivée à Madère, où elle a fleuri et fruc- tifié. 3o8 Extraits du Botanical magazine. 33qi. Pentsiemon Richardsonii Douglas, Jouni., etc. ined. Lindl. Bot. Reg. t. 1 121. S3g2. OEnothera sinuata Mlch. FI. am. v. i. p. 224. Hort. Kew. éd. 2. v. 2, t. 343. (P) Minima: caule humili simplici unifloro, foliis integris.Nutt. Gen. Ara. v. 1. p. 245. Torrey FI. cf. un. st. v. 1. p. 389. OEnothera minima Pursli. FI. am. v. 1. p. 262. t. i5. A l'exception de la figure donnée dans la seconde édition de ri/«9r^i^.yiCe<<^e/2JW, cette espèce, quoique très anciennement cul- tivée dans les jardins, n'avait été représentée dans aucun ou- vrage périodique. 3393. Oncidium, iriquetriim Br. in Ait. Kew. éd. 2. v. 5. p. 216. -- Cym-- hidium. iriquetrwn Sw. Fi. Ind. occ. p. \5q5. Cette Orchidée, originaire de la Jamaïque, n'avait encore été figurée dans aucun ouvrage, quoiqu'elle eût été introduite dans les jardins dès 1793. 3394. Acacia undulœfolia Allan Cunningliam mss. (1822) G. Don Sysî. of Gard. v. 2. p. 4o4. n. 4i. Lodd. Bot. Cab. t. i544. M. Hooker présente d'abord quelques considérations sur la végétation de la Nouvelle-Hollande, dont l'aspect est si bien caractérisé par les Acacia ^ Eucalyptus et les Protéacées. Il rap- pelle , à cet égard , les observations de M. Brown , relatives à l'existence des glandes cutanées sur les deux surfaces des feuilles. \]A. undulœfolia se rapproche de \A. anceps du Prodromus de M. De Candolle, et il décrit deux nouvelles espèces de la même section, découvertes par M. A.Cunningham, et nommées par ce botaniste A. sertiformis et A.piligera. 3395. Maxillaria Deppii Loàd. Bot. Cab. p. 1612 : calyce patente, foliolis oLlongu-oLtusîs maculatis, corollâ porrectâ, petalis lateralibus obova- lis (albidis), labello S-fido (flavo) purpurco-maculato, lobis lateralibus incurvis, intermedio ovato-acuminato undulato reflexo^ scapis radica- libus, bulbo ovato compresse apice subtripliyllo. Cette Orchidée est originaire des environs de Xalapa, dans la Nouvelle-Espagne, Extraits du Botanical magazine. ^oq 3596. Plaglanthus ? sidoides : foliis sparsis la)iceolatis serratis rugosis subtas cano-pubescentibus, floribus glomeratis. Quoique le fruit de cet arbrisseau, originaire de la terre de Van-Dieme», ne soit pas connu, M. Hooker le rapporte au Plagiajithus y genre de la Nouvelle-Hollande, dont la place, dans l'ordre naturel, est incertaine. M. De Gandolle l'a rangé parmi les Bombacées, tandis que d'autres en ont fait une Euphor- biacée. 3397. Habenaria goodyeroides Don Prodr. fi. nepal. p. 2.5. Cette Orchidée est originaire du Népaul, et paraît avoir une grande extension géographique sur le continent indien. 3398. Clerodendruni hastatum (sphalmate C. sagittatum) Wall. Cat. Herb. Ind. n. 1786. Lindl. Bot. Reg. t. iSo/. Siphonanthus hàstata Roxb. Hort. Beng. p. 46. Les fleurs de cette belle plante exhalent une odeur délicieuse. C'est, pour les jardins d'Europe, une excellente acquisition qui est due au docteur Wallich. Elle est originaire du Sylhet, d'où elle a été envoyée, en 181 1, par M. Smith. 3399. Eurycles Cunninghamii Ait. rass. apud Hort. reg. Kew. Lindl. in Bot. Reg. t. i5o6. M. Brown parait avoir, le premier, indiqué la séparation générique du Pancratiwn amboinense L., à raison de la struc- ture de son ovaire à loges dispermes, et de sa couronne sta- minale formant un tube déchiqueté à sa base en six segmens. Deux ans plus tard, en 1812, M. Salisburj, dans les Transactions de la Société d'horticulture, proposa le nom à^Eiaycles pour un nouveau genre qu'il ne caractérisa pas , et qu'il forma du Crinum nerçosum de Lhéritier, un des nombreux synonymes du Pan- cratium amboinense L. En 182 1, M. Herbert a donné encore le nouveau nom de Proiphys à ce genre. Depuis ce temps, deux nouvelles espèces ont été trouvées dans la Nouvelle-Galles du sud par M. Cunningham. L'une est la plante dont il est question dans cet article, et qui a déjà été figurée par M. Lindley dans 3io Extraits du Bolanical magazine. le Botanical register; l'autre est XEucycles australls, formé sur le Pancratium australasicum de Rer in Bot. reg. 71 5. Le genre Eurycles est très voisin du Calostemma de Brown , autre genre exclusivement Australien, et qui, comme le premier, { se compose de trois espèces, dont l'une (C. album) a des feuilles elliptiques-nervées , circonsfance caractéristique dans l'organi- sation des plantes qui font le sujet de cet article. M. Hooker donne, à la suite de la description de la plante qu'il a figurée, une note détaillée sur les trois espèces du genre Eurycles. 34oo. Plerostylis concinna Br. Prod. FI. Nov.-Holl. v. 1. p. Zz^. Hooker Bot. Journ. V. 1. p. 274. t. i36. Découverte dans le voisinage du port Jackson, cette petite Orchidée a été introduite dans le jardin de Rew, en 1828, par M. A. Cunningham. Elle a été communiquée dans les herbiers par Sieber, sous le nom inexact de P. acuminata, qui s'applique à l'espèce suivante. 34oi. Plerostylis acuminata Br. Prod. fl. Nov.-Holl. v. 1. p. 3a6. La figure et les analyses de cette espèce, originaire du même pays que la précédente et découverte par les mêmes botanistes, font voir suffisamment les différences qui existent entre ces deux plantes. 34o2. Zygopetalum Machaii Hooker Bot. Mag. t. 2/48. Lodd. Bot. Cab. t. ib"64. Lindl. Gen. eî spec. Orchid, p. 187. — Eulophia Mackiana Lindl. Bot. Reg. t. i433. (P) Crinitum, venis labelli magls pilosis Lindl. Gen. et spec. Orchid, p. 187. — Zygopetalum crinitum Lodd. Bot. Cab. t. i685 Quoique cette espèce d'Orchidée eût déjà été figurée dans plusieurs recueils, elle est si remarquable par sa beauté, que M. Hooker a cru devoir donner encore une figure de la variété à veines du labelle plus poilues. 4o3. Neottia calcarata Swartz Fl. Ind. occ. v. 3. p. i4i3. — Stenorrhyn- chos calcaratum Rich. Spreng. Syst. veget, v. 3. p. 710. originaire de la Jamaïqîie, de Saint-Domingue, et probable- mont de plusieurs autres îles des Indes occidentales. Extraits du Botanical magazine. 3ii 3404. Goldfussla anisophylla Nées in Wall. PI. Asiat. rar. v. 3. p. 88. — Ruellia anisophylla Hort. bot. Cale. Hook. Exot. fl. t. igi. Wall. \ Cat. n. 234g. a.b. Cette belle plante, originaire du Sylhet, a été introduite, par le docteur Wallich, dans les jardins d'Europe, où elle fait l'or- nement des serres pendant les mois d'hiver et de printemps. Les feuilles sont opposées, quoiqu'elles paraissent alternes, une des feuilles opposées étant réduite à une petite foliole stipuliforme. 3405. Chilodia scutellarioides Brown Prod. Fl. Nov.-HoU. v. i. p. 607, Benth. Gen. et spec. Labiaî. p. 447. — Chilodia australis Loud. Hort. brit. suppl. p. 585 — Prostranthera empetrifolia Sieb. Herb, Nov.-Holl. n. 187. (fîde exempl. in herb. D. Lambert. ) C'est un arbrisseau des forets du voisinage de la rivière Ne- pean dans la Nouvelle-Hollande. Il appartient au groupe des Prostantliérées de la famille des Labiées. 3406. Saxifraga li^ulata Wall, in Asiat. Res. v. i3. p. 298. cum icon. Don in Linn. Trans. v. i3. p. 348, Hook. Ex. fl. v. 1. t. 49. Sweet Brit. Fl. Gard. t. Sg. — Megasea ? ciliata Haw. Enum. Sax. p. 7. Ce Saxifraga, originaire du Népaul et voisin du 5. crassifoliay est, comme ce dernier, d'une culture facile; mais comme il fleu- rit en janvier et février, il est convenable de le placer dans l'oran- gerie. 3407. Epacris impressa LabilL Nov.-Holl. v. 1. p. 43. t. 58. Br. Prod. fl. Nov.-HoU. p. 55i. Sweet. Fl. Austral, t. 4. Lodd. Bot. Gab. t. 1691. Élégante espèce remarquable par ses grandes fleurs roses et pendantes. Originaire de la Nouvelle-Hollande. 3408. Acacia prensans : caule scandente ra chique foliorum aculeatis : aculeis sparsis recurvis, ramulis junioribus sulcalis rachibusque pedicellis- que fulvo-velutinis : pinnis sub-7 jugis : foliolis 16-22 jugls, oblongis acutis, inferue inarginibusque pubescentibus, subciliaîis, basi valde inaequalibus : petiolo infra médium i-glanduloso, glandulaque inter 2-4 ultima paria pinnarum, inferiore semper infra jugum posita; capi- tulis globosis axillaribus, pedunculatis , in paniculam laxam^ eloa- gatam piimo terminalem, basi foliosam dispositis. (Lovre.) An Acacia pinnata De Cand. et alior. ? 3i2 Extraits du JJotaiiical magazine. On ne connaît jDas avec certitude la patrie de cette espèce. La figure publiée dans le Botanical magazine a été faite d'après im seul individu, qui croissait dans le jardin de Valle, près de Funchal. C'est un élégant arbrisseau très épineux, qui demande beaucoup d'espace, et qui pourrait être employé en manière de baie défensive. 4409. Randla Bowieana Allan Cunningham mss. : inermis fruticosa glabra, foliis in ramos tcrminalibus obovato-oblongis acuminatis brève petio- lalis membranaceis subtus venis obsolète pubescentibus, slipuiis mein- branaceis, floribus in ultima ramulorum axilla tcrminalibus solitariis, corollae tube longissimo, calycis lobis subfoliaceis spathulatis. Belle plante de serre-chaude , originaire du Brésil. M. Hooker Fa placée, avec doute, dans le genre Randia, son fruit étant inconnu. Selon M. Cunningham , l'ovaire est à deux loges, qui renferment chacune plusieurs ovules, ce qui paraît indiquer que les graines dans le fruit mûr sont enveloppées d'une pulpe molle. 34io. Epidendrum ? stenopetalum : caulibus erectis flexuosis articuîatis stria- tis apfce dipbyllo , foli Jineari-oblongis obtusis coriaceis ; corymbo subumbellato sessili, sepalis petalisque ovatis acuminatis subaequalibus patcntibus, labello patente libère obovato obtusissimo basi intus sub- tuberculoso, colurana apice dentata. Cette jolie Orchidée est originaire de la Jamaïque. Il n'est pas bien certain qu'elle appartienne au genre Epidendrum; mais si elle en fait réellement partie, elle doit être placée près de \ Epidendrum cornutum Bot. mag. t. 3332. 34 11. Echinocactus Eyriesii Otto in Vcrhandl. Preuss. Gait. Ver. c.ic.Lindl. Bot. îieg. t. 1707. 341»; Cypripediian insigne Wall. mss. Lindl. Coll. Bot. t, Z2. Exot. fl. t. 34.Lodd. i. i32i. 34b i. Barosma crenulata Willd. Enum Hort. Berol. suppl. t. 12. — Diosma crenulata Linn. AmEcn. Acad. v. 4. p. 3o8. •— Diosma crenata Linn. sp. PL p, 287. non D. G. nec Lodd. t. 4o4. ncc Woodv. med. Bot. suppl. t, i4. — ■ Bucco crenata Rœm. et Schult. v. 5. p. 4i4. — Pa- rapelallfera oc/omto Bartl. et Wend. Coll. 1. p.5o. t. i5. — Diosma odorata D, C. Prodr. v. 1. p. 714. — Diosma serratifoUa Burch. I Extraits du Botanical magazine. 31^5 Trav. in Afr. v. i. p. 476. figura (non Curt.) — Dlosma laUfoUa Lodd. Bot. Cab. t. 290. non Linn. vix Andr. Comme on le voit par cette longue synonymie dont nous avons encore retranché les citations inutiles, le Barosma cre- nulata est une plante qui a depuis long-temps attiré l'attention des botanistes. M. Hooker pense que c'est elle qui fournit les feuilles nommées BucJcu ou Eookoo , et employées par les Hot- tentots comme médicament interne et externe. 34i4. Primula Palinuri Jacq. Eclog. p. 63. t. 43. Tenore fl. Neap. t. i4, Hooker Ex. fl. t. 18. 34 1 5, Craspedia macrocephala : foliis lalis strigoso-hirsutis. Cette plante, de la famille des Composées, est originaire de la terre de Van-Diemen, sur le mont Wellington, à une hauteur de 3,000 pieds au-dessus du niveau de la mer. Son feuillage res- semble à celui de \ Ammobium elatum, et ses capitules de fleurs exhalent une odeur qui rappelle celle du Baddleia globosa. S4i6. Vanda Roxburghi Br. in Bot. Reg, t. 5o6. Sims. in Bot. Mag. 2245. — Cymbidium tesselloides Roxb. Fl. Ind. in<îd. — Vanda Sir W. Jones in Asiat. Res. v. 4. p. 3o2. Var. P zmicofor / sepalis petalisque unicoloribus. 3417. Stypandra propinqua Ail, Cunn. Mss. : glaucescens, foliis omnibus distinctis rcmotiusculis slvictis pKis minùsve aversis : baseos margini- bus œfjualiter rcctis. Croît en touffes nombreuses sur les rochers dans l'intérieur de la Nouvelle-Hollande, au nord de Bathurst. Elle est voisine du Stypandra glauca Br. 34i8. Dendrohiiim densiflorum Wall. Cat. n. 20O0. Lindl. m Wall. PI. As. rar. n. 4o. Gen. et spcc- Orchid, p. 1. p. 90. Cette magnifique Orchidée est originaire du Népaul. 34! g. Leptnspermum scopariumTiQ Caud. Prodr. v. 3. p. 227. Var. qrandijlorum. Fiore magno roseo, vel in umbra sgepc albo. 3420. Acacia Irlstls Grahara mss. : stipulis setaceo-spinescentibus deciduis, phyllodiis falcatis nervis duobus insequalibus margine superiure re- 3i4 Extraits du Botanical magazine. curvo, pedunculls subsolitariis cumque folio longiore ramuloque sul- cato puberulis. Cette nouvelle espèce est voisine de V^. undulata Willd. ainsi de XA. armata. Sa nervation la rapproche aussi de XA. verni- ciflua dont elle se distingue par ses stipules. 3421. Isopogon Loudoni D. Baxter. Br. Prod. FI. Nov.-Holl. suppl. prim. p. 8. Celte Protéacée est probablement la plus belle espèce du genre Isopogon ^ qui en renferme maintenant vingt-trois re- cueillies à la Nouvelle-Hollande, et étudiées par M. Brown. 3422. Rhododendrum Caucasicum Pallas Ross. v. i. p. 46. t. 3i. Bot. ïnag. t. ii45. Var. (^) straminea : floribus strainineis intus fulvo-maculatis. 3423. Rhododendrum alta-clerense Lindl. Bot. Reg. .i4i4. C'est une hybride obtenue du R. arboreum et d'une autre espèce américaine. 3424. Hakea ferrugineù, Sweet. FI. Austral, t. 45. Cette espèce a été cultivée dans le jardin botanique d'Edim- bourg, sous les noms de //. elliptica et H. marginata. S'itaS. Hoya Potlsil Traill. ia Hort. Trans. v. j. p35. t. i.? Loddiges, Bot. Cab. t. 1609. 3426. Orchis tephrosanthos V^ill. De][)h. v. 2. p. 32. Hooker iu Fl.Lond. n.s. ' cum ic. — Orckis mililaris Engl. Bot. t. 1873, — Orchis mili- tarîs ? Linn. sp. PI. p. 1334. — Orchis simiam referens Vaill. Bot. Par. t. 3i. f. 25. 26. excellent. < — Orchis Simia De Gand. FI. Fr. éd. 3. V. 2. p. 249. Var. (P) Spica raultiflora foliis latioribus. 3427. Erica recurvata Andr. Heath. v. 4. Lodd. Bot. Cab. t. logS. — Eury loma recurvata DonSyst. of Gard, et Bot. v. 5. p. 817. 3428. Vaccinium albifiorum : ramis floriferis subapliyllis, racemis subco- rymbosis secundis nutantibus bracîeatis (bracteis valdè deciduis), co- rollis lato-ovalibiiS;, calycibus patenti-reûexis, foliis ovatis-lanccolati Extraits du Botanical magazine. 3i5 obscure serrulatis membranaceis deciduis sublus costa nervisque pre- cipuè patenti-pilosis, germine omnino inferoc Cette nouvelle espèce a, sans aucun doute, de l'affinité avec le F^. corymbosum L. Elle se rapporte à la figure donnée dans le Botanical register, t. 4oo, pour le F. amœnum, qui n'est pas distinct du F. corymbosum. C'est peut-être le F\ album Lam. non Linn. 3429. Vaccinium cœspitosum Mich. Am. v. i. p. 234. Hook. FI. Bor. Am. v. 2. p. 33, t. 126. 3430. Crescentia Cujete Linn. Sp. pi. p. 872. Jacq. Ara. p. 175. t. m. 343i. Pœonia Hussi Biv. Man. Sic. 4. p. 10. De Cand. Prodr. v, i. p. S'/. Sw. Br. FI. Gard. t. 122. Espèce très voisine du P. humilis. 3432. Cratœgus coccinea Linn. Sp. pi. p. 682. Aucune figure n'avait été donnée jusqu'à présent de ce bel arbrisseau, qui orne aujourd'hui nos pépinières, et qui est ori- ginaire du nord de l'Amérique. 3433. Facciniiim corymbosum hina, Sp. PI. p. 49g. ' — [Vaccinium, amœnum Ait. Hort. Kew. éd. 2. v. 2. p. 358. Bot. Reg. t. 4oo. ? Audr. Bot. rep. t. i38? — ■ Vaccinium, dimorphum Mich. Am. v. 1. p. a3i. Var. p. Fuscatum, : coroUis subcylindraceis pulcherrime roseo-vittatis. Vaccininm fuscatum, Pursh Am. sept. v. i. p. 287. Bot. Reg. t. 3o2. — Vaccinium for m,o s um Andr. Bol. Rep. t. 97. — Vacci- nium virgatum, Wats. Dendr. t. ZZ. (non Ait.) 3434. Vaccinium Pensylvanicum Lam. Enc. v. 1. p. 72. — Vaccinium te^ nellum Ait. Hort. Kew. v. 2- p. la? 3435. Cassia glandulosa Linn. Sp. PL p. 542. De Cand. Prodr. v. 2. p. 5o3 Le caractère du C. calfcioides DC. s'accorde également avec celui de la plante figurée dans le Botanical magazine; mais la figure du C. calycioides , dans la Monographie de Colladon , présente des feuilles très différentes. 3i6 Extraits du Botanical magazine. 3436. Sida inœqualis Liuk et Otto. Berl. t. 34. On présume que cette plante, qui a un port différent de celui des Sida y est originaire du Brésil. 3437. Canna glauca Willd. Sp. PI. v. 1 . p. 4. Rose. Linn. Trans. v. 8. p. 33g. Scit. PI. cum le. Sm. Ex. Bot. p. 83. t. 102. V^ir. 7. ruhrd'-lutca : florum basi labioque inferiore rubris, labio superiore luteo. 3438. TVestringia eremicoîa AUan Cunuingbam mss. Benth. Gen. et spec. Labiat. p, ^5^.~-Westringia longifolia Lindl. in Bot. Reg. l. i48i. non Br. 343g. Rhododendron calendulaceum. — Azalea calendulacea Mich. Am, v. 1. p. i5i. y-àv.fulglda. On croit que c'est une hybride provenant du Pi. ponticum et du R. nudifiorum var. coccineum. 344o. Gilia acliilleœfolia Benth. in Bot. Reg. fol. 1622. Lindl. Bot. Reg. t. 1682. 344i. Phlox Drummondii : annua, patenti-pilosa erecta, fobis oblongis acutis aristatis basi subcordatis semiamplexicaulibus, infîmis subspathulatis, floribus corymbosis, corollae laciniis subulatis acuminatissirais reflexis corollasque tiibo (calycis tubum ter excedente) hirsutissirnis. Cette espèce nouvelle, et d'une beauté remarquable, a été découverte dans le Texas par l'infortuné voyageur Drummond , qui est mort à Cuba, victime du climat, après avoir enrichi la botanique d'une foule d'espèces recueillies dans ses voyages en Amérique, et particulièrement dans la Floride. 3442. Mespllus lobala Poir. Encycl. Bot. suppl. v. 4. p. 71. — Mespilus Smithii De Cand. Prodr. v. 2. p. 633. — Mespilus grandiflora Smith, Exot. Bot. v. i. p. 33. t. 18. -3443. PuUenœa cordata : Cdi^\\n\\s terminabbus^ foliis cordato-ovatis acutis raucrone pungenti subcarnosis concavis iitrinque glabris; stipulis scariosis. Espèce nouvelle, originaire de la terre de Van-Diemen. Extraits du Botanical magazine. Siy 3444. Bégonia heracleifolia Schlecht. et Cham, in Linnaea^ V. 5. p. 6o3. Liudl. Bot. Reg. t. 1668. 3445. Primula sibirica Jacq. Mise. Austr. 1. 161. Hook. Bol. Mag. t. 8167. — Primula rotundifolia Pallas It.3 . 228. - Primula intermedia Ledebour, Mem. de l'Acad. des Sciences de St.-Péters. v. 5 19. (var. minor.) Primula foliis ovatis^ glaLris integerrimis : umbellis pauclfloris nutantibiis. Gmel. FI. Sib. 4. 83.1. 46. f. i. Y ar. ^. foliis integerrimis. 3446. Faccinium canadense Herb. Banks. Ricb. in Frankl. First, journ. éd. 2, App. p. 12. Hook. FI. Bor. Am. v. 2. p. 82. Cette espèce se distiogne du F. corymbosum par sa petitesse, ses rameaux fleuris et foliés et sa corolle campanulée; du F. pensjlvanicwn par ses feuilles poilues parfaitement entières, et par la largeur de l'entrée de la corolle. 344/. Vaccinium myrtilloides Mich. Ara. v. 1. p. 234. — Facciniam angusii'- foliurti Ait. Hort. Kew. éd. 1. y. 2. p. il. Var. P. macrophyllum j foliis majoribus. Var. T. MyrtilluSf Sra. iu Rees Cycl. Cette espèce, originaire de l'Amérique du nord, est très voi- sine de notre F. Myrtillus y mais elle se distingue par ses fleurs plus petites et larges , ayant exactement la forme de l'apophyse de Splachnum ampullaceum. 3448. Epimedium diphyllumLodd. Bot. Cab. i858. Cette plante a été décrite et figurée dans le Annales des Sciences naturelles (décembre i834), par MM. Morren et De- caisne, sous le nom générique di Aceranthus. M. Graham , auteur de X2i\:\\Q\ç^A'à\\^\ii Botanical magazine^ paraît avoir ignoré ce travail, puisqu'il n'en fait pas mention et qu'il s'oppose même à la distinction générique de cette plante. 3449. Dyckia rarijlora ScbuUes fil. in Syst. veget. 7. 1195. Cette belle espèce, d'un genre appartenant à la famille des Broméliacées, est originaire du Brésil. SîS" Extraits du Botanical magazine. 545o. Isopogon spathulatus Br. Prodr. FI. Nov.-Holl. Suppl. prim. p. 8. Var. p. linearis : folia lineari-spathulata Br. loc. cit. 345i. Brassia caudata Lindl. Bot. Reg. t. 832. Hooker Exot. FI. t. 179. — Malaxis caudata Willd, Sp. pi. v. 4. p. 83. — Epidendrum caudu" tum Linn. Sp. pi. p. 1349. — Helleoorlne rarnosissiraa , caulibus et floribus maculosis Pliira. le. t. 277. 3452. Fhaceîia congesta : pubescens, foliis insequaliter pinnatis,pinnis pinna- tifidis inciso-lobatis, racemis corymbosis multifloris. C'est une des plantes les plus intéressantes recueillies dans le Texas par Drummond. Elle fleurit dans l'orangerie au mois de juin; mais comme elle est annuelle, on pourra la cultiver en pleine terre, et elle contribuera, par ses jolies fleurs, à l'orne- ment des parterres. Elle est voisine du P. hipinnatifida Micli. 3453. Piubus Nutkdnus De Cand. Prodr, v. 2. p. 566. Lindl. Bot. Reg. î. i368. Hook.Fl. Bor. Am. v. 1. p. i883. 3454. Rhododendron maximum : hyhridam — Rhododendron hyhfidum : blgenerlÀwàX. Bot. Reg. t. igb. — Rhododendron fragrans : hortulan. Cette hybride provient de la fécondation de ÏAzalea glauca par le pollen du Rhododendron maximum. 3455. Bellis integrifoLla Mich. Aia. v. 2. p. i3i. — Eclipta iniegiifolia Spreng. Syst. Weget. v. 3. p. 602. Braçhycome xanthocomoides Less. Comp. p. 102.? Linnœa v. 9. p. a65. ? Depuis Michaux, on n'avait pas retrouvé cette plante dans l'Amérique septentrionale. Dans ces derniers temps, M. Nuttall l'a recueillie dans les prairies de l'Arkansa, M. Short dans quel- ques localités du Rentucky , et M. Drummond dans le Texas. C'est véritablement une espèce du genre Bellis. 3456. Vellheimia glauca Willd. Sp. pi. v. 2. p. 182. Bot. Mag. t. 1091. (flore albo.) Redout. PI. Liliac. v. 8. p. 44o. — Aletris glauca Ait. Hort. Kew. éd. i. v. i. p. 485. Var. floribus rubescenti-purpureis. 3407. Epidendrum conopseum Br. in Ait. Hort, Kew. éd. 2. v. 5. p. 219^. - DUPONT. — ' Gfpsophila saxi/raga. 319 Lindl. Gen. et spec. Orchid, p. 106. — Epidendrum Magnoliœ» Muhl. Cat. 81. C'est la seule Orchidée parasite que l'on trouve dans les États- Unis. Elle croît sur les troncs des chênes, mais on la rencontre plus souvent sur le Magnolia grandiflora. Sur les caractères génériques du Gypsophila Saxifrage. Par M. Dupont. Cette plante, d'abord placée par Linné dans le genre Dian- thus [Sp. pi. éd. I, p. 4i3), ensuite réunie par lui au Gypso- phila^ a été conservée dans ce dernier genre par tous les bota- nistes venus après lui, qui ont eu occasion de la mentionner, jusqu'à ce que MM. Mertens et Roch, dans leur Flore d'Allema- gne , l'en aient séparée, pour constituer avec cette seule espèce un genre intermédiaire entre les deux, sous le nom de Tunica. Depuis, le docteur Griesselich, de Karlsruhe, dans une notice sur quelques genres ou espèces illégitimes (Voy. Arch. bot. t. i p. 545) a rétabli celle-ci dans le genre Dianthus^ auquel Linné l'avait primitivement rapportée. C'est là qu'est en effet sa place véritable , d'après l'ensemble des caractères qui lui sont com- muns avec toutes les espèces de ce genre, mais dont le plus im- portant de tous, qui est propre à celui-ci, exclusivement à tous les autres genres de l'ordre des Cariophyllées, et un second qui le distingue seulement du genre Gypsophila, n'ont pas été men- tionnés par ce dernier botaniste, ni par aucun autre que je sache, comme appartenant à la plante qui est l'objet de cette note. Le premier de ces caractères est fourni par l'embryon, le second par le stigmate. Un des caractères les plus généraux des Cariopliyllées est, comme on sait, la disposition annulaire et périphérique de l'embryon autour d'un périsperme farineux central, et la direc- tion de ses deux extrémités radiculaire et cotylédonaire vers le hile, auquel elles aboutissent l'une et l'autre. Dans le Dianthus 320 DiJPOî^T. — Gjpsophila saxifraga. seul (i), dont les graines comprimées , ovales ou sous-orbicu- laires et terminées à leur extrémité radiculaire par une petite pointe en forme de bec, sont attachées au placenta par un hile situé au centre de leur face ventrale, l'embryon presque droit a une direction hétérotrope, c'est-à-dire qu'aucune de ses deux extrémités n'est dirigée vers le hile , également éloigné de l'une et de l'autre. Cet embryon est situé dans la partie dorsale moyenne de la graine, en dehors du périsperme, qui en occupe la partie ventrale et les côtés delà dorsale, en formant une gout- tière longitudinale, dans laquelle l'embryon est logé, mais sans être recouvert par lui sur sa face postérieure, qui est immédia- tement appliquée contre le tégument. (2) D'un autre côté, dans presque toutes les Cariophyllées , les stigmates se prolongent, sous forme d'un sillon glanduleux, sur une grande partie et souvent même jusqu'à la base de la face interne des styles. Dans le genre Gypsophila seul, au moins dans toutes les espèces, au nombre de huit, que j'ai eu occasion d'examiner, et aussi dans \e Saponaria pon^igens, qu'on devrait peut-être rapportera ce genre, les stigmates sont obli- quement terminaux et se continuent à peine un peu au dessous du sommet des styles. Les deux caractères de l'embryon rectiuscule, dorsal et hé- térotrope, et des stigmates prolongés sur la face interne des styles, se rencontrent dans le GypsopJiila saxifraga ;\q dernier l'éloigné donc de ce genre, comme le premier ne laisse plus aucun doute que cette plante n'appartienne au genre Dianthus, par tous les caractères essentiels. (i) TJJIolosteum iimbeUatum offre aussi une exception, mais différente de celle du Dian^ tltus , à cette disposition générale de l'imbryou des Cariophyllées, le sien étant replié sur lui- même dans l'inlérieur du périsperme. (2) M, Aug. de Saint Hilaire (Mém, du Mus. d'hist. nat., t. ii, p. ii5) dit que l'embryotî du Diantlius est entouré de périsperme : c'est une erreur échappée à cet observateur ordi- nairement si exact. CH. MORREw. — Sur Us Clostéùes. 821 Mémo j RE sur les Clos ter ies, Par M. Ch. Morren, Professeur de botanique à l'Université de Liège, SECONDE PARTIE. §1. Reproduction sans accouplement préalable. Formation des FrO' pagules. Il y a évidemment, chez les Clostéries, deux moyens de se reproduire, et chacun de ces moyens se retrouve dans tout le règne végétal. Tantôt une partie de l'organe d'assimilation, de l'organe nutritif, acquiert le pouvoir de propager l'espèce; ce sont des bourgeons, des bulbilles, etc., chez les végétaux supé- rieurs; c'est ce que nous nommons, chez les Clostéries, des propagules , pour les distinguer des séminales, autres corps de reproduction. Tantôt, un embryon est le résultat du concours des sexes, d'un accouplement préalable; c'est l'ovule, l'embryon proprement dit, la graine, chez les plantes placées au haut de l'échelle; c'est ce que nous nommons, chez les Clostéries, des séminules. Nous ne nous occuperons ici que des propagules. Nous avons démontré, au troisième chapitre de la première partie de ce travail, que l'utricule vert, dont toute substance parenchymateuse est formée, se nourrit par l'absorption du mucus qui provient d'autres utiucules voisins , qu'il grandit et se vésiculise d'après une loi d'assimilation qui se vérifie chez tous les végétaux; l'utricule devient ainsi \e propagule. Quand il a un certain diamètre, on voit dans son intérieur des gra- nulations qui deviendront, en étendant autour d'elles l'enve- loppe commune, autant d'utricules particulières (voy. fîg. 36, pi.i,.) Les propagules sont contenus dans une membrane très déli- V, BoxAN.— < Juin. 2 1 322 CH. MORREN. ' — ' Siir les Clostéiies. cate, générale, qui enveloppe toute la masse verte, et qui revêt intérieurement la seconde membrane qui tapisse la lorique ou le test durci extérieur. Tantôt cette membrane extensible con- tribue, d'une manière directe, à l'accouchement; elle sort sous la forme de deux cornes d'abondance de la lorique, entraînant dans son intérieur les propagules et les traînées de matière verte au milieu de laquelle ceux-ci se sont formés. On remarque alors que la matière verte se dispose par rubans, par cylindres, comme du vermicelle. Cette membrane sort par deux cavités percées de chaque côté de la plus petite ligne médiane de la Clostérie. C'est ce mode de propagation que nous avons représenté pi. 1 1 , fïg. 36; nous ne l'avons observé que sur les Clostéries à deux longs cônes, (i) Tantôt les propagules percent la membrane intérieure et se font jour au-dehors par la fente de déhiscence qui sépare en deux la lorique externe; tantôt enfin le test s'ouvre, se disloque, et les propagules sont mis à nu; c'est ce que nous avons dessiné pi, 9, fig. l\ et lo. Ces deux modes d'accouchement n'ont été observés aussi que sur les Clostéries à double cône développé. Dans ces trois manières de se propager, l'effet est toujours le même : les propagules sont libérés. Dans le premier de ces modes, là où la membrane extensible se fraie un chemin à travers le test, nous devons reconnaître une analogie bien évidente avec ce qui se passe après la déhis- cence de la coque pollinique; l'éruption entraîne quelquefois l'utricule dilatable ou la membrane interne. Dans une Clostérie tout-à-fait dépouillée de ses propagules et de leur gangue verte , nous avons vu un nombre très considé- rable de sphérioies rouges entourées de leur mucus (fig. i8, pi. 9). Dans d'autres Clostéries où l'éruption s'était faite par la sortie de la membrane élastique, nous avons reconnu, encore des sphérioies rouges, mais descendues des pointes et dirigées vers les cornes d'abondance, qui entraînaient les propagules et la (i) J'avais communiciué ce fait, le 8 août i835, à l'Académie de Bruxelles. Depuis cette époque (octobre i835), a paru en France la traduction du compte rendu des travaux botani- ques en i834par M. Meyen,où j'ai vu que cet auteur avait observé deux fois ua fait semblable. CH. MORREN. — Sur les Clostéries. 323 matière verte (pi. ii, fig. 36). Enfin, dans beaucoup de Closté- ries, nous n'avons plus trouvé, ni pendant l'accouchement ni après lui, des sphérioles rouges (pi. 9, fig. 4, 5, 10); alors il y avait conservation complète du test(fig. 10), ou bien on voyait aux pointes des cornes, des bosselures et des ouvertures bien visibles (fi g. l{h, 5 /z/z). Ce qui se manifeste dans la figure 36, planche 11, est bien propre à nous convaincre cjue les utricules à sphérioles rouges existent en dehors de la membrane extensible qui ren- ferme immédiatement les propagules, et en dedans de la mem- brane moyenne qui tapisse intérieurement le test ou la lorique, et dont nous démontrerons l'existence au chapitre de la forma- tion des séminules. Celte position nous raffermit dans l'idée que nous nous sommes faite sur les fonctions des utricules à sphérioles rouges; nous les avons considérés comme des utricules poUiniques, comme des organes sexuels mâles. Or, partout nous voyons chez les êtres hermaphrodites l'appareil mâle séparé de l'appareil fe- melle; l'embryon est à distance, contenu toujours dans une membrane enveloppante qui le sépare de l'organe actif mâle jusqu'au moment où, par le moyen d'ouvertures pratiquées à cet effet, il peut s'insinuer dans les tuniques de l'ovule et fé- conder immédiatement l'embryon. Ici, c'est la même conditioa répétée, et nous croyons que , dans ce cas, tantôt la membrane extensible se crève pour recevoir les sphérioles rouges au-dedans de la Clostérie (fig. 4 et 10, pi. 9); tantôt elle sort entière pour s'ouvrir au-dehors et permettre aux propagules de recevoir, dans le milieu ambiant, l'influence de l'organe mâle (fig. 5, pi. 9. — PL II, fig. 36). Dans cette dernière circonstance, les sphé- rioles rouges se font jour par les cavités percées aux extrémités des cônes (fig. 4 /î, pi. 9) et précédées par la formation des bosselures (fig. 5, /z/z), ou bien elles sortent par l'ouverture qui a servi à la sortie des propagules, de la matière verte et de la membrane qui les contenait (fig. 36, pi. 1 1). Nous avons comparé plus haut les propagules aux gemmules, aux bourgeons adventifs et aux bourgeons axillaires des végétaux supérieurs. Nous comprenons bien que l'on pourrait nous ob- 39.4 CH. MORREN. — Suj' Us Clostèries. jecter maintenant que les propagules semblent avoir besoin , pour perpétuer l'espèce et devenir des êtres semblables à ceux qui les ont produits, d'une fécondation préalable, antérieure aux changemens que le développement ultérieur fera naître chez eux; mais nous pourrions à notre tour invoquer ici le témoignage de M. Raspail, qui, par une étude approfondie de la lupuline et des corpuscules analogues trouvés sur le chanvre, l'érable, la mercuriale, l'épinard, et auxquels nous joindrons le cassis sur lequel nous en avons reconnu de fort gros, est par- venu à ce singulier principe que toute feuille est une anthère insérée près du bourgeon, qui devient un ovaire qui a besoin d'une fécondation pour se développer et conserver le type de l'espèce, de manière que toute branche serait le produit de la fécondation du bourgeon. La feuille anthère aurait pour pollen les utricules dont nous parlons (i). H y a cinq mois, lorsque M. Dutrochet a lu à l'Académie des Sciences de Paris son inté- ressant mémoire sur lafornm primitive des embryons végétaux, nous avons été tenté de considérer les noyaux-loupes des Hêtres et des Cèdres du Liban comme des embryons gemmaires non fécondés par les feuilles, et persistant dans leur état embryon- naire par la nourriture qu'ils reçoivent de la plante-mère (2). Ce que nous avons constaté chez les Clostèries ne forme donc qu'une 4:lépendance d'une loi plus générale. Il y aurait donc cette différence remarquable entre les pro- pagules et les séminules : c'est que, pour donner aux premiers la vie évolutive, il faut une fécondation sans accouplement, tandis que, pour former les seconds et pour leur imprimer la force d'évolution, il faut uuq fécondation accompagnée d'un ac- couplement, c'est-à-dire la réunion de deux individus parfaits. La différence ne porte pas sur un caractère essentiel, immédiat, mais c'est une dissemblance médiate et serdement apparente. Il est en effet conforme aux lois de l'univers cjue la nature est identique, partout semblable à elle-même, mais luxueuse dans (i) Voy, Chimie organique par Raspail , p, ï8o, ^2) Voy. riDStilut^ tom. ni, u. loi, p. 1 18. CH. MORREN. — Suv les Closténes. Sa 5 les variétés; il n'y aurait pas de reproduction sans fécondation, il n'y aurait jamais de génération spontanée. Nous avons, dans notre première partie, montré comment les propagules libres se développaient en Clostéries parfaites. §. IL Reproduction avec accouplement préalable, formation des Séminules. C'est ici que nous allons faire connaître pour les Clostéries un des phénomènes les plus remarquables, inconnu, croyons- nous, jusqu'à ce jour, pour ces êtres singuliers et dont la juste appréciation n'aura pas pour moindre résultat de déplacer ir- révocablement ces productions du règne animal, et de les rap- procher, dans le règne végétal, des Zygnèmes, avec lesquels elles ont de si grands rapports que nous n'hésitons pas à les com- prendre dans la tribu dont ces Algues forment le type. Nous croyons encore que l'accouplement des Clostéries et surtout la formation de leur énorme séminule donneront à l'embryologie végétale des connaissances nouvelles. Nous tenions au mois d'avril une grande quantité de Closté- ries dans un verre rempli d'eau. Parmi celles qui occupaient la surface du liquide, nous apercevions un jour une grande Clos- térie à deux cônes égaux, adhérente à deux autres Clostéries dont un des cônes était plus court, de la manière représentée fig. 21, pi. 9 en ab c. La Clostérie a avait contracté adhé- rence avec les Clostéries bc de son côté concave à ses deux extrémités, et c'était aussi par le côté concave que les deux au- tres individus semblaient soudés avec le premier. Parmi les au- tres agglomérations d'individus nous remarquâmes que presque toutes présentaient une autre disposition et c'est celle que nous avons reconnu plus tard comme étant la plus générale. Elle est dessinée fig. sia.pl.g. Une Clostéries a un cône très développé et un autre cône plus rétréci; par son côté concave elle se soude avec une Clostérie h déjà plus contractée; deux autres Closté- ries c et d,\ soudées de la même manière entre elles, contractent SaG CH. MORREN, — Sur les Closténes, adhérence avec le premier couple parles pointes où nous avions reconnu antérieurement les utricules à sphérioles rouges. Tan- tôt la combinaison de deux couples s'opère par quatre Glosté- ries à cônes inégaux, comme nous l'avons figuré pi. 9, fig. 24. No- tons encore qu'il ne faut pas toujours que deux couples se com- binent, mais qu'il y a beaucoup de dispositions de Clostéries ou un seul couple existe. Nous n'avons jamais trouvé au-delà de quatre individus réunis. Le soir du même jour où nous avions trouvé pour la pre- mière fois ces singulières associations, nous aperçûmes à quoi elles servaient, car les choses avaient complètement changé d'aspect. La combinaison quaternaire de la figure 11 était de- venue comme elle est représentée figure 23. Les quatre Closté- ries s'étaient accouplées deux à deux , en s'éloignant l'une de l'au- tre et en poussant entre elles deux tuyaux de communication; en même temps les tests s'étaient recourbés en dedans; toute leur matière verte en était sortie et s'étant réunie en deux masses communes elle se montrait sous l'apparence dedeux séminules très gros e, /", qui occupaient le milieu des tuyaux de commu- nication renflés à cet effet. Les mêmes modifications s'étaient manifestées dans les cou- ples solitaires, où tantôt les Clostéries regardaient par leur pointe le même côté ( pi. 9 , fig. 26) et tantôt avaient leur pointe respectivement placée d'un côté opposé (fig. 2 5). C'était là un accouplement réel, une association comme dans les Zygnèmes ou les Conjugées, et dès ce moment nous dûmes poursuivre ce phénomène avec tout le soin dont nous sommes capables. Voici la série de nos observations; nous les avons vérifiées sur un nombre incalculable de Clostéries. M. Papejans de Mor- choten a eu la constance de les suivre avec soin , mais nous devons prévenir les naturalistes qu'au bout de huit jours la saison des accou])lemens cesse et qu'alors il faut attendre pour la voir revenir au mois de juin, époque de la seconde génération dans l'année des Clostéries. Nous ne mentionnerons que les phénomènes qui se passent chez un couple ; le lecteur se souviendra que ce qui a eu lieu CH. MORREN. — Suv les Clostéries. 827 chez les deux élémens, se répète de la même manière chez les quatre élémens des combinaisons quaternaires. Représentons-nous deux Clostéries a (tl b (fig. 28, pi. 9) accouplées. D'abord rapprochées, elles se touchent par le miheu du petit cône et de son côté concave. Après le contact, il y a adhérence, puis soudure, et à la suite de ce collage organique le test se prolonge , croît entre les deux cônes qu'il éloigne l'un de l'autre pour former un tuyau de communication c, cl. Ce tuyau, d'abord étroit, cylindrique, devient peu-à-peu plus large (fig. 27, pi. 9). Jusque-là on voit à son milieu une ligne de dé- marcation, qui démontre que le test de chaque Glostérie a fourni la moitié de son étendue. Plus tard, cette ligne disparaît et le tuyau alors renflé paraît continu ^pl. 10, fig. 28 c). Quand le tuyau s'enfle et s'allonge , on voit paraître dans son intérieur l'extension de la seconde membrane interne qui revêt immédiatement la paroi interne du test (^, e, fig. 26 et 27, pi. 9); cette membrane présente même ses stries d'accroisse- ment comme oïi le voit en c, c/, e, fig. 26 et 27 ; quand les cônes se sont vidés de leur matière verte , on voit en dehors de leur ligne de déhiscence la membrane interne poindre comme deux cônes d'une blancheur et d'une transparence par- faites (pi. 10, fig. 29, é). En outre, une troisième membrane enveloppe la matière verte qui va former le séminule. C'est , croyons-nous , l'enve- loppe même de ce dernier, comme on le voit pour le premier de ces cas en e, fig. 27, et pour le second en c et en h, fig. 29. Voilà pour le tube et les membranes ; examinons maintenant ce qui se passe pour la chromule et les sphérioles rouges. Lorsque deux Clostéries se sont accouplées et ont formé leur séminule, on n'aperçoit plus de sphérioles rouges (fig. 28, 2 5, pi. 9, 28 et 29, pi. 10, et fig. 37, 38, 4» et4i, pi- 1 1) ; une seule fois nous avons vu un cône vide qui s'était accouplé et qui con- tenait encore l'utricule aux sphérioles rouges (fig. 39, pi. 11). Pendant que s'opère l'agglomération et la concentration de la chromule en séminule, on voit les utricules à sphérioles rouges, s'étendre, se diviser, libérer les sphérioles et laisser celles-ci cheminer vers la chromule où ils se perdent. Cela est 328 CH. MORREN. — Slit les Closténcs. manifeste sur les figures 26, 27 aux lettres /, g", /z, où l'on voit des utricules encore entières en / fig. 27,^ %. ^26, des utricules partagées en h fig. 26, des sphérioles libres en/'fig. 26, en g- fig. 27. D'abord, il nous était venu à Tidée que les sphérioles s'é- taient mises en mouvement vers le tuyau pour pousser devant eux la membrane intérieure qui revêt le test; mais nous avons de suite abandonué cette idée, quand iî nous est arrivé de voir un cône vide où le tuyau était encore apparent sans que ses sphérioles rouges se fussent dérangées. Pendant la concentration de la chromule, nous croyons que les sphérioles rouges fécondent le germe et font passer celui-ci à l'état d'embryon contenu dans le séminule. Nous sommes de cette opinion parce que nous voyons toujours des sphérioles rouges des quatre utricules primitives ou au moins de quelques- unes d'entre elles disparaître pendant la formation du séminule, si même toutes les sphérioles ne disparaissent pas toutes à-la- fois dans cet acte important. Cela constitue pour nous le mé- lange des deux matières prolifiques ou l'union de la partie fé- condante mâle avec l'embryon , fourni à l'état de germe par l'ap- pareil femelle. Examinons maintenant la formation du séminule. Il est de toute évidence que celui-ci est le résultat d'une union d'individus, c'est-à-dire d'un accouplement. A.ucune Clos- térie ne peut le former à elle seule; un couple est toujours né- cessaire, et cependant chaque élément de ce couple, renfer- mant toutes les conditions organiques nécessaires à cet état, est bien un être hermaphrodite. Il a deux utricules à sphérioles rouges, organe mâle, et deux niasses de chromules, organe femelle. S'il reste seul , les sphérioles fécondent les divisions de ces masses parenchymateuses, ce sont alors des propagules; s'il s'unit à un autre individu, les sphérioles fécondent les masses totales et non divisées de cette même chromule, qui , par une force agissant de la circonférence au centre, s'élève à l'état de séminule. Le séminule est le résultat d'une concentration de la chro- mule. En effet , on voit d'abord la masse parenchymateuse du CH. MORREN. — Sui^ les Closténes. 829 grand cône se retirer du sommet et se diriger vers celle du petit cône ( pi. g, fig. 26). Cela se fait sans doute par le retrait , le raccourcissement de la membrane interne e (fig. 29) , qui chasse devant elle la chromule du corps supérieur. En même temps, la chromule des petits cônes marche vers le tube pour aller se rencontrer dans son intérieur avec la chromule du cône opposé (fig. 27). Il y a donc quatre masses de chromules qui vont former le séminule. Cependant, quand celui-ci est formé (w, /, k^ fig. 28), il est évident que les masses chlorophyl- leuses de chaque Clostérie se sont intimement fondues l'une dans l'autre. En effet, on voit que le séminule consiste en un globe de matière verte séparé en deux hémisphères par une zone médiane plus pâle (772, fig. 28). Ce sont bien deux hémisphères qui composent le séminule, et chaque hémisphère a bien sa membrane propre; car, lors- qu'on écrase entre deux lames de verre nn semblable séminule, on obtient deux sphères membraneuses, extensibles, dilatables, deux vessies qui se trouvent remplies de globules verts. C'est ce qu'indiquent les lettres g^ h,i^ k de la figure 29, où nous avons dessiné un séminule comprimé de cette manière; on voit l'utricnle g s'ouvrir et projeter sa masse intérieure. L'utricule h s'est déjà vidé. Les lignes noires sont des plis. Quand le séminule se libère de son enveloppe c, fig. 28, qui n'est que le tube des tests, il le fait évidemment parce que la membrane de cette partie se résout en ^mucus, devient plus mince, moins tenace, et cède au premier choc. Nous disons qu'elle cède au choc, parce que effectivement le séminule des Clostéries, pour faire éruption , se meut sur lui-même comme les séminules des Ectospermes, des Vauchéries, des Confer- ves, etc. C'est un mouvement de rotation qui commence dans l'enveloppe et dure un quart d'heure lorsque le séminule nage dans le milieu ambiant. On sait qu'en i8i/[ , M. Nées von Esen- beck a constaté un phénomène semblable dans VEctosperma clamta (i) ; qu'en 1817 M. Tréviranus l'a vu se répéter dans les (i) Die Algen des Sussen Wa^seis: 18 1 4. 33o CH, MORREN. ■ — Suv Ics ClostéHes. Batrachosperinum et les Conferva (i) ; qu'en 1822 M. Gruithui- sen en a vu un semblable chez les Saprolegnia de M. Nées (2 ) ; qu'en iSaS M. Carus l'a vérifié aussi sur d'autres Algues (3); que M. Bory de Saint-Vincent croit cette rotation propre à toutes les Arthrodiées (4) ; que MM. Mertens, Chauvin, Agardh père et Unger ont retrouvé le même fait, et qu'enfin tout ré- cemment M. Agardh fils, dans la séance du 12 novembre i834 de l'Académie royale des sciences de Stockholm, a constaté un mouvement de même nature sur les sporules du Draparnaldia tenuis et du Brjopsis arbuscula. (5) On voit à la figure 57, pi. 11 , le moment où le séminule franchit son enveloppe. Ici la zone claire est plus grande qu! d'ordinaire. Quand il est sorti , le tube renflé , déchiré et tom- bant en lambeaux, s'observe entre les Clostéries vides, qui d'ordinaire sont alors séparées par le choc. A la suite de cette éruption, il paraît qu'un gaz, sans doute celui qui existait entre l'enveloppe du tube et le séminule, s'introduit dans la cavité du test, comme on le voit fig. 4o et 38, pi. 11. Cette introduc- tion force encore le test à se séparer en ses deux parties. Le cône le plus long est celui qui se corrompt le moins vite (fig.4r). Quand le séminule s'est mu dans le liquide pendant quinze ou vingt minutes, on le voit se fixer sur le bord du vase. Il est alors d'un vert foncé et très opaque. On le trouve composé d'une enveloppe d'un vert clair et d'un parenchyme très dense (voyez pi. 10 fig. 3o, «, b\ Bientôt l'enveloppe s'allonge par une petite pointe qui est perpendiculaire à la direction de la zone plus claire que nous avons signalée plus haut (fîg. 3o, c). Plus tard , le parenchyme pénètre dans la hernie faite par la mem- brane, et le séminule entier devient turbiné (fig. 3f, pi. 10), Puis, une modification semblable s'annonce du côté opposé ; le séminule a deux pointes (c, ^, fig. 32), il se renfle au milieu, il est ce que nous appelons polarisé, alors un de ses côtés , un (i) Ann. desSc. nat. , lom. X, p. 22. — M , totn. xni, p. 428. (2) Nova acta acaderaiœ Leopoldino-Carolinœ naturse curiosorum , tom. x. ( 3) Ibid. , tom. xr. (4) Dictionn. class. d'hist. nat., tom. 1. — -Eucyclop. métiiod,, vers, tom, lu (5) Institut, tom, ui, n, x ï;4, p. 230, CH. MORREN. — SuT Us Clostéries, 33 1 de ses pôles s'allonge de plus en plus; le parenchyme devient translucide ; on voit au milieu de l'être une zone qui devient toujours de plus claire en plus claire ; on aperçoit qu'elle est formée par la séparation et l'intervalle des deux hémisphères primitives (a, h, fig. 33, pi. lo). Enfin, on remarque que l'un des pôles a une puissance d'extension plus grande que le pôle opposé, et on observe que là où la force organisatrice est le plus développée , l'utricule qui caractérise le sexe se forme en premier lieu. En effet, c'est dans la masse parenchymateuse du grand cône , c'est à l'exti^émité de ce cône que se manifeste la vésicule à points rouges comme nous l'avons dessinée fig. 33 , e,/, pi. lo. De cette forme à celle de l'être adulte il n'y a qu'un pas. Dans la figure 34 , on voit le séminule deveau Clostérie. Les masses parenchymateuses sont polarisées, bien formées; Futricuîe à sphénoîcs rouges est relégué dans sa pointe , la membrane propre de la chromuie s'est déjà organisée et a séparé l'organe mâle. De l'autre côlé (c, fig. 34 ? pl- i^)» on ne voit pas encore cet appareil important. Si l'on fait attention à la direction de la zone translucide lorsque le séminule est encore contenu dans le tuyau sporigère (c, fig. 28) , avant que le mouvement rotatoire ait dérangé cette espèce d'ovule , on trouvera qu'elle est parallèle à la direction des grandes Clostéries mères. Soit cette direction commune indiquée par les flèches n. i, fig. 35. Quand le séminule se développe en une seule Clostérie, les pointes des cônes se di- rigent perpendiculairement à la direction de la zone. Donc l'axe de ce nouvel être sera, par rapport à celui de ses parens, dans une direction perpendiculaire. Soit cette direction indiquée par la flèche n^ 2, fig. 35 ; lorsque cette Clostérie s'accobplera avec une autre Clostérie de son espèce, son produit, suivant la même loi, aura son axe perpendiculaire au sien, c'est-à-dire dans la direction de la flèche n° 3, qui à son tour produira la direction de la quatrième génération n** 4j ^^ ?\x\û de suite. Nous con- cluons de là que quatre générations successives de Clostéries ont fait faire aux axes des êtres produits une rotation complète. Nous avons énoncé ce fait , parce que nous avons prouvé ail- 332 cri. MORREW. — Sur les Clostèries. leurs que les plantes phanérogames qui se succèdent les unes aux autres par la reproduction des racines, comme les Colchi- ques, lesOrchis, etc., suivent toujours dans la direction de leur axe une oscillation , wnç^ rotation semblable. Il faut cinq générations pour que le Colchique accomplisse sa rotation com- plète ; il en faut sept pour qu'une révolution complète soit faite par XOrchis hifolia, etc. Nous nous demandons si ce système de rotation des axes serait l'expression d'une loi générale de la nature ? C'est aux faits à se prononcer là-dessus; mais il était de notre devoir d'éveiller l'attention sur un principe aussi curieux en lui-même qu'inaperçu jusqu'à nos jours, (i) Corollaires et réflexions physiologiques. Nous avons cru nécessaires de faire connaître avec quelque détail les faits importans que l'étude des Clostèries nous a ré- vélés. Il ne faut pas, pensons-nous, que ces faits soient perdus pour la biologie, la physiologie générale. De singulières idées nous ont été suggérées en effet par la contemplation de ces phénomènes; ce sont elles que nous avons exposées, attendant du temps leur adoption ou leur rejet. La première de ces idées sur laquelle nous desirons attirer l'attention est celle-ci : 1° Il y a des êtres chez lesquels les organes de la nutrition Jorment seuls et à-la-fois les organes reproducteurs et les êtres reproduits. Cette loi singulière se vérifie chez les Clostèries. En effet, la matière verte, le parenchyme des cônes, la chromule, l'assem- blage des utricules est bien l'organe ou mieux l'appareil de l'assimilation. C'est lui qui décompose l'acide carbonique, fixe ( I ) Voyez sur cette matière nos travaux suivans : 1° Orchidis latifolise descriplio botanica et anatomica, i 827, p. 8-9 et 25-26 ; 2° Sur la progression des Orchis. Eydragen tôt de natuurkundige Wetenschappen 1829 jr p. 356-384. (3) Sur Je3 plantes qui marchent. Horticulteur belge, 1834, tom. i , p. i58- 162. CH. MORREN. — iSz/r les Clostéries. 333 le carbone et dégage l'oxigène; c'est lui qui opère ainsi la nu- trition et qui préside sous l'influence de la lumière à la respira- tion végétale. Et pourtant cet appareil organique de nutrition devient l'organe reproducteur, car c'est dans sa gangue que les propagules se développent, et de plus il se concentre lui-même en une masse homogène qui devient le séminule, cVst-à-dire l'être produit. Voilà une de ces lois naturelles dont nous ne con- naissions pas d'exemples, bien qu'une foule d'êtres lui obéis- sent ; mais nous n'y avions pas songé. On pourrait dire que les viscères des parens deviennent le corps entier des êtres produits. La seconde loi que nous proposons comme un résultat direct des observations est celle-ci : a" La formation des embryons végétaux^ dans les Al^ueSy dépend d'une concentration de la matière organisée. Cette loi est évidente, elle se vérifie chez les Clostéries, comme chez les Zygnèmes, les Conferves, les Draparnaldies, les Chseto- phores, les Vauchéries, etc.; partout nous voyons les utricules verts s'agglomérer, se réunir, se condenser en un mot, et le produit de cette concentration est le corps reproducteur qui pour devenir semblable à ceux qui l'ont formé n'a besoin que de se polariser et de s'étendre dans le sens d'un axe dont nous avons établi la direction chez les générations précédentes. Il est incontestable que chez les Clostéries la matière verte du sémi- nule forme bien l'embryon, car cette matière ne fait aussi que se polariser, saxiller et suivre en s'axillant, la loi commune. La loi que nous venons de poser comporte essentiellement comme co- rollaire que : 3" Les embryons végétaux, chez les Algues ^ se forment sous V influence dune force organisatrice qui procède de la circonfé- rence au centre. Ce principe comporte une évidence mathématique. Nous voyons chez les Clostéries (et la loi est la même chez les Zygnè- mes, les Conferves, les Vauchéries, etc., etc.), la matière organi- sée répandue d'abord au pourtour de l'être reproducteur, quit- 334 cir. MORREN. — Sur les Clostéries, ter cette circonférence pour graviter vers un point qui est le centre du sporule, se condenser vers ce centre, s'y agglomérer. A la suite de ceite centralisation, l'embryon acquiert des pro- priétés nouvelles ; sa vie s'exalte, elle amène le mouvement, la rotation commence et l'embryon brise ses enveloppes, et s'é- lance libre dans le milieu ambiant pour perdre ce même mou- vement et revêtir des formes nouvelles. 11 faut bien ici exposer notre pensée tout entière : la nature n'emploie pas dautres lois pour créer des mondes ou pour pro- duire des plantes. Tous les globes ne sont-ils pas aussi des con- centrations d'une matière diffuse; n'est-ce pas aussi une gra- vitation vers le centre qui leur a donné naissance, et le mou- vement rotatoire ne les lance-t-il pas aussi dans l'espace, absolu- ment comme ces Algues, ces plantes infinies pour l'homme qui se contente de la surface des choses et si grandes et si intéres- santes pour l'observateur impartial ? Enfin, et pour terminer ce travail, qui nous facilitera l'expo- sition de nos autres recherches sur les Algues, faisons attention à cette loi qui paraîtra paradoxale au premier instant. Si la génération a pour effet une multiplication d'individus, dans l'ordre ordinaire des choses, il y a, parmi les Algues des générations qui restreignent le nombre des individus, et qui, au lieu de propager l'espèce, la feraient promptement disparaître de lasérie des êtres actuels si la nature n'employait pas un autre mode de reproduction. Il est évident que deux Clostéries en produisent une et qu'el- les ne s'accouplent qu'une seule fois. Si ces espèces n'avaient que ce seul mode de reproduction, il serait impossible qu'elles se conservassent. Si deux Clostéries en produisent une, quatre en produiront deux, six en produiront trois, etc., d'où il suit que par la génération par accouplement ou par les séminules , l'espèce décroît comme une progression géométrique décrois- sante dont le facteur constant est 2; elle devrait donc promp- tement s'éteindre; mais la nature lui a donné la reproduction par propagules, et par ce moyen une seule Clostérie, en four- nissant un grand nombre de ces corps, rétablit promptement l'équilibre. CH. MORREN. — Suv les Clostéries. 335 X ET XI. PLANCHE IX. Fig, I. Clostérîe parfaite, vue au grossissement de 820 diamètres, a. l'un des cônes, h: l'autre cône ; c. ligne de déhiscence ; d. sommet libre de l'un des cônes ; e. utricule à sjihérioles ronges;/] spliérioles rouges en mouvement, Fig. 2, Clostérie parfaite, vue au grossissement de Sac diamètres, où la chromule se con- dense en stries et où quelques propaguîes se manifestent, d. test vu dans son épaisseur ; c. utricule mâle. Fig. 3. Clostérie où la chromule est manifestement condensée en séries de propaguîes ; vue au grossissement de 820 diamètres, c. ligne de déhiscence entre les deux cônes; i. séries de pro- paguîes. Fig. 4. Clostérie dont les propaguîes font éruption par la ligne de déhiscence entre les cônes; vue au grossissement de 820 diamètres, d. test vu dans son épaisseur ; g. mucus où l'un des cônes est plongé par son sommet avec les sommets des quatre autres Clostéries voisines ; l'en- semble de ces associations affectant ainsi la forme d'une étoile; /*. trous et bosselures sur la pointe des cônes; k. traînée intérieure de chromule en boyau rétréci où l'on voit les propa- guîes; i. plissures du test qui se ramollit; ?n. bosselures du test ; «. protubérances plus pe- tites et qui se trouvent entre les ouvertures; o. propaguîes sortis; p. amas de ces propaguîes. Fig. 5. Clostérie vide et dilatée, allant se résoudre en mucosités; vue au grossissement de 820 fois le diamètre, l. plis du test; m. hernies de la même membrane ; n. bosselures. Fig. 6. Propaguîes à l'état de développement, réunis par un mucus central et vus à 3 20 fois le diamètre, i. propagule sans granulations; 2. propagule avec des granulations; 3. propa- gule qui se polarise; 4. propagule qui devient ovoïde à la suite de cette polarisation; 5. propa- gule fusiforme, mais encore droit; 6. propagule qui se courbe en demi-lune; 7. propagule vu d'en haut ; les pointes des cônes montrent déjà une utricule blanche qui se forme dans le mu- cus; 8. propagule où les masses de chromules sont déjà polarisées, où la ligne de démarcation si évidente, et où les utricules blanches sont bien prononcées. Fig. 7. Jeune Clostérie où les utricules à sphérioles rouges sont déjà formées en e. au mi- lieu de l'utricule blanche; q. bulle d'air ou de gaz qui se développe au centre, et là où les masses de chromules vont se séparer. Fig. 8. Jeune Clostérie vue à Sso fois le diamètre. Fig. 9. Jeune Clostérie vue d'en haut ; un des cônes est déjà très long; l'autre est plus court Fig. 10. Clostérie qui opère l'éruption des propaguîes par la déhiscence complète de ses deux cônes. Grossissement de 112 fois le diamètre, a. cône anhiste; b. l'autre cône qui con- tient encore quelques graines de chromule ; c. ligne de déhiscence; k. chromule encore con- tenue dans un des cônes ; o. propaguîes et chromule sortis des enveloppes. Fig. lia fig. 16, Une des pointes où sont indiqués les divers états de l'utricule à sphé- rioles rouges quand elle opère la dispersion de sesélémens. Vue au grossissement de 3 20 fois le diamètre. Fig. 17. Une utricule vue séparément au grossissement de Saofois le diamètre , à sphé- rioles rouges qui se meuvent comme l'indiquent les quatre flèches dessinées à côté de la figure. Fig. 18. Clostérie qui a opéré son éruption de propaguîes, mais où le nombre de sphérioles rouges s'est singulièrement accru. Fig. 19, Clostérie à cônes inégaux. Les propaguîes s'y forment et k chromule se condense 336 CH. MORREN. — Suv îcs Clostédes. en stries. Vue au grossissement de 820 fois le diamètre, a. petit cône ; b. grand cône; c. ligne de déhiscence. Fig. 20. Clostérie du même jjenre, mais beaucoup plus grande. Même grossissement, a , b. grand et petit côues; c. démarcation par la ligne blanche des masses de chromule, mais il n'y a pas encore une déhiscence sur le test , r. petite exubérance que l'on remarque souvent à cette partie et dont nous ignorons l'usage. Fig. 21. TroisClostériesqui vont s'accoupler. Vues au grossissement de 4a fois le diamètre. a. Clostérie à deux cônes égaux ; ô , c. deux Closteries à cônes inégaux. Fig. 22. Association de quatre Closléries s'accouplant deux à deux, a, b, c, d. les quatre closteries ; a, b. s'accouplent entre elles comme c, d. le font également entre elles. Fig. 23, L'accouplement de cette association quaternaire est achevé, e,/ les séminules qui en sont les résultats. Fig. a4. Même association mais avec des Closléries à cônes inégaux. Fig. 25. Aisocialion de deux Closteries où le séminule est formé, et chaque Clostérie est tournée d'un côté opposé. Ces quatre dernières figures sont destinées au grossissement de 42 fois le diamètre. Fig. 26. Deux Closteries accouplées, vues à 32o fois le diamètre, a. un individu ; b. l'autre; c. tube de communication qui s'est formé entre eux; d. la moitié de ce tube venant de l'indi- vidu b; e. granules de la chromule qui s'avancent vers le tube en poussant devant eux la mem- brane qui les contient;/, sphérioles rouges qui se dissipent pour féconder la chromule; g. utricule à sphérioles rouges du cône supérieur; k. utricule à trois divisions contenant cha- cune un point rouge. Fig. 27. Deux Closteries accouplées depuis plus long-temps. Même grossissement, a. un individu; b. l'autre individu; c. lube de communication; d. moitié de ce tube produit par le test de l'individu b. ; e. membrane enveloppant la chromule; /^ utricule mâle; g. même utricule dispersant ses sphérioles ; i. membrane de la chromule. PLANCHE X. Fig. 28. t)eux (losléries ayant achevé leur accouplement. Grossissement deSaofoisle dia- mètre; a. un individu; b. l'autre individu; c. tube de communication renflé; k. un des hé- misphères du séminule ; /. l'autre hémisphère ; m. zone translucide entre les hémisphèi^es. Fig. 29. Un séminule écrasé entre deux verres et les deux cônes supérieurs de deux Clos- teries accouplées. Grossissement de 820 fois le diamètre, a. un des cônes; b. l'autre cône; c. ligne de déhiscence; d. limbe du cône; e. membrane intérieure qui revêt le test et qui a fait hernie au dehors; g. un hémisphère du séminule devenu sphérique par son isolement; h. l'au- tre hémisphère isolé et devenant spliéiique ; i. matière verte qui en sort ou chrouule; h. ma- tière verte sortie du second hémisphère. Fig. 3o. Sémiîuile isolé. Grossissement de 3 20 fois le diamètre, a. Membrane extérieure; ^.chromule; b. puinte qui indique le commencement de la polarisation. Fig. 3i. Même séminule plus avancé en germination. Fig. 32. Même corps, mais à double polarisation, «.membrane extérieure; b. chromule intérieure; c. «ne des pointes ou des pôles; d. l'autre pôle. Fig. 33. Même corps plus avancé, c. un des cônes; Zi. hémisphère passant à l'état de cône; c. zone de démarcation ; d. un des pôles; e. l'autre pôle; f. utricule mâle à sphérioles im- mobiles. Fig. 34. Môme Clostérie, mais adulte; a. un des cônes; b. l'autre cône; c. un des pôles; d. l'autre pôle; e. utricule mâle; f. zone de démarcation, FJg. 35. Flèches qui indiquent le .système de rotation expliquée dans le texte. c. MONTAGNE. — Crjptogames nouvelles de France. SSy PLANCHE XI. Fig. 36. Clostérie accouchant naturellement par l'éruption de la membrane de la chro- mule. Grossissement de Sac fois le diamètre; a. lest; b. vide intérieur; c. utricules mâles ; d. apparence d'un commencement de déhiscence des cônes ; e. ouvertures par où sortent les propagules avec leur membrane ; f. membrane qui les contient en forme de cornes d'abon- dance ; g. ouvertures ou limbes de ces membranes ; h. propagules ; i. traînées ou rubans de chromule. Fig. 37. Moment où le séminnle se détache du tube ; a. une Clostérie; è. l'autre; c. sémi- nule; d. zone translucide du séminule. Fig. 38. Clostérie avec son tube ouvert ayant fourni son séminule. «, gaz ou air contenu dans son intérieur ; b. tube ouvert et renflé. Fig. 39. Clostérie vide. Grossissement de 820 fois le diamètre, a. cône; b, lambeau du tube; c. utricule mâle; d. navicules adhérentes au mucus, Fig. 40. Clostérie vide renfermant une bulle d'air. Fig. 4i' Moitié de Clostérie. Fig. 42. Jeune Clostérie où les propagules forment une seule série. Fig. 43. Clostérie très recourbée et sémiuulaire. Ces jeunes états ont été pris pour des espèces. Ces dernières figures ont un grossissement de 820 fois le diamètre. Notice sur les plantes cryptogames récemment découvertes en France, contenant aussi l'indication précise des localités de quelques espèces les plus rai'es de la Flore française ; Par C. Montagne^ docteur en médecine. Suite. (Voy. tom. i, p. 296 et SSy.) GLAVARIÉES Ad. Brongn. Z3 ■]■ F is tillaria culmigena Monia^. et ¥ ries : minima, clavseformis, albida, cum stipite brevissimo confluens. — PI. xn, fig. 2. Cette espèce, fort rare, atteint à peine une ligne de longueur et ressemble assez au F. micans Fr. dont elle diffère par la cou- leur. Sa forme est absolument celle d'une massue. Sou hyme- V. Bot AN, — Juin. 22 338 c. MONTAGNE- — Cryptogames nouvelles de France. nium est tout recouvert de sporidies qui le font paraître pul- vérulent. Elle croît sur le chaume du froment. Je l'ai découverte à Se- dan, après la moisson. 34. * Calocera cotiicalis Fr. El. fung. i. p. 233. — Mérat FI. Par. i. p. 182. — Claparia corlicalis Dub. Bot, Gall. p io46. — Batsch Cont. 1. p. 23i. t. 28. f. 62. J'ai observé cette espèce encore peu connue, sortant des fen- tes de l'écorce d'une branche morte de tilleul, dans le parc d'Or- messon, à Chenevières-sur-Marne, près Paris, en juin i833. FuNGiNÉEs Ad. Brongn. 35. * Thelephora limiLata Fr. El. fung. 1. p. 222. — T. Montagnea ! Balb. FI. Lyon. 2- p. 294 Exs. Nol). n. 292. J'ai découvert celte Théléphore sur les rameaux morts du frêne à Charbonnières, près de Lyon, dans l'automne de 1828. Elle fut publiée à cette époque par Balbis, mais l'antériorité reste au nom donné par Fries. 56. "^ Thelephora bufonia Pers. Syn. p. 578. — F:\ El. fung, i. p. 226. Hab. sur des branches mortes de Lêlre à Roche-Cardon, près de Lyon. Mes échantillons ont été déterminés par M. Persoon lui-même. C'est une espèce qui paraît fort rare. Est-elle établie sur de bons caractères? 37. \ Radulum tomentvsum Monlag. el Fries : latcefFusura^ irregulare ochra- ceo-lutcscens, arabiîu toraentoso-strigoso obscunori, hymenio velutino tuberculis papillaribus densis consperso. Exs. Nob. n. 583. Irrégulièrement étendue sur l'écorce d'entre les fibres de la- quelle elle sort originairement, cette espèce y occupe fréquem- ment de très grands espaces. Les plus grands individus que j'en ai vus, acquièrent jusqu'à un pied de diamètre, mais la plupart restent en deçà de cette dimension. Ils adhèrent fortement à la \ c. MONTAGNE. — CiyptogaiTies noiwelles de France. 339 matrice par toute l'étendue de leur face appliquée, et leurboid sinueux, irréguiier, est remarquable par la saillie de l'épais to- mentum dont il est formé. L'hymenium est velu, crevassé en tous sens et porte une grande quantité de tubercules arrondis assez semblables aux papilles qui distinguent le genre Thele- phora auquel on serait tenté de rapporter notre plante si l'on ne rencontrait çà et là d'autres tubercules plus prononcés et aigus. La couleur générale du champignon est le jaune-pâle ou ocracé, avec une teinte rousse sur les bords relevés et tomen- teux qui en limitent 1 étendue. Hab. J'en ai trouvé un assez grand nombre d'échantillons sur la partie supérieure du tronc de vieux saules mourans, plantés le long d'uu fossé, près de la Garenne à Sedan. 3J^. Boletus strobilaceus Scop. A un. hist. nat. iv. p. i48. — Fr. El. fung. 1. p. 127. et in lit. — B. squarrosus Pers. Myc, eur. 2. p. i45. t. igifcorr. Duby). — Dub. Bot. Gall, p. 783. — B. strohiliformis Dicks. 1. p. j 7. t. 3. f. 2. Exs. Nob. n. 453. Ce Bolet a été trouvé pour la première fois dans les Vosp^es , par M. Mougeot qui l'adressa avec un dessin à M. Persoon. Cet auteur le croyant nouveau, le publia sous le nom àe B. squar- rosus , conservé dans le Botanicon galUcum paj- M. Duby. Le hasard m'ayant fait aussi rencontrer cette espèce dans les Ar- dennes^ j'y reconnus le champignon très bien figuré dans la Mycologia europœa et je l'envoyai sous ce nom en Suède au cé- lèbre mycologue de Lund. C'est d'après ses observations que j'ai réformé la synonymie qui précède. C'est en septembre i83o, dans la forêt des Ardennes, au Su- gnon près Sedan, que je recueillis cette remarquable espèce qui occupait la terre meuble des pentes rapides d'un chemin creux. Les deux années suivantes j'y retournai à la même époque sans pouvoir la rencontrer. Il est bon de noter qu'il n'existait pas une seule conifère dans la même localité. 39. ■\- Porothelium Friesii Montag. r effusuni, confluens, floccoso-merabra- naceum^ ex albo-subalutaceum anibitu simplici porosum , verrucis iraniersis lutescentibus, demùm urceolato-apcrtis. Exs. Nob. n. 56i. aa. 34 c, MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France, Cette espèce, la cinquième de ce curieux genre, simule assez bien un Thelephora. Elle est étendue sur l'écorce des jeunes branches à laquelle elle adhère par l'une de ses faces tout en- tière. Les plaques minces qu'elle y forme, d'abord orbiculaîres, s'allongent par la confluence de plusieurs individus et acquiè- rent enfin environ dix-huit lignes de long sur quatre ou cinq de large. Ces plaques sont, comme je viens de le dire, minces, membraneuses et s'enlèvent assez facilement sur quelques points de l'écorce lisse qu'elles recouvrent. Leur bord est plutôt fari- neux que byssoïde. On observe pourtant à la loupe quelques fiiJTiHes. La couleur est d'un jaune ocracé très pâle, ou cha- mois, ce qui fait que les pores de l'hymenium, quoique infini- ment petits, ressortent assez bien, grâce à leur couleur rousse très prononcée. Ces pores sont épars, jamais soudés entre eux , mais le plus souvent placés de un à trois dans une légère dépression orbiculaire. Quelquefois la fovéole en question manque et alors le pore fait saillie sur l'hymenium. Les thèques en massue allon- gée, contiennent de huit à dix sporidies globuleuses, si diffor- mes après leur sortie qu'il serait difficile de croire qu'elles ap- tiennent toutes à la même plante. Cette espèce se distingue de ses congénères par sa surface lisse et glabre et par ses pores très petits et espacés. Je lai dédiée au célèbre mycologue suédois comme un bien faible témoignage de ma reconnaissance pour les avis éclairés que j'en ai reçus et qui n'ont pas peu contribué à me faciliter l'étude si difficile des végétaux cellulaires. Elle croît sur l'écorce lisse des branches du Merisier, à la Marfée, près Sedan. 4o. Poljporus (Favolus) nrcularius Fr, Syst. Myc. ! . p. 342. — Micheli Nov. Gen. p. i3o. T. 70. f. 5. — Boletus arcularius Batsch Cont. p. 97. — Polyporus ihombiporus Pers. Myc. eur. 2. p. 211. et Dub. Bot. gall. p. 794. (ex Fries in litt.) Exs. Nob. n. 715. J'ai recueilli cette espèce dans les Albères, près de Collioure, sur les branches des chênes verts , au lieu nommé Roc de las Aheillas. I c. MONTAGNE. — Ojplogames rioLwelles de France. 34 » 4i. Pulyporus (Fd^olas) gailicus Fv. l c. p. 345. — DuL. 1. c. p. 793. — Bull. Champ, t. 42 1. HaL. Surles troncs du chêne yeuse, même localité que le précédent. 42. f Polyporus (Mesopus) Montagnei Fr. in litt. : pileo suLcroso molli azo- no, tomento Icproso secedente teclo stipiteque deformi ferrugiueis^ poris rotundis amplis iutegris oLtusis. Exs. Nob. n. 483. Proximus P. tomentoso (Rostk.| in Sturm, Deutsch. FI. m. 5. 17. sub nom. Polypori rufescentis) et P. pereniii Fr., sed abundè diversus. Fi, in litt. J'ai trouvé cette espèce dans la Garenne de Sedan où elle croit sur la terre. Obs. Ayant adressé au professeur Fries mes échantillons les plus complets, on en trouvera sans doute une bonne description, (meilleure surtout que je ne pourrais la faire avec ceux qui me restent), dans YEpitome regni mjcologlci que prépare ce savant et qui ne peut tarder à voir le jour. 43. * Potyporus (Apus Perennis) Lonicerce Weinra, in Flora. Sylloge i825. p, 102. ex Fries, El. l'ung. i.p. 110. — PI. 12, fig. 6. Exs. Nob. n. 347. Hab. Sur les troncs et les rameaux morts du Lonicera pyreiiaica L., à la Trancade d'Ambouilia, dans les Pyrénées orientales. 44. • Poty parus (Resupinatus) vaporarius Fr. Obs. 2. p. 260. et Syst.myc. i, p. 382. — Boletus Pers. Syu. p. 556. Exs. Nob. n. 394. Hab. Sur des poutres dans le chantier de Vaise, à Lyon- 45. Merulius himanlioides Fr.Sys1.Myc. i.p. 329. et El, f'iug. i.p. 62 — M. croceus Dub. Bot. gall. p. 796. — Xylomyzcn crvcaum et X. versicolvr Pers. Myc. eur. 11. p. 3o et 35. t. i4. f. 3. J'ai observé la variété couleur de safran sur des planches de sapin posées à plat sur un sol humide dans la même localité que le précédent Champignon. 46. Merulius Corium Fr. El. fung. i. p. 58. — ■ Bolelus purparascens DC. fl.fr. 5. p. ^i."~ Polyporus Pers. Myc. eur. p. 60. — Dub. Bot. 342 c. MONTAGNE. — Crjptogames nouvelles de France. Gail. p. 789 et io48. — Thelephora Corlum Pers. Syrj. p. 574. - Grev. Scot. Crypt. FI. t. 147. ic. eximia. Exs. Nob. II. i36. Je l'ai recueilli à Roche-Cardon, près de Lyon, sur des bran- caes mortes tombées à terre. M. Lamy me l'a envoyé des envi- rons de Limoges. Enfin il a été trouvé au Chili par Bertero. Obs, Avant son^entier développement, cette espèce ressemble bien plus à un Thelephora qu'à un MeruUus. La figure qu'en a donnée M. Greville est parfaite comme toutes celles du même 47. * Cardharellus (Pleuropus) Dutrochetii Turp. (i) : horizontalis, primo resupinatus, demùm pendulus, cuneiformis, margine varie lobatiis, lobis rotundatis, tomentosus, albus; plicis centro anastomosantibus , anticè dichotorais ferè agaricinis crispis obtusis airmeniaceis ; sporidiis nudis creberrimis. Syci Agaricus crlspiisTurp. cum icône. Hab. Dans une cave, sur une planche à meltre égouttor les bouteilles. Décembre-février. Ce champignon que j'ai aussi vu en place dans la cave de M. Du Trochet, a fourni le sujet de deux mémoires (p.) de phy- siologie végétale du plus haut intérêt. En ayant sollicité et ob- tenu l'agrément des deux savans célèbres auxquels nous sommes redevables de ces mémoires, je l'insère ici, non point comme une de mes découvertes, mais comme capable d'intéresser les mycologues français et étrangers qui, lisant nos Annales^ pour- raient ne pas se trouver à même de consulter soit les Annales du Muséum , soit les Mémoires de l'Institut de France où ce curieux champignon a été tout à-la-fois si habilement décrit et si élégamment figuré dans tous ses détails anatomiques. (i) observations générales sur l'organogénie et la physiologie des végétaux, etc., par M. Turpin ; extrait du tome xiv des mémoires de l'Acad. des Se. de l'Iustitut. {2) observations sur les Champignons, par M. Dulrochet , membre de l'Institut; extrait des Nouv. Anu. du mus. , t. m , p. 59 et suiv. c. MONTAGNE. ■ — Cryptogames noauelles de France. 343 48. SchizopJvyllum commune Fr. Syst. Myc. i. p. 33o. — Agaricivs alneus L. Bull. DC. Hab. Dans l'inténeurde la rainure formée par l'union de l'occipital avec l'os temporal du crâne d'une baleine échouée sur les côtes de la Mé- diterrauée^ près de Saint-Cyprien en Roussillon. (Voyez mémoire des- criptif et ostéograpîiie de la baleine échouée, etc. en 1828, parL.Com- panyo D. M.) 4g. Agaricusandrosaceus'L.— YvitsSj&i.M.'yc. 1. p. 137. — A- eplphyllus Bull. t. 569. f. 3. — DC. FI. Fr. 2. p. i64. Var. oiivetorum Montag. et Fr. Exs. Nob. n. 121. S'écartant un peu du type par des feuillets blanchâtres et conséquemment discolores avec le chapeau qui est brun, par leur défaut d'adhérence au pédicule, enfin par la belle couleur baie et le luisant de celui-ci, cette variété est extrêmement com- mune sur les feuilles d'olivier tombées à terre auprès de Perpi- gnan où je l'ai recueillie en décembre 1829. 5o. * Agaricus metatus Fr. l. c p. i44. — Buxb. Cent. iv. t. i5. f. 3. Exs. Nob. n. 3i8. Hab. Dans un bois planté de Pins aux Feuillaus, i)rès de Lyon, en oc- tobre 1828. 5i. -f- Agaricus (Collybia) actmorhizus Montag. : îactcus, tomentoso-fariiio- sus, pileo membranaceo demiîm convexo-umbonato, margine tenuis- siraè lacero-appendiculalo, lamellis inaequalibus subliberis ventricosis, stipite fistuloso basi violaceo fibrilluso-radioso. — PI. xu, fîg. 1. Cet agaric, quelquefois solitaire , vient aussi par groupes de deux ou trois individus. Son chapeau, de six à huit lignes de diamètre, absolument sphérique à sa naissance, devient succes- sivement convexe, plane, quelquefois umboné, jamais creux dans le centre. Ses bords sont comme lacérés ou frangés par les dé- bris d'un anneau {V'eluni) plus pulvérulent que tomenteux dont on ne retrouve des traces sur le pédicule que dans le jeune âge du champignon. Il a des feuillets entiers, des moitiés et des quarts de feuillets. Les premiers qui sont un peu ventrus, et aigus à leurs deux extrémités n'adhèrent point au pédicule, mais lui sont seulement conîigus. Tous sont d'un blanc de lait. Le pédicule, dont la longueur est d'un pouce à un pouce et demi 344 c. MONTAGNE. — ' Cryptogames nouvelles de France. et l'épaisseur d'environ une demi-ligne, est égal, fistuleux, fra- gile et se fixe sur la terre au moyen de longues et nombreuses fibrilles qui irradient dans tous les sens sur une aire de deux lignes de rayon. Sa couleur est blanche dans le haut et prend une légère teinte lilas vers sa base. Comme tout le reste du champignon il est recouvert de nombreux floccons qui le font paraître comme farineux. Du plus beau blanc quand on le cueille, cet agaric en se desséchant passe à la couleur de chair pâle ou mélangée d'une nuance d ocre. Les feuillets conservent leur blancheur. J'ai trouvé cette espèce nouvelle dans la foret des Ardennes, près Sedan. Elle croît sur la terre entre les feuilles tombées, en août et septembre. Cette espèce est voisine de VA. ocellatus Fr. dont elle me paraît surtout différer et par la largeur de ses feuillets et par l'espèce de duvet floconneux dont son chapeau et son pédicule sont recouverts.M. Fries, dans une première lettre, m'annonçait qu'il regardait aussi cet Agaric comme nouveau ; mais plus tard il m'écrivit qu'il conservait encore des doutes et n'était pas décidé à séparer cette espèce de son ^. ocellatus. Mais il est évident que s'il persiste dans cette opinion, il sera forcé de mo- difier les caractères essentiels qu'il attribue à cette dernière es- pèce, ceux d'après lesquels il nous la fait connaître ne pouvant convenir à VA. actinorliizus. En effet celui-ci n'a jamais son chapeau ni lisse ni ombiliqué; ses feuillets, au lieu d'être étroits, sont au contraire larges et ar- rondis à leur partie moyenne; enfin dans sa jeimesse il porte une espèce d'anneau dont on retrouve les débris sur le bord du chapeau, circonstance dont il n'est nullement question dans la description de V^. ocellatus et que Ton passe également sous silence à l'occasion des caractères énumërés comme propres à la tribu Je dois convenir pourtant que les individus L, N. de VAgari- €us Clavus Bull. t. SGg fig. i, que Fries donne comme synonyme de son espèce, représentent assez bien soit la forme générale, soit celle des feuillets de la mienne ; mais je ne vois encore là ni les fibrilles rayonnantes de la racine, ni, ce qui est plus im- c. MONTAGNE. — Crjptogames nouvelles de France. 345 portant, les débris du vélum attachés au bord du chapeau. On ne remarque pas non plus l'état comme floconneux ou pulvéru- lent de tout le champignon que la figure citée montre au con- traire entièrement glabre. Ce sont toutes ces considérations qui m'ont déterminé à distinguer cette espèce de Vu4. ocellatus Fr. Que si je suis dans l'erreur, ma description et ma figure auront du moins l'avantage de compléter l'histoire de cette dernière es- pèce. — La figure de V ^ garicus pallor Bsilsch, Cont. t. gS, dont Fries fait sa variété b ne convient point non plus à ma plante ; les feuillets surtout y sont représentés beaucoup plus étroits qu'on ne les observe dans 1'^. acdnorhizus. 52. '\- Agaricus (Pratella) oxjosmus Montag. : gregariu.9, fragilis, pileocarno- so, fuliginoso-nigrescente primo campanulato, dein convexo-plano , demùra margine revoluto appendiculato semper' umbouato dense la- nato ; lamellis rubro-fuscis vel violaceo-nigrescentibus inaequalibus stipiti fistdloso concolori furfuraceo appressis, annulo-fugaci. Odor gravis acido-aromalicus ! — PL xiii, fig. 2. Je recueillis ce champignon en octobre 1 828 sur une plate- bande du Jardin botanique de Lyon et dès-lors je le considérai comme une espèce fort distincte de VA. echinatus Roth. Son chapeau, couleur de suie, a de un pouce à un pouce et demi de diamètre et à-peu-près une demi-ligne d'épaisseur vers le centre. Il est très mince en son bord qui, comme le précédent;, porte les débris d'un volva partiel (yeluin) dont il est primitivement re- couvert. Un duvet lanugineux très dense en couvre la face su- périeure. Les feuillets inégaux, d'un pourpre noirâtre, viennent en s'arrondissant aboutir au pédicule sans y adhérer. Celui-ci a deux pouces à deux pouces et demi de longueur sur environ une ligne de diamètre. Il est droit, élastique, fragile pourtant, fistu- ^eux, de la même couleur que le chapeau et comme lui recou- vert de duvet, mais ce duvet est moins long et moins épais. Ou remarque à son sommet quelques filamens qui attestent la pré- sence de la volva qui l'environnait à sa naissance. Cet Agaric croît solitaire ou par groupes de deux ou trois individus réunis par leur pédicule. Il est surtout remarquable par une odeur sui generîs qui excite puissamment la membrane pituitaire et provoque l'éternuement. 346 c. MONTA.GNE. — Cryptogames nouvelles de France. Sa place est à côté de Xjâ. echinatus dont nous croyons qu'il diffère par quelques caractères. 11 est surtout très voisin, sinon identique, avec une espèce publiée dans le Linnœa (t. tu, p. 4^0) sous le nom à'A.fumoso-purpureus par M. Lasch. N'ayant point vu de figure de cet Agaric , je suis incertain de l'identité. Au reste , M. Fries rapporte aussi cette espèce à VA. echinatus Roth. 53. * jigaricui strialulus Pcrs.* Syn.p. 485. Exs. Libert Crypt. Ard. Fasc. 1 . n. ig. sub nomine A. applicati Batsch. — Nob. n. 452. Hab. Sur àes groseillers épineux morts, dans une haie aux environs de Sedan , en octobre i83i. 54. ■]• Marasmius faveolaris Fr. in litt. : pileo membranaceo convexo -piano centro depresso obscuiiori, stipite subulato glabro deorsùm badio, lamellis la lis anastomosantibus pallidis. — Proximus est Marasmio (Agarico) retlfoUo Lasch. in Linnœa 1828, octobr. p. 386. Novi ge- neris agaricini typus, Agaricus rolula, androsaceus^ 5i species exhi- bentis. Fries in litt. Je ne puis pas donner de description de cette nouvelle espèce d'un genre nouveau créé par M. Fries aux dépens du genre Aga- ric, lui ayant envoyé sous le n. SyS l'individu unique que j'ai trouvé sur un rameau mort tombé à terre dans la Garenne, près de Sedan en décembre i83o. J'ajouterai seulement à la phrase caractéristique que le chapeau a trois lignes de diamètre et le pédicule un pouce de long. Lycoperdacées Ad. Brongn. 55. * Scleroderma Bouista Fr.Syst. Myc. m, p. 48. — Mich. Gen. p. 220. t. 99. f. 2. Exs. Nob. n. 491. J'ai recueilli cette espèce aux environs de Lorient. Avant que M. Fries ne m'ait communiqué son avis, je la regardais comme le S. aurantium Pers. c. MONTAGNE. — Cryptogames nouvelles de France. 3 47 b^. * Cenococcum geophilum Fr. 1. c. p. 66. — Lycoperdon graniforme Sowerb. Fung. t. 270! j Exs. Fr. Scier. Suec. Dec. xxxvii. On trouve cette Lycoperdacée sous terre dans les bruyères de la forêt de Bormont où M. Mougeot me l'a fait observer en juin i832. 5j. * Didymium veHipelle Fr. 1. c. p. 117. Exs. Nob. n. 678. Hab. Sur les rameaux morts dans les Ardennes, près Sedan. 58. * Didymium costatum Fr. 1. o. p. ti8. Exs. Nob. n. 6j6. J'ai recueilli cette rare espèce auprès de Sedan en i83i, sur des brins de paille et des bulbes d'ognons cultivés, entassés pêle-mêle dans une fosse et rejetés d'un jardin voisin. Mon ami, M. le professeur Delile, m'en a communiqué des échantillons qu'il avait, trouvés aux environs de Montpellier sur des feuilles tombées du Celtis australis L. Madame Cauvin me l'a envoyée du Mans. 59. * Slem.onitis Arcyrioides Fr. 1. c. p- 162. Exs. Nob. n. 800. Hab. Sur les feuilles tombées elles rameaux morts, dans le parc de M. La- motte, à Sedan. Selon Fries, M. Mougeot a aussi observé celte espèce sur des tiges herbacées dans les Vosges. 60. Trichia serpula Fr. 1 c. p. 188. Var. a, Simplex. T. serpula Pers. Syn. p. 181. — Duby Bot. Gall. p. 860. Alb. et Schw. t. vu. f. 2. Var. h, reticulata. T. reticulata Vers. 1, c. p. 182. non DC. — Ejusd. le. et descr. p. 46'. t. 12. f. i. — Dub. l. c. J'ai trouvé un seul individu de la variété a sur un rameau de Ruhus idœus L. aux environs de Sedan, mais la variété b est très commune à Lyon sur les vieux saules de l'île de la Tête- d'Or, aux Brotteaux, où je l'ai recueillie en janvier 1828. ,ar- 348 c. MONTAGNE. — Cryptogames nom^elles de France. 61. * Myrothecium roridum T«>de Mcckl. 1. p. 25. t. v. f. 38. — M. Ce michaëli. Grev. Scot. crypt. fl. t. i4o. exiinia. — Fr. l. c. p. 217. Hab. Sur des copeaux amoncelés , dans le bois de la Marfée , près Sedan , en novembre i85i. f 62. * Perisporium gramineum Fr. 1. c. p. 249. Exs. Nob. n. 488. — Fr. Scier. Suec. n. 368. Hab. Sur le limbe, jamais sur lagaîne, des feuilles du Phleum nodo- sum h. aux environs de Sedan, dans l'automne de i83i. M. Fries l'a trouvé sur VHolcus lanatus ; il cite la figure 5 de la plancbe x du Conspectus fungorum, etc. , de MM. Albertini et Schweinitz comme pouvant donner une idée de la plante. Les individus de mes échantillons sont assez semblables pour la forme mais beaucoup plus petits. 63. * Perisporium circinans Fr. 1. c. p. 252. Cette Cryptogame a été trouvée aux environs de Nancy? sur le Géranium rotundifolium L. par M. Hussenot qui me l'a adres- sée pour en savoir le nom. 64. Sclerotium durum Pers. Syn. p. 121. — Fr. Syst. myc. 11. p. 259. — El. fung. II. p. 44. Var. e. striœforme Montag. : innatum lineari-elongatum rugulosum atrum. Exs. Nob. n. 722. Cette variété est remarquable par sa forme linéaire très allon- gée et sa position entre les stries des tiges mortes du Cirsium palustre L., qu'elle écarte et soulève insensiblement dans son développement. Du reste aucun autre caractère ne peut servir à la distinguer du type auquel je la rapporte. Il est des individus qui atteignent jusqu'à un pouce et demi de longeur sur à peine un quart ou un tiers de ligne de largeur et d'épaisseur. Je l'ai trouvée aux environs de Sedan. f55. * lllusporium carneum Fi\ 1. c. p. 259. — JEcidiurru Peliigerœ? DG. FI. Fr. 2. p. 238. Hab. Sur la Peltigère canine à Roche-Cardon, près de Lyon. {La suite au prochain cahier.) ED. SPACH. — Conspectus Hypericacearum. S/jg CoNSPECTiTs Monographiœ Hypericacearum. Auctore Eduardo Spach. (i) Tribus I. DESMOSTEMONE^ Nob. Petala sequilatera, intùs siiprà basin saepissimè foveolata v. appencliciilata. Stamina triadelpha v. pentadelpha; andiopbori filamentis lougiores (rarissime breviores) : singnii cum squa- mulâ V. glandulâ hypogynâ alternantes. Pertcarpium sœpissimè carnosura v. drupaceum. Semina saepè compressa v. alata : ra- diculâ quibusdàm replicalâ. Sectio I. VISMINE^ Nob. Stamina persistentia v. decidua, pentadelpha; androphori S-g- V. polyandri, filamenlis iongiores, ciim squamulâ coriaceâ alter- nantes. Ovarium 5-loculare, 5-stylum. Ovula numéro definito V. indefinito, borizonîalia, v. adscendenîia, v. suspensa. Pèri- carpium drupaceum v. baccatum. Semina cylindracea v. com- pressa, aptera, ssepè vesiculis resiniferis scabra. — Arbores v, frntices. Corolla sœpè aurantiaca. A. Bacca polysperma. Semina cylindracea y horizontalia , em- bryone recto. VisMiA Vandell. Sepala persistentia v. decidua. Petala foveolata. Androphori persistentes V. decidui, polyandri, filiformes; filamenta pluri- seriata, pilosa. Bacca endocarpio dissepimentisque membrana- (i) Niiperrimccharacteresfusiùs exposuimusspeciesque compUires descripsimus in opère nos- tro Histoire des Plantes pltatiérogames (in Suites à Bttffon, édit. P»ort:t. v. S.) 35o ED. sPAcii. — CoJispectus Hypericacearum. ceis: locnlis trarisversè septatis (an seraper?). Semina oblonga, verruculosa: radiculâ cotyledonibus longiore. Genus Araericae aequatorialis, vix rite notum. Characteres eruimus inpiiaiis ex descriptionibus cl. Kunth et Aug. de Saint-Hilaire ; Qor es F^ismiœ leticulatce nec non V. acuminatœ tantiim perscrutare nol-is licui.\ B. Bacca oligosperma : endocarpio dissepimentisque membra- naceis. Semina supra bas in loculorum anguli interni affixa , suberecta , compressa; radiculâ replicata, commissuralis , cotyledonibus breuior. PSOROSPEBMUM Nob. Sepala persistentia. Pelala erecta, appendiculata (rarissime exappendiculata), ciispidata. Androphori llguliformes v. fili- formes, persistentes, 3-9-aridri; filamentà terminalia, v. late- ralia terminaliaqiie. Ovarium lociilis i-v. a-oviilatis. Styli infernè coniiati, supernè clavati. Bacca subcoriacea, verruculosa, 2-5- locuîaris. Semina crassa, verruculosa; embryo nigro-punctatus! Qiioad species cfr. suprà p. iSg et .«eq. C. Drupa parce camosa: pjrenis h, testaceis , i-p. -i-spermis. Semina cylindracea , Icema^ ad anguli interni apicem sus- pensa ; embryo rectus : radiculâ cotyledonibus œquilongâ. Haronga Thouars. Sepala persistentia, reflexa. Petala oblonga, inappendiculata, apice recurva, acuminulata. Androphori filiformes, triandri, persistentes; filamentà terminalia. Ovarium loculis ?-v. 3-ovu.latis. Styli filiformes, basi connati. Stigmata subglobosa. Drupa parva, globosa: pyrenis i-v. 2-spermis. Semina oblonga, minute scro- biculata. Species unica : H. (Arongana) paniculata Pers. ED. SPACH. — Conspectus Hypericacearum. 35 1 Sectio II, TRIDESMINEiE Nob. Stamina persistentia, triadelpha; androphori polyandri, fila- mentis longiores, cuni squamula coriacea alternantes. Ovarium 3-loculare, 3-stylum; ovula numéro definito v. indefinito, ad- scendentia^ alatal Pericarpium capsulare (axi central! nullâ v. tenui), sœpissimè loculicidura! Seminacylindracea, sursùm latè alata; embryo rectus. — Arbores v. frutices. Corolla sœpissimè nlba V. rubicunda. A. Capsula septicido-tricocca : coccis endoçarpii sutiirœ dorsalis inflexione quasi bilocularihus. Eli^a Cambess. Sepala erecta, persistentia. Petala appendiculata. Androphori filiformes, a medio filamentiferi; antherae minimae, didymse, glandulâ nigrâ coronatœ. Ovarium 3-loculare: carpeilorum sutura dorsali subinflexâ; ovula in quovis loculo gemina, secùs anguli in terni basin affixa. Stigmata minuta, subglobosa. Capsula oblon- ga, acuta, hexaedra, profundè 6-sulca, oligosperma : epicarpio tenui, crustaceo, demùm ab endocarpio cartilagineo tricocco secedente; cocci ab axi centrali nerviformi secedentes demùm- que sutura dorsali bipartiti. Species unica, madagascariensis : E. articulata Cambess. in Annales des Sciences Nat. v. 20 (i83o), p. 899, tab. i3 (1). — Hypericum articulatum Desrouss. B. Capsula loculicido-triv alibis. Tridesmis Nob. Sepala erecta, persistentia. Petala decidua, appendice trilobo (i) Analysis falsa quoad petalum (appendice basilari lineari-cuculliformi carentem) et ovarii sectionem transversani (merè idealem etnaturâ extoto alienam) née non longitudinalem(ovu- lorum alam proipsis ovulis sistentem). 352 ED. SPACH. — Conspectus Hjpericacearum. aucta. Squamulse hypogyna? miniraœ, subulatae. Androphori li- guliformes, a medio filamentiferi; antheraî egîandulosœ. Ovarium loculis multiovulatis. Styli filiformes. Stigmata bilobaî, fim- briolata. Capsula lignosa, polysperma: valvis planiusculis, apice bifîdis; dissepimentis crassis, placentiferis. — Pedunculi axil- lares v. latérales, i-flori, sœpissimè fasciculati. T. ocHNoiDES Nob. in Suites à Buffon. — T. Billardieri Nob. tab. vi. A. — Hypericiim bijlorum Chois. ? ( lu Moluccana insula Bouton legit Labillar- aière ! — V. in herb. cl. Webb.) T. Jack.ii Nob. — Elodeaformosa Jack, Malay. Plants, in Hook. Journ. of Bot. 4, p. 374 (i). — (Sumatra. ) Ancistrolobus Nob. Sepala erecta, persistentia. Petala siibpersisteritia, inappen- diciilata (foveolata?). Squamuîœ bypogynse convolutae. Andro- phori lîguliformes, a basi ferè filamentiferi; antherae reniformes, eglandidosœ. Ovarium loculis 5-6-ovulatis : ovulis secùs basin loculorum affixis. Styli supernè incrassati. Stigmata capitata, papillosa. Capsula coriacea, oblonga, siibteres : loculis oligo- spermis; dissepimentis cartilagineis, basi placentiferis. Semina oblonga, laeviuscula : alâ reticulatâ, nervo marginatâ; cotyle- dones radiculâ aequilongœ, apice uncinatae! — Pedunculi axil- lares terminalesque, i-5-flori. A. LiGUSTRiNUs Nob. îq Suites à Buffon, (Cfr. analysin, tab. vi. B.) — Hyper Icum biflorum Desrouss. ? — Hypericum chinense Retz. ? — Crescit in China circà Macao. (V. spécimen unicum in herb. cl. Decaisne.) Ad hoc genus etiam referenda videntur : Elodea sumatrana Jack, l. c. p. 374. Hfpericum cochinchinense Loureix\ Cratoxylon Blume. «Calyx profundè 5-partitus, persistens. Petala 5. Stamina (i) £/oû?e<» Jackianse a genuinis Elodeis perquàm abhorrent. Prœterviditenim oculatissimus auctor capsulae dehiscentiam locullcidam , pro ordine notatû dignissimani, seminisque alam pro ipso semine sumsit. ED. sPACir. — Cojîspectus Hypericacearum. 353 «nunierosa, basi triadelpba. Styli et stigmata 3. Capsula siib- « niembranacea, trilocularis, 3-valvis : valvis medio septiferis. « Semina phira, compressa, su pernè in alam toliaceam desinenlia. « Embryo exalbumiuosus, reclus : radicula infera )>. Blume, Bijdr. p.i43. Sgecies unica : G, Hornschuchii Blum. 1. c. (Hab. in sylvis raoutanis Javœ.) Sectio IlL ELODEINEiË Nob. Calyx campaniformis, persistens. Stamina persistentia, tria- delpba; andropbori aut 3-v. 5-andri, cum squamulâ alternantes, aut rare polyandri, cum glandulâ carnosâ alternantes. Ova- rium 3-it)Cislare (rarissime i-loculare), 3-5tylum; ovula plu- rima,axilia, borizontaîia. Pericarpiuni capsulare, septicidum Semina teretia, aptera, Embryo rectus, cotyledonibus brevis- A. Androphori 5-f^. 5-andri ^ cum squamulâ alternantes. — Caules herbacei. Elodea Nob. Sepala subcoriacea, integerrima. Petala decidua, inappendi- ciilata. Squamulœ hypogynœ snbcoriacese, integerrimœ. Andro- pbori liguliformes v. abbreviati, 3-andri. Ovarium 3-lociilare. Stigmata minima, truncata, puberula. Capsula membranacea, oyonga, 3-sulca : axi centrali tenui , demùni tripartita. Semina minima, reticulato-scrobiculata. Quoad species cfr. suprà;, p. 167 et seq. , nec non Suites à Biiffon, v. 5, p. 363 et seq. Elodes Nob. Sepala submembranacea, glandulis stipitatis ciliolata. Peîala persisîentia, appendice fimbrio!ato ancta. Squamulae bypogynoc petaloideœ, bifidœ. Andropbori filiformes, 5-andri. Ovarium l-loculare : placentis 3, filiforniibiis snturalibns. Stigmata mi- V. lîOTAN. — Juin. ^'' 354 ^^' SPACH.^ — ' Conspectus Hypericacearùm. nuta, capitata, puberula. Capsula chartacea, oblonga, i-locu- laris. Semina parva, minute scrobiculata. Species unicâ: E. ï?alustris NoÎd. ( Cfr. suprâ, p. 171, nec non Suites à Buffon,v.5,^.56Q.) B. u4ndrophon polyandri y cum glandulâ carnosâ alternantes, — Cailles lignosi. Triadenia. Nob. Petala persistentia, appendice cucuîlato sucta. Glandulae hy- pogynœ crassae, ovoidese. Androphori lineari-liguliformes. Ova- rium triloculare. Stigmata minuta, capitata. Capsula chartacea, 3-locularis, tricocca : placentis centralibus 3, connatis, demùm discretis. Semina majuscula, scrobiculata. Quoad species cfr. supià, p. 178 et seq.j nec non Suites à Buf^on, v. 5, p. 363 et seq. Tribus II. HYPERICE.E Nob.' Petala (nuiiquàm nec foveolata nec appendiculata) ina^qui- latera (rarissime subsequilatera), sestivatione ssepissimè contortâ. Stamina aut ex toto libéra v. imà basi submonadelpha, aut basi 3-5-delpha. Squamulae v. gland ulœ hypogynse nullse. Pericar- pium (rarissime indehiscens) septicido-capsulare, v. rare diere- silis tricocca. Semina teretia, optera, sœpè subarcuata: radiculâ tereti, elongatâ, obîusâ, nunquam repîicatâ; cotyledonibus subfoliaceis , brevissimis. Sectio T. DROSANTHINE^ Nob. Calyx 5-fidus V. 5-partitus. Petala gequilatera v. subsequilatera,] unguiculata, marcescentia, post anthesin contortâ. Stamina tria- delpha, persistentia. Ovarium 3-loculare, 3-coccum, 3-stylum. Ovula horizontalia v. adscendenîia, numéro definito v. subde- fmito (in quovis loculo 6-12). Dieresilis coccis i-3-spermis, demùm placentâque centrali deciduis. • ED. sPACii. — < Conspectus Bypericacearum, 355 Eremosporus Nob. Caîyx 5-partiîus : sepalis serrato-ciliatis. Androphorl brèves, sub-8-andri. Ovariiloculi 6-8-ovulati. Dieresilis coccis subcoria- ceis, monospermis, cymbiformibus, evalvibus, mediâ faciean- teriori foramine circulari pertusis; placenta fungosa, subglo- bosa. Semen crassum, arcuatum, medio affixum, minute reti- culatum; embryo viridis : radiculâ inferâ. Species unica : Eremosporus Oliverii Nob. iu Suites à Buffon. — Stirps notabilis , habita Hypericum linearifolium referens, pericarpii autem structura païadoxâ Gerauiaceis Rutaceisque accedens. ■ — Crescit in Oriente. (V. s. sp. in Herb. Mus. Paris.) Drosanthe Nob. Calyx 5-fidus : segmentis denticulatis v. peclinatis. Andro- phorl brèves, ligoliformes, polyandri. Ovula adscendentia v. horizontalia, in quovis loculo 8-12. Dieresilis coccis oligo- spernriis , raembranaceis , subcymbiformibus, demùrn sutura anteriori dehiscentibus; placenta ossea, ovoidea, tricuspidala. Semina majuscola, arcuaîa, velutina, minute scrobiculata : ra- diculâ inferâ v. centripetâ. Species novimus sequentes^ omnes Persise v. Asiœ minoris incoiaî : D. HiRTELiiA Nob. in Suites à Buffon. D. LEDiFOLiA Nob. 1. c. D. FIMBRIATA Nob. 1. C. D. HELIANTHEMOIDES Nob. 1. C. D. ? HYssopiFOLiA Nob. 1. C. — Hypericum capitatum Choisy ? D. ? scABRA Nob. 1. c. ■— Hypericum scabrum Linn. . Sectio IL HYPERINE^ Nob. Calyx 5-partitus, aut raro 5-fîdus (raiissimè sepala5, distincte biseriata). Petala oiarcescentia (excepto Hyperico empetrifolio), inœquilatera, post anthesin convoluta v. contorta. Stamina tria- delpba , persistentia (excepta specie suprâ citatâ). Ovarium 3- loculare, multi-ovulatum, 3-stylum. Capsula septicida : placenta central! indivisâ valvisque persistenîiljus. 23. 356 ED. spACH. ^- Conspectus Hypericacearum. A. Semlnis integumentum ext'imum arillœforme , laxum , spon- giosum, conspicuè reticulatwn , ultra nucleum plus minusvè productum. WEBBIA Nob. Calyx campanulatiis, profundè 5-fidi;ç. Petala patenti-erecta, cuculliformia , distincte ungtiiculata. Androphori la-aS-andri. Ovula in quovis loculo pliiriseriata. Stigmata snbcapitata. Cap- sula coriacen, Iseviter trisulca, îardissimè dehiscens: placenta crassa, pyramidalis, trigona. Semina copiosissima, loculos re- plentia : arillofungoso, saepissimèutiâque exlremitate truncato. Genus arcliipeîago canariensi proprium : W. FLORiEUNDA Nob. in S'.iites à Buffnn. — HYpericiim floribundum Air. Hort. Kew. W. CANARiENSis Webb et Berîh. Phytogr, Canar. cum Icône. — 7F". hele- rophylla Nob. in Suites à Bujfon. —~ Hjpericum canariense Linn. ( ex cl. Webb.} — ^ H. canariense Caïubess. Enum. Plant. Balear. est Androsœmum hirciniini Nob.) W. PLATYSEPAiiA Nob. 1, c. ( plcity petala ex errore typographico. ) B. Seminis integumenturn extimum membranaceum , arciè ad- hcerens , ininutissiinè aut minime reticulatum , ultra nucleum haud productum. HYPERICUM Linn. (ex parte.) Calyx 5-partitiis : sepalis sequalibus v. inœquaîibus, post an- thesin ereclis (rarissime reflexisj. Petala marce.scentia (excepîo H. empeirifolio) , vix iinguiculata, sub anthesi patentissima , plana. Androphori 5-3o-andri. Ovula in quovis loculo a-v. /j- seriata. Stigmata punctiformia v. subcaj)itata. Capsula carti- laginea v. chartacca (rarissime coriacea), plerunique tricephaîa : placenta nerviformi v. pyramidali, trigona. Génère sic circomscripto ampîectuntur Hyperïca auclornm pleraque europœa cœterumque regiojîum temperatiorum orbis antiqui , perpauca autem americana. Genuiuas analysi agnovi- iTius species sequentes : ED. spACH. — Conspectus Hfpericacearum, SSy Sectio I. HOLOSEPALUM Nob. Folia opposlta , integerrirna. Sepala integerrima , post anthesin arrecta nec imbricatâ. Capsula chaitacea, vittulis copiosis teaerrimis longitudiualibus striata, a.) Androphoris ô-^-aiidris. H. HUMIFUSUM Linn, H. NANUM Poir. IL cuNEATUM Poir, ^ b.J Androphoris lO-aS-andris. H. HETEROPHYLLUM Vcut. H. cRispuM Linn. H. QUADRANGULUM Linn. H. TETRAPTERUM FricS. H. UNDUEATUM Schousb. H. PUNCTATUM Lanjk. — H. corymhosum Willd. — H. maculatum Walt. — H. micranthum Chois. Sectio II. MILLEPORUM Nob. Folia opposita, integerrima. Sepala integerriraa, post antliesin arrecta nec im- bricatâ. Capsula cartilaginea ; cocci dorso bjvittati, lateribus vesiculis ovoideiç V. clavatis subbiseriatis arctè superpositis transversè rugosi. H. PEKFORATUM L. Sectio III. ADENOSEPALUM Nob. Folia opposita, integerrima. Sepala ciliato-denticulata v. pectinata ; lacinulis glaridulâ uigrâ coronatis. Capsula chartacea, vittulis copiosis tenuibus longitu- dinabbus stria ta. H. REFLEXUM L. fil. H. NUMMULARIUM L. H. GLANDULOSUM Ait. H. FORMOSUM Ktinth. H. ELEGANS Sfeoh. H. TRIPLINERVE VeUt. H. E1NEARIF0I,IUM Valïl. H. MONTANUM L. H. HYSSOPIFOIilUM VilL H. TOMENTOSUM L. H. sERPYLLiFOLiuM Lamk. H. suBERosuM Salzm. H. ^THiopicuM Thunb. H. laisuginosum Poir. H. PULCHRUM L. H. LUsiTAjsicuM Poir. 358 ED. SPACH. — Conspectus Hfpericacearum, Sectio IV. DROSOCARPÎUM Nob. Folia opposita, sessilia : siiperiora amplexicaulia , nonnunquàm serrulato-ci- liata. Scp.ila serrulara v. fimbtidta : lacinulis ssepissimè glandulâ opacâ coronatis. Andropboti 2o-25-andri. Capsula cartilaginea v. subcoriacea, vesiculi.s resini- fcris verruculosa v; transversè rugosa. a. ) Capsula cartilaginea, vesiculis pix seriatis verruculosa ; vittœ dorsales nuliœ. H. BARBATUM L. H. EUPHOREi^FOLiUM Nob. in Suiles à Buffon. (Crescit in Oriente. ) H. MoNTBRETH Nob. 1. c. ( Grcscit in Olympo Bythinico. ) H. RicHERi Vilï. H. BuRSERi G. Bauh. h.) Capsula subcoriacea ; cocci dorso bipittati, lateribus vesiculis ovoïdeis V. clavatis arctè superpositis subuniseriatis transpeisè rugosi, H. DENTATUK Lois. — H. ciUatum Desruuss. ( exclus, var. p. ) H. MYRTiroLiUM Nob. 1. c. — H. ciliatum: p Desrouss. — H. ciliatum "Desfont. Coroli. Sectio V. CORIDIUM Nob. Folia verticillata, integerrima. Sepala serrulata v. subservulata, subaequalia , post anthesin haud imbricata. Capsula vittulis longitudinalibus striata v. vesi- culis seriatis transversè rugulosa, coriacea. ^. Cocti dorso bivittati ^ lateribus transpersè rugulosi, AndropJiori 12- l5-andri. Semina papilloso^velutina, a.) Sepala post anthesin patentissima ^ demàm reflexa. Petala stafninaque decidua, H. EMPETRIEOLIUM WilW. b,) Sepala post anthesin, erecta. Stamina petàlaque marcescentia. H. CoRis L. B. Capsula vittulis copiosis striata. Androphori ô-ç. 6-andri. Semina punctato-qranulosa. H. ERICOIDES L. i ED. SPACH. — Conspectus Hjpericacearum, 359 Sectîo Vï. CROSSOPHYLLUM Nob. Folia opposita , sessilia, basl biauriculata , toto atubitu sepalisque serrulato- ciliata : ciliis gland uîiferis. Capsula subcartilaginea , vittulis copiosis striata ; placenta pyramidalisj tricuspidata. H. ToTTRNEFORTii Nob. in Suites à Buffbn. H. PTARMICiEFOLIUM Nob. 1. C. H. ADENOTRicHUM Nob. 1. c—Spccics unà cuui duabus prsecitatis Hypericûm orientale Desrouss. sistit. OLYMPIA Nob. Sepala 5, distincte biseriata, aciiminata, post anthesin imbri- cata : % exteriora (lateralia) interioribus multo majora. Petala subdolabriforraia, sub anthesi patentissima. Andropbori poly- andri. Ovarium tricephalum : ovulis in singulis lociilis tnultise- riatis. Stigmata minuta, subcapitata. Capsula subcoriacea : pla- centa crassâ, pyramidali, triquetrâ. Semina copiosissima, lucida, punctato-scrobiculata, subrecta. Genus calycis structura distinctissimum , Androseemineis forsàn quam Hy- perineis afFiniùs. Speciem novimus unicam, perquàm polymorpham : 0. Gi-AucA Nob. in Suites à Buffon. — Hypericûm olympicum L. Sectio m. ANDROS^MIlSEiE Nob. Sepala 5, sœpissimè distincte biseriata et valdè inEequalia. Pe- tala marcescentia v. decidua , insequilatera, post anthesin con- torta V. marginibus convoluta. Stamina pentadelpha( rarissime 4-v. 6-8-delpha, V. (i) imâ basi submonadelpha), marcescen- tia, V. decidua. Ovarium 3-5- (rarissime 6-8-) loculare (placentis ssepè centro sibi appositis nec tamen concretis), multiovulatum. Styli tôt quot loculi, scepè infernè vel ferè ad apicem usquè con- creti. Capsula septicida (rarissime bacciformis,indehiscens). (i V In specie uuicâ, forsàn alibi collocautla. 36(> ED. SPACH. — Consjjeclits Hypericacearum. CAMPYLOPUS Nob. Sepala subaequalia, membranacea, post aiithesin erecta. Pe- tala niarcescentia, lanceolato-oblonga , post aiiîhesin contorta. Stamina niarcescentia, imâ basi submonadelpha. Ovarium 3- ceplialum , 3-loculare : placenta pyramidali, tripartibili. Ovula ia singulis loculis 4-serJata. Stigmata minuta, subglobosa. (Frnctus haiid notus.) ^- Pedimculi i-flori, subterminales, post anthesin recurvi. Genus haud sine dubio hiic collocatum. Species unica : Campylopus cekas- ToiDES Nob. in Suites à Buffbn. — Hypericum origanifolium d'Urville ! (non WiUd.) PSOROPHYTUM Nob. Calyx basi dibracteolaîus : sepala coriacea, inœqualia, post anthesin reflexa. Petaîa d<^cidiia, subciiltiiformia. Andropliori 4 V. 5, brevissimi, decidui. Ovarium 4'=v. 5-!oculare : ovulis in quovis loc! lo 4-seriatis. Styli 4 v. 5, discreli. Stigniata mmuîa. Capsula subcoriacea, Zj-v. 5-loctî!aris : placenta pyramidali, in- divisâ. — Pedunculi soîiîarii, terminales, i-flori, erecti. Spccies unica : P. undui^atum NoIj. in Suites à Buffoii. — Hypericum ba- learicum Linn. ANDROSiEMUM Allion. (ex parte.) Sepala subcoriacea, iuœqualia, reflexa (raro post anthesin erecta). Petala subcymbil'ormia , decidua, sub anthesi reflexa. Androphori 5, brevissimi, decidui. Ovarium 3-loculare, placen- tis discretis ; ovulis mgltiseriatis. Styli 3, discreti. Stigmata mi- nuta, subcapitata. Capsula chartacea (immatura colorata, bacci- formis; in specie unicâ maturitate indehiscens) : dissepimen- tis ad centnun usquè haud tendeiitibns incomplète 3-locularis; placentis ellipticis, submembranaceis , stipitatis, biapiculatis. — Pedunculi saepissimè îrichotomi. ED, SPACH. ' — Conspectus Hjpericacearum. 36] Sectio 1. Styli brevissimi , a basi ferè recurvi. Pericarpium dissepimentis vix projcctis 'ferè i-locolaie: iraniatimim cirnosuin ; uiaUirum indehiscens, fragile, tiiparti- bile, deciduum. Calyx pistillo longior, fructû jam delapso diù persisteus. A. OFFICINALE Alllon. Sectio IL Styli ovario aequilongi, v. saepiùs longiores. Capsula incomplète 3-locularis : im- matura subcaruosa; matuia apice tiivalvis, ultra liietnem persisteus. Calyx pistiUo brevior , antè vel paulo post capsulse dehiscentiara deciduus. A. PARViFLORUM Nob. — jl. pyramidale var. grandifolia Nob. in Suites à Buffun. — Hypericum elaluv.i Ait. liort. Kew. — Watson, Dendr. Brit. tab. 85 ! — Juss. in Annal. duMiis. v. 3, tab. 17 ! (non Desrouss.) A. ramis patentibus v. declinatis; sepalis obtusis, tardé deciduis : majoribus ovatis V. ovalibiis, petalis (oblique obovatis) paulo brevioribus, ovario sublon- gioribus; rninoibus oblongi ; staminibus inajoribu* petalis paulo longioribns, pistillo subaequilongis; stylis ovario vix sequilongis. SufFrutex graveolens , dumosus, 2-3 pedes altus. Caules crecti, lignosi, vix digitum hominis crassi. Rami herbacei, foliosi, ramuios , obscure tetragoni, non- nunquam apicein versus ancipites, bifurcati. Ramuli foliosi, ancipites, subsim- plices^ subdivaricati.Folia illis Androsœini ojficinalisxdààh &\\m\\di, demùm sub- coriacea, tardé decidua, suprà lœtè viridia, subtùs pallidè glaucescentia : ramea 2-4 poliices longa, 1-2 polliccs lata; ramularii 1-2 pollices longa, 4-io lineas lata. Pedunculi nunc terminales (nonnunquam ramuli inferiores inveniuntur 1- flori) i-v. 5-flo! i, suburabellati, v. cymosi , nunc terminales et è foliorum supe- riorum axillis, saepissimè foliis breviores. Sepala reflexa : majora sub anthesi 3-3 1/2 lin. longa, 1 1/2-2 lin. lata, minora (interiora, lateralia) 2 i/2-3 lin. longa, 1/2 lin.-i j/4 lin. lata; omnia demùm latitudine dimidio ad duplura accreta, loîigitudine autem parijm aucta. Petala 4 lin. longa, supernèferè 3 lin. lata, hinc emarginata. Filaracnta majora 5 lin. longa. Capsula ovalis, obtusa, stylorum re- liquis triapiculafa : immatura albida. Semina generis. Species oranino inter A. officinale et A. pyramidale Kiedia : priori toto ha- bitû, formâqiic calycis ac coiollœ, huic autem stylorum longitudine nec non pe- ricarpio capsulari affinis. Perperàra sanè, ex speciminibus siccis incompktis, pro varietaîe babuimus A. pyramidalis. Patria inquirenda; Araericam scplentrio- nalem esse jam negavit Aiton, 1. c. — (V. v. c.) 362 ED. SPACH. — Conspectus Hypericacearum. A. PYRAMIDALE Nob. 1. c. (cxcl. syn. Ait. Wats. et Juss. ad A. parplflorum referend.) — Hypericum elatum Desrouss. in Lamk. Encycl. 4, p. i56 (exclus. Synon.), ex descriplione optimè quadrante. A. ramis erectis, strictis; sepalis tarde décidais, acutiusculis : majoribus ellip- ticis, V. ovatis, v. ovato ellipticis, pelalis (oblique obovatis) subtriplo, ovario paulo brevioribus; minoribuj.lineari-oblongis v. lanceolato-linearibus; stamiai- bus majoribus petalis subdimidio, pistilio vix longioribus ; stylis ovario dimidio longioribu?. Suffrutex graveolens , dense dumosus, pyramidatus, 3-4 pedes altus. Gaules lignosi, erecti , diametrum pollicarem forsanque majorem attingentes. Rami an- ïiui V. frutescentes, virgati, pyramidato-paniculati , saepè purpurascentes. Ramuli siraplices V. subsimplices, graciles, erecti, foliosi. Folia illis Androsœmi par- vijîori minora, tarde decidua , demùm subcoriacea, subborizontalia, v. erecto- patentia , subsessilia, ovata, v. ovato-elliptica, v. ovato-oblonga, v. ovalia, v. obloDga, obtusa, subacuminulata , basi rotundata (nonnimquam laevissiraè cor- data), supra laetè viridia, subtùs pallidè glaucescentia : ramea plerumquè i 1/2- 3 pollices longa, JO-i5 lin. lata; ramularia saepissiraè circiter 10-18 lia. longa, 5-12 lin. lata. Pedunculi in ramulis terminales et è foliorum superiorum axillis (hebetatione nonnunquàm ramuli uni-v. pauci-flori évadant), brèves, saepissimè trichotomi. Sepala reflcxa : majora sub antbesi 2-2 i/4 lin. longa, 1 i/4-i 1/2 lin. lata ; minora subduplo angustiora, dimidio breviora ; omnia parùm accrescentia, paulo post capsulai debiscentiam decidua. Petala 4-5 lineas longa, supernè 3 lineas lata, hinc seepe emargiuata. Stamina majora 6-7 lin. longa. Ovarium ovoi- deum, basi subangustatum , sub antbesi 2-2 1/2 lin. longum. Styli circiter 3 1/2 lin. longi. Capsula ovoidea v. ellipsoidea, obtusiuscula, stylorum reliquis àpicu- lata, vix sepalis longior : immatura purpurascens. Semina mi'iuîa , nigro-fusca, iitriuquè apiculata. A. HiRCiNUM Nob. 1. c. — Hypericum Jiircinum. Linn. — Hypericum cana- riense Cambess. ! Enum Plant. Balear. (non Linn,) — Crescit in Europa australi! nec non in Libano! — A duobus praecedentibus facile dignoscitur sepalis an- gustioribus, acutioribus, post antliesin mox deciduis, corollâ duplo majori , sty- lisque longissirais. A. XYLOSTEiFOMUM Nob. 1. c. — HypericuminodoTuni Wiîld. A. Webbianum Nob. 1. c. — Hypericum foliosum Ait. Hort. Kew. ? (defi- nitio saltèm ejus nec non descriptio Desvousseauxii optimè conveniunt.) — Hyperi- cum grandlfolium Choisy ! ED. SPACH. — Conspectus Hyvericacearum. 363 EREMANTHE Nob. Sepala subcoriacea , inaequaîia , suberecta, demùm patentia. Petala contorta, subdolabriformia , decidaa , patentia. An- drophori 5, brèves, décidai. Ovarium 5-loculare(apicem ver- sus centre i-loculare). Styli 5, discreti. Stigmata minuta, sub- globosa. Capsula subcoriacea, 5-locularis : placenta centrali, py- ramidali, pentaedra, brève stipitata, demùm in lammas 5 lineari- lanceolatas marginibus serainiferas secedenîe. — Pedunculi i- flori(raro a-flori), terminales, solitarii, brèves, postanthesin deor- sùm arcuati. Species unica : E. calycina Nob. in Suites à Buffon. — Hypericum calyci- num L. Hypericum venosum Desrouss. in Lamk. Encycl., varieîas haud est praece- dentis, necforsan eideni generi tribuendum. CAMPYLOSPORUS Nob. Sepala coriacea, subsequalia, post anthesin erecta. Petala sub- cultriformia, marcescentia. Androphori 5, brèves, marcescentes. Ovarium 5-ioculare. Styli 5, infernè vel ferè usque ad apicem connali. Stigmata minuta, suborbicularia.. Capsula 5-locularis: placenta centrali, pyramidaii, 5-cristata, haud secedente.Semina subulata, arcuata. C. RETicuLATUs Nob. iu Suites à Buffon. — Hypericum lanceolatum Des- rouss. (Insula Borbonia.) G. ANGusTiFOLiusNob. 1. C. —' Hyper icum angustifoUum Desrouss. (Insula Borbonia.) C, MADAGASCARIENSIS Nob. 1. C. NORYSCA Nob. Sepala coriacea, subsequalia, post anthesin erecta. Petala sub- cultriformia, obliqué acuminata, decidua. Androphori 5, bre- vissimi, decidui. Ovarium £;-loculare. Styli 5, sœ^issimè usquè ad apicem ferè connali. Stigmata minuta , suborbiculata. Capsula 364 JiD' SPACH. — Conspectus Hjpericacearum. 5-localaris, siibcoriacea : placenta pyramidaii, 5-gona, 5-cristata (cristis dorso seminiferis), haud secedente. Semina minuta, sub- recta. N. cniNENSis Nob. in Suites à Bufflm. — Hypericum chinense L. N. MYBTiroLiA JNoL. 1. c. (In Iaclia3 montibus legit Lechenault.) Ad iVb/yscaw verosiinilitèr pertinent auclorum Hyperica indica pleraque. ROSGYNA Nob. Sepala foliacea , valdè inseqiialia (rarissime subcequalia), post antbesin erecta. Petala marcescentia, subdolabriformia, contor- ta , hinc acuminata. Androphori brèves, marcescentes. Ovarium 5-loculare. Styli5, mfernè connati. Stigmata crassa, siibglobosa. Capsula cbartacea, 5-locislaris : placenta centrali, pyramidaii, 5-gona , 5-crisîata (cristis dorso seminiferis), haud secedente. Semina miijuta, subrecla. (Flores terminales nonnunquàm 6 8- styli. ) R.. Gmeltni Nob. in Suites à Buffon. — Hypericum Ascyrun L. (Sibiria.) R. Gebleri Nob. 1. c. — Hypericum Gehleri Ledeb. - — Hypericum Sali- carla Reiciienb. (var anguslifolia.) — (Sibiria.) H. AMERiCANA Nob. 1, C — Hypcricum amplexicaule Desrouss. — H. py- ramidatum Ait. — H. ascyroidesl^\x\X.\ — H, macrocarpum Michx. l — H. ocymoides Loddig. (Amer, sept.) ? Hypericum frondosum Michx. Sectio IV. BRATHYDïNEiE Nob. Sepala 5 (rarissime 4)- Petala decidua, v. marcescentia et post antbesin ab apice ad médium ferè involuta!, inœquilatera. Sta- mina aut omnino libéra ac decidua^ aut imâ basi subm.ona- delpba et tune marcescentia. Ovarium i-v. 3-loculare, 3-(raro 2-)slylum, vel nonnunquaii stylis omnino coîicretis quasi mo- nostylum, multiovulaSum. C psula 2-v. 3-valvis. Species omnes exoticse; pi rseque americanae. MYRIA ^[DRA Nob» Sepala 5, ina3qualia, foliacea. Petala decidua , dolabriformia, bine cuspidato-acuminata. Stamina copiosissima ^ decidua. Oya . ED. spAcn. — Conspectus Hypericacearum. 3G5 rium complété v. incomplète 3-lociilare, v. i-loculare. Stvli 3 recti, conniventes, nonnunqiiàm concreti. Stigmata triuicata. Capsula 3-valvis : placentis 3, sutuialibus, v. centralibiis, filifor- raibus, V. lineari-lanceolatis. Species omnes in Americae septentrionalis regionibus tempe- ratis V. calidioribus nascuntur. M. BRACHYPiiYLLA Nob. iu Suites à Buffhn. — Hypericum aspalathoides EUiot. ? (Florida, Drummond.) M. NiTiDA Nob, l. c Hypericum nitidum Desrouss. (Carolina.) M. GALioiDES Nob. 1. c. — Hypericum galioides Desrouss. — H. fascictt- laium EUiot, nec aliorum.)— j^. tenuifolium Pursh. (ex Elliot.) — (Carolina, Gcorgia.) M. MicHAUxii Nob. 1. c. — Hypericum fasciculatum Michx. — H. axiU lare et H. Michauxii Desrouss. — H. rosmarinifolium Elliot. (Carolina, Georgia.) M. PROLiFicA Nob. 1. c. — Hypericum prolificum L. — H. foUosum Jacq. (non Ait.) M. spathulata Nob. I. c. (Florida ? cl. Leconie.) M. NTJDiFLORA Nob. 1. C. — Hypericum nudi/lorum Michx. M. I.EDIFOI.IA Nob. 1. c. (Florida ? cl. Leconte.) M. GLAUCA Nob. 1. c. ~ Hypericum glaucum Michx. BRATHYDIUM Nob. Sepala 5, inœqualia , foîiacea. Petala decidua, subdolabrifor- mia, bine cuspidato-aciiminata. Stamina numerosa, persistentia. Ovarium i-loculare. Styli 3, filiformes, recti, infernè connati. Stigmata minima , îriincata. Capsula chartacea : placentis 3, suturalibus, iineari-îanceolatis. Species omnes Americre septentrionalis incolœ. B. GRA>fDirLOîiuM Nob. in Suites à Buffbn. -~ Hypericum pro umbens Michx.! — H. dolahriforme Vent. B. sPH^ROCAiîPUM Wol). 1. c — Hypcricum sphœrocarpumj Mirhx. ! B. Cham^nerium Nob. 1. c. — HyppricumBonaparteœ^àvXon} — H. sphœ- rocaipon Sîeiid. et Hochsl. (non Miclix.) — (Regio ohiotensis.) B. HYssopiFOLiuM Nob. 1. C. — Hypericum cistifolium Desrouss. (Carolina V. Geoigia: Bo^c ; Loiiisiaiia : Drummond.^ B. CANADENSE Nob, 1. C. (Canada : Michaux, in Herb. Mus. Par.; Lady Dcd- housie, in Herb. cl. Webb.) 366 ED. SPACH. — Conspectus Hypericaceanim, BRATHYS Miitis (ex parte.) Sepala 5, inaequalia v. siibeeqnatia. Petala dolabriformla, cus- pidata, rnarcescentia, post anthesin involuta ! Stamina numéro SLibdefinito (9-80; raro 5), v. numéro indefinito (4o-ioo), per- sistentia. Ovarium i-loculare. Syii 3 (raro 4-6), recti, v. recurvi, discreli. Stigmata crassiuscula , subcapitata. Capsula chartacea V. subcoriacea, i-locuîaris, 3-(raro 4-6-)valvis : placeotis fiiifor- xiîibus V. nerviformibus, suturalibus. Genus ulteiiiis forsàn castigandum, Hyperlcaceas Americœ (prsesertira seqoato- rialis) plerasqae, atque nonnullas australasicas et austro-africaaas ampiectens. Species geuuinas pro certo habemus sequentes: Sectio I. Frutices ramulis saepè dichotomis. Folia sœpissimè confertissima, acerosa. Flo- res terminales v. axillares terminaiesque, solitarii; brève pedunculati. Sepala sub- sequalia. Stamina numerosa. B. MuTisiAKA Kunth. (sut Hypcrico.) B. CARACASANA Kunth. (ilem.) B. THYMiFOLiA Kuntli. (item.) B. THUTOîDES Kunth. (item.) B. ACEROSA Kuntb. (itéra.) B. STRUTHiOLJEFOMA Nob. ïu Suites à Buffon. — Hyperîcum struthîolœfo- lium Juss. B. LARiciFOLiA Kuntb. (sub Hyperico.) B. auNiPERiNA Kunth. (item.; B. AcicuLARis Kunth. (item.) Sectio II. Suffrutices. Folia coriacea, connata, perfoliata. Flores terminales, cymosi. Se- pala insequalia. Stamina numerosa. B. CONNATA Nob. in Suites à Buffon. — Hypericum connatum Desrouss. Sectio III. Gaules hcrbacei, tetragoni. Ramuîi ftoriferi axillares tcimiualesque, dichotomè paniculali. Sepala insequalia. Stamina numerosa. ED. spach;. — Conspectus Hypencaceamm. 867 B. LiNOiEEs Nob. in Suites à Buffbn. — Hypericum angulosum Michx. B. Erythrée Nob. 1. c. (Florida? cl, Lecorde.) B. LANCEOLATA Nob. 1. C. (Florida ? cl. Leconte.) B. TOMENTOSA Nob. 1. C. — Hypericum simplex et H. pilosum Michx. Sectio IV, Caules lierbacei, sacpissimè dichotomè paniculati. Stamina numéro subdefinito (5-i5; raro 2o-a5.) B. TARQUENsis Kiinth. (sub Hyperico.) B. MORANENSis Kunth. (iicm.) B. PANicuLATA Kunth. (item.) B. IMDBCORA Kunth. (item.) B. CANADENSis Nob. — Hjpericum canadense L. B. DENTicuLATA Kunth. (item.) ■ B. THEsiiFOLiA Kunth. (item.) B. PAUCiPLORA Kunth. (item.) B. siLENOiDES Nob. — Hypericum silenoides Juss. B. ULiGiNosA Kunth. (item.) B. MULTiFLORA Kunîh. (item.) B. FASTiGiATA Kunth. (item.) B. EREvisTYLA Nob. — Hypericum brepisiylum Choisy. B. DENTicuLATA KuHth. (sub Hypcrico.) B. QUiNQUENERViA Nob. — HjpericuTïi quinquenervium Walt. — Hyperi" einn stellarioides Kunth. ? B. EUPHORBioiDES Nob. — Hypericum euphorbioides Aug. Saint-Hil, B. BiLLARDiERi Nob. — ^.scyrum involutum Labill. B. HUMiFusA Nob. — Âscrrum humifusum. Labill. B. FoRSTERi Nob. — Hypericum gramineum Forst. B. Drummondii Nob. — Sarothra Drummondii Hook. mnscr. in Herb. cl. Webb. (Regio missouriensis : Druînmond.) B. GENTiANoiDES Nob. in Suites à Buffon. — Sarothra gentianoides L. — • (Flores 5-9-andri. Seminibus a cl. Wight et Arnott perperàrs sanè adscribitur « perispermium carnosum. r> ISOPHYLLUM Nob. Sepala 4? subœqualia, snbiioearla. Petaia 4? decidiia, ciineato- obovata, hiric brève cuspidata. Stamina numerosa, persistentia. Ovarium i-îoculare. Styli 3, filiformes, recti, coiiniventes. Stig- 36S ED. spACTr. — Coîispectus Hyperlcacearum. mata pnnctiformia. (Fructushauclnotiis). — Ramuli floriferi axil- lares, abbreviati, i-flori, foliosi. Spccies unica : /. Drummondil Nob. in Suites à Buffon. (Florida : Drum* mond.) Sectio V. ASCYRINEAE Nob. Sepala 4^ distincte biseriata, cruciata : i exteriora (unum su- perum; alterum inferum) magna, prsefloratione et post anthesin valvata ; 2 interiora (lateralia) jninima (nonnunqnàm vix con- spicLia), inclusa. Petala 4? cruciata, inœqnaba. inaequilatera. Sta- mina persisteiiîia, iniâ basi siibmonadelpha. Ovarium l'ioculare, a'4-stvlum. ASGYRUM Linn. Sepala exteriora sœpissimè subcordata, post anthesin conni- venlia; interiora subulata v. sqiianudiformia , snbdivergentia. Petala obliqué acuminata. Stamina 9-100. Styli subulati v. fili- formes, recti, V. recurvi. Capsula 2-4-valvis, i-locularis, poly- sperma : placentis fiiiformibus v. lineari-lanceolatis, suturalibas. Semina oblonga, minuta. Species^ prseter duas antillanas, Americaeseptentrionalis regionuin calidiorium cives sont ; plerseque a Lotanographis raiserrimè confusae. Sectio I. Sepala interiora subulata, exterioribus fe'è sequilonga. Stamiua 5o-i 00. Styli 2-4, subulati, subrecurvi, basi counati. A. AMPLEXICAULE MïcllX. A. STANS Michx. Sectio II, Sepala interiora minima,sqnamuUformia. Stamina 9-40 (saepissimè circiter ao). Styli 2 V. raro 3, brevissimi, erecli , lineari-filifoitacs , compressi. Pcdiniculi rigidi, erecti, paulo infrà apicem dibracteolati. A. HYPERicoiDEs L, (ncc aliomm) — ( Crescit in Antillis.) A. LiNiFOLiUM Nob. in Suites à Buffon. (Loiiisiana : Drumniond.) A. MiciiAL'xii Nob. 1. c. — A. aniplexicaule var. Michx. ! Hcrb. A. HELiANTHEMiFOLiuM Nob. 1. C. — A. C/'ux Andreoc L. ? — A. Çnix Ahidreœ var. Torrey ! (Louisiana : Drummond ; Florida : Torrey.) ED. SPACH. ^ Conspectus Hypericacearum. 369 A. oBLONGiFOLiuM Nob.yl. c. — A, viulticaule var. Michx.! — A. Crux Andreœ var. Torrey ! A. SPATHULATUM Nob. 1, C. «- A. muliicaule var. Michx. [—A. multîcaule Torrey ! Sectio ///. Scpala interiora minima, vix conspicua. Stamina 9-24. Styli 2, recti. Pe- dunculi alares et terminales, solitarii, i-flori^ graciles, paulo siiprà basin dibrac- teolati et post anthesin refractî. A, vvmuJu'M.iûw.'^ A. paucîjlorum NutL GENERA AB HYPERICACEIS REVOCANDA. Lancretia Delile. — Nostro sensu Frankeniaceis adniimeranda.' EucRYPHiA Cavan. (qiiâcum junximus Carpodontos Labill.) Ternstrœmlaceis Cblaenaceisque certo quàm Hypericaceis affinior. — Hujus gcneris cfr. charactcres iu Suites à Buffon, v. 5^ p. 344. EXPLICATIO TABULA 6. A. Trîdesmis Billardleri Spach. I. Flos (magn. nat.) — 2. Calyx (auctus). — 3. Petalum (magn. auct.) — 4. Sepalum (pro vittarum exhibitione valdè auctum). — 5. Flos (magn. auct.) ablatis sepalis petalisque ; c, a, duae squamularum hypogynarum ; b, b, duorum androphororum pars iaferior. — 6. An- drophorus fronte visus. — 7.Squamiila hypogyna anticè visa. — 8. Filamentum cum antherâ dorso visa. — 9. Ovarii seclio verlicalis. — 10. Capsula (imaga. nat.), dehiscentiâ peractâ. — n. Valvae horizontaliter resectœ pars inferior. — 12. Semen (magn. parùm aucta.) B. Ancistroîobus Ugustrinus Spach. \ I. Calyx (parùm auctus). — 2. Squamula hypogyna anticè visa (magn. auct.) ---5. Eadem posticè visa. — 4. Capsula (magn. nat.), peractâ dehiscentiâ. — 5. Capsulœ transversè resectae valva cum seminibus. — 7. Eadem valva, seminibus ablatis. — 8. Sepalum (pro vittarum exhi- bitione valdè auctum). — 9. Semen (magn. auct.) — 10. Embryo integumento inlçriori obvolu- tus; a, chalaza interna. — 11. Integumenti interioris pars superior, —f la. Embryo, ablalâ Gotyledonum unâ: a, cotyledonis appendix ; b, radicula. Y. BOTAN.— -/«*'« ■ Sjo c. L. BLUME. — Rumphia» EuMPHiA, swe Commentationes hotanicœ imprimis de plantis Indice orientalis, tumpenitus incognitis tum quœ in libris Hhee- Dii, RuMPHii, RoxBURGHii , Wallichii , aliorum y recensentur, ScripsitC. L. Blume. Tomus i, fasc. i-3, p. i-4o, tab. 22, 1-17 (Amsterdam, C. G. Sulpke; Bruxelles, H. llemy; Pans, C. Roret,i835.) Avant de faire connaître ce que contient cet ouvrage de M. Blume, commençons par offrir à ce célèbre botaniste les éloges qu'il mérite pour la splendide exécution du texte et des plan- ches. Le forniat, petit in-folio, adopté par l'auteur, semblable à celui àwFloraJavœ, n'est pas tellement grand qu'il puisse causer de l'embarras ; il est en rapport avec les planches qui, devant représenter des plantes tropicales dont les dimensions sont considérables, ne pouvaient être réduites à un format plus petit. Aucun ouvrage de ce genre ne présente une plus grande per- fection dans son exécution typographique, ni n'est imprimé sur un plus beau papier. Les planches ont été lithographiées et en- luminées avec beaucoup de soin, d'après les dessins exécutés dans la patrie même des plantes, par des peintres distingués, et d'après les analyses florales faites, cjuelques-unes par l'au- teur, la plupart à Paris par M. Decaisne. Ainsi que son titre l'annonce, le Rumphia est une suite de dissertations ou de commentaires sur les plantes de l'Inde orien- tale^ principalement sur celles qui offrent le plus d'intérêt, soit par leiir nouveauté, soit parce qu'elles ont été décrites ou men- tionnées dans les écrits de Bheede, de Rumph, de Wallich, de Roxburfîh et des autres auteurs. La nature de notre recueil nous interdit de reproduire tout ce que cette publication offre d'impor- tant; nous essaierions vainement, en effet, de suppléer, par une simple analyse , à la richesse des détails descriptifs et à la science profonde que l'auteur a déployée dans ses observations; ce sont de ces travaux qu'il n'est pas permis d'abréger, et qui, pour être compris et bien jugés, exigent d'être accompagnés défi- gures. Notie rôle va donc se borner à celui d'annoncer un des c. L. ELUME. — Rumphia, Znr, plus beaux ouvrages de notre époque, et à en esquisser le plan, afin de mettre nos lecteurs à même de juger à quel point il peut leur être nécessaire, ou plutôt afin de leur inspirer le désir d'en faire l'acquisition. Le Rumphia est rédigé totalement en langue latine. La préface nous apprend les circonstances favorables dans lesquelles l'au- teur s'est trouvé pour publier des observations sur les plantes de Java et de l'Archipel indien; comment il employa tout le temps que ne lui prenaient pas ses fonctions de médecin en chef de l'ar- mée néerlandaise, à l'étude de la botanique de ces contrées; et comment il a pu disposer, pour son nouvel ouvrage, des maté- riaux recueillis dans les Moluques parZippelius, infortuné natu- rahste, qui fit partie de l'expédition que le gouverneur de Java envoya, en 1828. aux lies de l'Archipel indien et à la Nou- velle-Guinée. Il se félicite beaucoup d'être venu à Paris consulter les collections de M. Benjamin Delessert, qui renferment les précieux herbiers des Burmann et d'Houttuyn, et d'avoir éga- lement visité celles du Muséum d'histoire naturelle , si riches en plantes de l'Inde tropicale. ^ L'auteur a cru devoir consacrer un chapitre de trois pages à faire connaître la récompense des travaux de Rumphius. Une lettre autographe de ce savant, adressée au président de la compagnie des Indes, exprime sa gratitude de ce que cette illustre compagnie a bien voulu, en récompense des services rendus à la science par lui Georges Everhard Rumphius, élever son fils Paul-Auguste Rumphius, à la dignité de marchand! {ad mercatoris clignitatem promovisse)'^ et la lettre se termine en priant le bon Dieu d'être favorable au commerce [inercaturœ) des très nobles, très grands, très distingués, très sages, très prudens et très généreux] membres de la compagnie. M. Blume prétend que c'était tout ce que Rumphius pouvait obtenir de plus flatteur ; c'est possible, car la manière de voir les choses est variable d'un pays à l'autre, et ce qui n'est pas fort estimé à Paris peut être regardé, au contraire, en Hollande, comme un très grand honneur, de même que réciproquement les Hollandais pourront ne pas faire grand cas des cordons et des décorations dont ou chamarre ailleurs les savans. 24. ; Le second chapitre traite de quelques Mélastomacées de Rum- phius et de plusieurs plantes de la même famille récemment découvertes dans l'Inde orientale. Ruraphius n'a décrit qu'un petit nombre de Mélastomacées.^ Les Funis murœnarum mas et fœminaàe cet ancien auteur constituent deux espèces qui appar- tiennent au genre Medinilla^ que M. Gaudichaud avait d'abord fondé sur une seule espèce, et que M. Blume a depuis augmenté de vingt-et-une dans les Bydragen tôt de natuurkundige TFe' tenschappen y vi, pag. a5o, A plusieurs reprises, des graines et des plants de ces Mélastomacées indiennes remarquables par leur beauté, ont été envoyées en Europe, mais M. Blume n'a pas eu la satisfaction d'en trouver une seule vivante à son re- tour. Il devenait donc important de donner de bonnes descrip- tions et d'exactes figures de ces plantes, puisqu'on était privé, à leur égard , de l'avantage qu'offrent les Mélastomacées amé- ricaines, qui commencent à être répandues dans les serres chaudes de nos jardins. L'auteur donne le caractère essentiel du genre Medinillay et il ajoute quelques renseignemens sur les propriétés médicales et les usages des plantes qu'd renferme. Il décrit ensuite les es- pèces suivantes : ï"* Medinilla crispata Bl. in Bydr. nat. Wet. vi, pag. 257. Melastoma crispatum lu et DG. Funis Murœnarum mas seu ruhra Ruraph. ; 2° Medinilla pterocaula tab. i,— > Bl. 1. c. p. îiSi ; 3" Medinilla macrocarpa tab. a. — Bl. 1. c. p. 262. Melastoma crispatum L. ex parte. Funis Murœnarum fœmina seu glabra Komph. ; 4° Medinilla crassinerna Bl. L c. p. aSi. Funis Murœnarum tertia sive latifolia Rumph. ; 5« Medinilla radicans tab. 3. — Bl 1. c. p. aSï. Melastoma radicans Bl. et DC. M. Reinv^^ardt {Syll PL 7ioi^. Soc. bot. Ratisb. 2, p. 1 1) avait donné le nom de Marumia à un genre que MM. Blume et Nées d'Esen- bock avaient établi dans le même ouvrage (tom. i , p. 96) sous le iiom de Pieimvardtia) mais qui n'a pas été trouvé suffisamment c. L. BLUME. — Rumphia. 3^3 distinct da Saurauja de Willdenow; en conséquence, le nom àQ Marumia, resté sans emploi, a été appliqué, par M. Blume {in Bydr, nat. WeL vi, p. ^45), à un genre de Mélastomacées dont il donne, dans le Rumphia, le caractère essentiel ainsi que la description des deux espèces suivantes : 1" Marumia muscosa Tab. 4. — Blume 1. c. p. 246, Melastoma muscosum Blume et DC. 2<* Marumia zeylanica tab. 5. — Bl. 1. c. p. 246. Le genre Marumia doit être rapporté, de même que le Medi- nilla de Gaudichaud, à la tribu des Miconiées, et paraît voisin des genres Huheria et Henriettea de De CandoUe. Le genre Astronia^ placé dans la tribu des Charianthées, se distingue de la plupart des Mélastomacées par le nombre des loges de son ovaire qui n'est pas en rapport symétrique avec les autres parties de la fleur , par ses placentas situés au fond des loges et par ses graines dont la structure rappelle celle des Ne- penthes. Ce genre a été adopté par M. de CandoUe dans sonPro- droinus où deux espèces seulement sont mentionnées. M. Blume décrit très amplement et figure dans le Rumphiaune de ces es- pèces (A. spectabilis tab. 7), et il en ajoute une nouvelle sous le nom à'A. papetaria tab. 6. C'est le Pharmacum papetarium B-umph. M. Blume a donné le nom à'Ewfckia à un nouveau genre de Mélastomacées, mais qui par son port se rapproche des Mémé- cylées. Ce genre, ainsi que YAstronia, s'éloigne des Mélastoma- cées, i°par son torus épigyne continu avec le calice, de manière qu'il n'existe entre les parois du calice et de l'ovaire aucune ca- vité pour recevoir les anthères; 2"* parla disposition des pla- centas qui dans l'un et l'autre genres sont éloignés de l'angle interne des loges. Nous avons vu que dans XAstronia ils sont placés au fond même des loges (i); dans YEwyckia ils sont pa- riétaux, c'est-à-dire opposés à l'angle interne des loges. (i) M. Blume «ût pu citer, comme offrant une structure analogue, notre genre Spathandra {FI. seneg: i. p, 3i3, tab. 71), dont les placentas sont silués également au fond de la loge unique de l'ovaire. Du reste , ce genre africain a de grandes affinités avec VEwjckia et les au- tres genres de Charianthées de l'Inde, par le port et la conformation des t >amines. (GîULIiEBIIN.) 3^4 ^' ^- lîLUME. — Rumpfiîa. iJEwyckia cyanea tab. 8. Biume 1. c. p. â66, est la seule es- pèce de ce genre. Dans le troisième chapitre, M. Blume donne les descriptions de quelques Laurinées de l'Inde peu connues, qui fournissent l'écorce de Culilawan et les feuilles de Malabathnim des offici- nes. Ces descriptions sont accompagnées d'observations nom- breuses et fort importantes pour l'histoire pharmacologique de ces substances, qni ne proviennent pas d'une seule espèce d'ar- bre, comme on le croj/ait autrefois, mais qui sont produites par plusieurs espèces très embrouillées sous le point de vue botani- que. Toutes ces espèces appartiennent au genre Cinnamomum, tel que M. Blume le définit, c'est-à-dire beaucoup plus étendu que le genre Cinnamomum de M. Nées d'Esenbeck qui en sé- parait le Camphora, regardé par M. Blume comme une simple section du Cinnamomum. Nous nous bornerons à présenter l'é- numéraîion et la synonymie abrégée de ces plantes. 1. Cinnamomum Culilawan Bl. (haud Nées ab Esenb.) tab. 9. f. T. et tab. 10 f. I. — Laurus Culïlaban\i, Laurus Cassia var. Culilaban Lara. 2. Cinnamomum, (Garyophylloides) rz-f^rzz/Tz Bl. tab. 11. f. i. — Laurus Cajyophylhis Loor. fl. Coch. 3. Cinnamomum 5//zfoc (spurium) Bl. tab. 12. 4. Cinnamomum xanthoneurum Bl. tab. i3. f. i. 5. Cinnamomum Capparu-Coronde Bl. tab. g. f. 2-3. 6. Cinnamomujn camphoratum Bl. tab. 14. f. 1. — Cinnaino^X mum albiflorum Nées ab Esenb. in Wall. pi. as. rar. 8. p. 63. (ex parte.) 7. Cinnamomum nitidum Hook. (haud Nées ab Esenb.) Exot. flor. t. 176 (excl. synon. plur.). Blume Bumphia tab. i5. — Lau- rus malabathrica Roxb. Hort. Gale. p. 5o. — Cinnam,omum eU' calyptoides C. G. Nées ab Esenb. in Wall. pi. as. rar. 1. p. 73. A la description de cette espèce et à la dissertation qui l'accom- pagne sur les feuilles de Malabathnim , M. Blume ajoute trois ■variétés sous les noms de spurium, subcuneatum et à'ohlongifo- liuîîi. C'est cette dernière qui a pour synonyme le Cinnamo- mum Culitlawan Jauanicum Nées d'Esenbeck in Wall. pi. as. rar. 2. p. 75 in adnot. G. HORNSCHUCH. — Sur les organismes végétaux inférieurs. 3^5 Sur le développement et la métamorphose des organismes végé- taux inférieurs ; par M. Hornschuch, ( F/or« i835, p. 433.) En 1 8 1 9, M. Hornschuch publia dans les Noua acta de Bonn ses premières recherches sor l'origine des Algues, des Lichens et des Mousses. Bans l'article qu'il vient de consacrer à ce sujet, il fait observer que peu d'auteurs se sont occupés après lui du même sujet, que M. Rùtzing est le seul qui ait pris la peine de répéter ses expériences, et il fait une énumération succincte des prin- cipaux résultats obtenus par cet auteur. Comme les iVnnales ont publié (nouv. série, t. 2, p. 129) le mémoire de M. Rûtzing, nous pouvons passer cette partie sous silence; nous dirons seulement que M. Hornschuch déclare n'avoir pas eu autrefois les moyens de faire une étude aussi approfondie des Algues inférieures qu'il a été permis à M. Kûtzing de la faire, et que c'est cette raison qui fait expliquer les erreurs qu'il a pu commettre dans la de'ter- mination des espèces. Les observations dont nous allons donner un résumé ont été faites en 1 821, et si l'auteur ne les a pas pu- bliées plus tôt, c'est qu'il attendait que les savans aient discuté la valeur de ses premières expériences. Pour déterminer l'influence du sol sur la formation des Mous- ses, plusieurs pots furent, dans l'été de 182 1 , remplis de terre de différentes espèces : cette terre avait été préalablement ex- posée à une très grande chaleur, afin de détruire toutes les spo- rules qui auraient pu s'y trouver. Les pots furent placés sous un châssis dans le jardin botanique de Greifsv^alde ; ils se trou- vèrent exposés à la même action de la lumière et ils furent arro- sés avec de l'eau prise dans le même réservoir. Les premières traces d'êtres organiques se présentèrent plus tard que de coutume , ce qui s'explique sans doute, parce que la terre avait été sou- mise à une forte chaleur ; mais une fois que les Protonema eurent commencé à se développer , la formation des jeunes Mousses s'opérarapidement. Les pots étaient placés dans des soucoupes qu'on tenait soigneusement remplies d'eau puisée toujours dans le même réservoir. En peu de temps les jeunes Mousses étaien t 376 HORNSCHUCM. ' — Sur les organismes végétaux inférieurs. parvenues à un degré de développement tel , qu'il n'était nul- lement difficile de reconnaître les genres auxquels elles devaient appartenir. L'auteur obtint les résultats suivans : Le pot rem- pli àiargile maigre s'était recouvert d'abord à la surface d'une efflorescence d'un vert-jaune presque luisant; de cette substance naquirent des fils confervoïdes qui, à leur tour, donnèrent nais- sance à de jeunes Mousses appartenant évidemment au genre Barhula et probablement au ^ârr^i^/<2yà//«a:. Un autre pot rem- pli de sable s'était recouvert de fils confervoïdes très minces, à peine perceptibles à l'œil nu ; il ne produisit que de petites touffes d'une mousse que l'on reconnaissait aisément pour le Bryum argenteum. Dans le troisième pot, rempli de terreau^ il se forma d'abord une couche épaisse d'environ une ligne , d'une substance mucilagineuse vert foncé, qui plus tard donna naissance à un grand nombre de jeunes Mousses, rapportées par l'auteur au Mnium hornum. Dans un quatrième pot enfin on avait mis, séparées par des cloisons particulières, chacune des trois espèces de terrain dont les pots avaient été rem- plis, et pour chaque terrain les résultats se trouvèrent être ab- solument identiques à ceux mentionnés plus haut. Un voyage d'une assez longue durée empêcha l'auteur de continuer ses ob- servations, et à son retour il trouva tout bouleversé et dispersé. M. Hornschuch n'ayant voulu constater que l'influence du terrain sur la production des Mousses, ne s'est point occupé de rechercher ni le genre ni les espèces des organismes végétaux inférieurs qui précédaient la formation des Mousses. Voici une seconde expérience faite par l'auteur. Il découpa en petits morceaux le Médusa aurila L. commun dans la mer Baltique; il lava les morceaux avec beaucoup de soin dans l'eau distillée et il en plaça quelques-uns dans une bouteille bien fermée, remplie également d'eau distillée et placée sur une fenêtre située vers l'orient. Les pièces de la Méduse se décomposèrent en très peu de temps et l'eau dégagea dès le lendemain une forte odeur putride qai, le surlendemain, atteignit son maximum d'intensité. L'eau, examinée sous le microscope pendant ces deux jours, ne préseï ta aucune trace d'animaux infusoires. Après quelques jours l'oueur putride avait entièrement disparu^ et l'eau se trouva wiEGMANN. — Valeur des caractères spécifiques. 877 remplie de myriades de Monades, que leur petitesse ne permit point de déterminer à l'auteur, qui alors ne possédait pas en- core un microscope donnant des grossissemens assez considéra- bles. Peu de temps après, la surface du liquide se couvrit de points verts extrêmement petits dont le nombre augmenta con- sidérablement et finit par recouvrir toute la surface. Des points semblables vinrent s'attacher aux parois de la bouteille. Vus sous le microscope ils se présentèrent comme composés de plusieurs Monades réunies par une masse mucilagineuse et après quel- ques semaines le Conferva fugacissima Lyngb. s'y développa dans un état parfait. Note sur la valeur des caractères spécifiques ., par M. Wiegmawn (^Flora 1 835, page 106.) A l'occasion du travail de Bernhardi sur la valeur des carac- tères spécifiques, M. Wiegmann, dans une lettre adressée au rédacteur du Flora , communique quelques observations qu'il a faites sur le même sujet. Les résultats qu il a obtenus ne sont rien moins que favorables à la manie de certains auteurs d'élever au rang d'espèce la moindre forme divergente, produite ordi- nairement par l'influence du climat de la localité. Certains genres, dont les nombreuses espèces se cultivent dans les jardins, tels que /^oviG\iv.R.iK, novum Planiaginearum genus, auci.i.'DQcmnQ . ... i32 TABLE DES ARTICLES, ctc' 383 Sur les caractères génériques du GypsopJiila saxifragâ ; T^sit M. D\im pont. ; ., . 3ig Note sur le Sonchus scorzonerœformis de Lagasca ; par M. Léon Dufour. 49 Sur le Semperpiçitm gloUferum ; par M. Koch. , ,■„■■,, , , ;,, , . 117 Observations sur les Saxifraga stellarîs L. et Clusii Gouan; par P. Du- chartre. 248 \Animadversiones hotanicœ nonnullœ novariimque aut non rite co- gnitarum plantaruni diagnoses j auct. F. E. L. Fischer et C. A. Meyer '.•.Nî T.. .c.;. ... i2o .Anîmadversiones hotanicœ nonnullœ, novorumque generum et specie- rum diagnoses, auct. F. E. L. Fischer et G. A. Meyer. ....:. . 180-291 TLORES ET GEOGRAPHIE BOTANIQUE. Enuméi-ation des plantes cotylédonées observées en Corse, et particuliè- rement aux environs de Bastia., par Ulysse de Salis Marschlins. . . . loB Notice sur les plantes cryptogames récemment découvertes en France, contenant aussi l'indication précise de quelques espèces les plus rares de la flore française ; par C. Montagne 28o-33j Notice sur quelques Cryptogames nouvelles des environs de Bahia (Bré- sil); par M. J. E. Duby . » , 255 Synopsis Jlorœ germanicœ et helveîicœ , auct. G. D. J. Koch. ... , SyS Prodrome de la flore d'Alsace; par M. Kirschleger. . . .'._. . . .:.. 33o EXTRAITS d'ouvrages GENERAUX ET MÉI-ANGES. Septième notice sur les plantes rares du Jardin de Genève; par MM. A. Pyr. et Alph. De Candolle 190 Extraits du Botanical magazine pour l'année i835 3o5 Bryologie d'Europe, publiée en Monographies; par MM. Bruch etSchim- per 177 E.UMÏHIA siçe commentationes hotanicœ imprimis de plantis Indiœ orientalisj tuni penitus incognitis tum quœ in lihris Rheedh, Rum- PHii, RoxBURGii, etc. recensentur. Scripsit G. L. Blume 870 Note sur la valeur des caractères spécifiques; par M. Wiegmann. ... Zjj Sur la découverte du Thé dans une province de l'Inde anglaise; par M. Alph. De Candolle. . .;. 99 Extrait d'une lettre du docteur Wallich à M. B. Delessert, datée de Cal- cutta le 10 août 1 835 1^! TABLE DES PLANCHES BELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS PANS CE VOLUME» Planche l. Lophocolea œquîfoUa. Juhuîa quillotensis. Lejeunia trematodes. 2. PlagîocJiila Moniagnei. Jubula Gaudichaudii. Lejeunia Neesii. 3. Anatomie d'une branche du Pinus sirobus. 4. Triadenia micropJ?ylla. 5. Triadenia TVehhii, thymifoUaj et Sieberi. 6. Tridesmis Billardieri. Ancistrolobus ligustrinus. 7 et 8. Circulation de la sève dans les plantes. 9 lo et II. Colstéries. 152. Agancus actinorhizus. Pistillaria culmigena» Imria Friesii. Puccinia Brassicœ. Cladosporium bacilUgerwn. Polypoius Lonicerœ. i5. Tubercularia mycophila. Agaricus oxyosmus. Sùctis licjienlcola» Tympanis Lonicerœ. Pêziza ardennensis , FIN DE LA TABLE DU CINQUIÈME TOLUME. ^,sv>%à:j^ ylnii. ilej- J'crenc . ruil. 2.^ Jei Dot Torn. :>. PI. 1 l ' .VonliLiine dtl' Fiq.i. Loplwcofea a'ifuifofia . Fù/ 2. Jïihiffa /jfiiif/ofcncii^r Ft/>/if///^i S/>irr/) J/tfi . iJej- Sri'fne . Siii . ■j''"^' Série Û B A . Triaderua. Webbii Spac/i . B . Th//)u /-obia Jpach C . Sieùeri Spai'/i A/Ut, (Ù'lT J'fûvi^ , /tii/. 2Î Sertf J3oi. '/'ont. .'. ri. t; -V^T^Lt^endre de2 A/JhW^j-mù Bz7ùfr^/ier/ t?pûe/> , B. A//rAr//W^/////.r //y//, ///////a/- .l/>ar//. ^•-^>'', .Irtu. (/ej- J'cienr ■ nat. 2^ iff'n /Joi. Tom./, . F/. -. /•.^X A \ V û % ',* ^ f % ^^^/ f' '/rr/r/i//wn c/f /a .rèûe, ^/firur //'.r ///û/iA\i\ Jnn- Jf.r .l'rii'tu-. fuU . 2^,i'erif . j}.,t. Tom. :../'/. S. ^^1 -'s^tk -^- ^^ % Orcu/alwa de /a sêoe, d/m.r /e.r p/a/i/e.v. 1^ ^nn. e/fU- S( Bot. Tom. ^. PI. „ J/,/1.^/,'.,- Jru-nr . /,„/. L'^'J'^ lt.,( . T..,,,. ,-.. P/. ,.,. ()n/ri/)i[i'ii/fo/i cV /•(y>/'()i//fc//<^yi '/«''^^ < '/('<*'/<'''/('. '\ir jVt>rren a.^ n. ^n/i. t/co' tft/e/ic . na/ . 2f J'é /h.l. T.'n,. .'. PI. 11. {h\/iUi7\fuùim et rf^ffru)Jur/i(>/i /A'' (7(hy/('/-f<\y ci/r Jfi'rr^n ,i/i n,i/. pin.r- 7/!3 ':^^'^^ Jnn . Jeo- Si^f^no. nat . 2 f Série Bol. 7'..,,. ■:. P/.rj. X -V^.'7 C '-^ s'iA 1 Jnn.. di^f J'ctenc. Tvat 2f'J^ù'^ Bol. Tom. cr. /'/./.-}, 9* 9 f ^ :j^p^^ ■9 0-G- y m f -Vonta^ni- rfi-/,' ;^